L. D. EX p. D
DEpiC. X K. rVL. IVLIANO Il ET CHISPINO «OS.
Tutelæ Augustes Caius Octavius filalis ex volo posait loco data décréta Decurionum dedieavit decimâ dié Katendarum Juin, Juliàho iterum et Crispino^consulibus.
Plusieurs villes avaient des templés élevfis à leur divinité tntclaire , ainsi que le prouvent des inscriptions (rouxëés ailleurs , notamment à Périgneux.
d’antiquités monumentales.
apside et büToud düi^el était ùn piédestal qui avait du supporter une statue (i)i * . ' " ' ,
•j^On'sàit qu’à Glcnnorit un temple avait été consacré à'MarS ou à Mercure. Grégoire dcTour's parle de sa magnificence (2). 'Il fut détruit à l’époque de l’invasion de Çlhrdcus ; et quoique, l’on ignore quelle entêtait 1^ position ^ il est vraisc?nblab)e qu’il occupait le point culminant du môriticule' sur '■lequel Clermont est 'assis; car on y a trouvé des tronçons de coloiinçà ' et . d’énormes blocs de granité taillés et sculptés. - ’ — Dans l’ancienne ville du Yieil-Evreux , M. Rever a remarqué quelques vestiges d’un bâtiment pavé en mosaïque , qu’il croit avoir fait partie’d’un temple péfiptèré,
La statue en bronze doré découverte .à Lille,-
(I) Danod» hittoire. des'SeqaïQois., . - ' ’ -i
(1) GTëf^ôirc de Tou'r!> rapporte que ce temple était appelé Vasso, qu'il était d'un traTail et d’une solidité admirables. Les muraiHca en étaient dooblea , conatruilca intérieurement, areede petites pierres, et arec de grandes pierres carrées A l’estéricur ; Miro cnim opéré factum fuit afque'flrmstum, ' « cujus paries duplex erat. Ab intus cnim de minuto lapide ; a à forts Tero qukdfis scalptis fabrlcatinir fuit, » ' ’
. Le marbre mélé i la mosaïque recourrait leS.pàroit -iaté*' rleares ; le paré même- était de marbre et la courerture en plomb: « Intrinaclcua reromarmore ac mnsiro rarialum erat.' n Parimentum -quoque ædis marmore stratum , desnpér vero >■ « plumbo tectum. » Orég. , Hist. Fratic. , lib. I , XXX.
35o :■ COÜHS
bonne ». U y .a quelques années , ne permet pas de douter que eette ville n’eût au^i des templeç.
— Oh désigne le lieu appelé Icl. ÿ'ictoyre , près de Valognes, comme remplacement d’un temple de l’ancienne ville d’/4/a«n«. - . — Lè marbre trouvé à Vieu:?, et sur lequel l'itusi Sennius Çolerntiis est , qualifié prêtre de • Diane, de Mars et de Mercure , fait aussi penser qu’un monument semblable -existait dans cette .cité. • . ' .
‘ Je ne finirais pas si je citais toutes les découvertes attestant l’existciice de temples an-, tiques clans nos villes d’eirigine gallo-romaine (i )» D’après Vitruve on choisissait des emplaciçments ’ différents pour les temjples, suivant les divinités auxcpiClles ils étaient d^iés.
Les temples de Jupiter étaient ^néralement flans les parties les plus élevées des villes ; les temples de Mercnire, près des places publiques , et dans les campagnes, auprès des grands chemins; les temple» d’Apollon -'étalent près des théâtres ; <ceui d’Hcrcüle, près des gymnases,
(I) Oa sait. que, daM cbaqaé contrée , les premiers mission- ' nsires chréiieas tronraient des temples k détruire. L’étude des. légendes peut donc fournir aussi des renseignemeots' sur le nombre et. le. position des édifices religiens répandus dsns le* différentes parties de la France arant l’étabiissenient du Cbristianisme. , .
d’amtiqüités mokumentales. 35 r
des cirques et des amphithéâtres; les temples de Mars, deVulçain, de Véniis, horol^dea ^lles,> près des portes, etc. , etc. .
Leslcmples.ont été prodigieusementcommàhs, dans les campagnes mêmè. On en a rencontré des débris sur un grand nombre de points. Des découvertes de vases précieux, sont venues aussi révéler T-eiistence d'édifices de ce genre dans des lieux où on ne les aurait pas soupçonnés.
Une découverte, semblable . a été faite ces jours derniers ,(i) , à Berthou ville , aux environs. djB Bernay ( Eure ). Blus de soixante-dix bbjets en argent avaient été réunis dans une ,<^vité que M. Le Prévost suppose , avec beaiicpnp-de vraisemblance , avoir été pratiquée au centre même de la cella d’un temple , dont quelques débris de murailles paraissent encore indiquer les fondations. M. Auguste Le Prévost , qui vient d’annoncer cetté importante découverte, etM» Raoul Rochette, membre de . l’Institut •, rie doutent'pas que ce.tte collection précieuse n’ait été enfouie dans le courant, du III*. ou du IV*. siècle , dans" l’intention de la soustraire au pillage d’une invasion des peuplés du Nord.
(I) Cette dacotsverle eut lien en E830, A peu près â(na l« temps où cette leçon fut professée.
3fÏ2 - ■ COÜRS
’La plapart de cm vases portaient des inscriptions attestant qu’ils avaient été dédiés à Mercure , d’où l’on peut induire que le temple lui-inêthe était consacré à ce dieu. Il avait à Berthouville le sumotn de Canetus (i). '
En 1824 » on découvrit aussi à PacMC ; arrondissement d’Aubusson (Creuse) , plusieurs statyes en bronze , une Victoire en argent ,• une tête ailée du même métal , ayant probablement appartenu à une statue de Mercure, et plusieurs autres objets qui portent à croire qu’il y avait eu un temple dans cette localité.
Beaucoup de découvertes à peu près sembla^ blés ont eu lieu à divers endéoits; et il parait que le culte de Mercure surtout , était fort répandü dans les campagnes. > •
(I) V. le caricax mémoire publié eut- ce sniet, en 1831 , par M.LePrétost. (
Les inécriptiona que portaient.lee rasee étaient tracée* arec un poinçon en • lettres ponctuées. Un grand nombre de raaca semblabtes dépçiéa dans les cbliectiona préaentent dea. inscriptions. traeéea^ de la même' manière les rases .ne receraieot sourent cés inscriptions que long-temps après aroir été faits et lorèqn’ils étaient offerla et déposés dans les temples : alors on grarait aaé eux au poinçon, la formule dédicat<dre arec le nom du donateur ; M. de U* Saussaye rient encore d’obaerrer une inscription pareille dans une collection d’Aurergne , sur une patère en argent i et elle est ainsi conçue : . .
Mauti Randosaïi Baminus BAsbini FILIU8 , V. S. l: M.
d’antiquité» monumentales. 353
■ Autels. — J’ai «lit dan» i^élte partie cki temple on plaçait le» statue» (p. 32a) ; il me reste à' parler des autels. < - - \
Il y avait eiUre eux des différenceade Corme , de matière , de proportions et. d’usage.
La plus grande partie de ceux qui sont venus jusqu’à nous , sont de -marbre ,ou de pierre ; il parait qu’on en construisait aussi en bois, mais ils étaient en moins grand nombre.. Les autels 'cn métal affectaient ordinairëment la forme d’un trépied; les autels en marbre et en Imis étaient carrés,- ronds, quelquefois triangulaires.
La hauteur des auteb variait beaucoup ; quelques-uns u’atteignaiênt guère qu’un pied de hauteur : d’autres avaient trois pieds-» et quelquefois davantage. - - - •
Les décorations les plus usitées dans les autels anciens , sont de» tètes de victime», des patères, des vases et d’antres instruments de sacrifice entremêlés à des guiiiandes de fleurs et de feuillage. Sur quelques autels , on lisait des inscriptions indiquant la date de leur eonsécratimi , le nom dé leur foi^teur , les motifs de éet acte de dévotion. Les plus beaux et lés plus rièhes étaient ornés de bas-reliéfs représentant la divinité qu’on avait voulu honorer , et quelquesuns de ses attributs.
■ COUM-
<•> On plaçait les autels' au' fond des temples , ou ,ddn$ leurs' pérïstylcs ; souvent même ils. étaient élevés en plein air. A. Rome, dans les' temples les plus considéraliles , pn voyait un autel au fond du sanctuaire, au pied de la- statue du dieu, et .un autre devant la porte du temple ^ il y avait parfois un troisième autel portatif appelé «nclabris , sur lequel, se déposaient . les oblation ot les vases sacrés. ■ , . - ^ .
-Enfin , comme nous ravmis annoncé , les autels n'avaient passons le même usagé; sur les uns , on brûlait de l'encens et on faÎMit des libatiops ; sur les autres., on répandait le sang des victimes ; d'autres étaient destinés à recevoir les, vases et des oRràndes. ; un grand pombre enfin n'étqjent que des liionuménts de la piété de ceux qui les élevaient : qn n'y faisait point de sacrifiées , on n'y déposait point d'offrandes. Ces'- derniers ont été- très-multipUés hors des temples : on. dut les trouver, dans les carrefours et sur les routes , à peu près comnïc on y place aujourd'hui des croix; ou des images. révérées.
• L'érectipn de ces autels a^it , spavent pour bot l'acçomp^sement d'un vœu aip» que l'attéstent les inscriptimiS'' qu'ils portent «pcore ; nous en trouvons ùnc grande quantité dons -les collections publiques. , : ..
d’antiquités monumentales. S'SS
3^i égaré, pl. XL, n“. 6, iih autel carré , d’une foiroe assez ordinaire ^ que j’ai tiré iln musée de Mayence , et dont la hauteur est, de trois pieds environ.
La fig. 7 , même planche , vous montre de quelle' manière on pratiquait au-dessus des autels, une c^lé pour recevoir les libaticms ou le sang des victimes.
Les autels cylindriques sont moins nombreux que les autels carrés (i).‘ '
J’ai vu plusieurs autélscatrés dont les faces portaient chacune la rcpréscnlatiMi d’une divinité , et qui vraisemblablemenl étaient consacrés à plusieurs dieux.’Vous en pourrez observer de semblables dans les collections pubbques.
, Enfin les autels taurobcdiques , qui serrai ent an sacrifice appelé taurobole (2) , et dans lequel on
(1) Un. MHer ife «e genre sert de béçitier dane t'^giise de Locbea CAsdreHst Loire) ; il est eourerl de bai-reliefs.
(2) La manière dont ce Mcriflce arait lieu mérited’èiFe indi<|uüe. On causait dont la terre une fosse <{ue' l’on coutrait de planches p^cëes ; la personne en farenr de tagucdle arsit lieu l« sacrifice desomdaH dans la fosse et recevirit sur ses habits , sar la tète, sor les yeux,, dans la bouehe et dans les oreiifes' , le sang de la rictime gu’on inimolait sqr cette espèce de plancher k Jour. La rictimé égorgée, lea prêtres en« lemient le corpa, et le pnrifiè sortait de la fosse couvert de asng'; dèa-iors.il était régénéré pour vingt ane. Quelgn/efoia sn'faiaait ce sacrifice pour le salut des eeipercurs afin d'obie-
sacrifiait toujours un taprean, étajënt orcKoaireiQcnt cTunc! dimcHsion^asscz considérable (4 à. 5 pieds de hauteur.) ; leur face anterieure était décorée d’un bucrane (tète de bœuf ),;et d’üne tète de; bélier , ceinls de bandelettes. On y trouvé? aussi assez • souvent représentés les ms-, trumcQts du sacrifice , notamment une espèce de grand couteau, secespita, muni d’un crochet vers l’extrémité supérieure.- Le cippe ofiTrait en outre des inscriptions qui indiquaient dans quel but le sacrifice avait eu lieu et par qui il avait été fait. ' • -1 , . . . ' . . .
On connaît r plusieurs autels tauroboliques dans le midi de la France (i). Le musée de Lyon en’ renferme, un superbe , quia été plusieurs fois décrit et , dessiné,. (3). • - ■ - .
Air pour eax une «je longue et heureuse.
Eu 17Ô5 , on trouva sur la montagne de Fourrières à Lyon , an autel faurobolique qui arsit été élevé ainsi que l’atteste l’inscriptioD l’an 160 de notre ère , sous lé rè|tne d'Antoninle.Plenz y pour ia santé de l'empereur et de ses eafonts.
U parait qùe. l'usage des taurohokes n'est poiai antérieur au règne d'Antonin. ‘ 1 -.1 ;
(I) Ceini de Oie • département de la Dréme, a-été déorlt par M. Drojat, dans le 7‘. rolume des Mémoires de la Société des Atttiquaircs de France : -pUsienrs antels tauroboliqoes-sont
décrits dans le voyage de Militn. '■ -
' Det vaacs de difCérentes formes et divers iastrumentt sériaient babitueUemeat aux sacrifleea, tels que des préférir culci, des patères et différents genres de pocaia,dea couteaux,
^utel; d’Auguste a Lyon.— -Ckitre les autels ordinaire», il j en avait quelque» uns do djnieusions colossales : tel était le célèbre ,aütel élevé à Lyon en' l’honneur ‘ d’ Augiisté ,( i j.- On sait que la consécration d’Auguste fut lè pretttièr acte de son ' successeur , et que le sénat, après avoir mis cet empereur au rangde^ dieux , établit des prêtres pour, desservir ses autels. Mais les provinces avaient prévenu cette apothéose d’ Auguste et lui avaient re/idu les honneurs divins de son vivant. Long-temps avant sa mort', Lyon lui avait érigé iin autel ; des'témples lui avaient été, consacrés par la communauté des villes -de J? Asie (3). ' • >. ' '< -
T rois ans après la bataille d’ Actium , Auguste
etc. Ce* objet* ont été fl^ré* en grandi non^bre par Monlfeacon.'dàn» le tome II , 1™. partie, jie l’Antiquité eïpliqnée.’1.a‘ beilecoliection de rases d’argent trouvée àBerthouville, montre quelle» étaient les richesses de» temples en rases et en patères. ,(l) Elien dit qu’il. y ^yait A Borne un grand autel dédié A , Hercule i « Ara maxima (dit-il) sub dio est , ibi plurima offc- « runtur aacriilcia , non die tantum , sed totâ nocte ardet. > Plusieurs rilles ont emprunté leur nom 'des antels qu’elles ont possédés; Jra lapidea,yil\e de Pannonie , JIra TtUela, dans la Corse , Jrœ Murtias, rUJe d’Etrurie , Ara Pairensis , Patras, etc; Il est probable que ces autels étaient remArquables par leurs diméaSions.. ' . , ^
(3) V. Artaud ,Recberches sur les médailles aU revers ‘de l’autel de Lyon. — Bûurignon, Recherches sur les antiquités de la Saintonge. ' ‘
vint à Lyon et créa celle ville miHrppole des soixante *nàtioiis. gauloises.. A celle occàMon oiï célél^ra des fêtes,' on donna au peuple des spèctaclà , ^dcs jeux , et. un autel fut érigé en' son Kontiéur par, la reconnaissatice d'*one ville qui lui devait riinporlance dont elle venait d’élrc ' revêtue. Cependant la modestie ou la politique d’Auguste ne lui fit accepter le& honneurs divins, condition que son nom serait associé à celui de. la déesse iîoipd, comme «n symbole d’aL liancc entre le prince^et la patrie. I. ■ • <
L’aiitel de Rome et d’Auguste fut construit au confluent. du Rhône et de la Saône-, dont la jonction avait lieu à cette époque beaucoup moins loin du centre de la ville , et a peu de distance de l’église d’Ainay(i). Il n’y a peut-être pas de monument anüque .dont l’existence soit • attestée par un aussi grand nombre d’iiisOrip-
(1) M. Artaud fait remarquer que lea temples et les aotela des dirlnitéa tutélaire* des prpTinres .'regardés comme objets les plus saints, étaient «rdinsireraent situés h l’entrée du pays et souvent dans des lies oui do* presqu’îles , au confluent de deux fleuves , aflu de rendre les états plus sacrés et de les mettre à l’abrl d’une invasion. De mon cAfé.-j’ai souvent remarqué 4es ruines gallo-romaines au confluent de detn nvièrM , et il parait' que nos ancétréa affectionflslent ces emplacements , peut-être aussi y attachaient-ils quelques idées superstitieuses Indépendamment des avantage* que préwntaient d’aillcur» de semblables poaitiolis. " ’ ■
n’AKTIQUITÉS MOKUMENTALES.
-lions. Strabon l'mrle de cet autel dftns le passage suivant relatif-à la ville de Lyon.
« Lyon, Mti sur une colline, au confluent de « la Saône et du Bhôno^ est sous la domination « des Romains. C’est la ville- de la Gaule. la U mieux peuplée après Narbonne ; olle se dis- « tingue par -son commerce, et parce que les
« gouverneurs envoyés de Rome y font Battre a monnaie, soit en or, soit'eu argent. l!)èvartt '« cette ville, à l’endroit où la Sùône se joint « au Rhône, est construit le temple que tous < « des Gaulois en commun ont dédié à Auguste. « On y voit un autel magnifique '«tr lequel fl sont gravés les noms de 6o peuple^ repré- « seïités par autant de statue^. Cet autel est « d’une • hauteur considérable. On en voit « encore m» autre qui est aussi' très-gtand. « I Lyon est la capitale des Segusii qui habitent « entre le Rhône et la Loire (i).. » ' '
11 ne peut donc rester aucun doute , Tautcl
(I) Po8t Narbonem , bec urba maxiinà. omoiom Oallicarum, bomipuoi frequentiA pollet : pcefeçti eaim Romanotum eo utuntnr emporio , monetainque ibi tàmjiviream quàm argcQ-, team cudunt.: et.templuio ab omnibua commun! aei^eatiA Gallia decretum Ceaari Auguato, anie haqc ucbcm , àd concurr sum fluniorum est pcsitum. Aram habet boc niemorabilem , cpm ioacriptioae gcnliuiu la numéro , et inugincs slngùlarum : item et allam magnam.. Strab'., liv. IV , §. 3.
36o . - COURS •• ■ ' f
avait ëté érigé avce- le concours 6o nations de la Gaule dont Lyon était la -métropole ; ces nations. étafent représentées par 6o statues." Il ne parait pas douteux .non plus , d''aprè8 le pas< sage deStrabon qui vient d'être cité, 'qu’il n’y eût , au confluent du Rhône et dé la Saône, nonseuleineat un autel, mais un iemple (i).
■ (^elle était la forme nie l’autel comment était-il orné.’’ Etaitdlfn aperto ou dans un édifice ?: V oilà des questions bien naturelles et qu’il importe de résoudre'; des inductions puissantes nous pcrincttront peut-être d’arriver sur cepoint 'à Une solution.'
. Quapt à la forme de l’autel, rien ne saurait mieux nous éclairer que la médaille d’Auguste qui porte pour revers la représentation de ce mdnünient. Elle montre aussi quelle était la dispOsiticm dës ornements quille décoraient. M. Artaud , après avoir soigneusement examiné
(I) On trtHife snr tea marbrea et dana lea auteurs anciens, cea différentes mantè«ea de désigner i’antei de hjon : Saeerdos ad aram'—ad ‘aram Aomœ tt'Augtuti — ad aram Augasti ^ ad aram Ctetatis A*. — Jtd aram Romte *t Auguitorum —
■ ad arath Auguttôram — ad aram Casarum — aif. aram ad eoriflaehttm' Arariî et Rkodadi— ad èonfl,atules Araris et Rhoàanl — ara tugdunensii.'' *' '
Ponr le temple : Sacerdas ad ttmplum Romte. et Augusti — âd templum Augusti — àd templwn Romte et Auguitorum — ad templum Auguitorum — ait templum Romte et Aiigg,
d’antiquités MONÜMENTAIÆS. 36 I
les médailles qni portebt ce revers , et les avoir cotn'parées Ica unes aux 'autres , est parvepu à acqpérirdes notions très-salisfaisaaites sur l’autel d’Auguste. ; " i
C’était , à ce qu’il parait un autel très-large et fort élevé) aux extrémités duquel étaient deiù: coronnes ', surmontées de deux N'ictoires bolpssales de dix pieds .environ. Rf. Artaud suppose qu’il n’avait pas moins de 20 pieds de haut. Vous voyez, pl.'^XLws, fig. r, une représentation de eet autel restitué -d’après les revçrs ' des médailles. et l’examende quatre colonnes placées dans l’église d’Ainay (i) que l’on croit
(t) M. Artand ■ meauré les colonnea de J'^liae d'Ainaj, et leur a troufé fea ptoporHonia auifantes :
Le premier pilier dont le congf eat antique -, a en bas 3 pieds 6 poucea 0 lignes de diamètre , et en haut 3 pieds ^ podees ; le second a en' bas 3 pieds 3 ponces et en.haot S pieds ; le trpi* sième a en bas 3 pieds 5 pouces 9 lignes et en haut 3. pieds I ponce ( le n<’. 4 a etf faas.3 pieds 3 pouces, et èn haut 2 pieds 9 poncM, 7 coropcis l'astragale qui est antique.
Le premier pilier , j cdmpris le congé et le filet du bas qui sont antiques, a l'3 pieds. 4 pouces S lignes de hauteur; le second a 13 pieds 7 pouces 9 lignes de haut ; le troisième lier a 13 pieds t pouce 3 lignes de haut ; le quatrième pilier a 12 pieds IQ pouces 5 lignes de hauteur. Eu rajustant ces quatre cojomnes de manière à n'en former que deux, on'trouse que rùne aurait en un fftt.de 26 pieds 2 pouces ejignea,. et l'aufreuo fft t de 26'pteds -2 ponces ; que la première ayait 3 pieds 4 pouces 7 lignes. en bas, et 1 pieds 8 pdqcèsen badt, tandis que fa seconde avait 3 pieds 3 pouces 9 ligues à sa base,
362 COWLS i ...
formées des deiu colonuss^de Tautcl d’ Axiguste,( sciées, par le' milieu et divisées en^deux parties.
•Sïùr Taptel il y avait 8 trépieds, , vraisemblablement d’un métal précieux , disposés symétriquement. Plusieurs de ces trépieds paraissent surmontés d’une pomme les autres d’ilùé couronne , symboles, du culte d’Apollon ; deux autres au centre de l’autél supportent chacun une figure orbiculaire qui , si l’on s’arrête â l’inscription ' de l’autel, Howce et Avgusto, parait signifier le partage de la souveraineté et de la divinité .entre Rouie et Auguste. Ces deux trépieds , pl. XL BIS, fig. 6, sout plus élevés que les autres; d’où çn ]^cut induire (jùe le monétaire a voulu leur donner une signification dilféreute , ils occupent la place d’honneur et peuvent' être considérés comme l’ emblème des deux divinités de Rome et d’Auguste. Ainsi les globes qu’ils supportent seraient l’image de la souveraine puissance et de l’empire céleste , tandis que les petits trépieds supporteraient des pommes, emblème des jeux apollinaires ou'augustaux (|)^' , ^
et 3 pteds 8 ponces à la tomniité. ^ .
• Il rééuUe de éea mesttrea qu'il y a une celouùe d’uiydlapiètre un J>ea phis fort que l’autre : la Idngueuv du Wt de cep colonnes fait jiiger qu’elles shbt U'Srdrè Corinthien.
Si j’oSals éifettre mon opinion , Je. dirais que je dmile fort que le* colonnes d’/tinny soient- ttllét de l'nulél d' Auguste.
(I) Celte iimUiplicilé de trépieds ne doit point étonner
d’antiqvités monumentales. 363
Sur Je devant de l’autel , on voyait encore , d’après les médailles , deux trëpietls et au centre la couronne de chêne, entre deux branches de laurier , décoration qui se trouvait aussi sur la porte du palais impérial (i). • ■
Ainsi tout s’explique dans cette décoration : les couronnes et les Trépieds sont lés emblèmes des jéux dojït ils' étaient^ les. prix ; la rfigure de la Victoire , symbole agonal ou militaire' , était destinée à redire aux siècles. futurs la gloire d’Auguste ou celle des vainqueurs dans les exe^
cices' solennels. Les autres ornements rappc-
quand ;on ae rappelle combien les orneiAenta et leoprix'dé ce. georo étaient en honneur chez Ica anciena, Augoate Ot fondec dea atatuea d'or et d'argent qne la. flatterie lui. i^vait érigées et lea ftl transformer en trépieds pour tea conaarrer à Apollob. Virgile,' Pline et Cicéron noua apprennent.qu'on m,ettaH pli>* sicura ranfÿ de trépieds sur les autels en guise de candélabres; les trépieds devaient |ouèr un grand rôle dans lés prix de
poésie. ■
(I) On a éré long-lerops embarrassé ponr sf rendrA coniipte de toutes les figures présentant entre elles'de l'analoÿe qui ornaient le devant et la partie supériéore ée l'aulel ifans 'iés modniHes j Icnrs formes ne paraissaient pas présenter de earac* tèredéterminé.Cependant on est eoffo arritéà comppendre qne toutes CCS figures semblables parfois à des compas plus' ou mOins ouverts, ta ni'At pn guise de tables up de niebes plus ou moins arrondies, tanlAt en forme de géoies dont on croit. voir la tête, les bras et les jambes, ne sont que des Tsriélés dé trépieds grossièremcor indiqués, surmontés d'un globe, quelq/irfois d'une^eouronne, et aouvqnt.priééa dé l’un «t de yadlfe. '
' COURS
laicQtla paissance et les glorieux ttophées lies Empereurs. • < . ■ ->■ ' '
' >La grandeur et la disposition de Tautel de Lyon font présumer à M. AjlRud-qu^l était disposé en forme de tribunal , sur leqpiel les juges pouvaient présider aux cérémonies des exercices littéraires , et distribuer pujïliquement les récompenses aux hiéropicesaug'astaus( I ).L'’actioh des deux Victoires surmontant les colonnes semblerait d’aillèurs' Tindiquer. ( V. la figure 6, planche XL MS ). ’
D’aptès la dimensioH présumée.*de- î’aatèl d’Augùsfe,il serait difficile d’admettre qü’ilfût a Fintéricur du temple dont p^rle. Strabon ; il était très-probablement en avant de cet édifice. Selon toute apparence, le temple et Paptel se'.trouéaiept renfermés dans une espèce de forum orné de pQrtiques , et c’est peut-être une des causes' qui ont fait souvent confondre le temple et l’autel d’Auguste (a). M. Artaud a essayé de rétablir le plan de ce temple et d.e cet aiitél, et. quoique cette restitution soit peut-être un peu conjecturale , elle ne mérite pas moins .d’être examli
(1) V. Mémoire cité sur lea médaiilea.aa rerera de fautd
<FAo((a8te. f ■ . • ^
(2) >La plapart- dei'antlqoaires «t dea Mstoriéiiv ont confondu (e temple et l'autel d'AURUat^ . ' .t "
d’antiquités monumentales. 3G5
née : ia voici telle que je l’ai'tÎTée du plan général de Lyon antique dont je vous ai déjà pàrlé pl. XL Bis,^fig. 2.
D’après ce plan, deux statues équestres (s,. s) s’élevaient sur le bord de Ig Saône, en avant de l’enc cinte du temple . Puis venait le fonim a , a, u , dans lequel on, voyait le temple de Romô et d’Auguste (à) , et en kvant de l’édifice , un autel(c),L'n autre auter(</)se trouvait au-delà du temple que M. Artaud suppose avoir été périptère à deux façades. Ce dernier autel serait celui devant lequel on venait réciter des vers , et concourir au prix d’éloquence ou de poésie. Aussi a-t-on figuré derrière, des gradins disposés en demi-cercle , comme ceux d’un théâtre , pour les juges ou les auditeurs. • ' .
M. Artaud a très-bien démontré que , d’après
Slrabon , il y avait près du temple d’Auguste
deux autels; car après avoir parlé deVelui dédié
■ à Home et à Auguste, il ajoute : item et aliam
magnam. Cetautre autel aurait, comme lepense
]\I .Artaud , été élevé postérieurement au premier ,
après la mort d’Auguste. « Les habitants de
« Lyon, dit-il, ou plutôt la communauté des
« Caules dut saisir l’occasion d’être agréable à
« Tibère , d’agrandir le culte de la divinité pro-
« tectrice , et le local oii les représentants dos
COURS
« soixante peuples devaient B‘’assembler tous les « ans , aux fêtes d'Auguste , pour la célébration « de leurs jeux fameux et la tenue de leurs foires « renommées ; ce ne serait que l’an 767 de U Rome , qu’elle aurait pu diviser le culte et la « dénômination de sôn temple et de son double « autel ; ce serait alors qu’éllc aurait donné « plus d’éclat à ses fêtes augustales , à scs jeux « qui devinrent si fort à la mode sous Caligula ,
« et qui acquirent tant de célébrité à l’autel « de Lyon. »
, Ainsi l’autel le plus ancien était dédié à Rome et à Auguste , et Auguste ; le second ,
plus particulièrement à cet empereur. Dans la suite , l’autel d’Auguste devint celui des Césars ou des princes régnants ( i ) ; les augustalia furent aussi changés par Caligula en jeux gaulois ' ou jeux mêlés.
Pour revenir au plan restitué par M. Artaud ; à droite et à gauche de la place qui renfermait • le temple et les autels , étaient deux cirques ou xystes pour la course et les différents exercices du corps.
(I) On ne peut douter que. r»«tel et le temple de Borne et d’Auftimte n’^iient été appelés dan* l'a suite autel et temple des Augoates on des Céaars ; on en peut trou ter la preiite dam ce qui est cité en note , page 300.
d’antiquités monumentales.
Le forum, et le. temple d’Auguste devaient être situés tout près de l’église d’Ainay; et lés blocs de pierre antiques employés dans la partie basse de la façade de qette église , pourraient même provenir des ruines du monument romain auquel elle a succédé (i). ‘
Des fouilles pratiquées dans la Sa'ône prc? d’Ainay , et dont M. Artaud aTenclu compte dans un mémoire , prouvent d’ailleurs qu’il existe encore de précieux débris le long de/;ette rive. C’est là . que fut trouvée, aussi , dans le sièçlë dernier, la jambe de cheval en bronze que l’pn voit au musée de Lyon , et qui provient,, selon toute apparence, d’une statue équestre. .
Vous • trouverez peut-être trop longs, Mes-sieuis , les détails dans lesquels je viens d’entrer sur l%utel d’Auguste à Lyon ; mais ce monument a joué un si grand rôle dans l’histoire de la Gaule , que j’ai cru devoir, vous faire connaître en quoi U a dû consister. L’autel d’Auguste se rattache à la consécration des assembléesTe-
(I) Ces pierres sont évidemment sntiqaes et portent encore la trace des tenons qui serraient à les lier plus solidement : on croit généralement qne les débris dp tepip^ d’Auguste ont été cmplojfés dans le moyen’ Age aux fondations des églises d’Ainay, de^t.-Jean, de St.-Pierre ,^et à celles tlu pont de
COUM
I^VésirntàtiTCs qui eurent lieu dans les Gaules durant l’cre' gallo-romaine. Après la tenue de celle où les députés des provinces rendirent un' décret pour consacrer en commun un autel à Auguste , Tan de l\bme y 4^ » J souvent des réunions du même genre; et si elles SC tinrent quelqtjefois dans d‘*autres villes, tout porte à croire au moins qu‘’elles avaient lieu habitucllcm'cnt à Lyon, où se tenaient des foires célèbres , et où des fêtes et des jeux attiraient ün grand concours '^d’étrangère. Plusieurs savants ont pensé que chaque année les soixante cités de la Gaule étaient représentées par des députés , aux fêtes qui se tenaient au mois d’août devant l’autel d’Auguste (i ) , et qu’ils délibéraient sur leurs intérêts communs. Quoi qu’il en soit, plusieurs inscriptions attestent que dans ces assemblées les provinces des Gaules décernaient des récompenses nationales. C’est dans une pareille réunion que fut autorisée l’érection d’une statue en l’bonneur de Titus Sennius Solemnis f prêtre de Mars, de Diane ^ct de Mercure , dans la ville de Yieux , sa
(I) D'après M. ATlaud , one ioscription curieuse trouTèe »n jardin des plantes de Lyon, atteste que 1rs CO nations Gauloises, représentées eliseiint^ par trois députés , araient leurs places marquées dans rsmpliiliiéitre de celle ville.
d’antiquités MONUMKNTALES. 3(>9
pafr'ie. Le marbre qui servait de piédestal à cette statue , et que j’ai déjà plusieurs fois cité dans, nos conférences, fut retrouvé à Vieux dans le XVI*. siècle; les curieuses inscriptions qui le couvrent ont été plusieurs fois publiées (i); le marbre lui-même est aujourd’hui dans la ville de St.-Lo, entre lesmaips de M. Clément, ami des arts, qui le conserve rcligieusenieD^.
Vous trouverez souvent , Messieurs , dans les inscriptions tumulaires,le titre de Sévir augustal attribué au défunt comme un titre très-honorable. Entre cent autres inscriptions , je citerai
(0 L’ud« de eea inecriptiona atlcalC <)iie hu troia proaincea de la Gaule aiairnt décerné ce mpaumeut i Titua Senniua Solemnia daua la cité de Vieux.