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Arrondissement de Bernay.
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Ciayuirnir,
Objets découverts
Poteries antiques et tuiles, plusieurs constructions , buste de Mercure , médailles du : IIIe. siècle, etc., le tout décrit par M. de Slabenrath et par M. Louis du Bois.
Grand nombre de matériaux précieux , marbres étrangers ,
1 mosaïques en verre coloré, etc.
I provenant d’une habita lion romaine décorée avec luxe.
Ecuur.
GbAüDCAMP.
Amas de tuiles antiques , dans j le vallon. A. L. P;
Id. A. L. P.
Plaihtillk.
Bbaombshil».
Bsbihouvilli.
I Constructions. A. L. P.
Cinq mille médailles, la plupart du temps de Gallien.
Maguiliques vases d’argent trouvés en i85o , achetés pour la bibliothèque du Roi , décrits par M. Le Prévost.
d'antiquités monumentales. a/(3
M. de Ger\iile a publié le résultat de ses découvertes, dans le département de la Manche, et beaucoup de positions romaines ont été reconnues dans la Seine-Inférieure par MM. Deville, Féret , Gaillard, Estancelin, Langlois, et de Saulcy, membres de la société des antiquaires de Normandie.
La recherche des antiquités romaines n’est pas encore aussi avancée dans le département de l’Orne que dans les autres parties de notre province. Cependant M. Vaugeois a fait d’importantes découvertes à Mezières prés Tourouvres, à Ste.-Céronne, et dans beaucoup d’autres communes des environs de l’Aigle et de Mortagne.
MM. de Colleville et Galeron ont signalé à l’attention des savants les nombreux débris qui existent à Planches, et les découvertes de médailles faites sur quelques autres points, notamment à Silly , près d’Argentan.(i) Enfin
(i) 5,ooo médailles d’argent ont été tromées à Silly , au milieu d’une, coupe de la forêt de Gouffern , qui porte le nom de Chéne aa-lltnarct. Eilcs étaient 4 un pied de profondeur , renfermées dans un vase en terre rouge. La plupart sont 4 l’effigie de Néron , Galba , Vcspasien , Titus, Duuiitieo , Nerra , Trajan , Adiien , Sabine , Ælius, Antonin père, l’’au«tinc uière , Marc A u rôle , i'aualiue jeune , Lucius Verus , Lucillc , Commode, Crispine , etc.
COURS
j’ai constaté inoi-mème l’existence de nombreux débris antiques à Ginay et Chauffour près de la petite ville d’Emies; à Bocancé près de la Ferté-Fresnel , à Condé, près de Remalars, à Giel, canton de Putanges (i), à Montabar et dans quelques autres cora munes (a).
En considérant la nature des vestiges que je viens de mentionner, les constructions ' rurales les plus simples et les plus nombreuses dans nos campagnes , étaient vraisemblablement formées en torchis et en bois ; leur existence antérieure n’est souvent attestée que par les débris des tuiles du toit et des fragments de poterie accumulés dans une couche de terre mêlée de cendres.
Dans la première couche se trouvent ordinairement les tuiles à rebords brisées et trèsrarement entières , avec des plaques de ciment. On rencontre ensuite des traces de charbon et de cendres, des pierres calcinées et rougies par le feu , des os de porc et de bœuf ; des
(i) L’emplacement nii il existe (les antiquités romaines à Giel s’appelle les Nuirts-Terres , on rapporte qu’il s’y tronvait autrefois une ville.
(>) Depuis que ceci a été écrit , M. Dureau da La Malle a découvert d’importantes constructions antiques sur ses terres, à Arcisse près de Mauves.
d’antiquités monumentales. a/p
écailles d’ Huîtres (i) , de Moules, de Patelles, de Cardiums. Il y a souvent parmi ces débris une quantité si considérable de vases brisés , que j’ai recueilli presque tous les fragments que je mets sous vos yeux au nombre de plus de 120, dans une étendue de 7 à 8 pieds en carré, à Magny, près Bayeux.
D’après les inductions que j’ai pu tirer de l’examen des espaces occupés par ces débris, les cabanes gallo-romaines avaient de petites dimensions.
Quelquefois , au milieu des habitations en terre ou en bois qui n’ont laissé que de faibles traces il y en avait d’autres plus soignées et construites en pierres ; j’en ai fait déblayer plusieurs dans lesquelles on remarquait des aires composées d’une couche de cailloutis de pierre bleue recouverte d’un enduit de chaux et uniment étendue sur un ciment qui, lui-même , reposait sur des fondations en moellon (2).
(1) Les huîtres doivent avoir été on aliment très-usité dans nos contrées littorales. J'en ai trouvé des écailles partout où j'ai remarqué d'antiques constructions. Ces défenses de sanglier et les cornes de cerf se rencontrent aussi tics -souvent , ce qui prouve que nos ancêtres faisaient une grande consommation de la chair de ces animaux.
(a) Voir ma statistique monumentale du Calvados*
COURS
Une observation déjà faite par bien des explorateurs et qui m’a souvent frappé moimême , c’est que la plupart des constructions gallo-romaines paraissent avoir été détruites par le feu ; au moins trouve-t-on presque toujours des cendres et des charbons là où elles étaient placées. Cette observation me paraît prouver combien ont été grands les désastres qui ont affligé l’occident au IVe. siècle.
Il faut que les malheurs de cette époque , dont les récits des historiens ne nous offrent qu’une image incomplète , se soient gravés bien profondément dans la mémoire des peuples pour que nous trouvions encore presque partout cette tradition qui parle de grandes destructions consommées par les Anglais. Il est évident que ce mot Anglais , dans la bouche des habitants de nos campagnes, doit être pris dans l’acception générale d’ennemi , car ils n’ont aucune idée de l’époque à laquelle les destructions, dont ils parlent, peuvent avoir eu lieu , et s’ils les attribuent aux Anglais, c’est qu’ils ont souvent attendu parler de ce peuple et des guerres qu’il a soutenues contre la Normandie.
La tradition veut aussi, comme nous l’avons vu, que des villes ayent existé dans presque tous les lieux où il y a des ruines romaines ; or ce mot
d’ ANTIQUITES MONUMENTALES. 247
ville , dans la bouche de nos paysans, est la traduction littérale d q villa, maison de campagne.
Je n’ai pas besoin , Messieurs , d’insister sur l’importance des recherches qui peuvent conduire à la découverte des établissements gallo-romains; quoiqu’il soit bien difficile de retrouver ce qui existait à une époque si reculée , aujourd’hui que tant de changements se sont opérés , on recueille encore, avec un peu de persévérance , des renseignements précieux pour l’histoire locale. Ainsi j’ai tiré , de mes explorations dans le Calvados , des inductions concernant l’état de ce pays durant l’ère gallo-romaine, et j’ai pu reconnaître , par aperçu , quelles étaient à cette époque les régions les plus habitées (1); on obtiendra des résultats semblables et sans doute bien plus importants , partout où l’on voudra se livrer aux mêmes investigations.
(1) Voir ma statistique monumentale du Calvados et l'exposé inséré dans le journal de Caen du 17 janvier iSôo.