‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 4 sur 105 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ëlémcnls Oxe« de l’air atmoepliériqne.

Les physiciens ne sont pas encore d’accord sur la constitution de l’air atmosphérique. Les uns. Prout, Dobereiner, Thompson, etc., entraînés par la constance des proportions des gaz qui s’ytrouvent, la considèrent comme un véritable composé chimi-' queforméde 1 volumed’oxygèneetde4volumesd’azote; d’autres,tels que MM. Dalton, Babinet, etc., partant de considérations physiques, la regardent comme un simple mélange dont

ÉLÉMENTS FIXES DE l'aIR ATMOSFHÉRIQC'E-

les proportions varient selon les hauteurs ; celles de l’oxj gèno diminuent sans cesse à mesure que l’on s’élève. De nouvelles expériences de MM. Dumas, Boussingnult et d’autres chimistes distingués tendent è renverser ces deux hypothèses • ; elles attaquent d’abord la théorie qui considérait l'air uniquement comme une combinaison, en ce qu’elles semblent montrer que les composants ne s’y trouvent pas en proportion définie de 30 à 80 et de 1 à 4, mais bien en proportion indéfinie de 30, 8t tl'oxygéneà 79,39 d’azote en volume et en poids de 33,010 d’oxygène et de 76,990 d’azote. Quant ùia seconde hypothèse, Dalton parait avoir été induit en erreur par une analyse fautive de l’air pris au sommet du Faulhorn ; des expériences plus exactes ont montré qu’à cette hauteur il avait la même composition qu’à la surface de la terre, et confirment ainsi les résultats de la célèbre expérience aérostatique de Gay-Lussac. Il semblerait donc qu’il y a à la fois dans l’air combinaison et mélange; la combinaison restant Oxe et donnant aux analyses ce caractère d’uniformité qui est si remarquable; le mélange variable selon les temps, les lieux, les saisons et expliquant les différences qui se sont produites quelquefois et que manifestent entre autres les analyses de l’air pris à la surface de la mer.

La physiologie nous a appris l’importance de l'oxygène pour l’entretien de la vie végétale ; la consommation qu'en font les plantes et les animaux ont pu faire naître des craintes sur l’avenir. L’atmosphère ne s’épuise-t-elle pas de cet élément, et ne viendra-t-il pas une époque où elle s’en trouvera tellement ap^ pauvric, qu’elle sera impropreàles alimenter?Ges craintes manquent de fondement, car M. Dumas a fait voir qu'en supposant que le total des hommes et des animaux vivant sur le globe représentassent mille millions d’hommes, et en négligeant l’oxygène dégagé par les plantes, cette masse d’ôlres animés n’ab-

(t) Complfs-rfndus de l’Acad. des Sciences, t. Xll, p. lOOS et suiv,

. MéréOROLOGIE A6KI0QI.K.' 4 . sorbcrait en un siècle qu’une quantité d'oxygène du poids de 15 ou 16 cubes de cuivre de 1 kiloinèlre de côté, et que l’oxygène de l’atmosphère représente 134 mille de ces cubes. L’altération de l'air serait donc inappréciable à nos instruments pendant un grand nombre de siècles, en admettant d'ailleurs que la nature n’eût pas pourvu au mojen de rétablir l'équilibre, et que la décomposition seule de l'acide carbonique par les plantes ne suffît pas pour produire cet effet.

Quant à l’azote, nous avons vu dans l’agrologie toute l’importance de cet élément pour la vie organique. II abonde dans notre atmosphère, et c’est probablement de ses combinaisons produites par les phénomènes électriques et calorifiques que résulte l’ammoniaque et l’acide nitrique mêlé k l’air; car nous savons que l’absorption de l’azote en nature par les végétaux, soupçonnée depuis longtemps, n’a pas été mise encore complètement hors de doute par les expériencesde M. Boussingault, et que, même d’après ce savant chimiste, toutes les espèces de plantes ne seraient pas aptes à se l’approprier.

Page 1