‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 77 sur 126 · COU US · texte numérisé non relu

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j'ai constaté moi-même l'existence de nombreux débris antiques à Ginay et Chanffour près de la petite ville d'Evmes; à Boeancé près de la Ferté-b'resncl , à Coudé, près de Remalars, à Giel, canton de Putanges (i) , à Montabar et dans quelques autres corn munes (a).

En considérant la nature des vestiges que je viens de mentionner, les constructions rurales les plus simples et les pins nombreuses dans nos campagnes , étaient vraisemblablement, formées en torchis et en bois; leur existence antérieure n'est souvent attestée que par les débris des tuiles du toit et des fragments de poterie accumulés dans une couche de terre mêlée de cendres.

Dans la première couche se trouvent ordinairement les tuiles à rebords brisées et trèsrarement entières, avec des plaques de ciment. On rencontre ensuite des traces de charbon et de cendres, des pierres calcinées et rougies par le feu , des os de porc et de bœuf ; des

(i) L 'emplacement où il cxûte de* antiquité* romaiue* a Giel «'appelle le* S^iits-Terref , oo rapporte qu'il »'y trouvait autrefois uoe ville.

(a) Depuis que ceci a été écrit , M. Durcau de La Malle a découvert d'importante* con»tructiou» antiques *ur »e» terre*, a A.Ici.**c pré* de Mauves.

d'antiquités monument axes.

écailles d* Huîtres (i) , de Moules, de Patelles, de Cardiurns. Il y a souvent parmi ces débris une quantité si considérable de vases brisés, que j'ai recueilli presque tous les fragments que je mets sous vos yeux au nombre de plus de iao, dans une étendue de 7 à 8 pieds en carré, à Magny , près Bayeux.

D'après les inductions que j'ai pu tirer de l'examen des espaces occupés par ces débris, les cabanes gallo-romaines avaient de petites dimensions.

Quelquefois, au milieu des habitations en terre ou en bois qui n'ont laissé que de faibles traces il y en avait d'autres plus soignées et construites en pierres ; j'en ai fait déblayer plusieurs dans lesquelles on remarquait des aires composées d'une couche de cailloutas de pierre bleue recouverte d'un enduit de chaux et uniment étendue sur un ciment qui, lui-même , reposait sur des fondations en moellon fa).

(1) Le* huîtres doivent avoir été un aliment I re§. usité dans no» contrées littorales. J'en ai trouvé d-i écailles partout où j'ai remarqué d'antiqu?s congrue tiun^. tes défendes de sanglier et les corne* de cerf se rencontrent auosi ttè* «cuvent , ce qui prouve qnc uos ancêtre* faisaient une grande consommation de la chair de ces animaux, (a) Voir ma statistique monumentale du Calvadoi.

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Une observation déjà faite par bien des explorateurs et qui m'a souvent frappé moimême , c'est que la plupart des constructions gallo-romaines paraissent avoir été détruites par le feu ; au moins trouve-t-on presque toujours des cendres et des charbons là où elles étaient placées. Cette observation me paraît prouver combien ont été grands les désastres qui ont affligé l'occident au IVe. siècle.

Il faut que les malheurs de cette époque , dont les récits des historiens ne nous offrent qu'une image incomplète , se soient gravés bien profondément dans ia mémoire des peuples pour que nous trouvions encore presque partout cette tradition qui parle de grandes destructions consommées par Us Anglais. Il est évident que ce mot Anglais^ dans la bouche des habitants de nos campagnes, doit être pris dans l'acception générale d'ennemi , car ils n'ont aucune idée de l'époque à laquelle les destructions, dont ils parlent, peuvent avoir eu lieu , et s'ils les attribuent aux Anglais, c'est qu'ils ont souvent attendu parler de ce peuple et des guerres qu'il a soutenues contre la Normandie.

La tradition veut aussi, corn me nous l'avons vu, que des villes ayent existé dans presque tous les lieux où il y a des ruines romaines ; or ce mot

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ville f dans la bouche de nos paysans, est la traduction littérale de villa, maison de campagne.

Je n'ai pas besoin , Messieurs , d'insister sur l'importance des recherches qui peuvent conduire à la découverte des établissements gallo-romains; quoiqu'il soit bien difficile de retrouver ce qui existait à une époque si reculée , aujourd'hui que tant de changements se sont opérés , on recueille encore, avec un peu de persévérance , des renseignements précieux pour l'histoire locale. Ainsi j'ai tiré , de mes explorations dans le Calvados , des inductions concernant l'état de ce pays durant l'ère gallo-romaine, et j'ai pu reconnaître , par aperçu , quelles étaient à cette époque les régions les plus habitées (i); on obtiendra des résultats semblables et sans doute bien plus importants, partout où l'on voudra se livrer aux mêmes investigations.

(i) Voir ma «Utwtique monumentale du Calvadoi et l'expoté inséré dans le journal de Caen du i; janvier i85o.

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