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CHAPITRE VIII

LES NÉBU LEUSES GALACTIQUES

1. Diverses SORTES DE NÉBULEUSES. — On aperçoit par endroits dans le Ciel de très petits nuages faiblement lumineux et visiblement fort éloignés de la Terre : ce sont les Nébuleuses. Deux ou trois se voient à l’œil nu, la Nébuleuse d’Andromède et celle d'Orion par exemple ; mais Les lunettes nous en ont révélé des centaines de milliers dont les formes régulières ou capricieuses et la lumière laiteuse ou étrangement verdâtre sont un des plus curieux spectacles de la Nature.

On croyait autrefois que tous ces astres se résoudraient en étoiles distinctes le jour où l’on posséderait des instruments assez puissants : de là une classification provisoire, que le spectroscope a rendue surannée, en nébuleuses résolubles et irrésolubles. Les premières ne sont que des amas d'étoiles; il ne s'agira ici que des secondes : Sir W. Huggins a d’ailleurs montré en 1864 que, pour certaines (1) tout au moins, il fallait renoncer à tout espoir de résolution.

On distingue aujourd'hui deux grandes classes de nébuleuses :

io Les unes, dites Non-Galactiques, extrèmement nombreuses, ne s’observent que loin de la Voie Lactée. Nous les appellerons souvent «les Nébuleuses Spirales », bien que ce caractère n'appartienne qu'à la grande majorité d'entre elles. Comme les étoiles, elles ont en général des spectres continus, coupés de raies noires et il nous est permis de

(4) Celles qui ont un spectre de raies brillantes et qui semblent par suite à l’état gazeux.

les regarder, avec W. Herschel, comme formées de myriades d'étoiles excessivement lointaines. Leur étude fera l'objet d'un prochain Chapitre.

2° Les autres nébuleuses, les Galactiques (1), toujours voisines de la Voie Lactée, sont en très petit nombre, 150 ou 200 tout au plus. Leur spectre ne renferme souvent que quelques raies brillantes isolées sur un fond continu plus ou moins faible ; parfois aussi ce fond constitue à lui seul à peu près tout le spectre. Certains de ces astres sont diffus, informes, quelquefois très étendus, telle la Nébuleuse d’Orion. Mais il y a aussi de petites nébuleuses, dites planétaires, de forme ronde ou elliptique : la Nébuleuse annulaire de la Lyre (PI XXXVI), celle du Dragon en sont des exemples. Entre les nébuleuses diffuses et les planétaires, la transition parait graduelle, sans démarcation tranchée.

3° Enfin il existe aussi des nébuleuses Obscures, non Iumineuses par elles-mêmes, qui se rattachent insensiblement aux précédentes, aux diffuses principalement. Telles sont Les masses de matière sombre, les trous noirs ou « sacs à charbon » qui se rencontrent par endroits dans le Ciel et dont nous avons parlé déjà à propos des étoiles nouvelles.

2. Les NÉBULEUSES DirrusEs. — Ces nébuleuses sont principalement concentrées dans le plan galactique ; les quelques exceptions que l’on remarque, telles que la Nébuleuse d'Orion, peuvent sans doute s'expliquer par une proximité relative : un astre presque situé dans le plan de la Voie Lactée (où se trouve approximativement le Soleil) peut, s'il est assez près de nous, nous apparaître fort éloigné eee rement du plan en question.

Les nébuleuses diffuses ont le plus souvent des spectres de raies brillantes; elles ont aussi parfois des spectres continus et tous les intermédiaires entre ces deux types peuvent se rencontrer. Mais ces astres sont presque toujours associés à des étoiles à Hélium (2) (classe B) auxquelles la pho-

(4) [y a peu de temps encore, on croyait foutes ces nébuleuses entièrement gazeuses : ce sont surtout les travaux de M. E. Hussze (voir plus loin, K 10 et ss.) qui ont dissipé cette erreur.

(2) Voir plus loin p. 639.

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