PAR LES MOTS ; ÉT.AT DU MARCHÉ ET PRIX
«Le jeu de l’Offre et de la Demande s’entend de la quantité de 1 roduits ou de Services dont un vendeur peut disposer, et de 1 importance des Besoins ou des Désirs que manifeste, d’autre part, le Consommateur avec la possibilité de les satisfaire.
« La Loi est celle-ci : plus l’Offre est supérieure à la Demande plus le prix des Produits ou des Services dont il s’agit doit baisser; et inversement, plus la Demande surpasse l’Offre, plus le prix s’élèvera.
« En effet, si sur un marché une marchandise est trèsabondante, que la quantité qu’on en offre soit par conséquent bien supérieure a celle dont les consommateurs, qui peuvent y mettre le prix, ont Besoin, chaque marchand devra abaisser ses prix pour engager l’acheteur à prendre ses produits. Au contraire, un Produit ou un Service devient tres-rare à un moment donne; comme le besoin de les posséder se fait sentir de plus en plus impérieusement, les vendeurs savent que les acheteurs n hésiteront pas à dépenser une somme plus forte
que le prix habituel, afin de les acquérir ; il résulte de cela que le Prix augmente.
« Ainsi le prix d’un Produit ou d’un Service est d’autant plus eleve qu il est plus rare, et d’autant plus f.iible que l’un ou 1 autre abondent davantage. On voit par là que l’Offre est la quantité de marchandises que les possesseurs désirent céder
sur un marché contre des espèces ou « des utilités » dont on conviendra.
« Cependant il ne faut pas croire que la loi de l’Offre et de la Demande reçoive seulement son application par rapport à la quantité plus ou moins reslreinte d’utilités offertes sur im Marche. Parce qu’une marchandise est abondante sur l’un des marches d une ville, rare sur un autre, il ne faudra pas en conclure que le Prix de cette marchandise sera peu éle\m au premier cas et tres-élevé dans le second. L’Offre comprend la quantité de Produits ou de Services échangeables qui se trouvent dans un rayon assez étendu autour du centre d Echange, vu qu’a l’aide des moyens de transport dont nous disposons, ces Produits pouvant être amenés très-rapidement d un point sur un autre, ils doivent être considérés comme figurant sur im meme Marché, « disponibles. »
« La Demande consiste dans l’état des Besoins qu’éprouvent les consommateurs, et auxquels ils sont k même de pouvoir satisfaire par la voie de l’Éclian<,m. Ainsi, l’Offre et la Demande comprennent les Produits ou les Services qui, soit par des ventes, soit par des achats, sont échangeables dans un temps donné. Il est facile de voir d’après cela que l’état du marché est la quantité plus ou moins grande « d’utilités » offertes ou demandées qui s’y trouvent. C’est, en un mot. l’état respectif de rOffi'o et de la Demande.
« Quant AU prix, c’est la quantité d’Espèces contre laquelle on échange tel Produit ou tel Service, « (luantité » qu’on sait varier suivant que l’Offre surpasse la Demande ou que celle-ci excede l’Offre. »
Janvier -1876.
Voici, enfin, un précis de date plus récente, et qui, touchant à un point de la Science qui intéresse particulièrement le Travail moderne, peut donner une idée de la façon dont cette jeunesse des écoles arrive à s'approprier des vérités qu’on ne saurait trop répandre. Il s'ag'it du rôle que jouent les Machines et notamment de l’action qu’elles exercent sur l’état des Salaires.
Production. — Consommation. — Intervention des machines.
« Un fait a dû clairement ressortir de l’étude que nous avons entreprise sur la Production en Amérique (1). Ce fait, c’est que le principal agent de l’extension rapide qu’a prise cette industrie consiste dans l’action des Machines,
« Nous avons vu, en outre, par cette étude, combien la Production et la Consommation sont deux choses qui se répondent et qui sont intiuienient liées. En effet, l’intervention des Machines a pour conséquence de faire baisser le prix des produits. Nous avons constaté ce fait. Ainsi, avant l’usage des machines, le coton se vendait l'2 fr. le kilog., et maintenant il vaut 3 fr, et même 1 fr. .'iO le kilog. L’indienne valait jusqu’à 6 fr. 50 le mètre, aujourd’hui on en trouve à iO c. le mètre. Or, cet abaissement du prix des Produits fait que plus de gens peuvent se les procurer ; le nombre des acheteurs s’accroît, la Consommation s’étend et répond à la Production. Ces deux faits progressent donc ensemble,
« Nous devons encore citer un fait qui montre l’extension qu’a prise l’industrie cotonnière, La ville de Manchester a vu, grâce à cette industrie, sa population s’élever de 30,000 à 000,000 habitants. En J 800 on a pu calculer qu’il se fabriquait par jour, dans cette même ville, une quantité d’étoffes qui, mises bout à bout, équivalaient à l’étendue du diamètre de la Terre, soit 12,732 kilomètres.
(1) Pour l’intelligence de cette analyse on pourra se reporter à la VI">" Instruction,
page 90 et suivantes. C’est là que se trouve l’hislorique des progrès qu’ont faits
dans le monde ed moins d’un siècle, la culture et remploi de ce textile. ■
« Voyons maintenant quel est le rôle que jouèrent les salaires des ouvriers dans cette réforme de l’industrie cotonnière, amenée parles Machines. La machine de Withney, par exemple, va priver d’ouvrage des milhers de femmes qui egrenaient le colon à la main ; mais nous allons voir que le mal n’est la que momentané. En effet, la culture du coton va bientôt prendre des proportions gigantesques, précisément par l’effet de cette machine. Il faudra alors un nombre de bras pour cultiver le textile, beaucoup plus grand que pour l’égrener. Cet ouvrage poupa être fait par les mêmes ouvrières. Et comme il en faut un plus grand nombre, leur salaire, suivant qu’on Ta constaté, s élevera de 0 fr. 75 à 1 fr. 25, et 1 fr. 50. Un fait analogue pour les ouvriers üleurs et tisseurs : ces ouvriers gagnaient 1 ir. 50, 2 fr. au plus, aujourd’hui leur Salaire est monté à 4, 5, et meme 6 tr.
par jour. , ,
« Gomment expliquerons-nous, comment allier ensemble ces
deux faits qui paraissent inconciliables : l’abaissement du prix
des Produits et la hausse des Salaires ? Ce phénomène s explique t « î A-nz-k r» 1 1 i -«r r» ^ 11 fN tV/AC /NT! C 11 Tl fahrîmnt. mil. avant
nroduit peu et vend ses produits très-cher. Mais apres lapparition des machines, il parvient à fabriquer 20,000, 30,000 métrés de ces mêmes étoffes; il vendra ses produits meilleiu marche. Seulement, comme il en vendra beaucoup plus, il trouvera tout de même un bénéfice suffisant, et meme plus fort qu en premier lieu. Ce bénéfice permettra d’augmenter le salaire des ouvriers qui deviennent nécessaires en plus grand nombre
qu’auparavant. . ....
Si la machine de Withney supprimait un miUier d ouvrières, la culture du coton, qui s’étenaait, demandait quatre milliers de bras de plus. La Mull-Jenny, avec 3 hommes, faisait 1 ouvrage de 500 fileuses. Mais, pour manier le coton, l’emballer, alimenter et entretenir les machines, il faut un grand nombre de personnes ; la main-d’œuvre devient plus rare, elle est plus recherchée et partant mieux payée. ^
« Les Machines ne produisent donc qu nn chômage provisoire, momentané pour les ouvriers, et favorisent considérablement les progrès de l’Industrie.
on une i
ce qui existait avant cet ingénieux mecanisme.Deja en 1824, on comptait 30,000 métiers au lieu- de 10 a 12,000 existant vers la
fin du dernier siècle.
Nous n’insisterons pas sur le caractère de ces résumés. 11 s’y montre un soin, une clarté qui témoignent , mieux qu’on ne saurait dire , du goût que prend 1 élève à
ce grenre d'étude.
(1) Page xxvill de Vlniroduclion.
M. F. de Lacombe, auteur des Lettres sur l’Éducation. — On va voir comment l’auteur de ces Lettres excellait a varier la
forme et le ton des préceptes qu’il donne sur un sujet particulièrement important.
l’ours bien corrigé.
Un ours « fort mal léché, » d’une humeur très-altière Trônait en souverain au fond de sa tannière :
Sun ourse, ses oursons tremblaient à son aspect,
Car son air menaçant, sa voix rude et sévère Cotnme l’éclair toujours annonçaient le tonnerre.
Il prenait leur terreur pour un profond respect.
Qui n’excluait pas la tendresse,
Et croyait même agir avec beaucoup d’adresse En se montrant encor plus bourru qu’il n’était,
Pour mieux les tenir à distance Et s’assurer ainsi leur prompte obéissance:
Bien convaincu d’ailleurs qu’il méritait Par son affection, ses soins et sa prudence D’inspirer un amour immense.
Si c’était une grave erreur,
Elle est pourtant assez commune.
Nul n’esi content de son humble fortune:
Chacun est fier de son excellent cœur.
Bientôt, notre ours atteint de léthargie Reconnut sa méprise avant qu’il fût trop tard.
Vous savez, tous, que cette maladie Permet au patient, sinon d’y prendi'e part,
Du moins de bien saisir les propos qu’on débite Autour de lui. Personne alors n’hésite A dire franchement, le croyant trépassé.
Ce qu’il pense de sa conduite.
Son ourse ouvrit la marche. « Oublions le passé,
« Mes chers enfants: ne songeons qu’au mérite « De celui qui vient de mourir;
» Il nous a fait cruellement souffrir,
« J’en conviens, mais enfin il était votre père;
« 11 était mon époux et j’estime qu’au fond,
« Son cœur pouvait bien être bon.
« Ses torts ne provenaient que de son caractère.
« D’ailleurs en s’affublant de cette mine austere,
<■< Sans doute qu'il pensait accomplir un devoir.
« Mais ne partagez point sa manière de voir;
« Et quand vous serez en famille,
« Qu’autour de vous la gaieté brille « Comme sur votre front serein e"t respecté.
« Mes chers petits, la fermeté « Qui fort souvent est nécessaire « Va très-bien avec la bonté.
« La faiblesse seule est colère. »
Après son ourse vint son frère.
Après son frère ses cousins.
Puis, ses rares amis et ses nombreux voisins.
Tous blâmaient à l’envi, sans fiel mais sans mystère, Son naturel atrabilaire Et ses abus d’autorité.
Quand l’ours revint à la santé,
Il se montra, nous dit la fable.
Si complètement transformé.
Que son docteur lui dit ; « Je suis vraiment charmé « De vous voir aujourd’hui doux, patient, affable,
« Gracieux, prévenant et même affectueux.
« Ne pourrais-je savoir la cause véritable
« D’un changement si merveilleux ?... »
— « Vous la saurez, dit l’ours : Pendant ma léthargie « J’entendais tout, et j’étais peu flatté Du blâme dont chacun, avec sincérité,
Flagellait, en passant, le« erreurs de ma vie;
J’étais même parfois trop durement traité.
« J’aurais voulu crier, j’en bouillonnais d’envie,
« Mais sur moi du Très-Haut la m.ain appesantie « Sans pitié me forçait à l’immobilité.
« Mon supplice était effroyable « Et tous mes torts sont expiés.
Avant peu, je l’espère, ils seront oubliés;
Oui Docteur, la leçon me sera profitable.
Car je compris très-bien, dès que je fus calmé,
« Que celui qui veut être aimé « Doit commencer par être aimable. >»
Les vers qui terminent cet ingénieux apologue expriment, sous fuime de moralité, combien il importe d’allier à l’Instruction, les qualités que peut seule donner une bonne Éducation.
(1) Page xxix de, Ulnlroduclion. .
Voici l’analyse de ce rapport telle que la donne le Compterendu des séances et des travaux de l’Academie des Sciences morales et politiques, publié pour les mois de février et mars 1876 :
« M. Passy fait hommage à r.A.cadémie, au nom de l’auteur, professeur h l’Ecole municipale Turgot, d’un Cours d’Économie politique récemment imprimé et publié. Ce Cours, fait durant l’année 1874, à St-Quentin, ci la demande de la Société industrielle de l’Aisne, est remarquable à divers égards. Le nombre des leçons était limite, l’auditoire était, en majeure partie, peu ou point préparé à recevoir l’enseignement qui allait lui être offert, et il fallait tenir grand compte des difficultés de la situation. C’est ce qu’a fait M. Coq.
« Au lieu de traiter en détail ou séparément toutes les parties du sujet, il est parti du giand fait de la Production, expliquant comment elle s’opère, quels moyens elle emploie, à quel prix elle a lieu, et rangeant tous les phénomènes économiques
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dans l’ordre prescrit par la manière dont ils en découlent et s’y rattachent.
« De là, la division du Cours en trois sections distinctes : la première, consacrée aux lois générales et aux conditions organiques de la Production; la deuxième, aux instruments dont elle a besoin et se sert; la dernière, aux frais et CHARGES qu’elle f ntraîne et nécessite.
« A l’avantage d’être bien appropriés aux conditions faites à l’enseignement, là où il était porté, cette méthode en a joint d’autres. Elle a permis des vues d’ensemble d’une portée décisive, et de plus, de suivre dans leur action simultanée, des agents de Production dont la coopération indispensable se retrouve toujours dans les œuvres au moyen desquelles naît et se forme la Richesse. — Ainsi, après avoir dit ce qu’est « un Produit, » M. Coq a pu montrer comment l’alliance du Travail et du Capital lui donne naissance et consacrer une leçon spéciale à cette alliance. Le Travail et le Capital sont, en effet, également nécessaires à la Production. Sans Capital, c’est-à- . dire sans provisions mises en réserve pour subvenir aux besoins des travailleurs pendant la durée du travail ; sans outils, sans engins pour armer leurs mains, sans matériaux amassés pour être ouvrés, le travail serait impossible; de même sans le Travail, le Capital serait inactif et stérile.
« C’est leur concours actif, leur union qui en détermine la fécondité respective, et tout ce qui affecte, en bien ou en mal, l’un de ces facteurs de la Production, affecte l’autre de la même manière. M. Coq a eu raison de ne pas les séparer dans la leçon qu’il leur a consacrée et de les présenter tels qu’ils sont, fonctionnant constamment ensemble et nécessairement réunis et alliés
« Un des mérites du livre dont j’entretiens en ce moment l’Académie, c’est d’avoir tenu grand compte de la Valeur de l’homme, envisagé au double titre d’xigent et de Destinataire de la Richesse. — L’homme crée et emploie la Richesse dont il dispose, et, des qualités intellectuelles et morales qu’il déploie dans ses œuvres dépend la mesure du bien-être qu’il en obtient. Plus il croît en activité, en habileté industrielles, plus augmente la rémunération de ses labeurs. Plus il croît en sagesse, en raison, plus il en porte dans ses dépenses, et plus grandissent et se multiplient les Epargnes à l’aide desquelles il ajoute à ses forces productives. M. Coq, et il faut l’en louer, n’a rien négligé pour mettre ces vérités en évidence; et à une haute valeur économique, ses leçons sur la Liberté du travail, sur les qualités Professionnelles, sur l’esprit de Tradition, sur l’Ordre, l’Économie et l’Épargne joignent une véritable valeur morale.
« AL Coq a eu soin, dans son Cours, de citer ungrand nombre de faits bien observés, bien choisis. C’était un moyen sûr d’in- , téresser ses auditeurs; mais c’en était un aussi d’assurer aux '^vérités qu’il exposait la confirmation la plus nécessaire. Sans fé>^moignage des faits, les démonstrations scientifiques laissent toujours de l’incertitude. Avec ce témoignage, elles em-
portent l’adhésion des esprits les moins disposés à céder à leur autorité.
« Comme on le voit, le Cours d’Économie politique que M. Coq vient de publier a des caractères qui lui sont propres. Grâce à la méthode dont il a fait usage, l’auteur a pu ne laisser à l’écart aucune des questions qu’il avait à traiter, et mettre à la portée de ses auditeurs l’intelligence des principes essentiels et fondamentaux d’une science dont jusqu’alors bon nombre d’entre eux ignoraient l’existence. C’est un très-bon livre que celui de M. Coq, et, certes, il est de nature à aider largement à répandre en France des connaissances qui, malheureusement, y sont encore trop rares. »
(1) Page xxix de V Introduction.
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE Par M. Paul Coq,
(U Page 24, P“ Partie.
La Science et les Affaires. — Franklin et son Œuvre.
Voici comme un tableau de ces nouvelles vertus théologales accompagnées de certains préceptes :
1® Te.mpérance. — Ne mangez pas jusqu’à vous abrutir; ne buvez pas jusqu’à vous échauffer la tête.
II® Ordre. — Que chaque chose ait sa place fixe. Assignez à chacune de vos affaires une partie de votre temps,
III® Résolution. — Formez la résolution d’exécuter ce que vous devez faire et exécutez ce que vous aurez résolu.
IV® Frugalité. — Ne faites que des dépenses utiles pour vous ou pour les autres , c’est-à-dire ne prodiguez rien.
V® Industrie. — Ne perdez pas de temps. Occupez-vous toujours de quelque objet utile. Ne faites rien qui ne soit necessaire...
VI® Justice. — Ne faites tort à pei'sonne , et rendez aux autres les services qu’ils ont droit d’attendre de vous...
VII® Propreté. — Ne souffrez aucune malpropreté sur vous, sur vos vêtements, ni dans voire demeure.
VIII® Tranquillité. — Ne vous laissez pas émouvoir par des bagatelles ou par des accidents ordinaires et inévitables...
IX® Humilité. — Imitez Jésus et Socrate.
Ce tableau est moins destiné à guider la jeunesse qu’il ne présente à ceux qui s'occupent d’elle un texte fait pour être
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médité C est surtout aux parents, aux cliefs d’institution que cela s’adresse. 11 est rare que l’adolescent et celui qui touche à l’à^e imir, puisent en eux-mêmes assez de force, de constance pour se livrer ainsi à de continuels combats. 11 v faut le secours d’une niain ou pression autre, s’il est permis de dire, et c’est là le rôle de l’Éducateur, dans la famille aussi bien qu’ailleurs.
Page 321, — Écart de prix des deux métaux toujours plus marqué. (Aujourd’hui 10 juillet, 220 0/0.)
Ce résultat est dû à l’initiative du gouvernement allemand en faveur de la Mi'nnaie d’or « exclusivement. » C’est ainsi que fut troulûé, autant dire faussé, le jeu naturel de l’Offre et de la Demande sur le Marché des métaux i)récieux. Les pouvoirs publics sont de simples « certificateurs » de poids, de titre et valeur relative des substances monétaires. Ils excèdent leur droit toutes les fois qu’au' lieu de rester «neutres, » ils se font « arbitres » entre deux substances monétaires « également » monnayables et en possession immémoriale de la faveur publique en cette qualité. Plus leur pouvoir est étendu, plus, lorsqu’ils ne se tiennent pas dans les bornes ici assignées par la nature des choses, leur initiative tire à conséquence. La baisse qui s’accentue sur le prix de l’Argent comparé à celui de l’Or le prouve. Cette baisse tient EXCLUSIVEMENT à l’option d’un puissant État en faveur d’un des métaux également monnayables. Jamais l’abondance de certaines mines n’aurait amené ce résultat. On l’a bien vu, en 1848, ensuite de la découverte de gîtes aurifères exceptionnellement riches.
Ce n’est pas une baisse qui eut pour point de départ un fait à ce point arbitraire chez une puissance de premier ordre qui pourrait changer ici notre opinion. Telle est aussi la conclusion à laqiiellé aboutissent, en France, l’auteur de la Mécanique de l’Echange, dans son nouvel écrit, Le Bimétallisme, et ]M. Laveleye, qui, dans \d. Revue de Belgique , apprécie d’une façon supérieure le dernier travail de M. Cernuschi.
Dans le système contraire , auquel , malgré ce qui se passe , nous ne saurions souscrire, M. Esquirou de Parieu, sénateur, ancien vice-président du Conseil d’État , tient le premier rang. Il a émis récemment encore des vues auxquelles il est regrettable qu’on n’ail pas donné suite. C’était assurément le cas d’aborder cette question par ces grands côtés en faisant ici appel , comme le demandait l’honorable M. de Parieu , à toutes les lumières. Cela eut mie ix valu que de s’en tenir à de simples expédients.
Page 331.
Un simple coup-d’œil jeté. sur ces mercuriales, notamment a une époque, — ^1871 , — où le gouvernement de l’Allemagne était plus occupé de faire rentrer ’indemnité de guerre que de
démonétiser l’Argent, peut montrer à quoi tient l’écart de prix qu on remarque en moins de deux ans.
D’octobre à décembre 1871 , cet écart mesure de 18 à 42 par 1,000, soit de 1 1/2 à 4 0/0. Plus tard, en 1873, on tombait à 8 ou 9 pour 1,000. soit moins de 1 0 0. Mais dès que la démonétisation allemande se met à l’œuvre , l’écart qui , en mars 1875, — notez bien la date, — ressortait seulement à 38 ou 42 par 1,000, comme en décembre 1871 , se traduira, en mars 1876, par 110 et 115 par 1,000, soit plus de 11 0/0; il n’a lait depuis que s’accentuer, au point qu’il mesure maintenant le double. — Ceci semble assez concluant dans le sens de la note qui précède.