BANQUES ANGLAISES
En Angleterre comme en France il y a une banque centrale, qui est la banque de Londres; son capital est de 275 millions de francs, etau lieu des deux Bank Branches àe la banque de France, elle en compte nominativement onze ; mais celle d'Exeter ayant été supprimée,il y a quelque temps, elles sont réduites à dix qui toutes sont en activité.
L'émission des billets est plus forte à Paris qu'à Londres , puisque pour un capital de 90 millions de francs , la banque de France a émis un peu plus de 200 millions , tandis que celle de Londres avec un capital de 275 millions n'a émis que 45o à 5oo millions de francs ; mais cette différence est plus que compensée par la réserve énorme que la banque de France garde toujours dans ses caisses : réserve improductive qui s'est élevée quelquefois à une somme supérieure à celle des billets en circulation.
Le crédit en Angleterre ne repose pas seulement sur la banque centrale de Londres et ses onze ou dix succursales; il existe encore dans les comtés , des banques locales anonymes, connues sous le nom de Joint-Stock Banks , ( banques des fonds associés), qui sont au nombre de 106, et des banques provinciales (Country banks) au nombre de 638.
Nous allons étudier, Messieurs, l'organisation de ces établissements si nombreux, et nous rendre
Bltoqoi. 7 "*
compte des services qu'ils rendent ainsi que des inconvénients qu'ils présentent.
La banque oentrale de Londres $e livre à toutp espèce d'opérations et de trafic 6ur les lettres de change çt le$ matières précieuses, or £$ argent; elle prête également sur dépôt de rosir çliandjfles qu'elle est autorisée à faire vendre k J'enç^p daiis le cas où elles ne sont pas retirées dans un délai v déterminé. JL.es escomptes qu§ la banque fait au çpmnjerce sont peu considérables m tçipp* ordinaire, le$ 4*r^?t^ur^5 de çpt établissement ayant sagement pensé q^'il ji'était pas ÇQnvenable 4'eptrer pour cet objet en concurrence ?Y£c le$ l#iv ques particulières. Ep cppsécmpqce de cette çpinion,le taux des escomptes à la banque a toujours été un peu plus élevé que le cours dç la place. jDepuis la création de la banque jusqu'en 1824, le taux est demeuré fixé à 5 p. 0/0; il fut à cette époque réduit à 4°/° puis reporté à 5 l'spRçe suivante , diminué de nouveau erç 1837 et rétabli encore à 5 p. p/pf il y a quelque? mois, Çetfe ^wgr mentation constante du taqx de l'escompte pris par la banque a fait, que dans les tepips de calme orç s'est peu adressé à elle ; maiç dans les circonstances où l'argent devient rare $iir la place, et ou il eçt difficile de s'en procurer par les voies ordinaires , le taux général de l'escompte atteint bientôt celui de la banque , e{ les banques particulières aussi bien que le public ont recouru alors à son assistance, et elle devint ainsi une vé*
( 5i ) ri table banque deàècknirs.Ôh Fa vue opérer comme telle à divéttte* époques critiques pour lecréditdu commerce anglais, particulièrement eti 179$, î8t3 , î8i6, i8*5 et t8*6; «lie a rendu alors les plu* gtttich sêt-vicds au crédit publics if an coin* ihferég du payé. ÀiMl se* àVâncte au trésof sesftnt éléVééè étt i8J4 à plus de 8ôO Militons de frit**, et en 1810 le montant du papier escompté au èoMtûbtèè dépassait 20 millions dé Hv. pé (5oo milîlôfls de franco) .
Léi principale feridttoftft êë la banqu* consistent éh teftips 0ttHn*ii<e à &lre toutes les affaires de finances dii gouvernement. Àdttm Smith disait d'elle, qu'elle agissait non -seulement comme one banque ordinaire, ftntii aussi comme l'un des gfaAd* louages de l'État. Efl effet, elle) reçoit et jiâîe là plUS gi*ft«de partie de* annuités dues aux éféattcîèrs de l'État ; elle fait circulât* 1m billets de l'échiquier et avance Au gouvernement le montant annuel del'iitipôt fonder et de la tate sur la drè* che , qui he rentre quelquefois que plusieurs années ap?ès l'exercice courant
L* banque d'Angleterre est ehàfgée de toute* les opérations relatives à là dette publique, c'està-dire de payer les dividendes, enregistrer les transferts, etc., moyennant une indemnité de i3o,ooo liv. st. ( 3,a5o,ooo francs)"par an. En exécution d'un traité passé en 182a avec le gouvernement» eita «'est chargée de payer une partie des peneiotfft k la charge de l'Eut s $t à h condition do recevoir pendant 44 au* w*œ annuité de 585>74o liv* st., elle a'est ftigegée'à payer çn 6
(5a) ans une somme de i 3,089,419 livres* Elle escompte les bons de l'échiquier (Trésor) à a i/a et 3 p. q/o.
Fixés à 8 p. 0/0, lors de la fondation, les dividendes de la banque ont éprouvé plusieurs modifications; en 1 753, ils ne furent que de 4 i/a p. 0/0. Le cours actuel des actions est de 1 19 p. 0/0 au-dessus du chiffre de la création.
. Pendant près de 40 ans, 1& banque d'Angleterre n'émit pas de billets au-dessous de &o livres, elle commença à en émettre de 10 livres en 1759; de 5 livres, en 1 793 ; enfin de 2 livres et 1 livre, en mars 1 797 ; l'émission de ces derniers cessa en 1826. Le cours des billets de la banque est forcé par toute l'Angleterre , mais à la condition par elle de les payer en or à présentation , c* qui l'oblige d'avoir toujours en caisse une somme assez considérable pour faire face aux demandes de remboursement. Cette réserve est d'environ 9 ou 10 millions st. aa5 à ?5o millions de francs.
Outre ces billets au porteur dont nous venons de parler, la banque de Londres a encore la faculté de mettre dans la circulation, currency, des billets à ordre à 7 jours de vue sur les comtés. Il y en a un quinzième environ de la circulation totale.