CHAPITRE in
Continuai ion du sujet. — Notions préliminaires sur Te* mesures de distance usitées en Gaule sous la domination romaine. — Itinéraire d'Ântonin. — Explicationde la partie de cette table qui se rapporte à la *\ et *la 3*. Lyonnaise. — Carte de Peutinger. — Son origine probable et son importance. — Examen d'un fragment de cette carte figurant la France occident nie. — Un mot sur la Notice des dignités de l'empire , et sur le parti qu'on en peut tirer pour l'avancement delà géographie ancienne. — Notice des Gaules. — Observations relatives aux noms des villes gakVroœauK's.
Pour comprendre l'itinéraire d'Antonin , et la carte de Peutinger, il faut connaître la valeur des deux mesures itinéraires usitées en Gaule sous la domination romaine rie mille et la lieue.
J^e mille se composait de 1,000 pas ( envi* ron 7 56 toises,} et la lieue de i ,5oo pas ( î , 1 34 toises ). A l'époque ou l'itinéraire a été dressé t la première mesure était usitée dans toute la province romaine , mais on se servait habituellement de la seconde dans les autres contrées de la Gaule. Cette différence dans la nutr
nière de compter les distances nous est attestée par Ammien Marcellin qui dit formellement qu'à partir de lu Saône* on ne comptait plus pa r milles, mais par lieues. Exinde non millenis pas s ib us, sed leucU itinera metiuntur (i).
La carte de Peutinger ? dont nous parlerons tout à l'heure , confirme le témoignage d' A m- Hiien Marcellin; car on y voit, près de Lyon , une note avertissant que, depuis l'extrémité de la Gaule jusqu'à ce point qui touche à la province, les distances indiquées sont des lieues.
Du reste, il faut remarquer que la lieue Gauloise était désignée tantôt sous le nom de lieue y tantôt sous celui de mille> et que-souvent le mot millia n indique point des milles romains, mais des lieues Gauloises , lorsqu'il s'applique à la parti* des Gaules où cette mesure était usitée*
Bornons-nous , pour le moment, à ta connaissance de ce fait ; plus tard , lorsque je vous parlerai des colonnes milliatres, j'aurai à présenter des considérations qui seraient ici prématurées.
0) Amintai Marcelin Uf.XV-
l>,ÀIfTIQTJIT*S MOÏTUM EN TAXES. 30,
ITIlfÊBAI&E D'ANTON IN*
L'itinéraire d'Antonin est divisé en deux parties, X itinéraire terrestre (i) et Y itinéraire maritime (i\
L'itinéraire terrestre peut se comparer à un livre de poste; il se compose d'une suite de tableaux indiquant les noms des villes ou des stations par lesquelles on devait passer pour aller de certains points principaux à d'autres points plus ou moins éloignés, dans les différentes proviuces de l'empire, et la distance comprise entre chacune de ces localités intermédiaires.
Dans la partie méridionale de l'empire, les routes sont successivement indiquées en allant du couchant vers l'orient , depuis les colonnes d'Hercule jusqu'en Aiabie; mais dans la partie septentrionale , on suit une marche inverse ; de sorte que les routes de l'Espagne, de la Gaule et de la Bretagne sont indiquées les dernières. (3)
(l) ItIKIBAIIUM PBOVI1ICUBDII OMNIUM IHFIHIl AMoniîci accusti. (3) ImMBATOBIS AffTOlflHl AUCUSTI ITIWBB A Hll'H MABITtMGM. TJt
navigant quac litlura tenens noue dcbeat , aut quaeambire, iucipiena a gadtbus vel cxtrema A fric A , perdocet féliciter.
(3) Vêler* romanoram itineraria »i?e Augoiti Aotooiai itinerarian , rtiranU F.Wesaeling — un ▼ol. in 4°.
couns
L'itinéraire de mer indique les ports et les lieux maritimes dont la connaissance pouvait être utile au navigateur.
L'itinéraire parait devoir être rapporté à la 2e. moitié du IV*. siècle , et ne peut i malgré sa dénomination , convenir à aucun des Antonins; car il y est fait mention de Constant inopo lis , de Maximianopolis , etc, villes qui n'ont reçu les noms sous lesquels elles sont désignées que long-temps après la mort de ces empereurs (i).
Mais si l'itinéraire, tel que nous le possédons, ne date que de la fin du IVe. siècle, il paraît Lien certain que long -temps auparavant , et même très-anciennement, on avait dressé de pareilles feuilles de route dont on a fait successivement de nouvelles éditions.
J'ai disposé sur la planche XIV les paragraphes de l'itinéraire qui se rapportent à des routes de la aœ*. et de la 3me. Lyonnaise, et aux îles voisines de ces deux provinces; je vais
(i) 11 y a lieu de croire que la Mésopotamie, cédée aux Peraca par Jovicn , en 364 » après une longue guerre , élait perdue quand ruinérairc a été écrit, car on n'y a Tait aucune mention de* villes de celte profince.
Manncit pente avec beaucoup d'autre» savants que l'éditeur de l'itinéraire est yftlhicus, q»ù écrivait dans la î moitié du V\ liècle, et dont la cosmographie se trouve jointe aux plu* auciens manuscrits de l'itinéraire.
d' antiquités monumentales. 3i
essayer de suppléer par quelques détails au laconisme de ce catalogue (i).
N.°i.Le premier itinéraire indiqué sur le tableau est celui de Carocotinum à Augustoboney capitale des Tricasses. Cet itinéraire qui nous indique une route partant de l'embouchure de la Seine, et se dirigeant de l'Ouest à l'Est jusqu'à Troyes , par huit stations , est un des plus intéressants de ceux dont j'ai à vous entretenir. ( voyez la pl. XIV, paragraphe i«r.).
Carocotinum , voisin de l'embouchure de la Seine, puisqu'il n'était qu'à 10 lieues gauloises ou 5 lieues actuelles de Lillebon ne, a été placé par la plupart des savants dans le voisinage de Harfleur, mais on n'a pas encore de notions précises sur le lieu qu'il occupait.
La position de Lillebonne est bien connue ; à six lieues gauloises, à l'Est de cette ville, était une station nommée Lotum qui devait se trouver aux environs de Caudebec , dans le voi-
(1) Nous avons suivi l'édition de l'itinéraire donné par Dom Bouquet ( recueil det historiens de France, i". volume. , pnge 10S), parce que cette collection ie trouve dans presque toutes le* grande* bibliothèques, l/orlhoçraphe des nonm de lieu est peurètre plu» conforme à celle de* manuscrits dans l'édition de Wea»eling qui nous parait préférable sqqs plusieura rapports.
sinage de 1 abbaye deSaint-WandrilIe (i), et à 17 lieues de Lotum , le lieu nommé Latomagum qui était Rouen (1).
Ritumagus indiqué à g lieues gauloises audelà de cette ville , devait être Radepont ou quelque localité voisine.
De Ritumagus la route est conduite par Petromantalum éloigné de 16 lieues, que Ton a souvent cherché à Mantes, mais que MM. l'abbé Belley et Danvilie placent bien plus probablement près deMagny(Eure); par Paris indiqué à 18 lieues de Petromantalum ; par
(1) M. l'abbé Belley rapporte qu'on Ht Lofium et même Loiitm dans certains manuscrit* de l'itinéraire ; il pense que ce Loium , qu'on devrait peut-être rononcer lojttm , est identique avec nn lien qui a etisté ans environs de Fontenelle on de Saint Wandrille , et qui était connu au VI» et an VIII» siècle sous le nom de Locium.
Voir le 19» volume des mémoires de l'Académie des ins. criptions , page 654.
(a) M. l'abbé Belley a prouvé d'une manière incontestable que le texte de l'itinéraire a été altéré dans les manuscrit» , et qu'il Tant lire Rotomagum an lion de Lalomngum et Rit»»agum au lien de Raton agum ( v. planche XIV). Cette restitution est absolument nécessaire; car, soit que l'un parte de Lille bon ne ou de Paris , les distances marquées par l'itinéraire forcent de placer Latomagum a Rouen et Ralomagum à l'est de cette ville. D'aillenra M. l'abbé Belley rapporte que dans le plus ancien manuscrit de l'itinéraire qui soit a la bibliothèque du roi , et qui lui paraît avoir été écrit vers la fin du IX» siècle, on lit Ralomago pour Latomago. Ce manuscrit fournit donc une preuve de l'altération introduite dans les autres.
d'antiquités monumentales. 33
Melun, également à 18 lieues de Paris, par Montereau-sur-Yonne, à la lieues de Melun , par Sens, ài3 lieuesde Montereau, et finalement par Troyes, à 16 lieues de la station précédente (i).
La réunion des distances indiquées d'une ville à l'autre forme i3o lieues , au lieu que le total indiqué par l'itinéraire en téte de la colonne ( voyez le point A, paragraphe icr., pl. XIV ) est de i53 lieues j à ce sujet,' je dois vous prévenir que, dans beaucoup d autres itinéraires F addition ne donne point exactement la somme des distances indiquées de ville à ville.
IV0. a. L'itinéraire inscrit dans le a°* paragraphe du tableau, est celui de Rouen àLutèce par Mediolanum et par Dreux. La première station mentionnée à 9 lieues de Rouen , et à 1 4 de Mediolanum est Uggade. Danville place cette station au Pont-de-l'Àrche; M. Rêver l'indique dans une commune voisine nommée Les Damps, où l'on a découvert des médailles et
(1) Pluaieor» manuscrits de l'itinéraire indiqnent un lien nommé Clmo» , cotre Seoa et Troye*. La diataocc VAg*di%~ eum à CUnum y e»t éraluce à i7 lieu* , et celle de aan«m à Augustoboae a 16 Jieuca.
quelques constructions antiques (i) ; M. Le Prévost pense qu'il faut préférer l'opinion de Danville, parce que le passage de la Seine est plus facile au Pont»de-T Arche, et que des constructions romaines nouvellement découvertes portent à croire que cette ville est située au centre de la station antique.
1 4 lieues gauloises, ou 7 lieues actuelles, entre Uggade et Mediolanumfet 1 7 lieues de Mediolanum à Dreux, indiquées par l'itinéraire, forment à peu près la distance qui sépare ces localités ; mais 22 lieues entre Dreux et Diodurum, que Danville suppose avoir été h Jouare, près de Pont - Chartrain ( Seine -et- Oise), et i5 lieues de cette dernière station à Paris, font i-j lieues gauloises ou 18 i/q de nos lieues, ce qui excède un peu la distance en ligne directe; on peut donc supposer quelques déviations dans la route.
iV°. 3. L'itinéraire de Cœsaromagus (Beauvais) k Lutèce, (pl. XIV, n°. 3.) conduit la route par Petromantalum , localité dont je viens de parler, et par Briva Isarœ , indiqué à i4 lieues de Petromantalum , et à 1 .'>
(1) ftotîce sur U station romaino Uggade et sur l'antiquité du Pont-de l'Arche. — Evrtu» , i8a5.
ANTIQUITES MONUMENTALES. 35
deLutèce. Jusqu'ici Pontoisea toujours été regardé comme \eBriva Isarce de l'il inéraire. M.Le Prévost préfère Beaumont-sur-Oise; il se fonde sur ce que dans la route de Carocotinum à Troyes par Paris , que nous venons d'examiner , et qui devait passer par Pon toise , il n'est pas question de Briva Isarce ( voir sur la pl. XIV l'itinéraire n°. i ). M, Le Prévost remarque encore que, dans cet itinéraire, la distance de Petromantalum à Lutèce n'est que de 1 8 lieues 9 tandis que , dans l'itinéraire de Beauvais à Paris, le même intervalle est de 27 lieues; il suppose que cette di fférence provient de ce que, dans le premier itinéraire , la route suit la ligne directe , au lieu que, dans le second , elle est ramenée à Beau mont à partir de Petromantalum , pour y retrouver la ligne de communication la plus courte entre Beauvais et Paris. Son opinion est que ce chevauchement d'une direction à l'autre avait pour but d'indiquer deux routes d'une manière expéditive. Quoi qu'il en soit, le chemin tracé par l'itinéraire n'est pas direct, puisqu'il est mené d'abord par Petromantalum , pour revenir à Paris, au sud ; la route de Lillebonne à Lisieux va nous offrir la même bizarrerie.
cou us
N°. 4» L'itinéraire qui se présente ensuite sur le tableau ( pl. XIV ) est celui de Lillebonne à Dreux par Breviodurus (Brionne) Noviomagus ( Lisieux ) , et Condate ( Condé • sur - Iton ). Nous trouvons entre Lillebonne et Breviodurus 17 lieues ( environ 1/1 de nos lieues actuelles ) , distance qui s'accorde avec celle de Lillebonne à Brionne.
Pendant long-temps on avait placé Brevio* durus à Pont-Àudemer ; niais on ne trouvait pas 1 7 lieues gauloises entre cette ville et Lillebonne, tandis que Brionne , qui offre d'ailleurs avec Breviodurus une analogie de nom bien frappante , se trouve à la distance voulue. C est tout récemment que MM. Viel, A. Le Prévost, et de Gerville, ont rétabli Breviodurus dans sa véritable position ; maintenant il doit rester d'autant moins de doutes que Brionne renferme des antiquités romaines.
Ajoutons cependant que MM.E.Gaillard et A. Canel placent Breviodurus au Pont-Autbou , bourgade située à 5/4 de lieue environ de Brionne,en considérant que les anciennes voies paraissentsediriger plutôt vers cette localité que vers l'autre , et qu'elle renferme aussi des antiquités romaines (1). Malgré cette circonstance
(1) « Nom ferooj observer» dit M. Ctnel , que Brioooc est , à
d'àjctiquités monumentales. 3^
•ans doute très -remarquable , nous croyons devoir placer Breviodurus à Brionne, et suivre en cela l'opinion de M. Le Prévost*
Nous trouvons ensuite dix-sept lieues gauloises (8 lieues f 7* ) indiquées de Brionne à Lisieux, %A ( i a- lieues) de Lisieux à Condé,et 10 (5 lieues) entre ce dernier lieu et Dreux; ce qui fait en tout 68 lieues gauloises ou 34-lieues actuelles entre le point de départ et celui d*arrivée.
J'ai déjà dit un mot (f,. 35) des déviations que Tonremarquedansla route tracée par l'itinéraire de Lillebonne à Dreux. Cette route^ût été bien plus4irecte par Mediolanum et le coude qu'elle
vol d'oiseau, à plus de dit -sept lieues gauloises de Ju'lobona ( 19, a 33 toises ) et à moins de 17 lieues de Itoviomagus. Pont-Autou se trouve a ta mime dif tance de Noviomagus que Brionne ; mais il est' 4 moin* de 17 lieue» de Jutiubona, toujours à roi d'oiseau. Ea faisant la part des déviations et de l'usagu adopté par les Romains de compter comme complètes les lieues commencées, nous trouverons Pont Autou dans la position voulue : Urionne, au contraire, sera de plus en plus éloigne de Juliobona, 11 n'y a point , il est vrai, 30 lieues gauloises de Pont Autou à liotomagas , comme le veut la carte de Peutlnger, mais Brionne est dans le même cas. J'ajouterai que Pont-Autou , recevant un plus grand nombre de voies romaines, devait avoir une importance plus marquée. L 'analogie > indiquée entre le nom de Brionne et celui de Brcviodurum , n'est peut-être pas d'un grand poids pour la solution dé hi question. L'établissement antique de Brionne rsitoé aussi sur le bord de la fiule , pourrait également avoir eu an nom dans lequel serait entré le mot brive ou briva , qui signifie pouf. »
38 cocus
décrit en venant de Brionne à Lisieux , doit vous convaincre de plus en plus que les routes de L'itinéraire d'Antonin ne sont pas toutes tracées dans une direction unique, et que parfois on les a fait dévier pour indiquer les distances comprises entre des stations intermédiaires.
Nous devons encore remarquer par rapport à l'itinéraire de Lillebonne à Dreux par Lisieux t que l'énoncé du nombre total des lieues n'est pas d'accord avec le détail des distances marquées de ville à ville ; après avoir attentivement mesuré les distances réelles et les avoir comparées avec celles de l'itinéraire, M, Le Prévost est demeuré convaincu que l'énoncé sommaire de la distance totale est correct, que Terreur se trouve dans le nombre de lieues indiqué de Lisieux à Dreux, et qu'au lieu de 34 lieues, il y en a 44 entre ces deux villes(i).
(i) « Si de la distance totale de Lillebonne k Dreux, dit M. Le « Piévoftt , uoua retranchons les trente-quatie lieues gauloises de
• Lillebonne à Lisieux par Brionne, il nous restera 44 lieues (49*^6* c tobes ) , suivant un calcul, tt seulement trente-quatre (58,556 ■ toises) suivant l'autre. Or , de Lisieux à Dreux , il y a , à vol « d'oiseau, environ 4&,ooo toises; et comme, dans le calcul
• des distances , les Humain* comptaient comme complètes les
• lieues commencées , et que , malgré la rectitude habituelle du « leurs alignements , il faut toujours poilu quelques centaines.
d'antiquités monumentales. 39
A°. 5. J/itinéraire nous donne aussi la route de Lillebonne à Evreux, sans indiquer de station intermédiaire; la distance est estimée à 34 lieues gauloises ( pl. XIV , paragraphe 5 ).
Cette route devait passer par Hreviodurus qui se trouve précisément à moitié chemin , c'est-à-dire à 17 lieues de Lillebonne et de Mediolanum (1).
JS°. 6. L'itinéraire de Valognes à Rennes ( n°. 6, pl. XIV ) indique un total de 77 lieues mais l'addition des nombres écrits entre chacun des points intermédiaires mentionnés donne 108 lieues.
Nous trouvons d'abord entre Valognes et Coutances ao lieues gauloises ; c'est à peu près la distance qui sépare ces deux villes , et les recherches de M. de Gerville ne laissent plus de doute sur la direction de la voie antique dans cette région du département de la Manche , où
• de toises pour les déviations , il est clair que c'est la somme « totale des distance* qui est Juste ici , et que les chiffres de dé- « tail doivent être modiBés aiusi qu'il suit. DU eîeueod Condè
• 39 Ikutt gauloises ; de Condé à Dreux i4 lieues et quelque m choie.»
(i)Toiit porte a croire que c'est la même qui est marquée sur la table de Peotinger , eotre Liltelioone et Dreux par Condé (pl. XV) et dont il va être question plus loin.
COUHS
elle est encore reconnaissable sur plusieurs points, connue sous le nom de chemin . Perrey.
Entre Coutances et Rennes , Filinéraire marque deux stations, Fanum Martis et Fines; la première placée à 3a lieues gauloises de Coutances, la seconde à 27 lieues de Fanum Martis et à 39 de Condate.
€0 mme il y a de Coutances à Rennes environ a5 lieues à vol d'oiseau (5o lieues gauloises), il est impossible de trouver entre ces deux villes la distance indiquée par l'itinéraire.
Cherchant à m'expliquer cette difficulté , j'ai supposé que le paragraphe de l'itinéraire qui nous occupe pouvait bien se rapporter à deux directions différentes , et indiquer en même temps la route de Valognes à Rennes , Condate , et une route incidente allant de Coutances au Fanum Martis des Curiosolites , Corseult, près de Dinant (voir page 18 ) , de sorte que , si cette hypothèse était fondée, il faudrait, pour trouver la distance réellement indiquée entre Valognes et Rennes , commencer par faire abstraction des 3a lieues indiquées entre Cosedia et Fa* num Martis.
Je dois convenir que cette intercalation d'un itinéraire au milieu d'un autre n'est point dé-
D ARTIQUITÉS MOirUWENTAIES. 4*
montrée , et que , à vol d'oiseau , il y a au moins 38 lieues gauloises entre Coutances et Corseult ; mais un résultat qui m'a frappé , et qui mérite , je crois , d'être noté , c'est que si l'on fait abstraction des 3a lieues indiquées entre Cosedia et Fanum Martis , l'énoncé sommaire delà distance totale (77) , se trouve à une unité près , d'accord avec l'addition des nombres du détail qui donnent alors 76 au lieu de 108 ; et comme il y a r à vol d'oiseau , environ 36 ou 37 heues (74 lieues gauloises) entre Valognes et Rennes, fa distance réelle serait également à peu près conforme à celle que l'itinéraire indique , si mon hypothèse était fondé«/(i).
Quoiqu'il en sok, la position de Fines est encore fort incertaine; quelques personnes l'ont placé à Feins, à 6 six lieues au nord de Ken nés: je seraisporté aie chercher plus ait nord comme
(.») M. de Gorville , dont les recherches ont déjà beaucoup éclairé la géographie de la partie occidentale de la a*. Lyon* ruise ( département de la Manche ) , pense que le Fanum- Murtis de l'itinéraire était a St. -Pair au-delà, de Ciran ville, ou l'on a trouvé des antiquités romaines ; mau comme cette localité n'est point à 3# t mais seulement à ta lieues gauloises de Coutances, M. de Gerville appuie sonopinion de différents raisonnements exposés dans uoe dissertation qui sera prochainement puhli e et que Ton pourra consulter avec autant d'intérêt quede profit.
M, l'abbé Belley a placé Fanum Martit à St,-Jaraes.