C. — Neptune
1. Données GÉNÉRALES. — Neptune nous apparait comme une petite étoile invisible à l'œil nu, de 7 ou 8° grandeur. Sa découverte par Le Verrier en 1846 est trop célèbre pour que nous y insistions : elle est à juste titre considérée comme un triomphe du calcul : peut-être cependant faudrait-il remarquer que les éléments de Le Verrier (comme aussi ceux de son émule, J. C. Adams) étaient fondés sur la loi de Bode, qui donne pour distance au Soleil 38,8 {au lieu de 30,11) : ils étaient par suite très erronés. C’est par une heureuse chance que leurs erreurs n’affectaient pas la direction de la planète nouvelle, direction qui, à la vérité, seule importait.
(1) Bulletin de la Societé Astronomique de France, t. 26, 41912, nn Rendus de l’Académie des Sciences, t. 98, 1884, pp. 718 % den Introduction to Astronomy, éd. 1917, (souvent cité), RER Observatory Bulletins, t. If, 1945, no 67.
Neptune décrit en 164,78 années une orbite inclinée de 1°47 sur l’écliptique et dont l’excentricité est 0,009. La planète, à peu près des dimensions d’'Uranus, est 4,3 fois grosse comme la Terre. Sa masse, 17,3 fois supérieure à celle de notre globe, vaut 1/19.500 de celle du Soleil. La densité de Neptune, 1,1, ne dépassant guère celle de l’eau, la pesanteur n’y est, comme sur Uranus, que les 9/10 de la nôtre.
2. Connirions PaysiQues. — Même dans les plus grands instruments, Neptune ne laisse voir qu’un petit disque verdâtre de 2,6 de diamètre, sur lequel on n’a jamais aperçu aucun détail. IL n’y a cependant pas de doute que la planète ressemble beaucoup à Uranus et pattant à Jupiter et à Saturne. Son albedo, assez incertain, est voisin de 0,73 (1), c’est-àdire que nous ne voyons très probablement qu’une épaisse couche de nuages. La composition de l'atmosphère de Neptune est inconnue; mais sa grande extension est manifeste : Le spectre est en effet coupé de bandes sombres encore plus larges que dans celui d’Uranus.
Quoique Neptune ne reçoive du Soleil que bien peu de chaleur — 900 fois moins que nous — il est certainement en grande partie gazeux, d’abord pour les raisons qui précèdent, mais surtout à cause de sa faible densité. Ceci suppose une énergie calorifique interne considérable dont la température à la surface doit dépendre beaucoup plus que du rayonnement solaire.
3. SPECTRE DE NEPTUNE. — Au spectroscope, Neptune présente, en plus accentué, les mêmes caractères qu'Uranus (PI. XXV). Il a surtout été étudié en 1904 et 1907 par M. V. M. Slipher (2), dans les mêmes conditions qu'Uranus (plaques orthochromatisées, poses dépassant 20 heures). On retrouve dans Neptune la bande À 618 de Jupiter, de Saturne et d'Ura-
(1) H. N. Russezz, Mémoire déjà cité sur les albedos planétaires. — On admet pour Neptune la loi de Lambert.
(2) Bulletin de la Société Astronomique de France, t. 23, 1999, pa22re
nus : elle y apparaît encore plus accusée. — Les principales bandes notées à Flagstaff sont les suivantes, avec leur ordre d'importance :
676-662 {3, Raie de H, à À 668uu? Ho 656,5 Raie C accentuée | H 642,5 [12]
618 [1] Va de À 612uz à À 63024
596 110} Raïe très étroite (Uranus et Jupiter). 576 5] Va de À 571,5 à À 581,5
513 [2] De À 538 à À 547