V. plus loin, n
Le sa-laire à la tâche ou aux pièces est, à ce point de vue, plus avantageux. Graduant la rémunération du travailleur sur l'importance do sa production, il et^t un stimulant efficace au travail utile. Par cela même Tentrepreneur se trouve dispensé de surveiller de trop près Texécution matérielle du travail. On comprend par suite que ce mode de fixation du salaire ait reçu, dans la production industrielle, une large application.
Il est cependant un grand nombre de cas où il ne saurait êtrf. pratiqué. Ve sont ceux, notamment, oii il est imposaible de décomposer le travail en une série de tâches distinctes susceptibles chacune d'être rémunérée à i)art, et ceux où le résultat du travail ne saurait être ramené à l'exécution de pièces séparées. Comment, par exemple, rémunérer à la tâche un mécanicien dont le travail consisterait à surveiller un moteur, ce travail impliquant non une série de mouvements distincts et répétés, mais une attention continue et de tous instants. Dans ces hypothèses, où le salaire ne peut être fixé qu'au temps, l'entrepreneur, s'il veut stimuler le travailleur et accroître l'efficacité de ses efforts, peut d'ailleurs recourir à divers moyens ^ tels qe sursalaire ou salaire progressif, primes à la rapidité de l'exécution ou à l'économie des matières premières, participation aux bénéfices.
721. Le salaire à. la tâche n'est pas, au surplus, exemjît de tout inconvénient. S'il constitue un stimulant plus efficace à la production, il paraît moins favorable que le salaire au temps à la bonne exécution du travail. Voulant faire vite pour gagner davantage, l'ouvrier payé à la tâche ou aux pièces est parfois amené à faire moins bien. C'est pourquoi, dans les travaux industriels qui présentent quelque caractère artistique, et où la qualité de la main-d'œuvre est particulièrement prise en considération, il a fallu renoncer à ce mode de rémunération du travail. Il en a été de même dans diverses branches de la production agricole, les ouvriers jjayés à la tâche n'a])i)ortant pas à l'exécution du travail tout le soin désirable, ou refusant d'interrompre leur besogne même en cas de mauvais temps.
Les syndicats ouvriers ont, d'autre part, formulé contre le salaire à la tâche ou aux pièces toute une série de griefs. Il nuirait aux ouvriers en leur donnant des habitudes d'irrégularité. A des périodes de surmenage occasionnées par le désir d'augmeu-