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PLANCHE XVIII

30 septembre 1926, à 21 h. 3o m. La Mer du Sablier ou Grande Syrie est au méridien,

18 octobre 1926, à 21 h. o m, On remarquera le Lac du Soleil au-dessus du centre

DESSINS DE MARS la Grande Lunette de o m. 83 de l'Observatoire de Meudon par M. E. M. Antoniadi.

, AE executés à

au dire des astronomes qui Les ont observés — à La limite de visibilité. On ne les voit que par éclairs d'une fraction de seconde. Ils peuvent avoir jusqu'à 3.000 kilomètres de longueur ; leur largeur n’est qué de 20 ou 30 kilomètres, ce qui, dans les conditions Les plus favorables {quand Mars est en opposition), ne fait pas plus de 0,08 ou 0”,11.

Quelques années après la découverte des canaux, en 1881- 1882, eut lieu une nouvelle opposition favorable de Mars. Schiaparelli les revit et annonça que certains d’entre eux s'étaient dédoublés, en formant des séries de raies parallèles distantes de 300 à 600 kilomètres. Cette mystérieuse « gémination » parut dépendre des saisons martiennes et se développer surtout vers les équinoxes.

7. PROBLÈMES SOULEVÉS PAR LES CANAUX. — Que fallait-il penser de tous ces phénomènes qui, bien entendu, suscitèrent un intérêt universel ? La première idée qui vint fut qu'ils étaient l’œuvre d'êtres intelligents. De nombreux astronomes se consacrèrent avec ardeur à leur étude. Un des premiers, Camille Flammarion organisa dans ce but l'Observatoire de Juvisy (1882). Quelques années plus tard (1894), un amateur américain, Percival Lowell, fonda à Flagstaff (Arizona), dans un pays réputé pour la beauté de son ciel, un établissement qu'il dota bientôt d’une lunette de 0 m. 60. D’autres observateurs s'ajoutèrent à ceux-là : MM. E. Antoniadi, F. Quénisset à Juvisy, R. Jarry-Desloges au Revard (Savoie) et à Sétif (Algérie), W. H. Pickering à la Jamaïque.

Le nombre des canaux s'accrut aussitôt rapidement. Lowell (1) et ses assistants Douglass et Slipher en signalèrent des centaines, formant parfois à leurs croisements, des taches d'environ 200 kilomètres de diamètre et qu’on appela ( OASIS ».

L'existence des Martiens ne semblait plus douteuse ; on se demanda le but des canaux. Lowell y vit des travaux: d'irrigation, justifiés par la rareté de l’eau et destinés à profiter de la fonte des neiges polaires pour amener celle-ci

(1) Annals of the Lowell Observatory, t. I, 1900.

dans les régions cultivées improprement appelées « mers ». Une objection se dressait pourtant : Mars étant aplati et en rotation, la pesanteur y est plus forte aux pôles; 1l faut donc, pour transporter l’eau vers les basses latitudes, employer des pompes, nécessairement très puissantes. Et cela conduisait à supposer chez les Martiens une industrie aussi avancée que leur agriculture — ce qui du reste n'avait rien d'impossible.

Quoi qu'il en soit, Flammarion fit remarquer que la vallée du Rhin, entre autres, vue d’un ballon à 2.500 mètres, apparait sous l’aspect d’une large bande de verdure, l’eau du fleuve étant à peine visible. Les canaux de Mars, soit simples soit géminés, pourraient alors nous révéler tout simplement l'extension plus ou moins grande des cultures le long de leurs bords.

Encore faut-il qu’ils existent réellement.

À mesure en effet que les découvertes de canaux de Lowell et de ses émules se multipliaient, le nombre de ceux qui les voyaient croissait aussi et l’on comptait parmi eux beaucoup de possesseurs de petits instruments. Par contre, plusieurs observateurs réputés, munis des plus puissantes lunettes : W. W. Campbell à Lick (lunette de 0 m. 91 de diamètre), E. E. Barnard à Yerkes (1 m. 04), E. Antoniadi à Meudon (0 m. 83) (PL. XVIII et PL. XIX) G. E. Hale au Mont Wilson (1 m.50) ne réussirent jamais à voir (1) les canaux, que la photographie ne révèle d'ailleurs jamais (PI. X VIT). Des doutes sérieux s’élevèrent alors sur leur réalité objective.

Le fait inquiétant que des observateurs pourvus d'instruments de 0 m. 10 d'ouverture voyaient très souvent les canaux, alors que ceux-ci échappaient à des ouvertures de 0 m. 80 ou de 1 mètre, fit soupçonner l'influence de la Diffraction.

8. INFLUENCE DE LA DIFFRACTION. — On sait que l’image d’un point lumineux donnée par un objectif de diamètre D (en

(1) A les voir tout au moins d’une manière permanente, autrement que par éclairs d’une fraction de seconde.

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