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TORQUE

Plusieurs historiens nous attestent que les Gaulois portaient des colliers ou torques , ainsi quedes bracelets et des anneaux passésaux bras(i).Le collier était connu également chez les Grecs , chez les Romains (2) et chez plusieurs autres peuples ; il n'y a peut-être pas d'ornement qui ait été d'un usage plus ancien ni

(i) Geitaot enim aurcos ciicom colla torques, et circa bracliia ac maouftcoiu brachio couimÎMuram bracbiolia. StraLon , lif . iv. (a) Tile-Livc , lib. *xxvi.

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plus général (i), et c'est ce qui contribue à faire naître des incertitudes sur l'origine de ceux qu'on a rencontrés en France.

11 faut distinguer parmi les torques: d'abord ceux qui se composent de plusieurs pièces mobiles et qui offrent tantôt des chapelets de grosses perles d'ambre , de jais , de verre de couleur , etc., comme on en a trouvé dans quelques tumulus ( voyez p. i3i ) ; tantôt des chaînes dont les anneaux sont en or ou en bronze.

Secondement les torques composés d'une seule pièce de métal (or, bronze , etc.) recourbée de manière à former un cercle d'un diamètre plus ou moins considérable , quelquefois orné de ciselures. Dans beaucoup de torques les deux extrémités de la pièce métallique ne sont pas soudées, mais crochetées ou simplement rapprochées; la flexibilité du métal permettait de les écarter et d'ouvrir l'anneau; d'autres torques n'offrent point ce caractère (a).

(i) La Genèse rapporte que ce fut an des signe» de distiocîioo donné* i Joseph par le roi Pharaon.

(a) Dans une Dissertation sur les colliers des anciens , qui fait partie du douzième volume de l'intéressante collection de ttre«ius , et qui est intitulée : D§ Antiquorum lerquibus t Schiffer établit une distraction entre les deux genres de colli< rs que je vitns de mentionner. Il désigne sous le nom de eerefts ( circuli ) les colliers d'une seule pièce. Circuit rotundi 7««rVm , nd duri

Je vous propose de ranger dans la classe des torques des ornements en or très-singuliers qui ont été découverts au nombre de trois dans la presqu'île du Cotentin , et que M. de Gerville a décrits dans le IVe. volume de la Société des Antiquaires de Normandie. L'un de ces ornements f le seul qui ait été dessiné avant d'être fondu , avait été trouvé à Saint-Cyr , près de Valognes ; il consistait dans une plaque d'or assez mince , taillée en forme de croissant , mais dont les crochets étaient recourbés , de manière à former un cercle presque entier. On remarquait près des boixls et aux extrémités de cette pièce , des festons et quelques autres moulures dont le dessin que je vous présente indique la disposition ( pl. X , fig. 4 )•

Le peu d'espace qui existait entre les deux pointes du croissant ne permettait pas de croii e que cet ornement eût pu être passé au cou ; probablement il tombait sur la poitrine suspendu au moyen d'une chaîne (i).

/"««ri t craaioresque t %m ttnâ mattà , figure orbieulari , etc. ... en m torque» estent mobile* et oto ennutis, cireuti tolutiae rettmdl •et simptieiter , vet cum ftewurU striisq ne. La dUtioctiou de Scheffer est très-juste , mais on est dans l'otage d'appeler indistinctement torques , tons les colliers des anciens.

(1) M. Pluquet rapporte ( histoire de Bayeux, p. 58 ) qu'on a découvert en 1S20, dam la commune Je Fresney-sur-Mer , deu*

oouns

Vers le milieu du siècle dernier on a découvert en Irlande plusieurs objets en or qui offraient la plus grande ressemblance avec celui dont je viens de parler.

Vous serez frappés de cette analogie en voyant le modèle que j'ai l'honneur de vous présenter ( pl. X , fig. 3 ) de l'un de ces objets , tel qu'il a été gravé dans le second volume de l'Archéologie britannique. Vous remarquerez que les moulures qui le décoraient différaient très-peu de celles qu'on voyait sur le croissant trouvé à Saint-Cyr , et qu'elles étaient disposées de la même manière. Vous remarquerez aussi que les extrémités de cette pièce étaient munies de deux petits disques ou boutons ayant à peu près la grandeur de nos pièces de cinquante centimes , et qui peut-être avaient servi à crocheter la chaîne à laquelle cet ornement était suspendu.

Les autres croissants d'or découverts en Irlande différaient peu du précédent ; seulement ils avaient perdu une partie de leurs extrémités ,

morceaux d'or ouvragés et contournés, d'un poids assea considérable , qui furent vendue a un orfèvre et fondus de suite. Peutêtre ces objetf avaient-ils dn rapport avec ceux qui ont été I routés dan» leCotentin. Plus anciennement on avait exhumé plusieurs bracelets de cuirre à Frcsoay.

d'antiquité* monumentales. *45

et quelques-uns étaient unis ou très-peu ornés.

Une chose à remarquer c'est qu'ils pesaient à peine deux onces chacun , ce qui suppose bien peu d'épaisseur à la feuille d'or qui les formait (i).

Quelques années après on découvrit encore en Irlande un croissant en or parfaitement conservé et plus grand que tous ceux qu'on avait rencontrés auparavant ; il a été décrit et figuré de grandeur naturelle dans le VIIe. volume de XArcheologkx (a).

Les opinions ont été très-divisées parmi les Antiquaires anglais sur la destination de cet ornement ; le lord chancelier Newport a prétendu que c'était une espèce de pectoral ou de plaque que les princes ou les nobles de l'Irlande portaient pendante sur la poitrine, à une époque très-reculée f pour se distinguer de leurs sujets (3) ; la plupart des membres de la Société des Antiquaires de Londres s'accordent à le regarder comme remontant à une haute antiquité et comme pouvant fournir , par sa présence en Irlande f une nouvelle preuve des relations que

(i) Jrcheologtm t vol. n » p. 36^ (i) V. ta pl. un.

(3) V. la Notice do M. Prucocke , dan» la denxicme volume de

les peuples de TOricnt ( Phéniciens , Syriens , Carthaginois , etc. ) entréfenaient avec cette île(i). D autres croient y reconnaître un objet de fabrique romaine»

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