‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 67 sur 105 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la nelse.

Dans les contrées méridionales, les agriculteurs se préoccupent surtout de la répartition des pluies; celle des neiges est d’une importance tout aussi grande au nord, et les hivers sans neige y sont une calamité égale à celle des printemps saq^ pluie au midi. Nous avons déjà indiqué les avantages de la protection que la neige olfre , pendant l’hiver , à la végétation qu’elle recouvre ; depuis l’impression de ces premières feuilles, nous avons eu connaissance des expériences importantes de M. Boussingault qui achèvent de dissiper tous les doutes.

« J’ai commencé en février 1841, nous dit cet auteur*, quelques observations qui montrent que la neige se comporte comme un écran qui, en abritant le sol, le soustrait au refroidissement qu’il ne manquerait pas d’éprouver dans les nuits sereines, en rayonnant vers les deux... La couche de neige avait 1 décimètre d’épaisseur; elle recouvrait depuis un mois un champ ensemencé en blé. Le soleil donnait en plein sur le champ couvert de neige, les jours où j’ai observé. * Voici les résultats qu’il a obtenus ;

(1) Economie rurale, 1. 11, p. (>84,

300 UKTÉOROLOGIE AGRICOLE.

TlicrinAméir* •OUI b neige.

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Diiil l’iir.

Le 1 1 février, 5 heures du soir. .

Le lî février, 7 heures du malin.

— 5 heures du soir. .

Le 13 février, 7 heures du matin.

— 5 lieures i du soir. .

Le 14 février, 7 heures du malin.

Ces expériences sont fort claires. Le matin, le thermomètre sous la neige est toujours beaucoup plus élevé que celui qui est au-dessus, et souvent que celui qui est exposé à l’air libre. Le jour, le thermomètre sous la neige revient à zéro par l’effet de la fusion de la glace ; tandis que celui qui est placé au-dessus, malgré l’effet direct du soleil, prend la température de l’eau qu’il touche. Il y a donc pour le thermomètre sous la neige de beaucoup moins grandes variations et une température habituellement plus élevée que pour celui de lâ surface supérieure. De pareilles expériences, tentées dans les régions du nord, confirmeraient probablement ces résultats.

Dans le midi de l’Europe la neige fond en tombant, ou du moins ne reste que peu de jours sur la terre ; elle doit donc être regardée comme une pluie froide tombant avec peu d’abondance, mais avec continuité, pendant tout le temps qui s’écoule jusqu’à la fonte totale ; pluie dont rien ne se perd, et qui pénètre entièrement dans la terre. Vient ensuite une contrée intermédiaire où la durée de la neige est plus longue, où quelquefois elle persiste presque tout l’hiver ; les récoltes n’y courent donc des chances bien fâcheuses qu’autant qu’une année sans neige est en même temps très froide. Les récoltes de cette région manquent quelquefois quand le ciel se maintient serein, faute d’une suffisante couverture de neige en hiver ; enfin, vient la région qui garde son costume blanc tout l’hiver. Elle s’annonce par les traîneaux qui attendent dans toutes les remises la saison où le pays entier se livre à ce plaisir si vif et si désiré. Ici on compte comme des années calamiteuses celles où

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la neige manque au rendez-vous, et celles où, après un dégel, elle ne vient pas de nouveau garantir les plantes des retours du froid>

Pour que l’on soit assuré du séjour constant des neiges hivernales, il faut à la fois un grand nombre de jours de neige et de jours de gelée. M. de Humboldt a très bien observé que, sur le revers nord de l’Himalaya, la neige est moins épaisse que sur le revers sud, parce qu’elle y est plus rare et moins abondante. D’un autre cùté, des neiges considérables, tombées dans le midi de la France, y résistent rarement plus do trois jours à l’action du soleil ; après ce terme on n’en trouve qu’à l’ombre et près des abris où les vents l’accumulent.

En examinant sur la carte la ligne où les neiges persistent pendant l'hiver, on voit qu’elle commence là où les mois présentent en moyenne plus de 5 chutes de neige et où les hivers' ont plus de 80 jours de gelée. Ainsi, la France septentrionale et la Belgique jusqu’aux bords du Rhin (sauf les lieux élevés) sont dans la région do transition ; à partir de la Franconie et du revers oriental de la forêt Noire, tous les pays au nord et à l’est sont habituellement couverts de neige en hiver, jusque dans les plaines de la Hongrie.

Le tableau suivant, en y joignant celui des jours de gelée que nous avons donné plus haut, fournira une idée approximative de cette distribution.

D’après ce tableau, le nombre des jours de neige croît depuis les bords de la Méditerranée, Marseille, Florence, Rome où elle est rare, jusqu’aux steppes de la SiMrie, et au sommet des Alpes où l’on trouve 66 , 83 , 116 jours de neige par an. Mais ce qu’il faut surtout remarquer, ce sont les époques des principales chutes de neige dans les différentes régions. Dans la Russie asiatique, à Yakoutsk, à 127° à l’est de Paris, c’est octobre qui est le mois le plus neigeux; à Barnaoul, à 81°, c’est novembre, ainsi qu’à Nijné Taguilsk, Zlatouste, Catheri-

MÉTÉOROLOGIB AGIUCOLÈ.

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