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contre la. liberté de-s éclianjîe.s internationaux. Vn excédent d'importations cons'taté par la douane, bien loin de présenter, comme on le prétend parfois, un caractère alarmant pour l'intérêt national, et de justifier des mesures restrictives, est au contraire l'indice, et en quelque sorte la mesure des bénéfices réalisé? par le pays grâce au commerce extérieur. Puis(|ue en effet les importations paient les exportations, il faut nécessairement, pour qu'il y ait bénéfice commercial, que la valeur des marchandises achetées à l'étranger soit supérieure à la valeur des marchandises à lui vendues. Si, par exemi)le, un commerçant français achète dans le pays pour 50.000 francs de vin qu'il expédie en Angleterre, où il le vend 60.000, et, avec ce prix de vente, achète en Angleterre du coton qu'il revendra en France, les tableaux de douane porteront, à l'exportation, une valeur de 50.000 francs, et à l'importation, une valeur de 00.000. Il y aura donc, à l'importation, un excédent de 10.000 francs; nul doute cependant que cet excédent soit un bénéfice pour le pays, puisque, dans notre hypothèse, 50.000 francs de vin français auront servi à payer 00.000 francs de coton anglais. Sans doute, pratiquement, l'exportateur de vin français ne se transformera pas immédiatement en importateur de coton anglais; mais il tirera sur son débiteur anglais pour une somme de 60.000 francs, prix de vente de son vin. Ces traites seront achetées par un imijortateur français et adressées par lui à son vendeur anglais, en paiement du coton importé en France. Ainsi, directement ou indirectement, les 50.000 francs d'exportations auront payé 60.000 francs d'importations.
Si, à l'inverse, la cargaison de vin venait à sombrer pendant la traversée, les tableaux de douane, qui ])ortent 50.000 francs à l'exportation. irindi(|U( raient aucune valeur à limportation. Oserait-on en conclure (|ue cet excédent de 50.000 francs à rex})ortation constitue un avantage pour le pays ?
Ainsi donc, quelle (|ue j)uisse être, d'après les tableaux de douane, la discordance entre les \al('urs importées et exportées, il y a toujours cependant é(iuilil)re entre U's importations et les ex))oitations, en ce sens que les unes paient nécessairement les autres.
(îl:i. Reste à savoir, et c'est ici que nous allons rencontrer la théorie des valeurs internationales, dans quelles conditions s'établit cet équilibre.
Four Jîicardo et Bastiat, la valeur, dans les échanges inter-
nationaux, est réglée, comme dans les échanges oridnaires, par le coût de production ^ C'est lui qui constitue le « prix normal », le taux de profit étant, dans un cas comme dans Tautre, et par l'effet même de la concurrence, réduit au minimum. Ceci admis supposons qu'une marchandise déterminée, une machine par exemple, ait en Franc3 et en Angleterre un coût de production Sjnsiblement différent : 20 dans le premier de ces pays, 10 dans le second. Si, pour se la procurer, un industriel français recourt à l'importation, il ol)tiendra cette machine à un prix très voisin de 10, à raison même de la concurrence que se font entre eux les producteurs anglais, tandis qu'en l'achetant dans le pays, il l'aurait payée au moins 20. 8i, à l'inverse, un objet de luxe dont le prix de revient est, en France, de 10, coûte 20 à produire en Angleterre, le consommateur anglais, en l'achetant en France, le paiera 10 ou très peu au-dessus, au lieu de le payer le double. (irAce au commerce international, chacun des deux pays aura donc réalisé un bénéfice égal en valeur à l'écart entre h coût de production national de la marchandise acquise et son coût de production à l'étranger.
Une semblable doctrine, si elle doit être admise, conduit logiquement aux conséquences suivantes - :
1" Un Etat a toujours intérêt à pratiquer librement le commerce international, puisque c'est x)our lui le moyen de se procurer à meilleur compte ce qu'il ne pourrait produire lui-même que plus chèrement. Il n'a pas à se x^réoccuper d'imprimer une direction à la production nationale en la protégeant, ni à chercher, par ce moyen, à développer telle ou telle nature d'industrie, considérée comme particulièrement imjxu-tante. Livrée à elle-même, sous un régime de liberté comm<^rciale, la production nationale saura, en effet, choisir la voie (|ui lui convient le mieux et (\\n est la plus profitabk-, au pays, celle (pii lui assure, avec les prix de revient les moins élevés, la supériorité sur la concurrence éti'angère.
20 L'Etat n'a pas à se préoccuper davantage de la politi(pu^ commerciale des autres pays à son égard, ni à subordonner son attitude propre à la conclusion de traitéf^ de commerce, l n Etat qui restreint, par l'application de taxes douanières, la lil)erté de ses importations, se nuit on effet à lui-même en se