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Encfjwtb antique db lillebonne. à Lillebonne on a trouvé dans les fondations des murailles militaires de construction romaine encore visible, à peu de distance du théâtre, des pierres sculptées provenant de beaux édifices et employées sans ciment comme dans les localités déjà citées.
M.Gaillard,qui a souvent examiné ces débris, demeure convaincu que les murs auxquels ils servaient de base, sont un ouvrage des pre« mières années du lVme siècle (i).
Ehceintesdevreux, de bayeux et de plusieurs autres villes. Si l'on en croit le calendrier historique d'Evreux , pour Tannée 1 75o , on a trouvé, en i65a, une grande quantité d'inscriptions, de débris de sculpture, de pierres travaillées, etc., derrière le jardin de l'évéchéet au pied de deux tours qui avaient fait partie de l'enceinte murale de construction romaine dont on remarque encore aujourd'hui quelques vestiges (a).
(1) Mémoire sur le balnéaire de Lillebonne présenté, en 1829, h la Société des Antiqnairc» de Normandie.
fa) V. la notice historique de M. A.. Le Prérost sur le département de l'Eure.
Crtte enceinte, dont on n'a pas exactement déterminé les limites , pouvait contenir 10 ou 11 acres.
D'AJfTIQUlTfc MONUMENTALES.
Nous avons déjà vu, en parlant de colonies milliaires (p. 10a) que les murs antiques de Rayeux, dont il reste encore des traces (i) , étaient fondés sur des blocs sculptés dont quelques-uns portaient des inscriptions.
L abbé Le Hœuf,qui a consigné dans le 33m«. volume de l'académie des inscriptions, le résultat de son examen des murs de Périgueux, dit que leur première assise était formée de fragments de colonnes, de chapiteaux et de statues.
Le même fait a été constaté dans les murs antiques de Langres, dans ceux de Reims, de Sens, de Narbonne, de Beau vais, de Troyes; en un mot dans la plupart des villes anciennes de la Gaule.
. Les castella ou Châteaux étaient en dimU nutif des enceintes milliaires que je viens de décrite; on n'y voyait pas d édifices publics ni de maisons agglomérées : tout y était consacré à la défense. Ils se composaient seulement d'une enceinte murale et d'une forteresse pour le lo* gement du chef et de la garnison. Les châteaux étaient d'ailleurs, assez souvent, des propriétés privées, comme Ta dit avec raison M. le comte
(i) L'enceinte antique de Bayeux était rie forme carrée , j'en donne les mesures exactes dans ma statistique monumentale du Calvadot.
de La Borde (1). En effet, tant que la tranquillité avait régné dans les provinces, aucun moyen n'avait été employé pour mettre à couvert les propriétés et protéger les habitants des campagnes. Les élégantes maisons des Romains couvraient les riants coteaux , et cet aspect guerrier, qui vient troubler le repos de la vie, était relégué aux extrêmes frontières ; là seulement, on connaissait les enceintes de murs protégées par des tours, origines de nos vieux châteaux ; ces portes décu mânes et prétoriennes, semblables à nos portes de villes ; et enfin le pretoriurn , ou logement du chef, situé au milieu de l'enceinte, sur le modèle duquel ont été construits nos donjons. Mais quand le grand empire fut envahi, le pays attaqué de tous côtés présenta partout une frontière à défendre, des ouvrages militaires à construire. Il fallut renoncer aux décorations extérieures des palais. Ce fut alors qu'on couvrit ces demeures d'une enveloppe de murs épais, défendu par des tours.
Je décrirai quelques châteaux gallo -romains dans la Vme. partie du Cours, avant de parler des foiteresses de la période Mérovingienne et
(i) Dans le grand el bel ouvrage sur l'Eupagnc.
d'awIiqïtït^s mokumfwtales. 36 i
de la période carlovingienne; pour le moment je vais me borner à vous citer un seul exemple de châteaux de cette époque, que je vais prendre à Jublains, département de la Mayenne.
Castellum de Jublains (Mayenne). L'enceinte militaire, ou château de Jublains, offre un carré d'environ 3 20 pieds sur chaque face, dont les murs très bien conservés ont encore 1 a pieds de hauteur et 9 pieds de largeur. Aux quatre angles du camp sont placées quatre tours (V. la pl. XXXII). D'autres tours garnissent les intervalles compris d'un angle à l'autre, au nord , à l'Est et à l'Ouest. Du côté du midi le terrain est en pente, on ne trouve qu'une seule tour de forme carrée ( B, fig., 7, pl. XXXII)* On entre aujourd'hui par une brèche pratiquée dans le mur , j'ignore quelle était la forme de la porte primitive (1).
Au milieu de l'enceinte se voient encore les débris d'un carré de murs avec un amas consi-
(1) La brèche qui sert aujourd'hui d'entrée, A, fig. 7, parait aroir été ouverte e la place , on se trouvait une tour, et l'on n'y voit aucune autre iasue ; je ne aérais pas snrpria qu'il n'y eût eu aucune porte à ce château, et qu'on y fût entré, au moyen d'un font-leria , ou d'une pente douce on terre , que l'on pouvait paire disparaître au moment du danger.
36a cours
dérable de décombres recouverts pat an bois taillis ; ce sont évidemment les ruines du fort ou Castellum. \\ est impossible de se rendre compte de la distribution intérieure <le cette conlruction, il faudrait pour cela des fouilles. Mais il y a lieu de croire que le bâtiment était carré et assez élevé avec une cour au centre, peut-être aussi ressemblait-il à nos donjons carrés du moyen âge.
Un espace de 5o pieds règne de tous côtés éntre cette forteresse centrale et les murs d'enceinte. J ai dessiné (pl. XX) une petite portion de ces derniers murs. Us sont paremente's en pierre de petit appareil; on y remarque des cordons de brique.
Du côté du Sud les fondations se composent d'un rang de blocs de granité, non cimentés, qui reposent à nti sur h roche. J'ai remarqué sous une des tours de l'Ouest, un fût de colonne jeté parmi ces pierres de blocage.
Du castellum de Jublains qu'on appelle camp de César 9 la vue s'étend très-loin au Sud et au Sud-Est; on distingue la petite ville de Sainte- Suzanne éloignée de 3 lieues, et les environs de la cité des Arviens (Pagoritum).
Plusieurs voies romaines partaient de ce château et de la ville de Jublains; l'une d'elles fort
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remarquable étaît'couverte ou défendue par une £ortification< nommée la Haie de Terre (\).\L\\V mettait le château de Jublains en communication avec un camp qui subsiste encore au con» Huent de la rivière d'Arou et de la Mayenne , et au milieu duquel est situé le bourg de Mou* lay (*)..
H résulte des faits précédents qu'un très- grand nombre d'enceintes murales de villes ou de châteaux, gallo-romains, n'ont été élevées que dans le IVmc. siècle ou vers la fin du IIime-, je ne crois pas qtul puisse restée à cet égard aucun doute dans votre esprit; car outre- que les médailles découvertes en détruisant ces murs, nous fournissent des dates certaines h les débris de sculpture jetés dans les fondations parais* sept être du lcPf du Ume ou du commencement du Ulœe siècle.
Il n'est pas moins vrai que tous ces remparts ont été élevés dans un moment de danger
(v) Malheureusement oc rempart a été détruit dans presqut teute *on étendue*
(s) Une autre voie te dirigeait à rOueir , vers h château d'Arou ; le nouveau chemin de Jublalos a Mayenne la traverse a trois endroit* , et on la suit encore dans plusieurs champs, l/em. preinte des roues , que l'on a remarquées, sur le pavé de cette chaussée , annonce, ponr les charrettes employées anciennement , unt largeur bien moins considérable o^ue celle de nos voitures.
puisque nous trouvons tant de morceaux précieux sacrifiés pour se procurer des matériaux. Alors il fallut renoncer au luxe , se contenter des édifices d'une nécessité absolue, et concentrer les habitations sur les points les plus favorables pour la défense (i).
Les monuments restés en dehors des enceintes militaires furent en partie détruits (a), soit parce qu'il fallait des matériaux tout préparés, soit pour éviter qu ils ne servissent de retraite
(i) Les Tilles ouvertes « que leur position ne permettait pas de fortifier avec avautage, furent abandonnées et transportées ailleurs dans des emplacements plus favorables ; aimi la ville Romaine , qui était située à Alunne , village tur la Sarthe , fut tranfétée, la où nons voyons aujourd'hui Le Mans, après qu'elle eut été ravagée par les barbares. La plupart des médailles trouvées à Alonne appartenaient aui différents Empereurs , qui se soot succédés depuis Auguste juuqu'à Constantin ; tandis que celles qui ont été trouvées au Mans , se rapportent plus particulièrementaulll**. et au IV ■•. siècles. Le Mans était sans doute une ville comme Aloone, mais qui reçut des accroissements notables après l'abandon de celle ci.
Ce que je viens de dire de Suindinum9 peut a'applipuerà Mcdi<h tan» m AuUrcorum , primitivement placée au viel Evreux , et qui fut, dans les dernières années du IVM*. siéole, transportée la on nous voyons aujourd'hui Evveux.
(s) En général les tbermesqni devaient être placés près descours d'eau fusant conservés à l'extérieur des murs : tels furent ceux de Bayeux, du Mans et d'Angers. La muraille militaire de Lille bon* ne traversait les bains placés près du théâtre , «t les divisait en deux parties»
d'antiquités monumentales. 365
aux ennemis. Probablement aussi le christianisme dont l'empire commençait à s'étendre dans toutes les villes de la Gaule , encouragea ces destructions qui anéantissaient les monuments de l'ancien culte.
Quoiqu'il en soit, tout annonce, je le répète, que les fortifications des villes gallo-romaines ont été établies rapidement, et pour ainsi dire, dans l'attente de nouvelles invasions de la part des barbares. M. Jouannet est arrivé de son côté à une conclusion semblable en examinant les nombreux tombeaux qui entrent dans la construction des murs antiques de Bordeaux.
« L'examen attentif de ces débris, dit M. « Jouannet, ne permet pas de douter que la séa paration des cippes et des tombeaux n'ait été « l'effet simultané de leur enlèvement et de leur » transport dans le mnr d'enceinte. En effet, ces « tombeaux sont restés si peu de temps expo- « sceaux injures de l'air et des hommes, que, « dans quelques-uns, l'urne s'est trouvée intacte « avec les ossements et les cendres. Ceux qui ne « renfermaient plus que de légers débris, conte servaient du moins encore des traces si frai - « ches qu'on aurait pu les croire toutes récen- « tes. H parait que les cippes eux-mêmes « n'avaient encore souffert d'autres dégrada- « lions, que celles qui sont toujours l'effet du
« temps; et st quelques-uns onteu leurs parties
* saillantes sciées ou coupées, ce fut évidem- « ment au moment de Remploi : on enleva ce » qui aurait nui à la pose. Les eippes de même « hauteur et de même largeur, furent affrontés «. les uns aux autres, corniche à corniche, hase «. à base, comme pour mieux ménager les ins- « criptions et les moulures. Enfin plusieurs des
* inscriptions conservent encore en partie cette « couleur de min-ium dont, suivant Pline , on « peignak quelquefois la lettre pour la rendre » plus apparente. (*) »
Ainsi les populations malheureuses menacées de nouveaux désastres employèrent à leur défense les débris des monuments somptueux qui faisaient la gloire et l'ornement des cités, et la pierre même des tombeaux (x)^
(t.) Dissertation sur les- inscriptions ionéMirof , découvertes en 7kl". 18*6 » dans les mars de l'enceinte antique de Bordeaui , \mr M. Jouannet.
(i) Ans; termes de la loi romaine, la ville un« toit prise par l'ennemi , les monomens sacrés cessaient de l'être , et Ton pouvait u employer la pierre a toute espèce d'usage. L'enceinte murale était d'ailleurs nn objet sacré ; elle pouvait recevoir des monuracns funéraires.
• Cùin luca al» hottibus capta «uni , dexinunt omnia religiosa esse. . . idi ôque lapides indô sublatos in quemlibet usum couverierc poskumus. •
Jmt. 4, GuihTii, diime* ««ni«m ( Lib. 111 ).
d'antiquités monumentales. 3f>7
Maintenant peut-on assigner à toutes ces constructions une époque précise ? ont-elles été élevées en même temps pour toute la Gaule ? Je ne pense pas, Messieurs, qu'il y ait eu simultanéité clans tous ces travaux, quoiqu'ils paraissent avoir été le résultat d'une mesure générale.
En effet, l'enceinte murale de Bordeaux serait de la fin du 111°* siècle, d'après M. Jouannet ( i) , au Heu que celle de Tours ne peut guères, comme nous l'avons vu , être reportée au-delà de Gratien.
Cette dernière date pourrait, je crois, convenir à plusieurs autres enceintes du N.-O. de la Gaule; mais on a examiné jusqu'ici si légèrement ces médailles recueillies dans ces constructions, que je ne suis point encore en mesure de rien affirmer à cet égard.
Quelques enceintes pourraient être postérieures encore au règne de Gratien.
(i) Beaucoup de villes doivent avoir été fortifiée!, soit sous Dioctétien, soit du temps de Constantin et de ses successeurs, plusieurs passages d' A m mien Marcellin prouvent que l'an 355 , Sens et plusieurs autres villes étaient entourées de mur». A cette époque, les troupes Romaines ne prenaient plus leurs quartiers d'Hiver que dans des villes fermées.
Le» villes situées près des frontières avaient dû être munies de fortiGcatiuns plus anciennement que les autres , et peut être avant le HR siècle.
Je recueille en ce moment des observations qui, comparées entre elles, me permettront, j espère, de déterminer bientôt, aussi exactement que possible, l'époque à laquelle nos villes gallo-romaines sont devenues plus compactes en se concentrant dans d'épaisses murailles.
Conclusion. Mous avons, Messieurs, recherché la position des lieux mentionnés par les auteurs anciens dans la ame. et dans la 3mc
Lyonnaise.
Nous avons reconnu quels sont les caractères des voies de communication établies entre ces divers établissements, puis nous avons successiveinent passé en revue les objets qui se trouvent le plus abondamment dans les lieux anciennement habités.
Les sépultures gallo-romaines ont aussi fixé notre attention, et nous avons examiné, en dernier lieu, les enceintes retranchées dont la Gaule a été garnie principalement au IV™. siècle et vers la lin du lllm .
II me reste à parler des temples, des arènes, des bains, des théâtres et des autres grands monuments de l'époque romaine ; je compte en faire l'objet de nos prochaines conférences.