PARTICULARITÉS SUR LES COMÈTES
372. Lorsque Ton veut étudier les comètes en elles-mêmes, c'est-à-dire en dehors de leur mouvement, le problème n'offre pas la même simplicité que pour les autres corps célestes en général.
Étudier un astre en lui-même, c^est essayer de découvrir, autant que les moyens d'observations le permettent :
\* La forme;
T La grandeur;
3* Enfin, la nature et la constitution probables de ce corps céleste.
Dans les astres que nous avons considérés jusqu'ici, la constance apparente des quantités que nous venons d'énumérer, et la permanence de
PAIlTfClLAniTÉS SLH L*ASPECT DKS COMÈTES. 453
l'astre dans la voûte céleste ont permis d'obtenir des résultats, sinon trèscomplets, du moins suffisamment précis.
Pour les comètes, il en est autrement, et les résultats obtenus jusqu'ici sont encore tout aussi incertains que variés.
Une cause prédominante qui vient mettre obstacle à toute suite d'observations sur les comètes, c'est le peu de durée de leur apparition dans la voûte céleste.
On sait, en effet, qu'une comète n'est généralement visible que pendant répoque de son passage au périhélie, ce qui n'a lieu que pendant quelque temps. %
Dans le noyau, dans la chevelure et dans la queue des comètes^ on remarque une grande variété d'aspect et d'éclat. Ainsi la comète de Halley, qui s'est montrée vers la fin de 4835, a pris des formes excessivement variées pendant le temps qu'on Ta aperçue. Cette variété d'aspect ne résulte pas seulement du mouvement de la comète autour du Soleil; les formes successives que prennent quelquefois ces astres pendant la durée de leur apparition, sont dues à des causes inconnues jusqu'à présent.
Les observations faites sur le noyau n'ont pu prouver d'une manière certaine que cette partie d'une comète est opaque.
Les résultats obtenus par MM. Struve, Pons et Valz feraient plutôt croire à la diaphanéité du noyau, puisque cette partie, qui, dans certaines comètes, paraissait opaque, a été. trouvée diaphane lorsque l'on a employé des lunettes d'un fort grossissement.
Les diamètres des noyaux des comètes atteignent des dimensions trèsdifférentes. D'après Arago, le plus fort diamètre observé est celui de la 3* comète de 1845, qui est de 3200 lieues, et le plus faible est celui de la comète de 1798, qui n'est que de 14 lieues.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, on observe des changements dans lu chevelure ou nébulosité qui entoure le noyau d'une comète. L'étendue de ces nébulosités, qui, par suite, est très-variable, va quelquefois jusqu'à 450000 lieues.
On remarque généralement dans la chevelure d'une comète, une augmentation d'intensité lumineuse du bord au centre, ce qui indique une forme sphérique.
Hévélius croyait avoir remarqué que les dimensions des nébulosités augmentent à mesure que les comètes s'éloignent du Soleil, ce qui semblait justifié par les variations du diamètre de In nébulosité de la comète de Encke. Mais on a observé, au contraire, certaines comètes dont les changements de dimensions ont eu lieu en sens inverse, c'est-à-dire que les diamètres de ces nébulosités ont diminué à mesure que les comètes se sont éloignées du SoleîL
L'axe de la queue des comètes est, en général, dirigée suivant le rayon vecteur du point de la courbe où se trouve la comète. Ce qui a lieu pour les chevelures se produit aussi pour la queue, et la forme de cette partie
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varie quelquefois complétemeut pendant la durée de la visibilité de Tastre.
Certaines comètes n'ont pas de queue, d'autres en ont plusieurs. La queue la plus longue qui ait été observée, est celle de la comète du mois de mars 1843; elle embrassait un arc de 60*, dans la sphère céleste.
D'après Araga, la queue des comètes aurait la forme d'un cône ou d'un cylindre creux.
Un des faits les plus remarquables observés sur les changements d'aspect d'une comète est celui de la séparation en deux parties de la comète de Gambari, séparation observée par M. Slruve vers la fin de février 1846 et confirmée par d'autres astronomes.
Cette comète se divisa en deux parties formant deux cotnètes distinctes avec noyau et chevelure, et suivant deux routes différentes, quoique dans le même sens et à petite distance. La plus grande distance des deux parties a été trouvée égale à 40 rayons terrestres. En 1852, lors de la réapparition de la même comète, ses deux éléments ont encore été observés à une petite distance l'un de l'autre.
CiCrtaines comètes ont présenté des phases, ce qui fait penser que ces astres n'ont pas de lumière propre, mais empruntent au Soleil celle qu'elles nous envoient. C'est, du reste, la conclusion à laquelle on est conduit par les résultats obtenus sur la lumière des comètes à l'aide de la lunette polariscope d'Arago.