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DES ORDRES

On appelle ordre , l'arrangement de diverses parties saillantes disposées d'après des proportions fixes f pour composer une ordonnance régulière.

Un ordre se divise en trois parties et se coinpose d'un piédestal , d'une colonne et d'un entablement. Ces parties ont reçu le nom de membres. Chaque membre se divise en trois parties , ainsi qu'il suit :

!*« membre f Base.

ou l Dé.

piédestal. ( Corniche.

d'antiquités monumentales. 5

2*. membre f Ba*e.

OU | Fût.

colonne. ( Chapiteau.

3*. membre ( Architrave-

ou l frise.

entablement, ( Corniche.

Quelquefois on supprime le premier membre ou piédestal, et le fût de ia colonne repose simplement sur une plinthe ou socle servant de soubassement.

Les ordres employés par les Romains étaient au nombre de cinq :

Le Toscan,

Le Dorique ,

L' tonique ,

Le Corinthien,

Le Composite.

Le Dorique , f Ionique et te Corinthien étaient originaires <le la Grèce.

Le Toscan et le Composite avaient pris naissance en Italie.

C'est pour cela qtfVm désigne quelquefois les trois premiers sotw kt dénomination d'ordres Grecs , et les deux autres sous celle d'jordres Latins.

Toutes les colonnes diminuent d'un sixième de leur diamètre inférieur , à partir du tiers du fût jusqu'au chapiteau.

Dans les ordres Toscan , Dorique , Ionique et Corinthien , la colonne a des proportions différentes; celles du Corinthien et du Composite sont les mêmes. Voici le tableau de ces proportions , d1après Vignole :

( Toscan La hauteur dcl Dorique la colonne est* Ionique pour Tordre j Corinthien

( Composite

Ainsi les quatre premiers ordres diffèrent de proportions , celles du 5e. ordre sont les mêmes que dans le 4°- Les piédestaux et les entablements diffèrent aussi de proportions dans les quatre premiers ordres ; leurs mesures sont indiquées, pl. XXXIV, n0i. i, 2> 3, 4» 5. En général , le piédestal a le tiers de la hauteur de la colonne , et l'entablement , le quart.

Le module est une mesure de convention f qui sert d'échelle pour dessiner les ordres. Cette mesure est toujours la moitié du diamètre inférieur de la colonne (i).'

(I) Voiries règles des cinq ordres d'architecture deViguole, par M. de la Gardette.

de 7 fois ")

de 8 fois Lon dlaaletrein.

de 9 fois > f.rieur

de 10 fois i

de 10 fois )

d'antiquités monumentales. 7

Le module se divise en 1 1 parties , pour le Toscan et le Dorique , et en 1 8 parties pour T Ionique , le Corinthien et le Composite.

Les distances ou vides compris entre les

colonnes , s'appellent entre - colonnemenls.

Suivant les règles indiquées par Vitruve ( liv. 111) , il y en avait de cinq espèces chez les Homains , savoir :

Le Picnostyle dont l'intervalle est d'un diamètre ip de la colonne.

Le Sis tyle , dont l'intervalle est de deux diamètres.

VEustyle , dont l'intervalle est de deux diamètres

Le Diastyle , dont l'intervalle est de trois diamètres.

VAréostyle , dont l'intervalle est de quatre diamètres.

Les architectes modernes ont fixé ainsi , suivant les ordres , la largeur des cntre-colonnements.

L'entre-colonnement Toscan est de 4 modules 2/3.

Vitruve entend quelquefois par modale la moitié du dit* mètre inférieur delà colonne, comme lorsqu'il parle du dorique; mais dans d'sutres passages , il entend par module , le diamètre entier de la colonne.

Le Dorique de 5 modules 172.

L'Ionique de 4 *d. 6 parties, LeCorinthiende 4 id. 2/3.

Les principales moulures employées dans la composition des ordres , sont , en nous servant de la nomenclature adoptée par les architectes :

Les filets ou listels , moulures étroites dont la saillie doit égaler la hauteur.pl. XXXHI ,fig. 11.

Les larmiers , moulures larges et saillantes placées dans les corniches, fig. 13.

Les plates-bandes , moulures larges et plates ayant peu de saillie, fig. i3.

Le quart de rond ou quart de cercle, fig, i4«

La baguette, moulure saillante très-étroite et semi-circulaire , fig. i5.

Le tore ou boudin , moulure semi-circulaire et large, fig. 16 (1).

La gorge, moulure semi-circulaire, en creux, fig. 17.

La scotie , moulure en creux , fig. 1 8. Le cavet , ou quart de rond en creux ,

fig- 19-

(!) Placeurs de cet montures sont ornées de ciselures. On peut voir des baguettes , des tores et des quarts de roud ciselés , n<». 27-28 29 et 30 , pl. xxxni.

d'antiquités monumentales. 9

Le congé , qui est une espèce de cavct , fig. ao.

Le talon , moulure demi-creuse et demi-saillante , composée d'un quart de rond et d'un cavet, fig. 21.

La doucine , moulure semblable au talon , mais disposée en sens contraire . fig. 22.

\? astragale % moulure composée d'une baguette et d'un filet réunis , fig. 23.

Sans entrer dans tous les détails que donnent les ouvrages qui traitent ex-prof esso de la composition des ordres , et les analysent dans leurs moindres parties , je vais sommairement indiquer ce qui les caractérise et les distingue les uns des autres.

Dans tout ceci , Messieurs , je suivrai les indications données par Vignolc , et les autres architectes modernes ; les principes d'unité auxquels ils ont ramené les proportions des diverses parties des ordres d'architecture , sont faciles à saisir et bien plus clairs que ceux que Vitruve nous a transmis pour les ordres Dorique , Ionique et Corinthien.

Ces règles dérivent d'ailleurs de l'examen d'un grand nombre de colonnes antiques , et s'écartent peu des résultats généraux déduits de cet examen.

Ordre Toscan. Le Toscan, pl. XXXIII,fig. i , est le plus simple et le plus solide des cinq ordres d'architecture , et conséquemmentil se place toujours au rez-de-chaussée des édifices. Si Ton examine les membres de cet ordre en commençant par le bas , on trouve que la base du piédestal se compose d'une plinthe et d'un filet, a 6, pl. XXXIII, fig. 6; la corniche du même piédestal d'un filet , d'une cymaise et d'un larmier (c d e , pl. XXXIII , fig. 6).

Les moulures qui ornent les parties basses du fut , sont le socle ou la plinthe f, le tore g , le filet h et le congé t ; un astragale orne la partie supérieure du fût.

Le chapiteau se compose d'ungorgerin, d'un quart de rond , et d'un tailloir ( pl. XXXUI , fig. i ) , sa hauteur est d'un module ou demidiamètre de la colonne.

On remarque dans l'entablement l'architrave séparée de la frise par un listel, la corniche composée d'un talon ou cymaise inférieure,d'un larmier et d'une cymaise supérieure.

L'Ordre Dorique (V. pl. XXXIII,fig. a et 7) n'eut pas de base chez les Grecs , et les colonnes reposaient simplement sur un socle ou plinthe. La base qu'on lui a donnée dans la suite

est presque semblable à la base de Tordre Toscan , et n'en diffère que par un plus grand nombre de filets au socle et à la corniebe (i).

La base de la colonne se compose d'une plinthe , d'un tore , d'une baguette et d'un filet. — Le fut est quelquefois orné de canelures , se touchant Tune l'autre , et dont les intervalles forment des viTe-arêtes. Ces canelures sont au nombre de dix-huit.

Le chapiteau est semblable à celui de l'ordre Toscan , à l'exception de quelques moulures*

Uarchùrave est composée de deux platesbandes , dont la deuxième porte des gouttes (fleafig, 2> pl. XXXIII.)

La frise est ornée de triglyphes et de métopes ( b c, fig. 2 , même planche. )

(1) La hauteur du piédestal est de 5 modules 4 parties (V. la flg. 2 , pl . xxxiv).

Vitruve indique deux proportions pour l'ordre Dorique. Dans le Dorique employé aux temples la colonne ne devait avoir , d'après lui, que 7 fois son diamètre , comme le Toscan chez nous , voici ce qu'il dit à ce sujet :

« Le diamètre des colonnes doit être de 2 modules ; la hau- « tenr , compris le chapiteau, de 14 ; la hauteur du chapiteau « d'un module ; la largeur de 2 modulea lj2. — Le chapi- « teau doit être divisé selon sa hauteur en 3 parties , dont « Tune est pour la plinthe avec la cymaise, l'autre pour le « quart de rond avec les annelets,la troisième pour la gorge.» V. yitruve , liv. IV.

Mais l'architecte romain décrit au chapitre 9 de son Ve. livre, un autre Dorique plus léger et se rapprochant du nôtre , qu'il recommande pour les portiques.

Les triglyphes (pl. XXXIH, fig. 2) te composent de plusieurs canaux sculptés verticalement au-dessus des colonnes , et occupant l'espace d'un module.

Les métopes sont les intervalles laissés entre les triglyphes , et qui sont carrés , ayant une largeur égale à la hauteur de la frise ; le centre des métopes est quelquefois orné de sculptures (1).

La corniche est mutulaire ou denticulaire , selon que Ton décore lclannierde mutulcs ou de dentioules. La fig. 2 , pl. XXXJUI , offre une corniche mutulaire. Vous distinguez dans cette figure , d'abord une cymaise inférieure d au-dessus des triglyphes et des métopes ; puis deux larmiers e e dont Tun inférieur porte des muiules, pièces saillantes servant de couronnement aux triglyphes, et enfin la cymaise supérieure f surmontée d'un socle.

(1) Vitruve rapporte que l'on se serrait rarement de Tordre Dorique pour les temples , à es«se 4e la difficulté qu'où éprouvait dans la distribution des triglyphes et des plafonds. « Cette distribution gène , dit-Il , parce qu'il faut nécessafre- « meut que les triglyphes se rapportent an milieu des colonnes « et que les métopes qui se font entre les triglyphes , soient « au»» longues que larges. 11 «joute : Cependant les trigli- « phes qui se mettent à l'extrémité dra encoignures, ne peu- « vêtit se rapporter au milieu des colonnes , et la métope qni « estaupre* des triglyphes de l'encoignure ne peut ctrecirrre.» V. Vilruvt, Lif.av, t bap. 3. Traduction AePtmuH,?. 107.

d'antiquités monumentales. i3

Dans une corniche dcnticulaire, lesdenticulcs remplaceraient les cnutuies sur le larmier inférieur.

L'Ordre Ionique tient le milieu entre les deux ordres précédents que Ton a nommés solides et Tordre Corinthien que Ton désigne sous la dénomination de délicat, ainsi que le Composite*

La base du piédestal est ornée d'une plinthe, d'un filet , d'une doucine , d'une baguette et d'un filet ; sa corniche, d'une cymaise composée d'un talon et d'un filet , d'un larmier et d'une cymaise supérieure.

La base de la colonne, plus ornée que dans les ordres précédents, offre une plinthe et deux tores ou boudins a c séparés l'un de l'autre par une scotie A et des filets (voir planche XXXIII, fig. 8).

Quand le fût de la colonne ionique est orné de canelures , elles y sont au nombre de 24 , séparées les unes des autres par des côtes ou listels.

Le chapiteau Ionique est composé d'un quart de rond,d'où partent deux volutes en spirale, en forme de coussin , bordées par un astragale (V. pl. XXX11T , fig. 3) ; des oves décorent souvent le centre de ce chapiteau.

L'architrave est divisée en 3 plates-bandes surmontées d'un talon ; la frise est unie.

La corniche se compose d'une cymaise inférieure a , d'un larmier denticulaire b , d'une cymaise intermédiaire c, d'un grand larmier det d'une cymaise supérieure e (pl. XXXIII, fig. 3).

La hauteur totale de l'ordre est de 28 modules i;3sans la base. (V. la pl. XXXIV, fig. 3).

L'ordre Corinthien est le plus svelte et le plus riche des 4 ordres ; son piédestal , dont la base est plus ornée que dans les autres ordres , se compose d'une plinthe , d'un tore, d'un filet, d'une doucine, d'une baguette et d'un filet. — Sa corniche est composée d'un gorgerin , d'une cymaise inférieure , d'un larmier et d'une cymaise supérieure (planche XXXIII, figure 9 ).

La base de la colonne , la plus usitée (1) , se compose d'une plinthe , d'un tore , d'une baguette ou filet , d'une scotie , d'un boudin et d'une seconde baguette.

Le fût est orné, comme dans l'ordre Ionique, de 24 canelures séparées par des listels.

(t) Vitrure décrit pour l'ordre Ionique une base commune m même temps su Corinthien -, ls plupart des modernes ne l\ uiployent qu'au seul Ionique.

d'antiquités monumentales. i5

Le chapiteau Corinthien est garni de deux rangs de feuilles d'acanthe. Huit volutes aux angles vv surmontent des feuilles d'acanthe et deux autres volutes plus petites v v occupent sur chaque face le centre du chapiteau (pl. XXXIII,fig.4).

L'architrave consiste dans trois plates-bandes surmontées de baguettes sculptées.

La frise est tantôt unie , tantôt ornée de rinceaux ou de diverses sculptures.

La corniche est encore plus ornée que celle de Tordre Ionique , et offre de plus qu'elle , un rang de modillons richement sculptés , de sorte qu'on distingue ordinairement dans la corniche corinthienne ; Une cymaise inférieure a ; LTn larmier couvert de denticules , comme dons l'ordre Ionique h ;

Une cymaise intermédiaire r ;

Un larmier portant des modillons d ;

Un grand larmier e;

Et une cymaise supérieure surmontée d'un socle f.

L'Ordre Composite , dont la base et le fût ont les mômes proportions que dans l'ordre Corinthien , est une variété de ce dernier et ne doil point ôtre regardé comme un ordre pro-

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COtRS

prcmcnt dit , quoiqu'on lui ait donne cette qualification. Il offre un chapiteau qui tient de l'Ionique , dont il a à peu près les volutes , et du Corinthien dont il emprunte deux rangs de feuilles. Mais son architrave n'a que deux plates-bandes et sa corniche, deux larmiers seulement dont un est orné de dentelures (pl. XXXIII , fig. 5. )

On peut résumer ainsi les caractères des 5 ordres (i) tels qu'ils ont été définitivement réglés par les modernes , en s'attachant à ce qu'ils offrent de plus saillant :

Le moins élevé et le plus simple

des cinq ordres.

Corniche sans modillons nidenticules.

Modillons denticulaires ou mutulcs dans la corniche , triglyphes dans la frise , gouttes à Tarehitrave.

Chapiteau de môme forme que le Toscan , mais un peu plus orné; canelurcs au fût.

Toscan.

Dorique.

(i) Je piucTaous silence Tordre Ruetique, le Peniqne , le Caryatide et l'Attiquc.

Ionique.

d'antiquités monumentales. 17

Chapiteau à volutes , — corniche ornée de denticules.

Architrave divisée en trois plates-bandes.

Chapiteau orné de deux rangs de feuilles d'achante et de 16 volutes.— Deux rangs de den-

roRiwTHtFN ) ticules el rang de modil-

Ions a la corniche, — Architrave divisée en trois platesbandes par des baguettes ornées de moulures.

Chapiteau imité du Corinthien

r ' ) et de Flonique. — Corniche

Composite. S , .

avec denticules. — Deux

plates-bandes à rarchitrave.

Les colonnes ne sont pas toujours employées

L'Ordre Attique employé fréquemment dans Ira conatraction* moderne* , est un petit ordre de pilastres de la ptos courte proportion qui a une corniche archltravée pour entablement.

Sa ban (cor v en y comprenant le piédestal et In eornfche , est ordinairement de la moitié de la bantenr de Tordre sur lequel il est élefé , soit qu'il y ait des piédestaux on non.

à la décoration des éd ifiees, on les remplace sou vent par des pilastres , qui, sans avoir l'aspect gracieux des colonnes, produisent néanmoins un effet tros agréable à Pœil. Les pilastres doivent avoir au moins un pouce et au plus la moitié de leur largeur , en saillie ; ils ne diminuent pas de diamètre comme les colonnes à leur partie supérieure.

Quand on place plusieurs ordres de colonnes ou de pilastres dans un édifice , il faut nécessairement que les ordres légers soient superposés aux ordres les plus solides ; ainsi , on ne met jamais des colonnes toscanes sur des colonnes ioniques, et si Ton emploie Monique et le Corinthien, celui-ci doit toujours être superposé au premier (i).

Les édifices ont ordinairement un coté plus en vue que les autres, et plus orné, que Ton appelle la façade.

Tout le monde sait que les frontons sont des couronnements triangulaires, qui surmon

(I) Il est de règle que le fût de la colonne superposée Ail à ita base un diamètre qui n'excède pas celui de la colonn« inférieure , pris à l'origine du chapiteau ; comme Ira pilastres ne diminuent pas de diamètre vira le haut , oo donne à ceux qui surmontent le premier ordre l|6 de oioiasqu'aui premiers.

lent les. façades des édifices , quelquefois leurs portes et leurs fenêtres ; ils se composent de deux parties , savoir le tympan et la corniche.

Le tympan est ce panneau triangulaire qui se trouve au centre du fronton encadré par la bordure ou corniche , on le décorait ordinairement de bas-reliefs ; la corniche qui encadre le tympan doit être en rapport avec celle de l'entablement de l'édifice.

Les Acrotères sont des piédestaux placés au sommet des frontons ou appliqués à leurs extrémités , pour supporter des statues; nous en verrons des exemples en traitant des temples antiques sur lesquels on plaçait assez souvent de cette manière les statues des dieux.

Les moulures horizontales qui couronnent les pieds droits des arcades , et qui supportent ces dernières se nomment impostes ; celles qui décorent le pourtour des arcs cintrés , «rchivoltes.

On appelle chambranles , les moulures qui bordent ou encadrent les portes et les fenêtres , souvent on met au-dessus une corniche qui prend le nom de couronnement ( pl. XXX1I1, fig. 26).

Un stylobate est un piédestal continu ou soubassement qui supporte les co-

lonnes , et s'étend dans toute l'étendue de l'édifice.

Vous trouverez dans les ouvrages qui traitent spécialement de la nomenclature architectonique, l'acception de beaucoup d'autres termes usités en architecture , et dont je ne dois point vous parler ici.

lit

D^NTIQUITW MONUMENTALES.

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