GRÈCE
- J'arrive maintenant à la Grèce. C'est, Messieurs, une chose bien remarquable que le contraste quï existe entre la conduite que nous avons tenue visà-vis de ce pays et la manière dont il nous en récompense.
Il y a dix ans , la France semblait .n'avoir dé larmes et d or que pour la Grècej qui ne s'est ému pour les malheureux Hellènes? Quels cœurs sont restés froids au récit de leurs souffrances? Qui a résisté aux plaintes éloquentes de By~ ron ? Combien de blanches et nobles mains ont quêté pour les Grecs ? Combien de bras valeur reux sont allés combattre pour eux? À cette époque, partout où il y avait des hommes réunis, une souscription était ouverte et bientôt remplie ; dans tous les banquets on ne portait des toasts qu'en leur honneur. Aujourd'hui que ce pays a recouvré une espèce de calme et de liberté , grâces aux sacrifices d'or et de sang que la France a faits pour lui, c'est nous qui sommes les plus mal partagés dans les conditions du commerce.
. Ce résultat est dû autant à l'influence russe qu'à celle du gouvernement exotique qui a été imposéàla Grèce. C'est à M. Capo-d'Istrias, le représentant de l'autocrate russe, que ce pays est re* devabie en premier du système, déplorable qui ru ne son commerce et est si préjudiciable au uptre. Il a voulu fonder une aristocratie foncière qui ne pouvait pas exister j /après lui les Bavarois
ont dévoré les millions que nous avons tous payés, et no se sont occupés d'administration que pour tout bouleverser! Les droits de tonnage ont çt4 élçyés d-Mtye manière ridicule, et comme le pays qç produisait, que fort peu de chose, par suitç.dç l'abfpdoy cpjnplst 4f industrie , jee qui rendait les retours incertains et les chargements i#çof#plet?, oit n'apasfréqijeflté les pprjts que ce pays offre a*ix jiayiirps de commerce.
Çç n'est p^ là tout encore, un jour on a déclaré yrtfw* csr|ains,ppr|s:Ae Pirée, Fatras, Nauplie,Hydra,etc, et lorsque les navires sont arrivés, oq.ayait inétgbji les droit}; une autre fois ona autoriséles capitaines et les négociants à déposer des marchandises dans des entrepôt, puis, quand elles y put été, W leur ft fajt payer j p. ûjo par trois mois; au bout de trois mois il a fallu payer les frais, et au bout df ftôgf, vendre et acquitter les droits de douanes.
Les troubles qu'urte mauvaise administration a fait Aaître dans ce pays, ont paralysé toutes les sources de la production ; les campagnes sont demeurées désertes, les capitaux set sont resserrés ou ont éuiigré; beaucoup de négociants riches sont allés s** fixer à Trieste , à Corfcu, à Naples, à liwnrne.
Par suite de Sautas les fautes qui ont été commises, la Orèce est deyenue un pays dont on ne peut parler que la douleur dans le cœt>r et les larwes dans lei yeux ; peut-être f ïudra*t-ii un jour que nous intervenions pour nous faire payer, ou que ne*** abandonnions nos créances qui sont
considérables, comme nous l'avons déjà fait pour l'Espagne.
Trieste et Livourne, où, comme je viens de vous le dire, se sont réfugiés beaucoup de négociants et de capitalistes grecs, font presque tout le commerce de ce pays ; le-nôtrte né s'élève guère qu'à 1,200,000 fr. , et se compose d'un peu de soie et de laine, de coton, d'huile et de fruits. ,