‹ Cours d'antiquités monumentales professé à CaenChapitre 15 sur 44 · COUBS · texte numérisé non relu

COUBS

' Le Dorique de 5 modules 1/2. . '■

L’Ioniqpie .de 4 id. 6 parties.

LeCorinthiende 4 2/3.

Les principales moulures employées dans la composition des ordres, sont, en nous servant de la nomenclature adoptée par les architectes : ' •

hes filets ou listels, moulures étroitës dont la sailliedoit égalerlahauteur,pl. XXXIII, fig. 1 1.

Les larmiers , mdulures larges et saillantes placées dans les comiches, fig. 12.

Les plates-bandes , moulures larges et plates ayant peu de saillie, fig. iJ.

Le quart de rond ou quart de cercle, fig. 14.

La baguette, moulure saillante très-étroite cf semi-circulaire , fig. i5.

Le tore ou boudin , moulure semi-circulaire et large, fig. 16 (i). , '

■' La gorge, moulure semi-circulaire, en creux,

fig. 17.

La scotie , moulure en creux , fig. 1 8.

Le cavet , ou quart de rond en creux ,

fig- *9-

(I) Platieors de ces nioulures sont ornées de ciselures. On peut- roir des btguettes , des tores et des quarts de rond ciselés, n«. 87-28 29 et 30, pl.xsxiii. ' - ’

d’antiquités monumentales. 9

Le cotigé , qui est une espèce de cavct , fig. ao.

Le talon , moulure demi-creuse et demi-saillante , composée d’un quart de rond et. d’un cavet , fig. a 1 .

La doucine , moulure semblable au talon , mais disposée en sens contraire , fig. aa.

1j astragale , moulure composée d’une^ baguette et d’un filet réunis , fig. a3.

.Sans entrer dans tous les détails que donnent les ouvrages qui traitent ex-professo dé la composition des ordres , et le» 'analysent dans leurs moindres parties , je vais sommairement indiquer ce qui les caractérise et les distingue les uns des autres. ' . ' '

Dans tout ceci., Messieurs, je suivrai les indications données par Yignolc , et les autres architectes modernes ;• les principes d’unité auxopiels ils ont ramené les proportions des diverses parties des oi^es d’architecture , sont faciles à saisir et bien plus clairs que ceux .que Vitruve nous a transmis pour les oidres Dorique , Ionique et Corinthien.

' Ces règles dérivent d’ailleurs de l’exatnen d’un grand nombre de colonnes antiques , et s’écartent peu des résultats généraux déduits de cet examen.

10 COURS

Ordre Xpscani LeToscan,pl. XXXin,fig. » , est le plus simple et le plus solide des cin(j ordres d’architecture , et conséquemment il se place toujours au rez-de-chaussée des édifiées. Si l’on examine les membres de cet ordre en commençant par le bas , on trouve que la base <ln piédestal se compose d’une plinthe ét d’un filet, ah, pl. XXXllI, fig^6;la corniche, du même piédestal d’un filet , d’une cymaise et d’uVi larmier (c d e , pl. XXXllI , fig. {5}.

Les moulures qui ornent les parties ba^es du fût , sont le socle ou la plinthe f, le tore g , le filet h et le congé i ; un astragale orne • la partiè supérieure du fût. < :

Le chapiteau se compose d’un gorgerin, d’un quart de rond , et d’un tailloir ( pl. XXXllI , fig. I ) , sa hauteur est d’un module ou demidiamètre de la colonne. - ■ '

On remarque dans l’entablemfcnt l’architrave séparée de la frise par un listel , la comiche composée d’un talon ou cymaise inférieure, d’un larmier et d’une cymaise supérieure.

i L’Ordre DoMQUE(V. pl. XXXllI, fig.^^aet 7) n’eut pas de base chez les,, Grecs,, et les colonnes reposaient sirnplement sur un socle ou pliulhe. La base qu’ôn lui a donnée dans la suite

d’antiquités monumentales. I I

est presque semblable à la^ase de l’ordre Toscan , et n’en dilTère que par un plus grand nombre de filets au socle et à la corniche (i).

La base de la colonne se compose d’une plinthe , d’un tore , d’une baguette et d’un filet. — Le fût est quelq^iiefois orné de canelurcs , se touchant l’une l’autre , et dont les intervalles forment des vive-arêtes. Ces canelures sont au nombre de dix-huit.

Le chapiteau est semblable à celui de l’orilrc Toscan , à l’exception de quelques moulures.

^architrave est composée de deux platesbandes , dont la deuxième porte des gouttes (aanfig. 2,pl. XXXIll. ) ^

La frise est ornée de triglyphes et de métopes {bc , fig. 2 , même planche. )

.(I) La hauteur du piédestal est de 5 modules 4 parties (V, la 11{?. 2, pl.xxxiv). >

Vitrure indique deux proportions pour Tordre Doriqiié. Dans le Dorique employé aux temples la colonne ne* devait avoir , d’après lui, que 7 fois son diamètre , comme le Toscan chez nous , voici ce qu'il dit à ce sujet :

« Le diamètre des colonnes doit être de 2 modules ; la hau- “ leur , compris le chapiteau, de 14 ; la hauteur du chapiteau a d'un module ; la lar);eur de 2 modules l|2. ’ — Le cbapia tenu doit être divise selon sa hauteur en 3 parties , dont « Tune qst pour la plinthe avec la cymaise, Tautre pour le « quart de rond avec les annelets.la troisièmé pour la gorge.. y. yitruve , /«’. iv. ^

Mais Tan hitccte romain 'décrit au chapitre 9 de son V". livre, un autre Dorique plus léger et so rapprochant du nôtre , qu'il recommande pour les portiques. , t

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Les triglyphds (pl. XXXIII, fig. a) se composent de plusieurs canaux sculptés verticalement au-dessus des eolonnes , et occupant l’espace d’un module.

Les métopes sont les intervalles laissés entre les trigljphes , et qui sont carrés , ayant une largeur égale à la hauteur de la frise ; le centre des métopes est quelquefois orné de sculptures (i).

La corniche est mutulaire ou denticulaire , selon que l’on décore le larmier de mutulesoude denticules. La fig. 3 , pl. XXXIII , offi-e une comiche mutulaire. Vous distinguez dans cette figure, d’abord une cymaise inférieure dau-dessus des triglyphes < et des métopes ; puis deux^larmierse edont l’un inférieur porte des mutules, pièces saillantes servant de couronnement aux triglyphes, et enfin la cymaise supérieure f surmontée d’un socle.

(l)"Vitrnve rapporte que l’OB se serTait raremeat de l'ordre Dorique pour les temples , à cause . de la difflculté qu'ou éptourait dans la distribution des tri((Iyphes et des plafonds. « Cette distfibtttion gène , dit-il , parce qn’il faut nécessaire- « ment que les trigljphes ae rapportent au milieu des colonnes « et que les métopes qui se font entre lcs.triglyphes , soient « aussi longues que larges. II ajoute ; Cependatat les trigly- <1 phes qui se mettent à l'exirémité des encoignures., ne peu- X rent se rapporter au milieu des colonnes , et la métope qui « estaaprèsdestriglyphes dercncoignurcncpcut être carrée.» y. yuruve, Liv, i\, rhap. 3. TraAuctwn ilePtrault,^. 107.

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d’antiquités monumentales. I 3

Dam une cornichedcnticulaire, les denticules roiaplaceraient les mutules sur le larmier inférieur. ’ '

L’Ordre Ionique tient le milieu entre les deux ordresprécëdents que l’on a nommés solides et l’ordre Corinthien que l’on désigne sous la dénomination de délicat, ainsi que le Composite.

La base du piédestal est ornée d’une plinthe, d’un filet , d’une doueine , d’une baguette et d’un filet ; sa comiche, d’une cymaise composée d’un talon et d’un filet , d’un larmier et d’une cymaise supérieure.

La base de la colonne, plus ornée que dans les ordres précédents, ofire une plinthe et deux tores ou boudins a c séparés l’un de l’autre par une scotie b et des filets (voir planche XXXlII,fig. 8).

^uand le fût de la colonne ionique est or^ né de canelures , elles y sont au nombre de a4 1 séparées les unes des autres par des côtes ou listels.

Le chapiteau lonicpie est composé d’un quart de rond, d’où partent deux volutes en spirale, en forme de coussin , bordées par un astragale (V. pl. XXXlli , fig.^ 3) ; des oves décorent souvent le centre de ce chapiteau.

coins

L’architrave est divisée eu 3 plates-bandes surmontées d’un, talon ; la frise est unie.

La comiche se compose d’une cymaise inférieure n, d’un larmier denticulaire b d’une cymaise intermédiaire c, d’un grand larniier d et d’une cymaise supérieure e (pl.XXXIÏI,fig.3).

La hauteur totale del’ordreestde 28 modules 1/3 sans la base. (Vi la pl. XXXIV, fig. 3).

L’ordre Corinthien est le plus svelte et le plus riche des 4 ordres ; son piédestal , dont là base est plus ornée que dans les autres ordres , se compose d’ifnc plinthe , d’un tore , d’un filet, d’une douciiie, d’une baguette et d’un filet. — Sa corniche est composée d’un gorge-’ rin , d’une cymaise inférieure , d’un larmier et d’une cymaise supérieure (planchcXXXlIl, figure 9). /

La base dé la colonne , la plus usitée (i) , se compose d’une plinthe , d’un tore , d’une baguette ou filet , d’une . scotie , . d’un boudin et d’une seconde baguette. . , , -,

; .Le fût est orné, comme dans l’ordre Ionique, de 24 canelurcs- séparées par des bstels.

(I) yitrure décrit pour l'ordre Ionique une base commune en même temps au bortntbien , la plupart des modernes ne l'einployrnt qu'au seul Ionique.

B'ANTfgUITÉS MONUMENTALES. I,’)

LcchapitoauCorinlhicn lest garnidetlcux ran<>s ilcfeiiillcs d’açanthc. Huit volutes aux angles ivv.

surmontent des feuilles d'acanthe et deux autres

volutes plus petites v v occupent, sur chaquefacelp centre du chapiteau (pl. XXXIII^fig.4).

L’architrave consiste dans trois plates-bandes surmontées de baguettes sculptées., '

La frise est tantôt unie , tantôt ornée, de rinceaux ou de diverses sculptures.

La comiche est encore plus ornée que celle de l’ordre Ionique , et offre de plus qu’elle., un rang de motlillons richement sculptés , de sorte qu’on distingue ordinairement dans la corniche corinthienne ;

Une cymaise inférieure a ;

Un larmier couvert de denticules , comme dans l’ordre Ionique ô ; • .

Une cymaise intermédiaire c ;

Ün larmier , portant des modillons d ;

Un grand, larmier e; /

Et une cymaise supérieure surmontée d’un socle/: ' J . ; ‘

L’Obdre Composite , dont la base et le fût ont les mêmes proportions que dans l’ortlre ( iorinthien , est une variété de ce dernier et ne doit point être regardé comme un ordre j)ro-

COURS

iG

prcmcnt dit, quoiqu’on lui ait v donné cette qualification.- H offre un chapiteau qui tient de l’ionique , dont il a à peu près les volutes , et du Corinthien dont il emprunte deux rangs de feuilles. Mais son, architrave n’a que deux plates-bandes et sa corniche, deux laraaiers seulement dont un est orné de dentelures (pl. XXXIII , fig. 5. )

On peut résumer aijisi les caractères des 5 ordres (i) tels qu’ils ont été définitivement réglés par les modernes , en s’attachant à ce qu’ils offrent de plus saillant : '

Le moins élevé et le plus simple des cinq ordres. ^ •

(iomichc sans modillons ni denticules.

Modillons denticulaires ou mutulcs dans la corniche , triglyphcs dans la frise , gouttes Dorique. ( à l’architrave.

J Chapiteau de même forme que ^ I le Toscan , mais un peu plus

, \ orné ; canelurcs au fût.

(t) Je paMc sous silence l’ordre RusUqUe, le Persique , le Caryatide et l'AtUque.

Ionique w

d’antiquités monumentales. i-j

! Chapiteau à volutes , — comiche ornée de denticules.

Architrave divisée en trois ' plates-bandes. >

Corinthien.

Chapiteau orné de deux rangs ■ de feuilles d’achante et de i6 volutes.’ — Deux rangs de den-ticulcs et un rang de modillons à' la cornichfti — Archiirave divisée en trois platesbandes par des baguettes ornées de moulures.

Chapiteau imité du Corinthien et de l’ionique. X — Corniche avec denticules. — Deux plates-bandes à l’architrave.

Les colonnes ne sont pas toujours employées

L’Ordre Attique employé fréquemment dana les coastmctiona modernes, est on petit ordre; de pila^trM de la plus eourte proportion qui a une leoniclie architrarée pour entablement. ,

Sa bauteur , en y comprenant le piédesul et la corniche , est ordinairement de la moitié de la hanteur de l’ordre sur lequel U eat élevé , soit qu'il y ait des piédestaux ou non.

Composite,

l8 , COURS • ,

n la iléeorâtion lies édifices, on les remplace sou vent par des pilastres , qui< sans avoir l’aspect gracieux des colonnes , produisent néanmoins un effet très agréable à l’œil. Les pilastres doivent avoir au moins un pouce et au plus la moitié de leur largeur , en saillie ; ils ne diminuent pas de diamètre comme les colonnes à leur partie supérieure.

(^uand on place plusieurs ordres de colonnes ou de pilastres dans ûn édifice , il faut nécessairement que les 'ordres légers soient superposés aux ordre» les plus solides ; ainsi , on ne met jamais des «olonnes toscanes sur des colonnes ioniques, et si l’on emploie l’iomque et le Corinthien, celui-ci doit toujours être superposé au premier^(i).

Les étlificcs ont ordinairement un côté plus en vue jejue les autres, et plus orné , que l’on appelle la façade.

Tout le monde sait que les frontons sont des couronnements triangulaires , qui surnioii-

' (1) il est de règtt que •« fût de la colonne superposée ait i la base un diamètre qui li’excède pas celui de la colonne inférieure , pris à l’origine du chapiteau ; comme les pilastres ne diminuent pas de diamètre vers le haut , on donne à ceux qui surmontent le premier ordre l|e dé nmtas qu'aux premiers*"

d’antiquités monumentales. 19

lent Içs façades des édifices , quelquefois leurs * portes et leurs fenêtres ; ils se' composent de deux parties , savoir le tympan et la], corniche.

Le tympan est * ee panneau triangulaire qui se trouve au centre du fronton encadré par la bordure ou corniche , on .le .décorait orniiïairement de Las-reliefs ; la coimiche qui encadre le tympan doit être en rapport avec celle de l’entablement de l’édifice.

Les Acrotères sont des piédestaux placés au sommet des frontons ou appliqués à leurs extrémités , pour supporter des statues; nous en verrons des exemples en traitant des temples antiques sur , lesquels on plaçait assez souvent de cette manière les statues des dieux.

Les moulures horizontales qui couronnent les pieds droits des arcades , et qui supportent res dernières se nomment impostes ; celles qui décorent le pourtour des arcs cintrés , archivoltes.

On appelle chambranles , les moulures qui bordent ou encadrent les portes et les fenêtres , souvent on met au-dessus une comiche qui prend le nom de couronnement ( pl.

XXXIII, fig. 26).

Un stylobate est un piédestal continu ou soubassement qui supporte les co-

ao

lonttçs î et s’étend <lâns toute Fétendue de Fédifice. '

•' Vous trouverez dafe le§ ouvrages qui, traîteht À^Ulemènt de la nomenclaturè afehï^ Facception de ÉTeaucoup d’atrtres teri^üsUés en architecture /^^et ’^nt je ^ne dois point vôus * parler ici .

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D ANTIQUITÉS -Monumentales.

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