‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 71 sur 126 · GO DR · texte numérisé non relu

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« et ayant à l'intérieur deux ou trois pouces « de diamètre, qui conduisaient probable- « ment la chaleur dans une chambre supé- « Heure où. cuisaient les vases.

« Quant à l'autre four , toute la partie in fé- « Heure * y compris le plancher sur lequel x « sans doute, on disposait les vases pendant « la cuisson, et qui formait ^ toit on plafond «t de cette partie inférieure , était conservée^ « elle se présentait sous la forme d'un cylindre « de la pieds de diamètre et d'environ 5 pieds * de haut. A l'intérieur on observait une a galerie diamétrale dans laquelle on pouvait « entrer en se baissant un peu. De cette galerie « il partait, des deux cotés, d'autres galeries « perpendiculaires à la précédente. Au dessus « de ces galeries transversales le plafond ou « plancher qui avait de deux à trois pieds « d'épaisseur était traversé par plusieurs ran- « gées de trous, surmontés de tuyaux de chaoc leur semblables à ceux dont je viens de parler; « et à la périphérie supérieure , le haut de a toutes ces galeries aboutissait à un conduit « circulaire autour duquel étaient pareillement « placés des tuyaux de chaleur , qui se tou- « chaient et formaient comme un collier au- « dessus de celte périphérie.

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« On voyait aussi la naissance d'une voûte « qui sans doute recouvrait l'espace où Ton « mettait les vases pendant la cuisson. »

Je termine ici, Messieurs, ce qui concerne les vases rouges ornés de figures et qui me paraissent les plus intéressants ; je vais rapidement indiquer les autres espèces de poterie que j'ai observées.

Poterie noire. Les poteries noires sont plus rares que les rouges,mais on les rencontre souvent avec elles; elles sont revêtues d'un beau vernis couleur d'ébène et la pâle un peu moins compacte que celle de la poterie rouge est grise, blanchâtre, quelquefois rougeâtre.

Les vases noirs ne sont pas ordinairement ornés de moulures , cependant j'en ai vu quelques-uns qui offraient des ornements analogues à ceux des poteries rouges et qui évidemment avaient été moulés de la même manière.

Poterie bronzée. J'ai trouvé dans plusieurs localités de petits vases très-légers, du ne terre rouge ou jaunâtre, mêlée de grains de quartz,

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couverts d'un vernis irisé très-mince qui m'a paru métallique (1). Un très -petit nombre de débris de vases , ornés de figures en relief et formés dans des moules , m'ont offert la même couverte au cabinet de la ville du Mans, et je crois, à Angers, dans la collection de M. Grille.

poterie micacée. Une autre poterie qui imite la couleur bronzée, mais qui est bien différente de celle que je viens de mentionner présente une pâte grise remplie à dessein de petits grains de sable quarUeux, et sur la surface extérieure de laquelle on a appliqué des paillettes de mica pour lui donner une couleur bronzée ou cuivrée. Ce n est pas sans éronnement que j'ai observé sur des morceaux déposés dans les musées de Tours et d'Orléans, cette couverte d'un nouveau genre qui devait, dans l'origine , produire un effet assez remarquable (a).

(i) M. Girardin , profeweur de chimie à Rouen ,fe propote de

faire l'analyre de cet poterie».

(a) On ne peut douter que 1c mica n'ait été appliqué avec

•oin aprèi le mou!»g#- dr» vai=ei ; car la terre qui le» forme n'en contient point, et il e»t facile de dépouiller la poterie de *on

liillant, en enlevant le» [ aillettesde micaafccuu instrument.

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Poterie rouge et grise sans couverte.

Ces poteries, assez légères et souvent travaillées avec soin , sont formées de terres fines dans lesquelles on a fait entrer des grains de sable; elles sont parfois ornées de guiliochis et de filets. J'ai trouvé des assiettes, des plats , des bouteilles et des vases de différentes formes de ces deux espèces de poterie dans tous les lieux où j'ai remarqué des traces d'habitations romaines.

Poteries grossières. Les amphores , les grands vases d'un usage habituel, tels que les terrines , les plats , jattes cruches , bouteilles, etc. , etc. , ont été fabriqués avec une terre rouge , jaune, ou grise, peu différente de celle que je viens de mentionner, mais préparée avec moins de soin et toujours remplie à dessein de sable et de petits cailloux.

Les amphores ( pl. XXVIII, fig. 1-2 ) étaient, comme vous le savez , de très-grands vases munis de deux anses , terminés par une base fort étroite et parfois pointue, qui ne pouvaient se tenir debout sans être engagés dans la terre et qui servaient à renfermer l'eau, le vin , l'huile et les autres liquides nécessaires

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à la vie(i). On en rencontre très-souvent de brisées ; il y en a d'entières dans les cabinets de Caen , du Mans , d'Orléans , d'Evreux , de Paris , etc., etc. Elles sont ordinairement faites en terre rouge ou jaunâtre ; je n en ai point vu en terre grise.

Les vases figurés (pl. XX VIII, fig. 3-4), tantôt enterre rougeâtre, tantôt en terre grise , ressemblent beaucoup à ceux dont on se sert encore aujourd'hui et que l'on nomme terrinés ; ils se rencontrent dans nos campagnes du Calvados partout où l'on trouve des tuiles et des vestiges d'habitations romaines.

(i) La mesure de capacité dont les écrivains romains font le plus souvent mention » est l'amphore ( AMPHORA ): il* l'appelaient aussi QUADBiRTAL , ou caocs , et les Grecs m>tret*i ou rsrtmium ; cette mesure contenait 2 urnes t 5m<Mrti,8 eongii^ 48 icxtarii 9 ou scUiers, et 96 heminœ, ou eotyite ; mais l'amphore attique contenait a urnt» et 71 sexterii.

L'amphore romaine équivalait a près de 36 litres ; le poid* de l'eau de pluie qu'elle contenait peut être évalué 4 $4 livres.

Un sejotariui, sextier , contenait a herminte , 4 quartarii , 8 aeetabula, et 12 cyathi. Toutes ces dénomination» indiquaient la division de l'as romain ; ainsi les coupes ( vel calices ) étaient appelées stwIanUt , qui Crantes , tnentu , selon le nombre de eyatki qu'elles contenaient

Un eyathui était la mesure de la liqueur qu'on pouvait avaler aisément d'un seul trait. Il contenait 4 ligutœ vel lingutm , ou eocklêari* , cuillerées» CoUmelL xii. ai. — Ptin. xx. 5. — J#*r« liai. sir. tao.

( Voyee aHÙquiiU romaines par A. Adam , rteteur du grand totiegr d'Edimbourg.)

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J'ai aussi remarqué assez fréquemment ( Jort, Orléans, Clinchamps, etc.,etc.}des vases portés sur trois pieds, semblables à celui que vous voyez ( pl. XX VIII, fig. 5 ).Ces espèces tle marmites sont presque toujours en terre grise ; j'en ai vu qui avaient 1 5 pouces de diamètre et 7 pouces de hauteur: d'autres ne présentaient qu'un diamètre de 9 pouces sur une hauteur de 4 à 5 pouces.

Les moulins en usage sous la domination romaine se composaient de deux meules d'une petite dimension dont une convexe ( pl. XXX , fig. 1 ) s'emboitait dans l'autre qui était concave ( fig. a ). La meule supérieure tournait sur un axe de fer dont le piveau était fixé dans la meule gisante on inférieure. Pour mettre la meule supérieure en mouvement on introduisait dans un trou pratiqué latéralement un levier de fer ou de bois , à l'aide duquel on la faisait tourner sur la meule inférieure qui restait immobile , et le ;?rain se trouvait écrasé entre les deux meules.

Ces moulins étaient si peu coûteux que chaque maison pouvait avoir le sien ; aussi

en ai-je trou* é presque partout où j'ai remarqué des vestiges d'habitations.

Les meules ont été faites suivant les lieux avec des pierres dures , de nature différente. Celles que Ton a trouvées dans les arrondissements de Caen,Vire, Falaise, Bayeux,Dom front, etc., etc. , étaient pour la plupart en granité; dans l'Eure , la Seine Inférieure , les environs de Lisieux, etc., etc , elles sont de grès ou de poudingue (i). Dans le Cotentin on a employé l'arkose; enfin dans le Poitou, le Limousin, l'Orléanais et quelques autres parties de la France , on s'est servi de lave d'Auvergne.

La figure 3, planche XXX, présente les deux meules d'un moulin trouvé au Vieil-Evreux et déposé, par M. Rêver, dans le musée de la société. Son diamètre est de 10 pouces et sa hauteur de 5.

La figure 4 > même planche , représente un autre moulin semblable découvert par M.Jollois • et déposé dans le musée d'Orléans où je lai dessiné. Le diamètre de ce moulin est de 18 pouces. Appliquées Tune sur l'autre les deux meules ont 6 pouces i/a de hauteur. La meule supérieure a la forme d'un cône

(i) Ce» roches recouvrent la craie et ne trouvent •urplmieur» poioU dani cette partie de la Normandie.

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creux qui sadapîe au cône convexe de la meule inférieure. Le dessus de la meule supérieure est un peu concave et forme ainsi une sorte de trémie. Elle est percée de part eu part ( pl. XXX , fig. 5 a ) , pour laisser passer le grain et pour recevoir l'armature en fer qui tenait les meules à distance.

j ai figuré ( pl. XXX, n°. 6 ) la coupe d'un moulin à bras trouvé à Pompeï, dont les meules sont beaucoup plus épaisses que celles des moulins que je viens de citer, mais dont le mécanisme est le même. Il a été gravé daus l'ouvrage de Mazois.

Figurines ebt terre cuite. Les petites statues en terre cuite blanchâtre accompagnent, assez souvent, les débris qui signalent remplacement des constructions gallo-romaines.

On rencontre surtout fréquemment la figure de Vénus Anadyomène ( pi. XXX , fig. 7 ) , et ces statuettes se ressemblent si bien toutes , quelles paraîtraient avoir été faites dans le même moule ; elles sont complètement nues , la tête garnie d'une chevelure bien fournie. De la main droite elles tiennent leurs cheveux; de la main gauche elles soutiennent une draperie. Un socle circulaire , ou piédouche ,

sert assez souvent de base à ces petites statues dont la hauteur n'excède guère 8 pouces.

Les figurines que j'ai rencontrées le plus souvent après les Vénus représentent une femme assise dans un fauteuil en nattes d'osier et allaitant un ou deux enfants ( pl. XXX , fig. 8 ), que MM. Rêver et Langlois regardent comme l'image de Latone et d'autres comme celle de Lucine (i). M. Rêver pense que ces figures étaient des ex-voto, soit pour les femmes désirant obtenir un heureux accouchement , ou reconnaissantes de ce qu'elles l'avaient obtenu , soit pour des mères qui allaitaient leurs enfants et qui offraient ces ex-voto à la déesse invoquée par elles dans cette circonstance.

L'image de Mercure se rencontre aussi assez souvent parmi les statuettes en terre cuite.

Les figurines représentant des divinités étaient probablement placées près du foyer, comme les images en plâtre de la Ste.-Vierge et des Saints le sont encore de nos jours sur les cheminées des habitants de la campagne. Plusieurs statuettes de Vénus, de Lucine et

(i) Laton* passait pour accorder des services aux mères et aat nouniecs, et Lucine présidait aut accouchement*.

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de Mercure , observées dans des localités fort éloignées les unes des autres , ont une teinte enfumée qui semble indiquer un long séjour, près du foyer domestique, et qui m'a rappelé Tépithète de Fumosœ^ donnée par les anciens aux images des dieux placées dans l'atrium de leurs maisons (i).

Mais toutes les figurines antiques que Ton rencontre n'étaient pas destinées à reproduire l'image des divinités; ou moulait, comme on le fait de nos jours r un grand nombre de sujets profanes , de caricatures , de jouets d'enfant, etc. Parmi ces derniers on peut citer des figures d'oiseaux , de bélier , de chevaux , etc. , etc. , et ces hochets qui ont été trouvés dans tant de localités diverses et qui se composent d'un pelit globe en terre cuite renfermant des cailloux libres et produisant l'effet d'un grelot.

Les figurines en terre cuite étaient formées de deux demi-bosses empreintes dans des moules de deux pièces ; elles étaient ensuite

(i) Cic. Pis. i.— Juvéna'. VI1L— M.Galeron a recueilli dernièrement a Planches une figurine de Venu» , dont le durant avait une couleur brune et enfumée, tandis que le dos était plus blanc, comme si cette statuette eût été adossée à quelque mutaille ou à tout autre objet qui Peut préservée d'un côté.

réunies et raccordées au moyen du collage desbords(i).Quekjues-unesont été recouvertes de peintures 5 il existe dans le musée de Tours une figurine fort singulière trouvée à Soing en Sologne et représentant un personnage grotesque ayant sur les épaules un manteau dont les plis conservent des traces manifestes d\ine conteur rougeâtre appliquée au pinceau.

En songeant au débit que devaient trouver les fabricants de figurines à cause de (a modicité prix de ces objets t on ne doit pas être surpris d'en rencontrer si souvent dans les lieux où il existe des vestiges de constructions même peu importantes. Ainsi jen ai vu dans presque toutes les collections ( Tours , San mur, Poitiers, Bordeaux, Saintes, Angers, Evreux etc. ). La Vénus et la Lucine, figurées planche XXX, ont été trouvées sur 3o à 4o points de la Haute et de la Basse-Normandie.

La découverte la plus importante de figurines qui ait eu lieu, à ma connaissance, tant pour le nombre que pour la variété des objets , est

(0 Descriptio» de» figurines antiques découvertes en iSaô , dans la forêt d'Erreux , par M.Refcr , correspondant de l'Institut. Après ce raccordement on perçait no- osent daos un eodroil p«u «bible » pour donner issue à l'air intérieur , de peur qu'il ne causai des ruptures et la petto des pièces en se dilatant au

f*ru.

i/aNTIQUITIS MO* u mentales. aa$

celle qui fut faite à Baux ( Eure ), en 1 8:1 5 , et dont M. Rêver a rendu compte dans les mémoires de la société des Antiquaires de Normandie ( vol. IHme. /. Ou découvrit dans cette commune, au fond d'une mare qui, de mémoire d'homme , n'avait jamais tari , environ aoo figurines en terre cuite, disposées côte à côte et par rangs* dans une cavité revêtue de briques et recouverte de grosses pierres. M. Rêver ne doute pas qu'il n'ait existé , au moins momentanément , dans cette localité , une fabrique de figurines.

Ce serait ici le lieu , Messieurs , de décrire les figurines en bronze et les nombreux instruments antiques en métal,, découverts en France et déposés dansles collections. Mais il ne faut pas oublier que je ne veux signaler ici que Les. objets répandus le plus abondamment partout où il a existé des habitations gallo-romaines , même assez pauvres , et dont la présence peu* nous aider dans l'étude de la géographie ancienne,. ou?si je puis parler ainsi, de la statistique de nos contrées sous la domination romaine. Ainsi j'ai seulement figuré , sur la planche XXX r quelques-uns des ustensiles de bronze qui ont été d'un usage trèsrépandu et qui se trouvent partout.

COU ItS

Les objets en métal et les restes les plus précieux de l'antiquité ont d'ailleurs élé si bien décrits par Caylus , Monfaucon , Grivaud de la Vincelle, Winckelman, dom Martin et plusieurs autres auteurs que je ne pourrais que répéter ce qu'ils en ont dit.

Par la même raison , Messieurs, je ne dois point vous parler des médailles romaines dont l'étude, si utile et si importante, demanderait bien plus de temps que nous ne pourrions y en consacrer. La numismatique est une science faite, exposée dans des ouvrages généralement estimés. C'est en méditant ces ouvrages que vous acquerrerez la connaissance des médailles antiques que nous trouvons répandues à profusion dans un si grand nombre de localités.

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