‹ Cours d'antiquités monumentales professé à CaenChapitre 17 sur 44 · DES BAINS · texte numérisé non relu

DES BAINS

Pifpus allons maintenant passer en* revue qt décrire successivement les diflercnls édifices (pic les Romains ont élevés (^ns nos c(>ntrécs et dont il reste cucore des ruines plus ou moins imposantes. Afin de suivre l’ordre indi(]ué tout a l’heure (page 3), je dois eommimcer cette reyuepar les bains publics et particuliers. - .

11 y avait chez les Romains plusieurs espet^ d établisscincnts dans lesquels on se baignait,

coIjrs

et que l’on connaissait sous les noms de thertnœ, àt lavacrà et de balnea.

Les thermes étaient de vastes édifices qui contenaient non seulement des bains , mais encore des portiques et des promenades plantées d’arbres des salles où les philosophes et les rhéteurs faisaient des leçons publiques et lisaient leurs ouvrages ; où l’on s’exercait à la lutte , etc. , et que l’on appelait gymnases ; en un mot les thermes étaient si considérables , que pour donner une idée de leur étendue , Ammien Marcellin se servant, il est \Tai, d’expressions hyperboliques, les compare à des proxùuces , in modum provinciarum extructa lavacra.

La vue générale des bains de Dioclétien , que j’ai reproduite sur la pl. XXXÎV, d’après Itfont-F aucoiî , peut donner une idée de la grandeur et de l’étenduë des thermes ; on citoit aussi parmi les plus magnifiques de Rome , ceux d’Agrippa , de Néron, de Titus, de Caracalla , d’Antonin ,, dont il subsiste encore des restes considérables.’

Mais il né faut pas chercher de pareils établissements dans toutes nos xrilles de la Gaule; nous n’y trouvons souvent que des lavacra ou des balîiea d’une dimension médiocre ,

d’aNTK^UITÉS MONiniKNTALKS. 23

auxquels ont été parfois réunies quelquesunes des dépendances de» gymnases. ,

' Je vais me borner , Messieurs', à indiquer rapidement quelles étaient les principales pièces iKun balneum. . , f .

Ces édifices étaient plus ou moins grands , scion qu'ils étaient ouverts au public ou simplement pour l'usage d'une seule famille. , . ' • ■

Les bains particuliers ne se composaient guère que de 6 ou 7 pièces ( Vapodyterium, le bain froid ou frigidarium , le tepidarium, Vétuve ou sudatio, \» piscine cha,ude , et Içpropnigeum), ainsi que vous pourrex le voir lorsque je vous parlerai des maisons particulières.

‘ Les bains publics se composaient au contraire de I O ou 1 2 pièces et quelquefois davantage. Voici en peu de mots quelle était leur destination.

luapodyterium était une salle de toilette où Pon déposait ses vêtements avant de se baigner.

I^aquarùim contenait un réservoir dans, lequel l'eau était reçue et pouvait se clarifier avant de se distribuer dans l'édifice.

Le va^arium tirait son nom- de trois grands vases remplis d'eau chaude , d'eau tiède et d'eau froide. Ces vases communiquaient les uns

COURS

aux autres, si 'bien, que liJt*squ’on avait tiré de l’eau chaude du prexniçr vase , elle était remplacée par ,1’eau tictle du second ; et celui-ci recevait une égale quantité d’eau froide venant du troisième vase qui était en communication avec le réservoir général approvisionné par l’aquéduc. ( V. Vitruve , liv. V , chop. X. )

Le laconicxim , étuve chauffée par un hypocauste , avait ordinairement l’une de ses extrémités terminée en demi-cercle (i) et dans laquellé on trouvait un disque d’airain par l’abaissement ou l’élèvemçnt duquel on pouvait augmenter l’intensité de la chaleur ou la di-

minner. • - /

Le tepidarium était , d’après Vitruve , une étuve moins chaude que la précédente et en

eontact avec elle.

Un autre appartement était consacré au bain d’èau chaude qui se prenait dans dès espèces de baignoires ,■ labra. • ‘

La petite cour ou le vestibule tpii précédait le fourneau de l’hypocauste s’appelait le projynigernn ou le prœfuriiiiim.

(f) Vitruve recommande d’arrondir celle 'partie dés (»aius aÜD que la, vapeur chaude soit renvoyée d'une manière plus égale vers le centre après s’étreTépandue dans l’appartemeut. V. ru. , llv. V, chap. X. . ‘ ^ ■

d’antiquités monumentales. > aS

La partie froide du bain se composait du frigidarium , salles non chauffées dans lesquelles on demeurait quelques instants avant de sortir de peur d’étre incommodé par un changement trop subit de température ; *

De la piscina natatilis ou frigida lavatio , réservoir d’eau froide dans lequel les personnes robustes se baignaient après le bain chaud et dont on faisait surtout usage en été ; y

, De Veleothesium où l’on se faisait frotter avec

de l’huile ou des parfums. *■

Une curieuse peinture à fresque tirée ^des thermes de Titus 'à Rome , et qui représente l’intérieur d’un bain , vous aidera à comprendre cette disposition des pièces qu’on remarquait habituellement dans ces établissements. Je l’ai reproduite pl, XXXlV, n®. a.

On y distingue , sur le premier plan , deux salles sous lesqpiclles règne un hypocaustexiyant son feu allumé (i). ' ^

L’une de ces salles , n“.' 4 > paraît être la concamerata sudalio , ou étuve voûtée dans laquelle on suait. ' . '

On voit dans cette salle un petit fourneau

(1) J'ai donné dans la seconde partie du Cours, p. I7i , une description détaillée des hypocaustes.

COURS

ilont la voûte était fermée par le bouclier truirain qui s'élevait à volonté au moyen d'une chaîne , de "manière à laisser sortir plus ou moihs de vapeur chaude. Cette partie de la peinture laisse beaucoup à désirer , et il est d'autant plus difficile de se faire , d’après .elle, une idée juste 'de la disposition du laconicum,, que cette pièce avait , à ce que l’on croit , reçu des modifications depuis Vitruve , et qu’il n’est pas aisé d’accorder ce qu’en dit ce dernier avec ce que l’on trouve de relatif à cette partie des bains dans d’autres auteurs.

Près du laconicum est la salle du bain ( n®. 5), qui n’en est séparée que par un qorridor ; on y < voit plusieurs persoimes dans une grande baignoire, labrum; tout au tour ront des âéges établis le long de la muraille.^

Plus loin est représenté le vasarium (n°. 6), avec les , trois grands vases dont j’ai parlé précédemment , placés à des niveaux dilfércuts : le premier ou le moins élevé contenant l’eau bouillante , le second l’eau tiède et le troisième l’eau froide.

Au second plan et derrière l’étuve" à suer se voit la salle appelée tepidarium (n“. 3.)

Au-delà du tepidarium , on distingue la salle froide , frigidarium (n“. a), qui dans quelques

d’antiquités monumentales. 27

bains servait aussi , à ce que l’on croit , dylerium. • '

Et au dernier plan , n®. i , Veleothesium ou salle des parfums.

Les bains s’étaient tellement multipliés à Rome qu’il J en avait plus de 800 dans cette ville au témoignage de Publius Victor. Suree nombre plusieurs étaient publics, et l’on y entrait sans rien payer. Dans quelques uns qui étaiebt affermés, les baigneurs devaient payer une légère rétribution. Enfin les autres appartenaient à de riches habitants et, n’étaient pas publics.

Quoique l’on suivît .en général les mêmes 'principes pour la construction des bains , il ne faut pas croire qu’ils fussent tous absolument de la même 'forme ; ils durent varier selon l’emplacement qu’on pouvait y consacrer selon l’importance des cités , suivant le caprice de ceux qui les faisaient bâtir dans leurs maisons. Aussi pour avoir une idée exacte de ces monuments , cst-il nécc^iré d’examiner et de comparer quelques-uns de ceux qui ont été découverts sur différents points de la France.

Nos villes gallo-romaines paraissent toutes avôir eu au moins un bain public , et l’on a trouvé dans quelques-unes' d’entre elles plu-

O , COURS

sieurs bains particulim. Je vais tous faire connaître le résultat des fouilles ou des explorations qui ont été pratiquées à differentes époques dans" plusieurs de ces villes. ^ •'

Bains de Baveux. Les bains de Bayeux n'ont été explorés qu'én partie et ' seulement dans le cimetière de l’église St.-Laiirent. Celle-ci étant implantée sur les ruines , il n’a pas été possible de pousser plus loin les fouilles , et l’on ne peut que faire des conjectures sur l’énseiiible et l’iitiportance du monument. Ces rccherches ont eu lieu en 1821 , sous la direction de M. Surville, ingénieur des ponts et chausses, et de M. Lambert : l’un et l’autré 'ont rédigé un mémoire sur le monument et dressé on plan.de la partie des constructions qui fut déblayée : je me servirai du plan de M. Lambert (pl' XXXI V I, fig. 3) , pour indiquer la destination, probable <; des pièces reconnues en «821.(1); - . f

Parmi ces pièces , quelques-unes munies

(1) La Société 'dea Antiquaires de Normandie ayant fait çoutinuer les fouilles dans la rue St.- Laurent, t .l'époque où cette rue fut repavée (l8Sta)fM. Lambert a ajouté sur le plan dressé en 182,1 , l’indication des murailes découvertes dans eette dsfUiire foUUlé ; elles complétât l’appartement , n°’. 14.

d’antiquités monumentales. y.q

il’hypocaustos ëtaicrit consacrëcs aiiï bains chauds. , Dans les autres se trouraient' sans doute le bain froid et les dépendances ordinairès des bains publics.

Les premières sont indiquées Sur le plan sous les n"*. i , 2 , 3 et 4*

Dans la salle n°. i , on trouva les petits piliers de brique d’ùn hypocaustc qui avaient supporté le plancher.

Les plus élevés de ces piliers avaient environ un pied ija de hauteur ; leur .largeur était de 10 pouces.

Le propntgeum ou fourneau de l’hypocaustc se trouvait en A ( V. le plan) et présentait un grand intérêt. On y voyait une espece de cavité hémisphérique dont la voûte construite en briques avait été écrasée , mais dont les pieds droits' iniüipiaicnt suffisamment la. forme ;- dans ce prœfurnium s’ouvrait une voûte ou arceau à plein cintre b, ayant deux pieds environ de hauteur et se prolongeant à quelque distance (V. le j^oint c) sous lé pâvédc là gallon”, i (i).

Lés pièces n®*. 2 et 3 paraissent’ avoir été des dépendances de la salle n°. i^; une autre

(1) MéoToire sur les thcrincs antfquc.s de Bayeux, par M. Surrille , Cseu 1821 ; publié par l’académie defaen.

COURS

salle n”. 4 « dont on n’’a déblayé qu'’unc trèspetite portion , était aussi chauiTée par ^ un ■hypocauste , et tout porte à croire que d’autres salles existaient dans cette direction.. Malheureusement dans l’incertitude où l’on est resté sur le nombre , l’étendue et la. disposition^ de ces appartements , il est bien difficile de" se prononcer d’une manière absolue sur la destination de celles qui ont été découvertes de ce côté, et il faut se borner à dire q[u’ elles faisaient partie du bain chaud des thermes de Bayeux.

Un aquéduc n®. 5 servait probablement à amener l’eau nécessaire pour le bain ; il se dirigeait vers les appartements *qùi existaient sous l’église ; les eaux inutiles étaient ensuite rejetées par un canal voûté E F , qui passait aü-dessous des pièces 7 et 9.

Le nivefiu de la pièce dont on a reconnu le pavé en U, était, d’après M. Surville, élevé de près de deux pieds au-dessus de celui de la salle voisine (n®. i ). La salle n®. 6 était aussi à un niveau plus élevé que la pièce parallèle n®. 8 , ’do sorte 'que les eaux trouvaient ' un écoulement facile dans ' la direction E F que suivait l’égout.

11 nous reste à parler des pièces , n’‘. 7,8, 9, ip,ii,i2eti4, qui" dèvaieht dépendre

d’anXIQIüTÉS MONUMENTALES. 3l

lie la partie froide du bain la pièce n®. 6 entourée d’une espèce de corridor , n®. 7 , avait été construite avec une certaine magnificence. Les murs étaient en brique , mais ils portaient un placage en marbre blanc : deux dégrës existaient dans le mur ^ ^ et servaient sans doute à descendre jiisqu’au pavé qui était en pierre de (]acn. Ce pavé présentait deu^ niveaux differents : dans la partie de l’appartement ou du bassin qui était en. A , vers la rue St.-Laurent , il se trouvait de o 4o plus élevé que dans la partie située en H ; celle-ci était encore plus haute que le dallage de la cour n°. 8 , et le èanal £ passant sous le pavé du corridor n®. 7 , servait comme je Fai dit à l’écoulement des eaux. La présence de ce,canalv les marches pratiquées dans, le mur g et même la prééence du, corridor n®. 7 , annoncent bien' une piscine ou réservoir d’eau pour lé ^ bain : la différence dans le niveau du pavé avait probablcmetit pour but de permettre aux baigneurs de plonger plus ou moins^vant'dans l’eau , selon qu’ils se plaçaient eVans l’une ou dans l’autre" partie du -bassin.

La pièce n’. 8 était une cour pavée en pierre de taille et au pourtour de/laquelle régnait un caniveau ou: petit canal découvert , destiné à

■ COURS

condnire les caiji:' reçues de, la piscine n". 6, dans Taipiëduc de décharge E dont la vtfûtcrà plein' cintre s’ouvrait en L au niveau du dallage de la' cour. ' ’

Dans l’appartement n®. lo , on a trouvé des débris .de placages en marbre.^ M. Surville pense que les contreforts ou saillants accolés aux murs m m à l’intérieur , et les encoignures n ont' servi de base à des colohnes ou à des pilastres ; lé pavé était plus élevé que celui de la cour n°. 8. •

Dans les pièces^ n“’.- i 3, et i3 , dont on n’a mis a découvert que des portions , les murs ont présenté des traces de placages en marbre. Enfin la grande pièce n“. i4 serait , d’après M. Lambert ,,la piscina natatilis ou le grand bain froid , dans lequel on pouvait nager. La partie* ÿcUai-c'irculaire A', serait cette galerie tchola dans lacpielle se tenaient ceux qui attendaient qu’il y eût place dans la piscine pour y descendre à leur tpur.

Eli nous abstenant de toute conjecture hasnrdée^ nous devons borner à cet' aperçu ce qui concerne l’explication des thermes dé Eayeux. Nous n’oserions ■ nous prononcer sur la position du pérystylc ou de l’entrée’ principale du monument, il existe d’ailleurs d’autres

d’antiquités monumentales. 53

constructions au-delà dé l’appartement n“. 1 4 1 à l’est de la rue St.-Laurent ; l’exhaussement du sol dans la rue dite de Bretagne , au nord de l’église , donne cusæl à penser que l’ édifice s’étendait assez loin de ce côté ; toutefois en examinant sa position par rapport au centre de la cité de Bajéux , il serait assez naturel d’admettre que l’entrée du bain était tournée vers ce centre et se .trouvait ainsi au suil ou à l’est. Dans cette hypothèse , on pourrait peut* être chercher Vapodyterium dans la pièce n*. 12. Toutefois lien ne prouve que l’entrée de l’étlifice ne fut point ailleurs.

Quant aux marbres et aux autres matériaux employés à la décoration du monument , vous pouvez en juger par les fragments que voici (i); ce sont des - marbres blancs , probablement d’Italie , ou des Pyrénées ; des marbres indigènes , notamment quelques morceanx de marbre de Vieux , des pierres du pays , polies , d^ enduits couverts de peintures , etc.

Bains de Lillebonne. Les bains de Lillebonne n’ont , comme ceux de Bayeux , été déblayés

()) Les fragments , jBÎs sous les ;eux de l’assemblée , se trouTcnt'dans le Musée de la Sociéié des Antiquaires de Normandie où iis ont été déposés en 182S, par M. Lambert.

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qu’en partie, et l’on ne peut que faire tk-s conjectures sur l’onsemWe et 1 ctendue île l’édifice. J’ai figuré , pl. XXXIV, le plan des pièces qui avaient été mises à découvert l’aimée dernière lorsque j’ai visité Lillebonne ( 1 829) ( i )• Je vais m’aider de ce plan que je dois .à M. Gaillard , pour vous faire connaître la distribution du monument.

Trois salles ( h“‘. 2 , 3 , 4 ) . ^ le pavé reposait sur un hypoCauste , formaient les principales dépendances du bain chaud.

Le fourneau qui serrait à chauffer ces trois pièces avait son ouverture dans la salle n”. i . Il présentait , comme à Bayeui , une espèce de conduit a , dans lequel se trouvaient dciïx ouvertures latérales, donnant issue à la chaleur à droite et à. gauche.

Des.deux côtés de ce prœfumium , en X-et en Y , deux niches très-étrpites y chauffées par les deux ouvertures latérales’ du fourneau , ont été regardées par M. Gaillard , comme des étuves à suer. •'

La saHe.n®. 3 offrait dans son pourtour

(1) J’ai eu l’aTantsge de faire cette tiaite de compagnie arec Ift; Auguste Le Préroat. ,

d'antiquités monumentales. 35

trois baignoires établies sur des hypoeaustes et construites en maçonnerie , cimentées comme celles des bains, de Saintes dont j’aî' parlé dans la seconde partie du Cours ( page 173); elles étaient comme ces dernières, incrustées de -tuyaux placés verticalement dans l’épaisseur' du mue.

La baignoire b qui était tout près et au-<lessus • du fourneau a , devait doimer. un .bain très-chaud ; les baignoires plus éloi-

gnées du foyer étaient beaucoup moins chauffées.

La chaleur se communiquait de l’hypocauste de la salle n°. 2 dans celui de la salle n*. 3 , par trois ouvertures, l’une centrale, voûtée à plein cintre ayant près d’un mètre de hauteur ; les deux autres , carrées et beau- ' coup moins grandes (i).

(1) La cave de l'hypocauste qui était parfaitement ronaer* Tée qùand nous Tarons risitée en 1829 , avait elle-ménie 3 pieds environ de hauteur sous ie pavé des appartements. Les piliers qui supportaient ce plancher étaient comme ailleurs ( V. la 2'°*. partie du Cours page 171) formés de briques carrées séparées les unes des autres par une couche d’argiie ou de mortier. Ces piliers étaient en gébéral 1 huit pouces les uns des autres.

Le plancher de ciment qui surmontait la cave de Tbypocaiiste présentait quelques différence^ dans son épaisseur , suivant les salies. '

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Cette salle n*. 3 était une grande étuve sèche , et M. Caillard y place le laconicum; toutefois elle ne devait pas offrir la chaleur intense que l’on trouvait ordinairement dans cette partie du bain , puisque le foyer en était partagé par là salle n®. 2 , qui devait absorber une partie de la chaleur avant qu’elle pût se communiquer aux aütres appartements.

La salle n°. 4 • encore plus éloignée et en retour d’équerre , devait être moins chamle encore ; son hypocauste ne communiquait d’ailleurs avec celui ' de l’appartement n®. 3 que par une seule ouverture.- M. Gaillard regarde cette salle comme un tepidarium. •

Il est resté une grande incertitude sur 'la destination des autres' pièces du bain de Lillebonne qui ont été mises à nu ; M. Gaillard croit que le n®.* 5 était V aquarium , parce qu’un aquéduc venait y aboutir (i), et cette circonstance parait justifier sa conjecture ; il n’ést pas aussi certain que Veleothesium iùl placé dans la salle n®. q>\ M. Gaillard est cependant de cét"avis et rien ne s’oppose à ce que l’-on admette son opinion. Les n®'.

(Ij Cet aqnédac dtsit construit en moSllon et en ciment, li se ramifiait du c6té du nord. — V. la pi. XXXiV. '

d’antiquités monumentales. 3y

8,, g, ro , voisins de l’aquëtiiii;, étaient des dépendances du bain froid dans lesquelles nous ne pouvons voir , comme M. Gaillard , la pisciha natatilis ou granil bassin à nager.

M. .Gaillard regardé le n®. 1 1 , comme l’apodit'erium ; efléctiven^ent la fa^de du bain devait être du côté du nord tourné vers le centre de la ville. ; C’est là que devait être la principale entrée ( i ) , et par suite l’apodtterium ou salle de dépôt pour les habits' des baigneurs : mais les fouilles incomplètes ne permettent pas de décider si telle était la destination du n®. 1 1

Le grand appartement n®. 1 2 parait avoir été une sallé de réunion. C’^est là - que fut trowée la belle statue en marbre déposée au cabinet d’antiquités de la ville de Rouen.

Plusieurs salles avec des hypocaustes' reconnues tout près et à l’ouest des pièces g 10, II, ( V. le point n®. i4* ) » ont fait penser à M. Gaillard qu’il y avait dans l’édifice deux bainsàçcolés et destinés l’un aux hommes, Fautre aux femmes , comme dans beaucoup de. monuments du même genre élevés sous la. domina-

Les bsiDS de Lillcbunoe sTsient aussi une iua'e du cAté du sudau-deU des pièces 1 2 et 13. '

38 COURS

tion t^maine;:' Malheureusement les fouilles génées par '.des constructions voisines n’ont point été pous^é^ assez loin pour qu’on ait acquis la preuve de cette’ conjecture , et , l’on ignore jusqw’où pouvaient s’étendre de ce côté les dépendances des bains de Lillebonne. '

Un grand nombre de débris de placages en marbres de differentes couleurs', et surtout la statue trouvée dans la salle n®. 12, prouvent ■que cet édifice était, comme celui de Bayeux ', décoré *avec une certaine magnificence.

Bains de Valoghes. Valognes, Alauna, avait des thermes dont on voit, encore quelques vestiges dans le village d’ Alaume et qui furent déblayés par ordre de M. Foucault, intendant de la général! té de Caen , trèsr^élé pour les recherches arçhéôlogiqpies ; on drossa le plan des parties de l’édifiée, qui furent explorées , mais les notes qui furent alors rédigées ont . été perdues.

Monlfaueon 'qui avait reçu ee plan de’ M. Foucault, n’ose en doimer une explication complète et s’ejiprime'ainsi en le -citant: • .

« Suivant les, mesures qu’omi'remarquées « tout le plan devait avoir environ 45 toises « oû 270 pieds de long , et la laideur n’est « qu’envtron la moitié de la longueur. Si

d’antiquités monumentales. 3f)

« l’on voulailhasarder um* conjeclu^o^ on pour- « rait dire quelesitrois pièces qu?on voit en en- « Iliade du côté de l’entrée (i',. a , ,3, fig. i , pl. '« XXXY), sont la chambre Iroidc, la chambre « tiède , et la chambre à suer , et <pie les deux « pièces rondes (7 , 8) étaient pour les bains. "La « grande galerie <pii a'aS toises 'de long., (n“.^3) etles autres grandes salles pourraient yc avoir- été des lieux.’ d’exercîcjB comine il y « en avait dans’ les tljermés-de- Rome , mais « je suis fort éloigné de-rien garantir de tout « ceci (i). » ■> ' : . ,

Nous sommes d’autant plus portés à adopter l’opinion de Montfauaon , ’ qu’il ne reste aujourd’hui du monument que quelques pan-s de murailles et que l’inspection des lieux ne pour/ait nous fournir de grandes lumières à moins ^c des fouilles ne fussent recommenicées sur des points où il se trouverait péut-ètre encore quelques fondations, .l’ajouterai sculement un mot à l’explication malheureusement bien incomplète que je viens de vousliîe.

D’abord, il paraît qu’une cspèctf de i vestibule ( atrium )-on de péristyle -A, précédait la- salle n°. i que .Montfaùcon regarde comme ' ? • ■ ■ • (I) L’a'ntiquiiéexpliquëetuoie tu, seconda partie, page 302.

COURS

la salle d'’ entrée ; cette salle eommuniquait d’une part , «.avec l’appartemcirt u“. 2 que Montfaucon suppose avoir été le' bain > tiède , et de l’autre avec une vaste pièce n”.* 1 1 qïii parait destinée à donner accès aux. piscine» 7 ,8% aux pièces qui les avoisinent (10 , 12) , et à la grande pièce ,n®. 9.

La salle d’entrée ( n”. i ) , celle dqnt je viens de parier ( n®.. ,1.0 ) ou peut-être Tappartementn*. 12, pouvaient aussi set^r do lieu de 'dépôt pour les habits ou ê^apodyteriuni,.

Au lie^ de placer coinmc' Montfaucon le sudatorium dans la salle n®. 3 , on pourrait peut-être le chercher dans la salle n®. 4> dans les murs de laquelle le plan indique^ une grande quantité de tuyaux de chaleur , el qui selon toute apparence était au desras d’urt h3rpocaustç fourneau propnigeum était

peut-être en C près de la pièce n®. 5. Z'

D’autres fourneaux existaient probablement dans, d’autres parties de l’étlifice ; nous voyons encore des tuyaux de chaleur indiqués dans le mur D de la grande salle n®. 9, dont -je n’oserais indiquer la destination, à. moins qu’on ne la regarde comme Veleothesium que l’on pourrait aussi placer au n®. 6.

La. grande pièce n®. i3 , que Montfaucon

d’antiquités monumentales.

suppose , vraisemblablemeiit^aycc raison, avoir été destinée aux exercices , ofirait vers le centre une porte B qui servait de ce côté à entrer dans les bains ou à en sortir. Il est à remarquer que les murs de cette espèce de cour ou de grand vestibule étaient garnis intérieurement do contreforts : la pièce n“. i4 qui succède', présjente aussi le longtles murs , des contreforts ou bases de pilastres plus écartés les uns; d^ autres , mais . régulièrement, espacés commue dans la i". salle. Ceux qui étaient des ^eux côtés de la porte h offraient plus de saillie que les autres , peut-être parce qu’ils supportaient des colonnesi / ^ '

J’ignore quelle pouvait être la destipation d^ murs n®. i5. - v , ' ■

V Le ruisseau indiqué sur lé plan (n*. i6) , fournissait probablenient l’eau qui était nécessaire pour l’établissement. ‘ i .

Bains pe Saintes, pn parlant des hypôcaùstes, cRius la scctmdc partie <le nos confér^ces (V.tome 2 , p.‘ 173), je vous ai présenté une vue et un plan de la partie la mieux conservée dep bains que l’on voit -à Saintés (pl.îXXII).

L’éclifitc est situé au pied d’un coteau auquel il était adossé. Il dèvait faire face> à^'la (.'ha>>

COURS

rente qui en e?t toute voisine , et c’est vraisemblablement de ce côté qu’était l’entrée principaléT Des fragments de colonnes 'qui gisjent encore sur le sol , et qui ont été trouvés dans une fouille , en i8i,i , m’ont présenté 26 pouces de diamètre , ce- qui, en supposant qu’ils aient appartenu- à un péristyle d’ordré corinthien '(i), nous donnerait une hauteur de 2 1 pieds 8 pouces pour la co- “Ipnne ^ entière ; ' si nous, ajoutons le tiers de celte hauteur pour le piédestal et le quart pour l’entablement ; nous pourrons déterminer approximativement la hauteur de la façade de l’édifice. Suivant ces, données elle devait être de 34 à 35 pieds (2). "

Les deux baignoires portées sur des hypocaustes (A — B, fig. i , pl. XXII), et auxrpielles on accédait par des salles placées en E et en F , pouvaient se vider dans un petit canal ou

'(!} On TOit au ^lusée d’Xntiqnités de Saintes, an chapifeau corinttiien provenant de ta fouille de 1811 et dont les proportions s’accordent avec celles des fûts brisés dont je parle ici ; mays on a tsouvli aussi, un .chapiteau dqrique et il reste quelqu’incertitude sur l'ordre qui décorait ce péristyle. ' • • ' • ' * ’

Sfl'j 11 serait possiblè "que les colonnes n’eussent point, pu de piédestal, complet et qu’elles fussent assises sur une base moins élevée, Ce qql réduirait de 2 . à 3 pieds peutêtre la hauteur de l’édifice.

.d’antiquités monumentales. 4^

égout (j — H , creusé ilans le pavé de la cour voisine , et qui se rendait à la 'Charente (v. le plan n". 2) , ce canal recevait aussi', à cfe qu’il paraît , les eaux de l’aquéduc qui alimen-> tait l’établissement ; l’excédent de ces eaux se rendait vers le point G , où il était reçu dans le canal dont je viens de parler (i).

Au-delà des salles F D E, pl. XXII , fig. r se trouvaient d’autres appartements , et plus loin dans la maison oecupée par Je propriétaire , cinq petites chambres de forme semicirculaire placées sur une ligne droite , et coù^ pées par im mur de refend, dans lequel 'W; de Crazannes. a vu des- tuyaux de terre cuite (2)^ Cès pièces ont chacune six pieds de di^ètre dans geuvre , et ressemblent assez à des baignpiresi qui auraient été établies le long du mur d’une salle ou d’une petite cour , comrtie on en remarque aux thermes de la rue de la Harpe, à Paris. •

Il est bien à regretter - que les bains de

(1) Renseignement verlisl commuDM|ué par le'proprië-

taire du terrain. L^aquëduc dtait conduit ,Io long ‘ du côteau auquel le bain était adossé. M. de Crazannes pense <)ue ce canal était alimenté par le grand aquéduc qui amenait ses eaux 1 Saintes , et dont il sera question plus taid. •

(2) Antiquités de la ville de Saintes , p. ^7.

COURS

Saintes n’aient pas été conjiplètcment explorés , et que l’on se soit arreté après la découverte de l’extrémité figurée pl. XXII. Ot» doit regretter plus vivement encore qüe la ville de Saintes ait refusé d’acheter cet cmplacement que le .propriétaire voulait lui, céder pour une somme modique (la à i^opfr.); car il est à craindre que les injures de l’air , et la main des hommes , n’aient bieütôt fait disparaître les curieux débris qui subsistent encore. On à trouvé , dans ces ruines , des. peintures à fresque , composées de, bandes rouges , jaunes et bleues , des placages en marbre , des fragments de laitier de fer de différentes couleurs qui avaient été incrustes dans les murs à l’intérieur , genre de déco.ration asset ordinaire à cette époque ^ et que nous aurons occasion de remartpier dans d’autres édifices.

Vous voyez que nous sommes loin de connaître l’ensemble des bains de Saintes ; là plupart des salles que j’ai pu observer paraissent avoir appartenu à un bain chaud; les salles du, bain froid étaient sans doute plus loin vers le N. -O. (0^ ,

(I) Millin , qui avuit visité 1rs bains de Saintes , peusait qu’ils avaieut pu,fsire pHrtip de laTmaisoD de quelque

d’antiquités monumentales. 45

Bains de Dbévant (Cher), Nous dfsvqns à M-. .Ilazé de Bourges la descriptif de tleux: bains anticpies très-intéressants , découverts tout récemment dans les ruines de l’ancienne ville à laquelle a succédé le bourg de Drévant à une lieue de St. -Arnaud. M. Ilazé a dressé des plans au moyen desquels - j’essaierai de vous faire connaître les principales dispositions de ces deux édifices.

Tj€ premier bain offrait dans son ensemble une forme symétrique fort singulière, Comme vous pouvez le voir pl. XXXV , fig. a. Examinons successivement les différentes pièces qui ont été reconnues :

D’abord , il est évident que l’on entrait dans la galerie , n°. a , par quatre portes

Pour arriver à ces portes , il fallait traverser un emplacement n**. i , qui n’a point été déblayé et dans lequel devait exister une cour carrée , dont le pourtour était peut-être garni de constructions.

Rom.iia opulent ,■ et comné. ils «ont peu étendus ., il doutait qu'ils' eussent été publics. Il est probable au moins que la ville de Saintes rentcrniait d'autres ël.t* blisseineais de même espèce et que celui dont il noua reste des traces n'étaii pas le seul.

‘ COURS

Lq grande -salle ou galerie n*. 2 y qui - correspondait^ aux quatres portes , et embrassait toute la largeur de l’édifice , avait g5 pieds dans la direction de la ligne E D , et 24 pieds de profondeur.

Dans ' ce vestibule , s’ouyraient plusieurs portes c c c , par lesquelles on entrait dans les pièces centrales disposées en croix et dans les pièces placées de chaque côté et terminées par des absides semi - circulaires ,

L’une de ces deux parties ,de l’édifice , celle que j’ai désignée par la lettre R, paraîtrait avoir été destinée au bain d’eau chaude , car. la salle n". 3 avait son pavé suspendu sur un hyi>ocauste , et M. Hazé a cru reconnaître en D , les vestiges d’unfoumeau qui, en chaufiant cette salie , servait peüt-étre aussi à chauffer l’eau nécessaire pour cette partie du -bain ; des -trous pratiqués dans les murs et qui pa-raissent avoir contenu des canaux de plomb (d e n, sembleraient justifier cette idée : le n®. 6 renfermait un bassin terminé circulairemcnt , dans lequel on descendait par trois marches , et qui devait se remplir par le petit canal g.

Si de l’abside R , nous passons à l’abside Q,

d’antiqvités monumentales. 4?

nous serons frappes de la similitude de ces lieux eqhstruetions , nous y voyons aussi deux conduits h i disposés, comme ceux que nous avons remarques en e et en rf dans l’abside R ; ^lu * reste point d’apparence de fourneau de ce côté. Le n®. 9 renfermait d’ailleurs une ^andc piscine P dans laquelle on descendait par des marches fort étroites et qui ne devait contenir que de l’eau froide. ^Le n". 10 offrait une autre baignoire plus petite ; un tuyau k k alimentait probablement cette baignoire et la précédente , et versait ses eaux en / et en m , où l’on voit des ouvertures.

La partie centrale de l’édificeétait consacrée, scion toute apparence , aux étuves ; en effet , dans la pièce n®. r4 , q»n était peut-être une cour , des .cendres amoncelées ont annoncé l’existence d’un- fourneau : l’ouverture’ placée en O devait chauffer la grande salle .du transept n®. 1 3 , dont le pavé était sur un bypocauste. De cette grsyide salle la chalçur .se communiquait par deux ouvertures dans l’appartement n®. 12. ' ' , ' "

L'appartement ii était un vestibule. On ne peut rien'» dire sur la destination des appartements triangulaires N N qui n’ont pas présenté^de portes ; du reste il ne faut pas trop s’é-

COUBS

tonaer de trouver des appartements sans ouvertures apparentes , car bien souvent les fondations qui subsistent ne s‘*élèvent plus au niveau du seuil des portes anciennes , et vous aurez l’occasion de vous en convaincre,' si -vous examinez attentivement les ruines antiques ; roci s’explique d’autant mieux , au moins po'ur certaines localités , que le pavé des appartements des rez-de-chaussées , paraissent avoir été placés à un niveau assez élevé au-dessus de la base des fondations , probablement pour SC garantir de l’hunudité.

La destinaticm des appartements ou couloirs G et H n’est pas plus facile à expliquer que celle des pièces N N,.

Les fouilles au moyen desquelles on a .reconnu cet ‘édifice , n’ont pas été faites sans interruption , et lorsqu’elles ont étd terminées « des parties de murs avaient été fortement endommagées , de sorte qu’il n’était plus possible, d’observer tout ce. qui eût pu conduire à bien comprendre la destination de chaque pièce. Mais tel que M. Hàzé a pu l’observer , ce mohument offre encore un grand intérêt , et on -doit lui savoir gré d’en avoir conservé le

souyenir. ^ ,

Le second bain de Drévant s’élevait comme

D’ANÏiQUITÉS MONUMENTALES.

le premier au fond d’une cour; mais il était précédé d’un portique soutenu par huit colonnes (C , C , C , fig. 3 , planche XXXV) dont une des bases était encore en place ; des fragments de chapiteau, trouvés près de cette base, ont appris qu’elle appartenait à l’ordre corinthien.

Lé diamètre du fût , d’environ 2 pieds, indiquait conséquemment une hauteur de 20 pieds pour les colonnes du péristyle. ,

Sous ce portique, et à peu près au centre, se trouvait, en B, une niche qui avait renfermé , à ce que l’on croit , une statue de bronze dont plusieurs débris ont été retrouvés.

Deux entrées existaient aux deux extrémités du même mur, l’une en E, l’autre en*

Dans la pièce n“. i , à laquelle on accédait par la porte E , se trouvait un prdpnigeum ou fouméau d’hypocauste (H G) qui chauffait la salle n**. 2. Ce fourneau soigneusement voûté avait 9 pieds de longueur sur cinq pieds et quelques pouces dans sa plus grande largeur. Deux piliers placés en G soutenaient de ce côté l’arcade de la voûte. Ü ne petîle chambre était établie au-dessus de ce fpurneaué M. Hazé suppose avee beaucoup de vraisemblance que ce pouvait être un réser-

COURS

voir destiné à chauffer de Teau , le caldarium du bain.

* La salle n*. 2 offrait dos particularités tjrèsremarquablcs. En i i étaient , comme à Lillebônnc , des deux côtés du fourneau , d’étroites nielles ou couloirs dont on a peine à comprendre la destination. Au point Z se trouvait une espèce de cheminée , qui paraissait amir beaucoup souffert de la violence du feu. La ^.présence de ce foyer est une chose digne tle . remarque ; il^y en avait un autre tout pareil en Y dans la salle n”. 3. Il eût été bien intéressant de découvrir comment se desaaeait la fumée de cette cheminée ; mais vraisem- Talement il n’était plus possible de le voir lors des fouilles , car M. Haié n’en parle point.

On peut supposer que des baignoires étaient placées dans l’hémicyele K et le long des murs en L et en M. La chaleur se communiquait de la salle' n". 2 à l’appartement n". 3, par les trois ouvertures n o p , absolument comme auxbàins de Lillcbonnc (v. la page 35 ).

<lJnc petite pièce (n®. 12 ) accolée à la salle n®. 2 , pourrait avoir été un réservoir , aquarium , qui alimentait le caldarium au moyen de conduits qui n’ont pas été retrou-

Digilized by GoogI

d’antiquités monumentales. • 5l

vés : un aqueduc A , A, amenait l’eau dans ce réservoir (i).

La salle n®. 3 paraît avoir été ,1e laconicum du bain ; M. Ilazé croit qu’au centre de l’ouverture N était un second fourneau qui aurait été allumé dans la petite cour n®. 1 1 .

Les salles n®*. 4i 5 et 8 étaient de plain pied et paraissent avoir appartenu au bain froid ; dans l’appartement n®. 4. un trottoir t , t , t , ou bordure plus élevée que le reste du pavé , régnait le long des murs ; à l’extrémité du h®. 5 était une grande baigi^oire ou piscine P, de trois pieds de profondeur , dans laquelle on descendait par trois marches.

Là salle n®. 8 servait d’intermédiaire entre celle que je viens d’indiquer et un autre appartement n®. 7 dont le pavé était porté sur un hypocaustc. Le fourneau de cet, hypocauste avait son ouverture dans une petite cour n®. 6 , plus basse (pic les pièces environnantes , et dans laquelle on entrait de l’extérieur par une porte placée en h.

(1) Le mer était IraTerié par un tuyau en plomb de 6 centimètrea de diamètre; le conduit extérienr A A était formé de tuilca creosea accoiéea et enveloppées dans une couche épaisse de mortier. ^

coims

Il est difficile de se prononcer sur la destination de la pièce n°. 9 , et sur celle des pièces n®' 10 cl i3 qui n’ont pas été complètement déblayées.

Le corridor n®. i4 servait pour accéder à la petite cour n®. r i et à la pièce n®. 1 3.

Il est probable que le bain avait une g^rande entrée du coté opposé au péristyle , et il n’est pas facile de dire quelle salle servait d'opodyterium ; peut-être Véleothesium était-il dans la salle n®. 7.

Bains de Vienne. Les bains publics des villes gallo-romaines du midi de la France , parai^enl avoir été d’une grande magnificence. Les marbres d’Afrique et d’Italie avaicYit été prodigués dans la décoration de ces édifices , dont malheureusement on n’a bien observé que 'certaines parties.

Les bains publics de Vienne s’étendaient dans tout l’espace qu’occupe la salle de spectacle , la maison de la (iharilé et l’ancienne maison de ville. L’historien Chorier (i) rapporte qu’une des piscines de ces bains était

(1) Antiquilëa de Vienne , un fort Toluine in-8'. publié en 1659 , réimprimé i L;on en 1828.

d’antiquités monumentales. 53

fie forme ronde, qu’on y. descendait par trois marches en marbre, et que le fond était en marbre vert antique ; qu’autourdcla salle régnaient des sièges en marbre de Paros.

Les' colonnes qui décoraient l’édiûcc étaient de différeiitcs couleurs.

Long-temps après Chorier , la construction de la salle de spectacle , qjii fut fondée sur une des parties les plus importantes de l’édifice , amena de nouvelles découvertes. On vit alors une pièce de 27 pieds sur 19 , pavée en marbre Africain brèche antique sanguine (i) , le tout enveloppé d’un cadre bleu Turquin. Un petit canal recouvert en pierre calcaire faisait le tour de la salle et se déchargeait dans de grands égouts ou cloaques souterrains , par différents conduits. Les murs de cette salle étaieiit revêtus de .marbre blanc appliqué dans un mastic rouge , et retenu par des crampons en fer arlistemènt ajustés.

Du côté du nord, cinq portes s’ouvraient dans cette salle ; on y montait de l’extérieur par un escalier de cinq marches , dont là largeur

était égale àl’espace ofæupépar les cinq pmtes.

(I) V. lc|fniclcdesétTan(;crsà'Vienne (Iiière) , psr M. Re; , professeur à l^icoledc peinture de Ljron. Lyon 1819. ,

COURS

Les pieds droits de celles-ci étaient tlécorcs de pilastres en marbre africain avec base et chapiteau de marbre blanc , ainsi que l’attestaient les débris accumulés au pied des portes (i).

Lors de la construction de l’hospice de la Charité , qui occupe une autre partie de remplacement des bains » on découvrit , dit encore M. Rey , une quantité prodigieuse de marbres , des tronçons de colonnes et de statues, des bas-reliefs d’un bon travail , des tuyaux de plomb pour distribuer les eaux dans les diifëréntes salles , etc. , etc.

Avant la construction de la salle de spectacle ,/ on voyait ausM des gradins forirtés de rochers artificiels sur lesquels les eaux de la Gère venaient se précipite^ en cascades avant d’eûtreè aux bains (2), •

V Nul doute que les bains de Vienne ne fussent des plus magnifiques et qu’ils ne répondissent

(t) On voit encore, tous l’avant^cène dn théâtre de Vienne, dea vestige; de cette partie de l'ëdiBcc antique.

(2) Sénèque parlant dans sa 86°. lettre âXucilius,da luxe que les Romains déployaient dans lenrt bains, dit combien ils aimaient le murmure des eaux tombant en cascades près de ces établissements.

Ainsi les bains de Vienne conllrment ce que dit Sénèque , de ce goât pour les eaux tombant avec fracas.

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d’aNTIQUITHS^ MOMJMr.NTALES. fx5

à rimportancc de eetlc cite. Il Qsl fâcheux qu‘'il ait etc impossible de les explorer dans leur entier et de lever un plan général de l’édifice..

Daiks De Nismes. Malgré Iès mutilations malheureuses qu’ont subies dans le siècle dcr-‘ nier les bains de la ville de Ni^es , on peut comprendre la disposition de ee bel établissement , en étudiant celle des canaux et des pièces d’eau qui ornent le charmant jardin public de cette ville , et qui ont remplacé les bains ; l’une des cours carrées du bain a été restaurée d’après les dimensions qu’elle olTrait an moment de la découverte : cm a même rétabli les. colonnes qui en décoraient lé pourtour, mais on l’a transformée en un vaste bassin et les colonnes baignent à moitié dans une nappe d’eau qui s’étend dans toute l’étendue de la cour (i).

.'Thermes de Juuem a 'Paris. Les nnnes antiques que l’on voit à Paris , rue de là

I . (I) Os n’à point encore publié t ma connaisMnee de bonne deacriplion dea bains de Niâmes , et l’on n’a que des notiona imparfaitea aur ce beau niuuùmeQt'<|ulU«il èUrc étudié sur place par ceux qui riaitcul te usidi de la France. ' . -

COURS

Harpe ; où elles sont encore connues sous le nom vulgaire de Palais des Thermes de Julien , ont, fait partie d’un vaste édifice dont les bâtiments et les cours s’étendaient au midi , à peu près , juscpi’aux environs de la Sorbonne ; au nord , jusqu’à la rive gauche ,de la Seine ; à l’est , jusqu’à la rue St.-Jacques. A partir de la rue de la Harpe , de vastes jardins bornés au nord par la Seine , se proloi^aient à l’ouest jusqu’à l’église de St.-Germain-des-Prés , où un canal communiquant à la Seine leur servait de limite (i).

On sait que Clovis" et plusieurs autres rois de France , habitèrent le palais des Thermes , et Fortunat rapporte que Childebert se rem dmt de ce palais à l’église St.-Vincent , aujourd’hui St.-Gennain-des-Prés, en passant par ses jardins (a).

Ainsi les ruines qui subsistent et qui ont

(1) V. Dalaure, hitt. de Paria , t. 1". ; ce canal derait tra- Teraer l’emplacement de la cour et de l’église des Peti(s-angostins (aujourd’iioi le {Allais des beaiix-àrts ) , et descendre IMrallÜemeiit à la nie de ce nom , Jusqu’au quai Mpiaq*^** (1) A une époque postérieure, les rois de France transférèrent leur demeure dans la cité, et y bâtirent un autre' pa> tais sur remplacement du palais de Justice actuel $ ce’qui flt donner' aux bâtiments des Thermes le nom de pétais vieux. C'est Ainsi qu'il est désigné daus ta chrqnfa}uc do l’abDaye de Veselay , écrite au XII*. aiècle. " ■ ;

d’antiquités monumentales. 57

appartenu a des bains , ne sont qu’une petite partie du palais que les empereurs romains ou' leurs généraux avaient habité et que nos ^ premiers rois habitèrent après eux.

Si TOUS ^sitez ce monument , vous remarquerez‘d'abord , derrière le mur en planches qui sert de clôture Je long de la rue de. la Harpe , un aqueduc ou! égout dirigé parallèlement à la rue , puis xmi prœfumium ou petite cour placée en avant d’une arcade de fourneau , dans laquelle on descendait par deux escaliers.

’ Au-delà des vestiges de> ce fourneau , qui évidemment • chaufiait un hjpocauste , existe un • emplacement découvert dont les murs latéraux', adt'oite et à gauche , o&ent des niclics alternativement carrées et rondes , et qui paraissent ' avoir renfenpé ' des baignoires pour les bains -d’eau chaude; . ‘ - - . <>

’ Après avoir travefsé cet émplafccmeùt , aun trefpis voûté,' et aujourd’hui ••à ciePouvért , on entre dans une pièce servant de vestibule à une vaste salle qui a été gravée dans pluneurs' ouvrages , ,et, qui mérite toute l’ait;, tetitihn < des curieux. :Les ■ dimensions de- eettesaliê soiitdc' 58 pieds sur‘’56 (l). Ses 'voûtes

(1) V. recLcrcbes hUtoriquea sur le pilaia des Thermes , par M. Gilbert de la aoc, roy. dca antiquaires de France.

COURS

on arêtes et à plein cintre , s’élèvent jusqu’à 4a pieds au-dessus du sol (i).

Du côté du nord , les fouilles qui ont été pratiquées à a ou 3 pieds, dans la partie' nord ' de la salle , ont fait découvrir au-dessous du mur, diverses dispositions qui paraissent annoncer qu’il y avait là un bassin d’eau froide ou piscina natatilis. D’ailleurs la position culminante de cette salle , relativement aux pièces qui l’entourent , porte à croire qu’elle recevait directement l’eau d’un aquéduc. Des découvertes faites à diverses époques ont prouvé que cette eau venait d’Arcueil, où l’on voit encore des parties assez considérables d’un aquéduc de construction , romaine , x et Sur lesquelles Jacques de Brosse , architecte , a^levé un nouvel aquéduc en i624* * ■ ,

Xi’architecture de la grande salle des Thermes est remarquable par la simplicité de ses; ornements.-On y .'voit de -belles fenêtres à plein cintre ÿ trois arcades , dont > une plus élevée

(I) Cette To&té est aï solide qu’elle a supporté pendant un temps fort long et dont on ne pourrait assigner les limites , une épaisse couche de terre cultivée en jardin et plaqtée de grands arbres. On sait que les Romains plaçaient quelquefois de la sorte des Jardins sur les platcs-furmcs de leurs maisons sans que celles-ci fussent endommagées. ''

y.-:: • I i’i ■ • '■.i.iii-. . .. ■ i, •. -‘i .

d’antiquités monumentales. 5f)

que les deux autres , décorent les faces des murs ; dans le mur méridional , l’arcade cen- ' . traie affecte la forme d’une grande niche semicirculaire , et l’on a cru reconnaître , dans des trous pratiqués au milieu de cette niche et des arcades latérales , la trace des conduits qui servaient à l’introduction de l’eau destinée aux bains (i).

Sous la grande salle régnent dès souterrains qui s’étendaient , d’un côté , jusqu’à la Seine , et de l’autre jusqu’au couvent des Mathurins ; il faudrait un plan pour faire comprendre la disposition de ces galeries souterraines , dont on retrouve encore le prolongement d’un côté dan» les caves de l’hotel de Cluny , mais dans lesquelles on ne peut pénétrer qu’à ime petite distance. •

'Les murs des Thermes sont en petit appareil avec des chaînes de briques, ce. qui semblerait s’accorder avec l’opinion qui attribue la‘ construction de l’édifice à Julien.

Le plan de ce monument n’a point encore été publié , et l’on doit vivement désirer qu’up architecte habile s’occupe de le rétablir

(I) V. notice sur le palais des Tberm^ et l’hAfel 'deClunj, brochure ln-12 sans nom d’auteur.

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d'après les fondations observées dans les maisons voisines (i).

Comme aucun de^ plans que je vous ai présentés , ne donnent toutes les parties d’un bain du 1®'. ordre , il faudra pour vous faire une idée juste de la magnificence de l’étendue et de la régularité de ces édifices , vous reporter à la vue générale des bains de Dioclétien (jd. XXXIV).

Permettez-moi de vous soumettre quelques réflexions résultant de l’examen que j’ai pu faire de plusieurs étlifices consacrés au bain sous la domination romaine.

Les trois vases dont parle Vitruve ( V. p. 24), et que j’ai cités en parlant de la peinture des bains de Titus (p. 26 ) , pourraient bien avoir été dans beaucoup d’établissements, rcmpla; cés par des réservoirs en maçonnerie comme des baignoires , placés sur des hjpocaustes; La. disposition de plusieursréservoirs de ce genreimmédiatement au-dessus du fojer derhypocaiistc, tel que celui reconnu à Drevant ( V. le point G , fig. ^3 , pl, XXXV), semble donner à celte

(I) M. Albert Le Noir, arcbiteete,aaTant antiquaire, s’eat diton chargé de cet importait travail ; noua déairona virement qu'il foaaé paraître i'Mvrage qu'oa anaonec de lui aur ce aujci. . lî .

d’antiq«ité5 monumentales. (jl

supposition- une grande probabilité , car^l^u qu’ils contenaient devait acquérir pinmjptement un degré de chaleur assez élevé. Ona pù-voif ’'par la pl. XX 11, qu’à Saintes chaque baignoii^^vait son fourneau particulier près de là petite cour qui terminait l’édifice au S.-E. , ainsi l’eau qu’elles contenaient, si elle n’était pas destinée à remplir d’autres baignoires au moyen de caneaux de plomb ou de toute autre manière , n’était certainement pas chauffée dans des vases pareils à ceux dont parle Vitruve. 11 est d’ailleurs certain , comme je crois l’avoir dit déjà , que depuis le temps de cet architecte, les bains avaient reçu diverses modifications.

Dans les ruines que j’ai visitées , j’ai presque toujours observé des salles qui ont dû appartenir à des étuves sèches , à des salles da'ns lesquelles la transpiration était provoquée par la chaleur que devaient produire l’hypücauste et les tuyaux en terre cuite incrustés dans les murs ; mais dans aucune je n’ai vu de traces d’un appareil qui aurait été des’iné à fqurnir de la vapeur d’eau , d’où je serais tenté d’admettre que le Laconicum était simplement au moins dans beaucoup de bains une étuve sèche ayant à la voûte une soupape pour diminuer au besoin l’intensité de la chaleur ,

COURS

Ga

mais dans laquelle on tie faisait point , usage de vapeur d’eau.

Dans les ruines que j’ai visitées , ou dont j’ai trouvé de bonnes descriptions, le foyer de l’hypocauste était construit à peu près comme à Bayeux , à Drévaiit et à Lillebonne , avec des dimensions variables pour l’ouverture cintrée du fourneau ; mais on a remarqué parfois une disposition différente dans le foyer. AuViel-Evreux, par exemple, M. Rever a trouvé dans une construction qu’il suppose avoir été l’étuve d’un bain, un fourneau établi le long d’un mur qui était traversé dans toute sa longueur , de tuyaux semi-circulaires en terre cuite , destinés à recevoir la chaleur et la fumée et à la conduire sous le pavé de l’appartement voisin. Ce foyer était recouvert de grandes briques Inclinées, ce qui lui donnait fa forme d’un appentis ; voici du reste (pl. XXXV fig. 4) vue

de ce singulier* fourneau d’hypocabste.

Des bains antiques ont été découverts à Metz , à Langres , à Angers , à Autun , etc. , et dans beaucoup d’autres villes du nord et du centre de la France.

Au M^ , des thermes ont été reconnus il y a déjà long-temps dans la rue de Gour-

d'antiquités MONUMENTAI.Ef:. Glî

ilainc (t),' et tout récemment M. RicHclet a retrouvé Taquédiic qui apportait l’eau nécessaire à l’établissement.

Au Vieil-Evreux , des bains ont été explorés par M. Rever; le plan de la partie déblayée a été gravé dans son ouvrage sur cette ville antique.

A Poitiers , si l’on adopte l’opinion de M. Pufour , des thermes considérables ont existé sur l’emplacement de la place Royale (2).

A Périgueux , si riche encore en débris d’édifices gallo-romains , M. de Taillefer cite six bains dont plusieurs peut-être .appartenaient à des particuliers , mais dont un au moins était public, si l’on en juge par l’importance et l’étendue de ses ruines (3).

^ Les bains de Cahors , dont il reste des murailles apparentesdans cette ville, ont été décrits par M. de Crazannes.

En un mot , il n’est pas de ville d’origine gallo-romaine , dans laquelle on n’ait retrouvé à diverses époques des vestiges de bains antiques , et je pourrais facilement indiquer encore une centaine de découvertes de ce genre ; mais il serait inutile d’en citer un plus grand nombre.

(1; EMaÎ8 historiques sur le Maine par M. RenouarcT t. p»ft S6.

(2) De l’ancien Poitou et de sa capitale , par Dufour, p. 302.

(3) Antiquités de Vésonc par M. le comte de Taillefer, t. 2, , P 8J cl 84.

COURS

Nous aurons d'ailleurs occasion d'examiner quelques autres bains qui faisaient partie de villœ ou maisons de campagne , dont nous parlerons dans la prochaine conférence.

Ce qu'il est bon de remarquer , c'est la quantité considérable de bains existant chez nous sous la domination romaine. Chaque ville avait son bain publie et des bains particuliers ; il y avait môme des bains dans de simples bourgades , dans eertains villages : ce qui montre combien les mœurs , les habitudes romaines , s’étaient profondément enracinées dans la Gaule.

On prenait le bain après l’heure de midi jusqu’au soir avant le souper fCœnaJ , et l’on croyait que cela aidait à la digestion , excitait l’apétit.

Alexandre Sévère permit d'ouvrir les bains la nuit , dans l’été, et d’après Juvenal, c'était la nuit que les riches romaines se rendaient aux bains accompagnées d'un grand nombre d'esclaves (i).

(1) Balnea nocte snbit, conchas et castra moveri.

' ' * Nocte jubet ; raagno gaudet sudare tumuliu.

Qùum lassata gravi cecideruot brachria' massa,

Callidus ot crislæ digitos iiiipnssit aliptes Ac suninium dominæ frmiir crclamare coegit.

C F, satyre f'I , vers 41C et suiv.J

d’antiquités monumentales. 65

La personne chargée des xlëtails du bain, s’appelait bulneator , les capsarit gardaient les habits; le fornicator devait entretenir le fendu fourneau, les tractrttoresou massiers avaiept pour fonction de manier ou pétrir les membres pour les rendre plus souples

'Les aliptœ étaient chargés de racler la peau du baigneur avec un instrument en corne, en ivoire ou en métal , appelé slrxgil ou strigilis , afin d’enlever la crasse et les matières grasses sorties par la transpiration (i) ; vous voyez, pl. XXXIV (A, B, C, D) , quelques-uns de ces instruments recourbés d’un côté , et creusés de l’autre en forme de cuillers.

Les aliptœ , frottaient aussi les baigneurs avec des parfums , dans V eleothesium , et alors on les désignait sous le nom ^unguentatii ou ijiunctQres ; ils se servaient de linges ou de torchons , pour essuyer le corps du baigneur. Les payfums servant à l’onction étaient de deux sortes ; les uns avaient la consistance de nos pommades grasses; les autres , liquides, étaient des huiles parfumées.

On exécutait divers exercices plus ou moins fatigants , et de nature à provoquer la suèûr

(1) Horace. Sat. Il— 7—1 10.— Martial, XIV. 51.— Sen. , dp. 95.

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avant de recevoir des frictions de strigil ; ainsi Ton balançait des masses pesantes avec le iras , on prenait des postures forcées. .

Eaux minérales. Je n’ai parle que des ètafclissemcnts dans lesquels on faisait usage de l’oSu commune , soit chauffée , soit a la température ortlinaire ; les Romains faisaient aussi grand cas des eaux minérales , surtout de celles qui étaient chaudes. Beaucoup de villes durent leur importance , souvent même leur existence , à la source bienfaisante qui sortait du sol sur lequel elles étaient assises.

Ainsi la carte de Peutinger indique en Gaule divers établissements d’eaux thermales ainsi désignés :

Aquis Calidis. — Vichy.

Aquis Neri. — Néris-les-Bains ( Allier ).

Aquis Bormonis. — Bourbon-l’Archambaut (Allier).

Aquis Nisencii. — Boûrbon-Lancy ( Saoneet-Loire ).

Aquis Segeie. — Issengeaui enVelay, d’après Danville.

Aquis Segeste. — Ferrières , entre Sens et Orléans ?

Aquis Sestis. — Aix en Provence (i).

(t) L’itinéraire cite autsi divers établitscmcnls du même

D’ANTiQUITÉS MONUMENTALES. 67

Ces lieux, encore renommés de nos jours par leurs eaux minérales , sont désignés sûr la carte d’une manière particulière et très apparente ( Voir page 57, 2®. Partie du Cours) ; ét l’on a trouvé , dans presque tous,' des débris de colonnes et de sculptures attestant la richesse des constructions romaines qui y avaient existé. *. .

Mais la carte de Peutinger est loin d’indiquer tous les établissements de ce genre existant sous la domination romaine. Il n’est pas jusqu’à de modestes eaux ferrugineuses dont les vertus curatives n’aient alors été connues et appréciées ; les débris de constructions trouvés près de ces sources , dans des lieux isolés et à peine connus , attestent qu’elles n’avaient point ^ échappé à nos ancêtres (i). ' :

Quoique de nombreux débris de constmetions romaines découverts près des sources' d’eaux chaudes , attestent qu’il y avait , comme aujourd’hui, dans ces localités , des établissements plus ou moins considérables, on n’a pas, que je

Kenrc dout qaelqaes-aos, comme /iquoe Tarbtlliea (Tarbes.''), ne sont pas mentionnés sur la carte dé Peutinger. ,

(1) V. Bourignon , notice sur la source minérale ,d’Arcbangaj , près SL-Jean-d’Angely. — M. Audierne, détails sur les bains de St.-Salrador , département de la Dordogne. — Plusieurs autres mémoires dans divers recueiis de Sociétés savantes.

COURS

sachti , donné de détails précis sur leur disposition ; il est pi’obable que des baignoires et des piscines , plus pu moins vastes , étaient disposéae dans ces bains comme' dans Les antres, et qu‘’ils oITrâient aussi dans leur ensemble la forme carrée. La carte de Peutinger représente la plupart des villes, où se trouvaient des eaux clv'iudes, par des bâtiments disposés en carré autour d’une cour (ï),

P) Quelques chambres des bains de l’empereur , i Alx-la- Lliapcilc, peuvent donner une idée de la mantfcre dont les salles devaient étre disposées. Elles sont voûtées en pierre et reçoivent la lumière d’en Itaut; il parait qu’au XVII-. siècle, un voyait à Aix-la-Chapelle des piscines rondes , au milieu de salles voûtées, recevant le Jour par une ouverture circulaire pratiquée au centre de le voûte, et laquelle était surmontée d’une lanterne ou clocheton. — Ces bains établis ait moyen âge avaient été, A,ce que l'on croit, imités de ceux deCharlemagne, qui vraisemblablement étaient peu différents des bains romains.

d’anTIQITITKS MONUMl-NTALES. 6cf

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