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Vérifier la perpendicularité des miroirs et du limbe

Pour rectifier la perpendicularité des miroirs, on commence par le grand miroir. En mettant l'œil à peu près dans le plan du himbe et de manière à apercevoir dans le grand miroir une portion du limbe réfléchie, cette portion doit être en prolongement de celle qu’on aperçoit directement, et ne former qu'une même courbe. Une discontinuité de cette courbe s’apprécie assez facilement et indique une inclinaison du miroir, soit qu'il se produise un point anguleux à lintersection des deux images, soit que l’une ou l’autre soit plus élevée. On juge d’ailleurs par

l'aspect des images si le miroir penche en avant ou en arrière, ek l'on rectifie à l’aide de la vis placée derrière le grand miroir, qui

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donne à celui-ci un mouvement de bascule autour de l’arête parallèle au plan du limbe.

Ce procédé de rectification n’est qu'approché. On arrive à une

Fig. 30.

plus grande rigueur en faisant usage de petits viseurs en forme d’équerre qui accompagnent tous les instruments. On s'assure de l'égalité parfaite des montants des deux viseurs; on les dispose sur le limbe placé horizontalement, l’un devan l'œil, l’autre derrière le grand miroir : en mettant l’œil dans le plan de leurs arêtes supérieures, il doit apercevoir l’image réfléchie d viseur oculaire en prolongement exact du viseur ‘placé derrière miroir, si celui-ci est perpendiculaire au plan du limbe. Si l’image

directe est plus haute que l'image réfléchie, le miroir penche en arrière; et vice versa. On peut aussi disposer les deux viseurs symétriquement par rapport au miroir et placer l’œil près du miroir; le viseur de gauche est alors vu directement, celui de droite par réflexion. Ce deuxième procédé est applicable au sextant; le premier s'applique au cercle (fig. 40).

La rectification se fait à l’aide de la vis du grand miroir.

On peut refaire l'observation en permutant les viseurs, pour

Fig.

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obvier aux effets résultant d’une petite inégalité possible de leurs dimensions.

IL faut vérifier si cette perpendicularité, obtenue pour une posiion de l’alidade, persiste pour toutes les autres; on répétera donc Vopération pour diverses positions du grand miroir et de l’alidade. C'est le moyen de s'assurer si le limbe est bien plan.

Le grand miroir étant rendu perpendiculaire au plan du limbe, le petit miroir le sera, pourvu qu'il soit parallèle au grand.

La condition nécessaire et suffisante est que l’on puisse amener en coïncidence exacte les deux images directe et doublement réfléchie d'un même point.

A la mer, on tient l'instrument horizontal, on installe la pinnule, de préférence à une lunette, et l'on vise à l'horizon ; si l’image directe de l’horizon est en prolongement de celle qu’on voit sur la partie étamée du petit miroir, le parallélisme existe. Si l’image réfléchie

est plus élevée, le petit miroir penche vers l'observateur, et vice versa. On le rectifie à l’aide d'une vis qui permet de lui donner un léger mouvement de bascule autour d’un axe horizontal. ,

On peut aussi tenir l’instrument vertical et amener la coïnci® dence des deux images directe et réfléchie de l'horizon. Il faut que celte coïncidence persiste en faisant basculer l'instrument à droite ou à gauche autour de l’axe de la lunette, de manière à donnem diverses inclinaisons au plan du limbe.

On peut encore rectifier sur un astre. On amène les images directe et réfléchie d’une étoile à être sur une même droite perpendiculaire au limbe, Si le parallélisme des miroirs est exact, les deux images si confondront à ce moment. Si l’image réfléchie paraît plus près du plan du limbe que l’image directe, le petit miroir penche vers l'observateur, et vice versa : on arrivera à la coïncidence en agis: sant sur la vis du petit miroir et au besoin sur celle de ’alidade.

Pour opérer la rectification avec le Soleil on procèdera de même après avoir mis une bonnette colorée devant l’oculaire de la lunettes

Enfin on peut se servir d’un objet terrestre bien net et éloigné de plus d’un kilomètre.

62. — Détermination du point de parallélisme. Correction instrumentale.

Les miroirs élant perpendiculaires au plan du limbe, si Pon vise deux points situés dans ce plan, le premier directement, Le second par réflexion, on sera assuré que pour un angle convenable des deux miroirs l’image de l’objet réfléchi viendra se superposer à l’image de l’objet vu directement.

Pour mesurer l’angle entre deux objets, on commence par che cher le point de parallélisme ou point de départ des angles.

A cet effet, choisissant un point bien net, suffisamment éloigné pour que sa parallaxe instrumentale soit insensible, on le vise diree tement à travers la partie non étamée du petit miroir; puis on fait mouvoir l’alidade jusqu’à ce que l’image réfléchie du même point vienne se superposer à l’image directe. La lecture du vernier à ce moment est la quantité qu'il faudra retrancher des lectures ultérieures pour avoir les angles vrais. On l’appelle aussi la colis mation du sextant; ici ce mot a un sens foncièrement différent de

celui qu'il a dans la théorie des lunettes : nous préférons l’expression d’erreur instrumentale ou mieux encore de correction instrumentale : ce dernier nom permet de trouver immédiatement le signe de la correction.

Soit maintenant à mesurer l’angle entre deux objets: visant à celui de gauche directement et mettant le limbe dans le plan des deux, un mouvement convenable de l’alidade du grand miroir amènera l’image réfléchie de l’objet de droite à coïncider avec Pimage directe de l’objet de gauche. La lecture correspondante de l’alidade, dont on retranchera la correction instrumentale, sera Pangle cherché.

Le petit miroir porte des vis de rectification qui permettent de régler le point de parallélisme de manière à le faire concorder avec le zéro de la graduation. A cet effet on met le zéro du vernier de l’alidade en coïncidence exacte avec le zéro du limbe. En faisant mouvoir convenablement les vis qui commandent le mouvement du petit miroir autour d’une perpendiculaire au limbe, on établit la coïncidence des deux images du même objet, l'erreur instrumentale est alors zéro. Il n’y a pas grand intérêt à remplir cette condition très exactement. M. Hilleret a même fait voir qu'il est avantageux au point de vue de la précision de prendre le point de départ des angles à égale distance entre deux traits de la graduation. Si, par exemple, le limbe est divisé en arcs de r0/, on s’arrangera pour avoir unie correction instrumentale d'environ 5; on réduit par là une partie des erreurs qui proviennent de l’excentricité de l’alidade.

La meilleure détermination de l’erreur instrumentale est celle qui se fait en observant le Soleil. On amène l’image réfléchie du Soleil successivement au contact des deux côtés de l’image directe : la demi-différence des lectures donne le diamètre du Soleil, que “lon vérifie d’ après les Tables. Leur demi-somme algébrique est la correction instrumentale changée de signe, ou mieux la lecture du point de parallélisme. On doit opérer sur le diamètre horizontal à cause de la réfraction qui raccourcit le diamètre vertical.

Ceci suppose que les rayons issus des deux objets ainsi que les rayons réfléchis se trouvent bien dans un même plan parallèle au limbe, et de plus que dans les deux observations, celle du parallélisme et celle de l'angle, les rayons réfléchis arrivent à l'œil dans la

Caspar. — Astronomie, I. 13

même direction, c’est-à-dire se réfléchissent dans un même plan passant par l'œil et le milieu du petit miroir et perpendiculaire au limbe. L'observation du contact des images doit donc se faire dans le milieu du champ de la lunette. Pour faciliter la réalisaion de cette condition, il est bon que l’axe de la lunette soit parallèle au plan du limbe. Une petite inclinaison du plan du limbe sur le plan dés objets est sans importance, l'erreur qui en résulte sur les angles étant de l'ordre des différences entre un angle et sa projection, c’est-à-dire du carré de l’inclinaison des deux plans; elle est donc du deuxième ordre par rapport à l’inclinaison. Pour arriver à mettre l’axe de la lunette parallèle au limbe, on pose l'instrument à plat sur un support fixe, une table par exemple. On remarque dans le plan du limbe un point éloigné et net, et l’on dirige la lunette astronomique vers ce point, après avoir rendu à vue deux des fils du réticule parallèles au limbe: L'image de l’objet doit se trouver au milieu de l’iñtervalle de ces deux fils : si elle ne s’y trouve pas, on l’y amène par un mouvement convenable des vis de rectification de l’anneau qui porte la lunette. On peut aussi tracer un trait noir, exactement à la hauteur de l’œilleton de la lunette, sur un mur à 3 ou 8 mètres de distance et opérer sur ce trait comme sur le point éloigné que nous avons supposé. Voici maintenant comment on vérifie ce parallélisme: Choisissant deux points bien nets, dont la distance angulaire est d'environ 110° à 120°, on amène leurs images au contact sur un des fils, celui par exemple qui est le plus rapproché du plan du limbe. Ayant fixé l’alidade dans cette position, on abaisse l'objectif par un mouvement de bascule de l'instrument, de façon à amener les objets sous le fil parallèle plus éloigné du limbe : si le contact persiste, la lunette est bien réglée. Si les images s’écartent l’une de l’autre, cela indique que l'objectif est trop près du limbe et qu'il faut le relever ; inversement, si elles empiètent l’une sur l'autre il faut abaisser l’objectif.

La hauteur de la lunette au-dessus du plan du limbe peut varier : il ya avantage, dans la plupart des cas, à la régler de telle sorte que le centre de l’objectif soit à la même distance du limbe que la ligne de séparation entre les parties étamée et transparente du petit

miroir.

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