plus haut. iiTill his
^t ëtabli.ssaiit une corrélation entre le elasseinent des loyers d'habitation d'après leur chiffre et léchelle des revenus. M. Colson a proposé, en 1903, la répartition suivante ^ : Siu" un total numérique de 1 2.961.000 revenus, représentant une valeur totale de 25 milliards de francs, les petits revenus (jusqu'à 2.800 francs en province et 3.500 à Paris) seraient au nombre de 11 millions 1/2 et absorberaient 12.120 millions de francs, soit 50 "o environ du revenu total. Les moyens revenus (2.800 à 14.000 francs ^n province, 3.500 à 17.500 à Paris) représenteraient en nombre 1.300.000 revenus et en valem' 7.340 millions, soit 29 "o d^^ revenu tî*tal. Les gros revenus (14.000 à 140.000 francs en province, 17.500 à 200.000 à Paris) seraient au nombre de 160.000. pour une valeur de 4.860 millions, soit 19 % du total. Enfin. les très gros revenus (plus de 140.000 francs en province, plus de 200.000 à Paris) seraient au nombre de 1.000, représentant •en valeur 380 millions, soit 2 % du revenu total.
En admettant lexactitude approximative de ces calculs, on voit qu'en France le revenu total se trouverait également partagé entre les petits revenus d une part, les moyens, gros et très gros revenus de lautre, cette seconde catégorie ne représentant, il est vrai, que 11 "o du nombre total des revenus. Réunis, les petits et moyens revenus, qui constitueraient en nombre une proportion supérieure à 98 %, absorberaient 79 % du revenu total de la France.
Il resterait à déterminer, ce qui actuellement ne peut être fait avec quelque précision, la portée du déclassement qui s'est opéré, depuis 1914, dans les fortuiu's ])rivées, et à rechercher dans (jnelle mesure ce déclassement a pu réagir sur la réi)artition des revenus entre les individus.
(îî)8. \<»li<)ns ((énérales sur les divers revenus. — Dans une organisation sociale l'ondée sur la propriété individuelle et sur la liberté des contrats, la richesse se répartit, au fur et à mesure de sa formation, entre les diverses catégories de producteurs : tiavailleurs, cai»italistes. entrepreneurs. Cette ré])artition s"o])èie ordinairement non en nature, nuîis en valeur, les objets ])roduits étant destinés à l'cM-liangc. J^e revenu de \\'\\t repreneur ])orte le nom de profit: on désigne sous les noms de iialaire et d'intérêt les revenus du travailleur et du capitaliste. Le ])r()))riétaire foncier i'eii1i'<' tout naturellement dans une des
1. \'. (U)l>(>ii. diiirs il'ér'iiinmir finUliifUi', li\ri' 111, i)..31vî.
LA REPARTITION DKS rf:vi:ni;s 283
catégories précédentes. Sa terre est un capital; s'il la loue, il en tire un intérêt auquel on donne particulièrement le nom de loyer ou fermage; sïl rexi)loite lui-même, elle i)eut devenir pour lui la source d'un profit. Certains économistes, Ricardo notamment, ont cependant cru devoir discerner dans le revenu du propriétaire foncier une part qui devrait être distinguée de l'intérêt et du profit, et qui constituerait la rémunération des qualités naturelles du sol. Puis, on s'est avisé qu'en dehors même de la production agricole les agents naturels pourraient prétendre à une part de la valeur produite. Et, pour les rémunérer, on a proposé d'admettre l'existence d'un quatrième revenu, qu'on a appelé la rente. Enfin, l'Etat qui, en tant que puissance publique, contrôle et réglemente la réjiartition des revenus entre les individus, i^eut lui-même, en tant que producteur, participer à cette répartition. Il recueillera par exemple uii profit i)our l'exploitation de ses monopoles industriels, ou touchera un fermage pour la location de ses domaines fonciers. En dehors de ces divers revenus, auxquels il a le droit, le cas échéant, de prétendre comme les producteurs individuels eux-même, l'Etat, en cette qualité, peut légitimement prélever sur l'ensemble des revenus privés un revenu spécial, qui lui permettra de remplir sa mission politique et économique: cette cinquième catégorie de revenu, c'est l'impôt.