Turin
2075. Saint Gothard. .
2191. Saint-Bernard. .
OISTttIBDTION DES PtaRS. 275
puissants sur lesquels se fait une condensation qui épuise les nuages. C’est ce qui a lieu pour Genève, pour le grand Saint- Bernard, et pour Coblentz. Aussi ne peut-on pas tenir compte de l’altitude seule dans ces appréciations , et les anomalies doivent nous avertir qu’il faut faire une large part aux circonstances locales.
$ III. — Influence des circonstances locales.
Pour déterminer l’influence des circonstances locales, il ne peut y avoir de meilleur moyen que de mettre en regard, pour chaque région, les lieux où les nombres de jours de pluie sont supérieurs ou inférieurs au nombre moyen de la région, et de discuter ce qui se passe dans ces différents lieux ; ainsi, nous avons :
1® Italie dd sud, nombre moyen 87,1
Gênes
Palerme . . .
Cainajore ....
Gatane. . . .
Florence
Cagliari . . .
Sienne
Messine.. . .
Rome
Ajaccio. ...
Naples
Bastia
On reconnaît d’abord ici l’influence générale de lajatitude ; la réfrigération devient de plus en plus complète à mesure qu’on avance vers le nord; mais de plus, nous verrons par la suite, en traitant des vents de pluie, que les vents les plus humides sont ici ceux du sud-est, et alors on s’explique le climat pluvieux de Gènes où ces vents n’arrivent qu’après avoir traversé le cap élevé, qui se termine à la Spezzia, et où ils se trouvent ensuite comme emprisonnés dans un amphithéâtre couronné par l’Apennin. On s'explique alors aussi les pluies fréquentes de Palerme où ces mêmes vents n’arrivent qu’après avoir traversé une portion peu élevée de la Sicile, en comparaison des pluies rares de Gatane où ils n’ont souffert aucune réfri-
Mif.ri5oROi.or.iR AORir.oi.p.
gération; celles de Bastia, si fréquentes en comparaison de celles d’Ajaccio où les vents ne parviennent qu’à travers de hautes cimes très froides, où ils se déchargent de leur humidité. Ainsi cette première série nous montre encore le pouvoir des réfrigérants et déjà celui des enceintes fermées de montagnes.
2® France méridionale, nombre moi/en 100
Alais
Joyeuse
Genève
Villefranche . . .
Dijon
Mont-Dauphin. .
Toumus
Embrun
Lyon
Viviers
Vienne
Orange
Grenoble
Marseille
CO
Gr.-Chartreuse . .
Toulon
Arles
Ici, tous les lieux qui reçoivent les vents humides directement et sans qu’ils aient traversé les réfrigérants ont encore * un petit nombre de jours de pluie ; mais dans tous les lieux situés derrière les réfrigérants, dans leur voisinage et dans les gorges des vallées, le nombre des jours de pluie estconsidérable.
3® Italie septentrionale , nombre moyen 104
Bude
Bologne
Chioggia
Venise
Brescia
Padoue
Turin
Trieste
Saint-Gothard. . .
Vérone
Milan
Saint-Bernard . . .
C’est encore ici le voisinage des réfrigérants qui parait avoir la plus grande influence. Chioggia comparé à Venise présente une anomalie qui ferait suspecter les observations, si d’ailleurs, Padoue lui-même n’offrait pas une si grande différence avec Venise. Nous soupçonnons plutôt d’inexactitude les observations de Trieste et celles de Venise. Trop souvent les observateurs négligent de noter les faibles chutes d’eau, quelques gouttes tombées dans la journée , tandis qu’ailleurs ils en tienueqt
lIISTRIBÜTiON ÜES PUJIl'.S.
compte. Nous avons déjà parlé de ce qui concernait le Saint- Bernard.
4® Fkasce septentrionale, mmbremmjen 14i
Laon
Châlons-sur-Marne 103
Cusset
Monldidier .
Maubeuge. . .
Poitiers. . .
Mayenne . . .
Clermont. .
Paris
Chartres • .
Montmorency.
Tours. . . .
Lille
Luyon. . . .
Metz
Montargis. .
Strasbourg . .
Troyes . . .
Mulhouse. . .
Rouen. , . .
Les circonstances locales sont ici tellement variées, tellement spéciales, qu'un soigneux examen des lieux pourrait seul nous éclairer, et qu'en supposant d’ailleurs l’exactitude de toutes les observations, il exigerait des détails trop considérables. On voit cependant en général que les lieux les plus pluvieux sont les plus avancés vers le nord ou dans l’intérieur du continent ; si l’on en excepte Châlons-sur-Marne et Troyes, Tours et Chartres, où la nature sèche du sol explique assez bien la dispersion des nuages à leur approche. Dans les lieux boisés ou abondamment pourvus d’eaux courantes, le nombre des jours de pluie augmente.
Nous bornons là ces recherches que nous pourrions étendre avec les mêmes résultats aux autres régions ; il s’ensuit évidemment que c’est à la puissance de la réfrigération, à la position des lieux par rapport aux réfrigérants et aux vents humides, que l’on doit le plus ou moins grand nombre de jours de pluie.
Section II. — Répartition des jours de pluie selon les saisons.
C’est principalement la répartition des jours de pluie selon les saisons qu’il nous faut considérer. Nous avons fait sentir
MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE
suflisamment jusqa’ici que la végétation avait deux phases, celle de la croissance, celle de la maturation ; que dans les pays à une seule récolte annuelle de graines, il importait que la première époque fût accompagnée d’une humidité suffisante, suivie d’une sécheresse relative dans la seconde, etqu’ainsi, si le sol était naturellement humide, il fallait peu de pluies annuelles, tandis que, s’il était sec, il fallait des pluies suffisantes en hiver et au printemps, et de la sécheresse en été. Mais dans les pays à deux récoltes annuelles de graines, il faut des pluies au printemps, et des pluies à la fin de l'été et au commencement de l’automne. Dans les pays à pluie constante pendant toutes les saisons, les récoltes d’herbes, les récoltes fourragères sont celles qui offrent les meilleures chances. Gela posé, voyons quel est la distribution des pluies dans les différentes régions de l’Europe.
Bifer.
Prrntemp».
Bi4.
Automot.
1® Angleterre à l’ouest
2“ Angleterre à l’est
3“ Côtes de l’Ouest
4® France mérid., Italie du sud
5® Italie au nord des Apennins.
6° France sept, et Allemagne.
7® Scandinavie
8® Russie
A la vue de ce tableau, qui ne croirait qu’il dessine en effet la véritable distribution des cultures en Europe ? La constance des pluies dans la 1^*, S*, 3', 6® et 7® région ne sembleraitelle pas les indiquer comme des pays à pâturages, si les quantités de pluies étaient les mêmes dans tous ; d’un autre côté, avec la même supposition, la 4* ne serait-elle pas le pays par excellence des froments? Et c’est en effet dans cette région que se trouvent les anciens greniers de l’Europe, la Sicile, l’Égypte, la Barbarie. Mais si nous supposons que les latitudes et les températures varient entre ces régions, et par conséquent l’é-
DlSTRIBimON DES PLUIES.
vaporation et le besoin d’eau d’un autre côté, et que les quantités de pluie soient dilTérentes aussi, nous comprendrons que ce tableau ne nous dit pas tout, et qu’il ne nous présente qu’une des faces de la question. Nous la verrons plus tard s’éclaircir encore.
Section III. — Répartition de$ pluies selon les mois.
Le tableau précédent ne nous a pas encore suffisamment ihstruitdu climat agricole des lieux relativement à la répartition des pluies ; une saison est bien longue pour les cultivateurs ; et si les mois présentaient de grandes différences, si, par exemple, au printemps le mois de mars était le plus pluvieux, et que les mois d’avril et de mai fussent relativement secs; si en été, juin et juillet étaient pluvieux et le mois d’aoùt sec, qui ne doute que ces causes n’influassent profondément sur l’agriculture d'un pays? Le moment auquel arrivent les pluies d’automne dans les régions méridionales est aussi décisif pour certaines cultures. Nous en citerons une entre autres, celle du coton herbacé. Sous l’empire, on l’essaya avec obstination dans le midi de la France; il réussit parfaitement toutes les fois que les pluies arrivèrent tard en octobre ; mais il suffit de consulter le tableau que nous allons donner, pour voir qu’à Orange, par exemple , le mois de septembre est déjà assez pluvieux, puisqu’il donne une pluie tous les trois à quatre jours. Il fallut donc renoncer à ces essais. Au contraire, cette plante réussit bien en Sicile et à Alger où, avec une température plus chaude, les pluies ne surviennent qu’en octobre.
Le tableau de la pluviosité mensuelle de chaque région nous donnera donc des notions précieuses qu’il n'est pas permis de négliger pour tirer des conclusions [certaines sur la nature des cultures propres à chaque pays. Nous soulignons tous les mois où le nombre des jours de pluie surpasse le nombre moyen.
MÉXÉOAOLOGtË AUBICOLE
DISraiBOTlOX UES PLUIES.
Ainsi, 10 dans la 1'* région, pluies constantes, excepté dV vril en juillet; la récolte du blé n’a lieu qu’en août avec de fréquents dérangements; mais le grain a eu le temps de mûrir parla sécheresse des mois précédents; l’humiditéde la terre doit être grande, vu la durée des pluies; 2”dans l’Angleterre de l’est, l'hiver cl le mois de mai ont les pluies les plus nombreuses; mais il pleut presque uniformément le reste de l'année ; 3o il en est de même des eûtes de l’ouest ; ces deux contrées ayant des gazons toujours frais sont des pays à pâturages ; V la 4* région avec des pluies toujours rares, a un été absolument sec. C’est un pays à céréales pour les localités pluvieuses, et à arbustes pour l'ensemble de la région ; 5° dans l’Italie au nord des Apennins les pluies durent jusqu’en juin, et elles sont plus fréquentes en été et plus abondantes que dans la région précédente ; c’est un climat propre à toutes les cultures ; 6° dans laFrance septentrionale et l’Allemagne le blé mûrit avec les pluies; heureusement le mois d'août, où sc fuit la récolte, est un peu moins pluvieux. Le printemps fréquemment sec rend le climat moins propre que l’Angleterre et les côtes de l’ouest aux cultures fourragères. Cependant la presque égalité et le grand nombre de pluies mensuelles lui assurent des avantages précieux ; 7<> en Scandinavie le nombre moyen de pluies est moins élevé; la fin du printemps et le commencement de l’été sont secs, mais la fin de l’été, l’automne et l’hiver sont pluvieux ; ce pays doit s’adonner à l’élève des bestiaux ; 8° enfin le chiffre moyen de la Russie est bas ; les neiges d’octobre, novembre et décembre préservent les céréales ; les nombreuses, mais faibles ondées de l’été, sont accompagnées de chaleurs assez fortes ; ainsi , ce pays à grains serait encore propre â l’élève des bestiaux , si la longueur des hivers ne la rendait onéreuse.
Le tableau suivant indiquera mieux les modifications locales de chaque région , et on trouvera des indications propres à chaque localité dans les chiffres des lieux voisinsou semblablement situés.
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