‹ Cours d'arboricultureChapitre 18 sur 131 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

On marcotte encore en couchant en terre une branche de 25 à 30 centimètres de longueur en terre , dont on relève l'extrémité. Pendant l'été , elle émettra de nouvelles racines sur la partie enterrée et elle sera séparée de la mère de novembre à mars.

Si les rameaux à marcotter se trouvaient à une certaine distance du sol, on se servirait de paniers, pots, caisses, que Ton remplirait de terre et dans lesquels on inclinerait la branche, en ayant soin de les tenir constamment mouillés pendant l'été. Nous croyons inutile d'expliquer les autres genres de marcotter.

Greffe en écnsson

La greffe en écusson se fait à deux époques différentes : vers mai ou juin , alors on la nomme greffe à œil poussant ,

par la raison que l'œil se développe en bourgeon quelque temps après ; vers août et septembre, elle se nomme greffe à œil dormant, puisque celuici ne se développe que l'année suivante à la fin de mars ou avril. Expliquons d'abord la première.

La greffe en écusson ne peut se pratiquer que lorsqu'il y a de la sève au sujet.

Dans le courant de mai ou juin, on choisit un greffon, c'est-à-dire un bourgeon le plus ligneux possible , dont on enlève les feuilles en laissant le pétiole (fig. 15). Si les trois ou quatre yeux de la base ne Fjg^ 15 sont pas assez apparents, on

les supprime, ainsi que ceux de Textrémité qui ne sont pas bien aoûtés (a, flg. 13). On procède ensuite à Tenlèvement de l'œil , (*, fig. 18), on tient le rameau de la main gauche et on enlève l'œil à l'aide d'un greffoir, que l'on glisse obliquement. La longueur de récusson est de 3 centimètres (fig. 16), il faut avoir soin d'enlever l'œil avec le moins de bois possible, puis on saisit l'écusson de la main gauche, on pratique avec le greffbir deux incisions au sujet : une transversale et l'autre longitudinale en forme deT (fig. 17). Après quoi on soulève l'écorce de droite à gauche avec la spatule du greffoir et on y introduit l'écusson (fig. 17), aussi lestement que possible; on coupe alors ce qui dépasse de celui-ci. Cela fait, on l'attache avec de la laine, des nattes, raphia, etc.

Dix ou douze jours après l'opération, l'écusson doit être repris; si le pétiole jaunit et tombe , la grefie est bonne, alors on coupe le sujet à 10 ou 20 centimètres au-dessus de cette dernière et le bourgeon se développe tout de suite. L'onglet laissé sert donc de tuteur au bourgeon , qui se développera. Si , au contraire, le pétiole reste et noircit, la greffe est manquée et on est quitte pour recommencer l'opération.

Ce genre de greffe se pratique fort peu ; les sujets qui en proviennent ne sont pas de longue durée, à l'exception des mûriers.

Fig. 16

Fig. 17

Greffe en éensson à œil dormant

On greffe les arbres en pépinière ou autres, dans le courant d'août et septembre. Pour faciliter l'opération.

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dix OU douze jours avant d'écussonner, on procède sur le sujet à l'enlèvement des bourgeons qui sont trop rapprochés du sol.' Ces jeunes sujets seront écussonnés de 6 à 10 centimètres au-dessus du sol. On choisit les greffons, autant que possible, sur des arbres sains et d'un certain âge. Si on ne peut les employer tout de suite, il ne faut pas tarder à en enlever les feuilles en laissant toutefois le pétiole, comme il a été dit précédemment, ensuite, les envelopper dans de la mousse et de Fherbe. Si on ne peut les placer le jour même , il faut les mettre dans un lieu frais jusqu'au moment de s'en servir. On les place alors comme pour la greffe à œil poussant.

Il faut veiller à ce que l'œil soit plein, quand on le place ; si parfois on le creusait, en enlevant le bois, il se formerait une petite fossette à l'intérieur, Técusson serait mauvais et on ne pourrait s'en servir.

Quinze ou vingt jours après, il faut visiter les sujets pour voir s'il n'y a pas d'étranglement; et, dans ce cas, remplacer la ligature.

Au mois de février suivant, on coupe les sujets à 10 centimètres au-dessus de l'écusson. Plus tard, l'onglet sert de tuteur à la jeune pousse et on supprime en plusieurs fois les bourgeons inutiles qui se développent sur le corps de l'arbre.

A la fin de septembre, celui-ci sera coupé en biseau dans le sens opposé à la greffe.

Condilions de réussite

Pour bien réussir dans les deux procédés , il faut : 1^ écussonner sur déjeunes sujets; 2*^ choisir le moment propice afin qu'il y ait assez de sève pour soulever l'écorce avec facilité ; 3** ne pas faire cette opération par un temps pluvieux ou trop chaud, à moins d'être habile greffeur; 4^ ne pas enlever de bourgeons aux sujets en écussonnant; 5*» bien attacher l'écusson quand il est placé.

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Préparalion des greffons

Dans le courant de janvier ou février, on coupe les greffons sur des arbres parfaitement sains; chaque espèce est mise en botte et soigneusement étiquetée; enfin, l'extrémité la plus forte est enterrée à une profondeur de 6 à 7 centimètres à l'exposition du nord, soit le long d'un mur, d'une haie ou toute autre partie ombragée, afin d'en retarder la végétation.

GrreiTe en fente à deux peifons

Cette grefle se pratique en mars ou avril. On coupe le sujet horizontalement avec la scie, à une hauteur indéterminée , en ayant soin de choisir une place bien unie. On rafraîchit cette coupe à la serpette, puis on fend le sujet perpendiculairement par le milieu pour y introduire les deux greffons (a, fig. 18).

Si le sujet est par trop gros, on introduit au milieu un petit coin de bois pour ouvrir la fente , ce qui facilite de beaucoup le placement des greffons; ceux-ci sont taillés en forme de lame de couteau , sur une longueur de 3 à 4 centimètres et en laissant dépasser trois yeux (fig. d8). On introduit ensuite les greffons en ayant soin de bien faire coïncider les zones génératrices (ou le liber) de la greffe ^^^' ^° avec celles du sujet.

Cela fait, on retire le petit coin en prenant de grandes précautions pour ne pas déplacer les greffons. Il est utile de faire une ligature autour du sujet pour bien les serrer. (a,b, fig. 18). Il faut mettre au sommet de la greffe, le long des fentes du sujet, soit du mastic de L'Homme-Lefort, soit du mastic à chaud ou de l'onguent de Saint-Fiacre, afin de faire bien assurer la reprise en empêchant l'air et l'eau d'y pénétrer.

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