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Cours d'antiquités monumentales

Le cours que j'ai professé publiquement cette année (i) embrasse toutes les parties (je la science des monuments nationaux. J'ai voulu présenter à mes auditeurs un corps de doctrine propre à les guider dans l'étude et la classification des antiquités de différents âges, que la France renferme encore en si grand nombre.

Un cadre aussi vaste me mettait dans la nécessité de traiter très - rapidement toutes les questions que soulèvent ces débris de vingt siècles , entassés confusément sur notre sol. Aussi le résumé que je présente n'est que Yes-

(i) Depuis l'établissement de la Société des Antiquaires j'avais donné quelque* leçons d'Archéoluglc a des jeunes gens studieux qui se faisaient un plaisir de m 'accompagner dans mes courses d'exploration, lorsqne je dressais la carte Monumentale du Calvados; mais cet enseignement irrégulier et trés-restreint était loin de répondre au désir qu'on éprouve généralement dans nos contrées de connaître la science des antiquités, depuis qu'une grande impulsion est donnée aux études monumentales. J'ai donc cédé aux instances qn'on a faites près de moi et j'ai professé publique* ment un Cours d' Archéologie appliqué au pays. L'empressement avec lequel mes conférences ont été suivies m'engage a les recommencer chaque aunée en y ajoutant quelques développements nouveaux.

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quisse cT an ouvrage plus complet que je me . propose (Je publier par la suite.

De même que dans l'histoire des peuples il est plus facile de vérifier la série des événements qui se sont succédés dans chaque pays que de déterminer leur coïncidence mutuelle; de même aussi on parviendra plutôt à connaître exactement la marche de l'art dans des régions isolées qu'à déterminer l'âge relatif ou la contemporanéité des monuments qui appartiennent à des contrées différentes et éloignées les unes des autres.

Cette considération m'a déterminé à explorer les antiquités de la France occidentale avec une attention particulière, et à prendre dans ce pays les principaux types authentiques que j'ai cités à l'appui de mon système de classification.

J'ai essayé d'esquisser Yhistoire de l'art dans V Ouest de la France , sans toutefois me circonscrire absolument dans les limites de cette région archéologique (i).

(i) Après avoir lu Ici différentes partie» de mon Cour», on demeurera convaincu que j'ai écrit l'histoire de l'Art dam l'Ouêst de ta Fronce > et que ce titre convient parfaitement à mon travail. Cependant il fallait , ans un ouvrage destiné à l'euseigncmeut , réunir et présenter de» faits avsex nombreux, et asset généraux pour donner lieu à des principes de classification parfaitement

AVERTISSEMENT

Avant d'arrêter les bases de l'enseignement nouveau que j'ai créé dans la ville de Caen , j'ai entrepris plusieurs voyages , et j'ai visité un grand nombre de monuments.

« La voie de comparaison , a dit Caylus, est « pour l'antiquaire ce que les observations et a l'expérience sont pour le physicien ; l'inspee- « tion deplusieurs monuments rapprochés avec « soin en découvre l'usage , comme Fexamen « de plusieurs effets de la nature en dévoile le « principe. Tel est le précepte que j'ai mis en pratique et dont j'ai cherché à pénétrer les personnes qui ont suivi mes conférences.

Convaincu d'ailleurs que l'archéologie doit être- une science positive , aussi sûre que les sciences physiques d'observation , j'ai hardiment annoncé les faits dont l'authenticité est aujourd'hui reconnue, tels que la modification des formes et la différence des types suivant les époques.

Au contraire , ce qui touche à l'origine des inventions , aux circonstances qui ont favorisé leur migration , etc. , étant beaucoup moins certain , je me suis contenté de rapporter à ce

•Art. Aussi ai je soarent comparé les monument* de l'Ouest arec ceux des autres parties de la France et de l'Angleterre.

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sujet les opinions le plus généralement admises, sans les adopter absolument.

Tout ,en exposant le détail des faits les plus saillants de l'histoire monumentale , j ai tâché de généraliser les idées et d aborder quelquesunes des grandes questions qui touchent à la philosophie de l'histoire de l'art , j'ai comparé cette histoire à celle des sciences et de la civi < lisation.

De pareilles considérations ne doivent pas être regardées comme de vagues spéculations théoriques. Loin d être infructueuses , elles conduisent à la connaissance des lois qui ont présidé au développement de tous les perfectionnements physiques et moraux. Elles montrent la liaison intime qni existe entre toutes les productions du génie de rhomme.

La science des monuments est si étendue , elle embrasse des recherches si diverses qu'indépendamment des observations qui me sont propres , il m'a fallu réunir une masse considérable de faits , une multitude de renseignements épars dans de nombreux volumes d'une acquisition difficile et dispendieuse, écrits pour la plupart dans un idiome étranger. Je me suis fait une loi de citer toutes ces autorités, et lorsqu'il m'est arrivé de reproduire

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textuellement quelque définition qui ne pouvait être augmentée ni raccourcie , ni changée sans perdre de sa clarté et de sa précision , j'ai scrupuleusement indiqué les ouvrages auxquels j'ai fait cet emprunt.

Tels sont les principes qui m'ont guidé dans la composition du cours d'antiquités que j'offre au public.

J'ai cherché à rendre les connaissances archéologiques plus accessibles , en offrant des règles chronologiques propres à préserver des lenteurs des méprises, en un mot de tous les obstacles qu'on ne peut ordinairement franchir qu'avec une extrême difficulté, faute de guides.

J'ai fait tous mes efforts pour simplifier l'étude d'une science riche de faits et intéressante pour* toutes les classes éclairérées de la société ; puissé-je avoir atteint le but que je me suis proposé.

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