CHAPITRE X
Be l'électrlcltti. ,
' Avant que les physiciens fussent occupés de l’action de Pélectirkité dynamique .sur les corpa,' et surtout de .ses efléts-, lents et prolongés, oii s'était borné à Gonstater que le ^able, la cfaauK, la magnésie, le gypse, le terreau étaient . dos corps non ' . cenductenr^ quand Us étaient secs, > et quel’argile.seule con- Uuisait faiblement l’éleetricité, ce qui pouvait dépendre de ch qu’elle contenait ordinairement des oxydes de fer et une. certaine quantité-d’eau. . ^ •
" •. Dn s’ était , assuré de plü?, en grattant une terre.sôche et'eq . en faisant tomber les particules Sur un éIectrom{ètre de VoMa*, tnuni-d’un.disque, qu’elles causent une divergence de 4 à S.de-» grés du côté négatif ; la glace agissait en sens epatxéire et. doivnait une éleotricité positive. ; ■■•),•.... ' •
• .On avait aussi essayé les effets de l^électsisation du soi sur lavé^ation. ./ ■ .
BertlH)Hei,.Gafdini,Tgcnboua, du Curmoy, Gaso, HupetU- . Thouars, avaient dirigé sur ce point dé nombreuses expériences, dont les résultats étaient contradictoires, et si l’on ne pouvait pas mettre en doute raccroi^àieot considérable des plantés après les pluies d’orage,, tout ce que nous savons de la composition de eés pluies, -dé l'ockie ; nitïique et de l’émmmiaque qu’elles contiennent, noos mettrait en garde aUÿoor- ■d’hui contre des conclusions précipitées, qui attribueraient cet au l]uide électrique. - ' <’ ' ' ‘ ,
' ' Depuis que l’action universelle de l’élcctricUé a été'DBeux Appréciée, depuis qUe l’on' a |tir eonn'attre cette agitation gé^ nérale qui anime toutes les particules.béitérogèues de matière
1G8 . . • AGBOtÔGiE. . *
dès qu’eÙes sont én contact, et qui tend sans cesse à 'détruire les composés les moins stables au profit de ceux qni le sont k; plus, opérant de nouvelles combinaisons avec les éléments des éombinaisons Anciennes, on a reconnu que c’était surtout dans le sol lui-mème qu’il fallait étudier l’action électrique dans ses rapports avec la végétation. * . .
■' M. Pelletier* a présenté toute une tbtorie stir ces rapports.
■ « DaUs un mélange de silice,' d’alumine et de chaux, dit-il ,' il existe une force qui doit tendre à combiner Ces substances. Lài silice et l’alumine sont, par rapporté la chaux, des corp^éléc'tro^négatils, eit, en leur présence^ la chaux doit prëndre une ^ âectricité contraire: D’après cela, suivant que les mouvements eitérieurs, des causes étrangères placeront les molécules à plus ou moins de distance! les.groupcront' de diverses manié- , res, il s’^tablica des piles électriques, les tensions varierotrt, des décharges auront lien et la terre se trouvera’ pour ainsi dire animée. Lé fluide électrique qui la parcourra excitera let stomates ràdicellaires, et l’absorption des fluides propres é jà . nourriture du végétal aura Heu. Les fibrilles radicéllalres, inf^ prégnées d’humidité^. deviendront dep conducteurs chargés do transmettre l’électricité à la plante, électricité eertainement fussi nécessaire à la vie que la hitniére et -le.calori^Uo. ». '
. Plusieurs objections ont été faites à cette tbéorio, etdlabdrd . la plante n’a nullement besoin, de l'électricité étrangère' pour son existence $ 'Il suffit de conUattre les transformations chimiques qui s’opèrent dans imn intérieur, la variété des substances nouvelles qui s’y forrpent, la combinaison des éléments qu» y circulent, pour juger .que le mouvement électrique n’y ufàD<que pas. Il faut observer énsuitë que la végétation a lieu sans que plusieurs éléments terreux se trouvant en présence, ceqtte supposerait la théorie de notre sanrant confrère, et que, par exemple, celle qui s’^ectu'edans la fleur de soufre ou lé quarts {t) Compfertndu^eVAcaiémitdtsrscienni,
raOPRIÉTÉS PlIVSIOUES DES TERRES. 169
pur ne pourrait exister, si elle teuait aux réactions électriques des matières qui entourent ses racines. Beaucoup de terrains manquent de l'élément calcaire, et le bon eiïet du mélange des terres s’explique sulTisamment par son action chimique et physique sans récourir à des causes qui resteront occultes jusqu’à ce que, par une expérimentation exacte, on lésait séparées de toutes les autres. Jusqu'à ce qu’on les ait montrées et mesurées.
L’elTet des courants électriques qui existent dans l’intérieur de la terre doit être, au reste, très marquée sur jes solutions qui composent le sol, et doit amener des séries continuelles de composition et de décomposition qui rendent libres ou combinent ses éléments de manière à les offrir sous différentes formes à l'action de la végétation. .
M. Becquerel a montré* que la plupart des séries géologiques renferment des roches perméables à l'eau et offrent ainsi un conducteur aux courants électriques. Si donc, on suppose une vaste étendue de terrain argileux humide, dont une partie renferme du sulfate de chaux et l'autre en soit privée, l'eau chargée de sulfate de chaux réagira sur celle qui n’en renferme pas, de manière à lui céder une portion du composé qu’elle tient en dissolution, et, pendant cette réaction, il y aura un dégagement d’électricité, qui circulera grûcc aux matières charbonneuses, au terreau, aux racines décomposées, aux pyrites et autres corps conducteurs que renferme le sol. C’est ce qu’il a démontré au moyen d’expériences faites sur des terrains étendus. ' .
Màis il est aussi un effet électrique que M. Fournet a entrevu*, et que MM. Brongniart etMalagutti* ont soumis à l’expérience, effet dont il faut tenir grand compte et qui met
(t) Compte rendu, t. XIX, p. 1052 et suiv.
(2) Annales de chimie, mars là34, p. 225.
(3) Compte rendu de l'Académie des scie/ices, octobre ISll, p. 735 et suiv.
1^0 XcnOLOGIE.
sur la voie de tous les elTols qui lui sont analogues ;’je veux parler (le la décomposition des feldspath et de leur transformation en kaolins. On sait que dans cette opération de la nature, les feldspath, perdant leur alcalis, se réduisent à des silicates d'alumine ; nous avons vu que,* selon toutes les apparences; cette action était facilitée, et danS certains cas peut-être complétée par la présence des eaux chargées d’acide' carbonique ; mais ce qüe l’expérience a mis hors de doute, c'est que par l’action lente de l’électricité agissant entre les éléments même du minéral, cette décomposition avait aussi lieu. Elle a pour eflèt de dégager les alcalis des combinaisons insolubles, et de Tes rendre solubles et propres à passer dans la végétation. 11. est probable que quand on examinera de près tes autres matières dit sol, on reconnaîtra aussi des actibns pareilles et qui prendront rang parmi celles dont on doit tenir compte en agriculture. On finira par comprendre aussi l’utilité de certains mélanges de terres dont l’cITet estdiiTicile à expliquer par les principes chimiques et physiques isolés des réactions électriques.
Qigitized by Googl