BANQUES DB DEPOT
Les banques du dépôt sont les plus ancienneSi et avant d*arriyer au mécanisme des banques d'escompte ou ae circulation on a fait plus d'un i^ssai. Indiquons d'abord leur position topographique ; eat «lies n'étaient ni pc^sifetes, ni nécessaire^ partout, et aussi n'est*ce que datis fes grands centrés d'affaires cominetieiates que nous les trouvons , à Amsterdam^ pariexemple, à Gén^s, à Hatnbbtîrg, à Venise ; toutes villes qui étaient en possession d'un très grand comtaiisrce aVec IVtranjger , et le rendez-vous des négociants de tous les pays. (1) C'est le propre d'uii pays d'affaires de voir affluer sur la place^ des inonnaies de toute espèce et de toute valeur. Le même fait se reproduisait à l'époque de la créaion des banques de dépôt, et il sie glissait sans cesse dans la circulation des
\\i La créfttiéii d'ek bfeoqaet est de beaacoap postérieure h rinyention du papler-BioiiMle, qni ■ dft eontribtter I ètt f^ire iiAttre la preihière idée. M. Storch (écoDoin. polit. IV.) dit qae le papier-mooDaie a été inir#duit en Chine yert la feu Ou treiilëme stéèle, et qu'un voyageur russe lui a rapporté an aasiftoat de çp paytJI ajovte f u*«ii Turqaie lescoIlKtéart decertàines impositions délivrent des quittances aux contribuables qui les ont aeqnitlëi^bt que ces papiers ont cours boninie le buméraire.
(Ntfie dà a.}
(286) monnaies , qui n'avaient plus cours et dont la variété jetait le trouble et l'incertitude dans l'esprit des négociants.
Une vente était-elle faite , il fallait avoir grand soin de stipuler la monnaie qui devait être donnée en paiement, et faire , pour se rendre un compte exact de l'opération , des calculs fastidieux , ou courir la chance d'être payé en pièces d'un titre défavorable. Avait-on seulement un sac d'é« eus, il fallait des triages à n'en plus finir pour en apprécier le contenu.
Toutes ces incertitudes , tous ces calculs d'alliages, tous ces détails dont les achats et les ventes se trouvaient surchargés et qui entraînaient des discussions , des erreurs et des fraudes continuelles , firent rechercher un remède à une organisation aussi vicieuse des agents de la circulation.
Ce fut dans ce but qu^on songea à adopter une monnaie légale ou pour mieux dire officielle , et que Ton fut conduit à traduire la valeur de toutes les autres en cette monnaie d'adoption , qui porta bientôt le nom de monnaie de banque. On organisa dans les villes centrales des magasins , des banques dans lesquelles furent déposés les lingots et les monnaies d'or et d'argent de tous titres et de tous poids« Après avoir pesé et essayé chaque dépôt , on donnait au propriétaire un certificat constatant qu'il avait remis une somme déterminée de florins, en espèces reconnues bonnes; et on lui ouvrait en même temps un compte au
( 237 ) crédit duquel on portait la valeur des lingots ou des monnaies déposées. Maintenant, cet individu avait* il à payer une certaine somme à un autre négo* ciant y il donnait à celui-ci une délégation sur la banque qui lui transférait une partie de la créance du premier dépositaire. Supposons que ce dernier avait remis à la banque pour 100,000 florins , et qu'il en avait passé 10^000 au nouveau porteur, et qu^il faisait avec neuf autres de ses créanciers la même opération; vous voyez qu'il disparaissait complètement des registres de la banque, que les nouveaux propriétaires lui étaient substitua et de plus que les divers paiements étaient effectués sans le concours apparent des espèces et des monnaies dont le maniement avait , vous Tenez de le voir, tant d'inconvénients.
C'est ainsi qu'on parvint à n'avoir plus besoin d'espèces que pour faire les appoints ou solder de petites sommes sans importance. Le commerce trouva dans cette institution d'iraimenses avantages consistant : dans une sécurité complète à l'yard de la valeur réelle des monnaies , les plus mauvaises devenant entre les mains de la banque un lingot sans reproche ; dans l'économie du temps perdu autrefois pour peser et éprouver les pièces et faire les paiements ; dans la suppression du transport et de la conservation d'une espèce de marchandise fort lourde, incommode ou convoitée par les voleurs.
Mais où donc était le profit de la banque?... Chaque transfert était soumis à un droit à peine sensible pour celui qui le payait ; et comme ce
( 238 ) tran^^rt se répél^t pli^s^aur? q^Btai»/^ de ft)i J>ar jour , ^l fiflis^ait par dom^^ iw W|K>rttaiit K«rr*
4e t^xeç la curiosité e)t 1^ ppu^ 4es cré^iftcfeçs,, «é ceux 4'eBtï;'^u5^ ^K voi^l^At \^ir c>^ vatirer Içj^s (feppts pf^yaieut des.^lrçits ^û^n pJw çwfiwW* rai3les ^u.f oçu:^ d'yi^ sùpp^ tr%n$|eift. iV^*^i na fais^Uron <ju^ \fkn çaif^^e^l ^^ d^fipi»4# cwér rçuse. .
Peuà peu^ la baaquçfjejp*rlç plviSî^ci^l^»ettt de celle d' Amsterdam ).devui.< un «^gfisi^gi^aéml pour les mpuBiaies da tpirtjç ^pèç^. (^^i jç^^UriA^ a^vec l^aquielle elle remplissait ^^ Ço^nctioas «t \^^ ayantaçes qu'elle pipoçurait a^ ççv({ïs^^, i\mVf' si généralement sçnlis, qjue tovt |ç qiM>9d9 ^<>ul^|, être en relation aycc elle ; çt c'e^t ai^^i que 1 ^gi^^ entre Ips papier^ de ^anquç çt les ç&p^s é^t; de 3 à 4 pour cent en faveiyr dus paj;>iei; ; et ^fwe Iq, change fut long-lerap^ favorablip à^ la pj^© d,'iW»%, terdam.
Cependant que faisfiit la bapqjue. 4«j dép^j; ? e^ créait en papier i^nç yalçi^r égalj^ à cellp d^ lin-r gots qu'on "disposait chez die ; et Içs 2^y^^g;^s, quelle offrait se rédifisaippt çn^ d^JGuaitiyf^ ^ ç^S (f une noijvelle monnaie.
Plus tard on comprit tout le partji qu'il y a^^;^ k ticer de cette çopfianc^ généj;ale^ C%r,, sijppfMi^iy Messieurs, qu'une banque qui avait 1 0P' mjUlîfiJmft en caisse eût émis au lieu de 1 00 millipi:^ dq l)iUete 150 millioE^; q^ye s^i;ait-il arrivé?.., j^qilpjltre rîèn; puisque çersonne, au i»ilieu dte ç^tte,HTlMftt
( 239 ) ser. Dans cf Ue supposition, une banque <k d^|^ aurait fait ce que firent plus tard les banques de circulatjion^. Cependant ellç serait sortie par Ifi Uif, de ses yéritàbles attributions et 1,'expérieneç a prouvé qu'il £aUait éta^ir ei;M,re ce^d/eux sys^e^ une Ijigne de déqaarcatiçn que l^s faits que je i^ citer, vous mettront à même de bien définir.
Vous venez de voir quel degré de confiance les administrateurs de la banque d* Amsterdam é(ajcsQ[t ]^Yen^s k inspirer a,u commerce. Cette con^nç^ s'accrut encore lorsqu'en 1672, cinquante ne^f ans après sa fondation, à la nouvelle de la marche des armées de Louis XIV, se dirigeant sur la FÎUe, on rendiâà leurs propriétaires^ ks fonds déposés dans les caves de la banque. Les dépôts avaient été si bien disposés , et si intégralement ^:espeçiés^ que lorsqu'on voulut extraire le numué-* raire, on trouva tous les coffres intacts, et les pièces de monnaies encore toutes i^oiroies par un in-* cendte qui avait eut lieu quelques années auparavant. Une fois les a(&ir.ea publiques arrangées ia<it bien que mal, les dépôts se reformèrent; la banque reprit. Sj9S Conotions; ejL chose assAZBemacqna*- Me, elle eut à subir de nouveau la même épreuve, qu'elle vit d'ailleurs tourner à son désavantage» Loràqu'en 1794^ ï'armée républicaine prît la ville d'Amsterdam, ks dépositaires trouvèrent et moins dans les coffres dix milligns six cents mille florins (20' à 2ô millions de francs), que la banque avait prêtés à la ville d*Amste|:dam et à la compagnie des faides. Sans doute ces florins n'étaient pas per* 4i^^';; m^^î§ coffip^ç cç^. dieyjç d^itrices uq puçep^
( 240 ) pas rembourser de suite, et comme la bauqire avait d'ailleurs violé le dépôt et ses engagements, son crédit s'évanouit et depuis lors il ne lui a plus été permis de se reconstituer(l). Ainsi la banque aurait perdu sa réputation à l'époque de la première invasion, et elle l'aurait conservée, si à l'époque de la seconde, elle eût été banque de circulation, c'est-à-dire, si elle eut augmenté l'émission de ses billets, en exigeant toutefois en échange des valeurs solides et susceptibles de rentrer à de petits intervalles (2).
(0 L^argem do Battqne qui avut porté vb Ofio do 6 0|0, pordit «vMitdl plut de IS 0|0 fvr la rnooDaie eooranle. (Sîolo do R.)
KOTEftUR IBi BANQUES DE DÉPÔT.
(2) La première banque qui ail existé est celle de Fenisê on de St. -Mare. EHe rot fondée eo fl 171 par le goot croemeiit pour sobTenfr aox Trais des f oerres d^Orieot. au moyen d*on emprunt forcé, sur les pkis opolonti auxquels on garantit une rente perpétuelle de 4 0|0. Les prêteurs ctéèrenl une chambre Chargée de rece? oir et de distribuer les intérêts et qui forma par la suite la banque de Venise. Elle a cessé d*exister depuis 1797 époque de l'inTasion des Français. £n 1433 ses revenus s'éloTaionl i près de 5 millions de francs. EHe exportait la plus grande partie de son numéraire
La Banque de Gèuee date de 1407; elle fut étsbi.'e sur le plan de colle de Venise, par snite des guerres qui forcèrent cette république i recourir à des emprunts i renie constituée. Le paiement de cet renies fut assigné sur des propriétés domaniales, qui fureni adminlilrées par huit prêteurs choisis, dont la réunion a donné naissance à la Banque de St.- Goorges. Plus tard le conieil de régence se composa de 400 aetionnaires. La nature de cette banque ne lui a pas permis de rendre des services bien signalés an commerce ; mais le goufernemenl de larépttfaUquo s'en servit pour régulariser tes finances.
La Banque d* Amsterdam est la plus renommée de lentes ce« banques. Sa fondation remonte i l'année 1600. Elle était obligée d'oToIr Unjonra en numéraire une somme égale au montant des biUets qu'elle donnait aux dépositaires. Contratrement k la banque de Gènes, elle fut surtout iastiittée dons Piotérêi spécial du commerce. Cette banque do ddpdt ao doit point être confondue avec la banque des Pays Bss, fondée en 1814 soriOf tnêmvt bafos que celle d'Angleterre* arec un capital de tS utlllfons
COMPàKiilSON DES BANQUES DE DEPOTS ET DES BAH« QURS DE CIRCULATION.
Malgré feiirs inconvénients, les banques de dépôt ont rendu de grands services pendant plus de cent ans, mais vers la jfin du dernier siècle elle étaient devenues insuffisantes; et le besoin amena les banques de circulation^ différant d*une manière générale des banques dé dépôt^ eii ce que celles-ci n'émettent des billets qu'au prorata du numéraire qu'elles ont en caisse, tandis que les autres peuvent émettre plus de billets qu'elles ne reçoivent de dépôts, en augmenlantle numéraire sans l'employer et en corrigeant les inconvénients que son emploi direct présente.
Les banques de circulation ont en réserve et comme garantie de leurs billets une certaine réserve en numéraire ou en lingots^ plus en portefeuille, les eiOfets qu'elles escomptent.
On croit, d'abord, qu'il y a dans ce système, surabondance de garantie ; puisqu'on sait qu'avec un
de florins» doublé en 1819, et, arec la permîssien d*émettre des billeti au p rteur pendant 25 ans.
La Banque de Hambourg fot fondée en 1619 sur le plan de celle d*Amfterdam. La ville est responsable dej dépôts eoofiés à la banque et la plus grande publicité préside 2i ses opéraiions. En lôiô, îe maréchal Dat oast, chargé de la défense delà ville assiégée, s'empara des fonds de la banque qui s'élevaient k la somme de 7,489,313 roai^s banco; (14 millions environ); mais la France a remboursé cctie somme à Toccaslon de la liquidation des créances étrangères.
La Banque d'Angleterre est k la fois une banque de dépôt, d'escompte et de circulation. Voyez pour cette Banque et les autres banques d'Àn« gleterre^^es banques dlrlande, d'Kcoêse, des États-Unis et de France, la troisième et la quatrième leçon do cours de 1836-57. (Note du R.) Dlanqui. 16
capital de 1 00 millions, une banque peut émettre pour plus de 1 00 millions de billets. Cela est vrai quand la banque ne dépasse pas de sages limites ; mais cette faculté de battre monnaie a Siéduit beaucoup de gouvernements , et il en est résulté de grands inconvénients pour l'industrie et le crédit public. MM. de Sismondi et Thomas Tooke ont signalé tous les sinistres de ce genre qui ont éclaXé' depuis rétablissement des banques. Trois fois celle de Londres, dirigée par les hommes les plus habiles, et les plus circonspects, à été obligée de recourir à l'appui du gouvernement pour ne pas faire banqueroute; la banque d'Ecosse a manqué; un grand nombre de banques américaines ont manqué. Or toutes ces faillites ont été le résultat d'une trop grande émission de papier; et d'une émission sans garantie ; partout où les banques n'ontpas gardé une sage mesure, il leur a été impossible d'éviter le danger.
Le crédit est un bon instrument ; mais il ne faut pas perdre de vue qu'il doit représenter une valeur réelle. Lorsque deux hommes dépourvus de tout tirent Tun sur l'autre, il y a abus et non crédit. Il y a encore abus lorsqu'un filleul tire sur son compère. Mais il y a crédit lorsque deux négociants tirent l'un sur l'autre, et lorsque tous deux offrent des garanties. 11 ne faut pas perdre de vue ûoq plus que le crédit ne peut fonctionner, que lorsqu'il a à sa disposition, une certaine masse de capitaux circulants; c'est là ce que n'ont pas su les fondateurs de la caisse hypothécaire, et cgux qui
ont chercÉié à or^gftniser, il y a deux nm^ deè kao« qn^ agricol«9«
Si k prudence doit être reconmaiidée aux baïKfeies^ il ne foul pas eependani qu'elles la poiiS«eiil juscfn'à la peur; sans quoi elles luanqueiit à leur mission et ne rendent ptns les services qu'on e5t en droit d en attendre. La banque de Franoc n'a jamais pu feire prospérer s^ succursales dans les départements : quelques^uneësont morles» d'autres kinguissent. N'allez pas croire que le convmeree ne tes amande pas , ou quelles aient compromis leurs capitaux « Non^ cela lient à ce qu'elle a fait des conditions iMcceptaUe s au commerce , en lui demandant du papier à trois signatui*es et qui ne dépasse pas 90 jotn»s.
Ct$t ainsi que la banque de France n'est soutvent qu'une banque de dépôt , au détriment des intérêts de ses actionnaires , dont les capitaux ne produisent point tout ce qu'on pourrait en reti^ rer , puisqu'elle refuse de faire un grand nombre d'escomptes. Trop n'est pas toujours bien / et je suis sûr que lorsque le privilège de la btinque sera expiré dans 4 ou 5 ans, il se présentera pour la remplacer des compagnies de eapitalisiél , qui offriront une subvention suffisante pour l'indemniser de la perte qu'il vient d'éprouver par la fermeture des maisons de jeu , et qu'elles trouveront encore moycrn de donner de beaux dividendes à leurs associés.
CAISSE GENERALE DU COMMERCE ET DE l'IîVDUSTRIE.
Ee besoin d'un établissement qui dispensât le drédh d'une manière plus l«pg^ et pins hamlie»
( 2M ) sans témérité cependant , s'est fait sentir surtout pendant les dernières années durant lesquelles l'industrie et le commerce ont fait de remarquables progrés. C'est pour satisfaire le désir du commerce et de l'industrie qu^un homme qui fait depuis long-temps autorité en affaires de finances , et que le pays compte au nombre de ses plus anciens et de ses plus fidèles défenseurs ^ a eu Tidée heureuse et bientôt féconde de fonder une vaste maison de banque, ou si vous voulez d'escompte.
Depuis trois mois que la caisse générale du commerce et de Tindustrie a commencé ses opérations , ses espérances out été réalisées et tout fait "espérer qu'elles seront bientôt dépassées. Les faits vont parler plus éloquemment que je ne pourrais le faire. Voici les chiffres officiels des opérations au 31 décembre dernier, tels qu'ils ont été i*econnus et arrêtés par conseil de quinze délégués des actionnaires.