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apparaît, en tous pays, comme une des conditions de la vieéconomique.
5^3. Le développement des échanges internationaux devait être la cause et le point de départ d'une querelle doctrinale célèbre : celle du libre-échange et de la protection. Tout le monde est d'accord pour reconnaître les avantages de l'échange lorsqu'il intervient entre personnes de même nationalité. Il apparaît alors comme le complément naturel de la division du travail et la condition essentielle du progrès économique ^ Les intérêts en présence étant exclusivement d'ordre privé, la liberté des échanges se justifie par les mêmes raisons que la liberté du travail, dont elle est le corollaire. L'une et l'autre constituent les bases du régime industriel de concurrence, sous lequel, par leffet des lois économiques et pour le plus grand bien de la société tout entière, les prix de vente de toutes choses sont sans cesse ramenés au niveau des coûts de production-. Beaucoup d'économistes, au contraire, contestent que la liberté des échanges présente les mêmes avantages dans les rapports internationaux. Les échanges entre personnes de nationalités différentes ne mettent pas seulement en jeu des intérêts d'ordre privé. Ce n'est pas exclusivement le profit immédiat et direct des échangistes qu'il faut considérer; on doit se préoccuper également des conséquences que pourront avoir les échanges sur l'orientation et l'essor de l'activité nationale. Un pays n'a rien à gagner à ce que ses nationaux puissent obtenir des produits de l'étranger en plus grande abondance et à meilleur marché, si cet avantage doit être payé par la ruine de l'industrie ou de l'agriculture nationale. Et ainsi, à la doctrine du libre-échange, fondée sur le principe de la division du travail entre les nations^, s'oppose la doctrine de la protection, qui poursuit l'idéal d'un régime économique complexe, par le développement harmonique et parallèle des diverses branches de la production nationale.
541. La politique commerciale des grands Etats a, tout naturellement- subi l'influence de ces doctrines opposées. Sans jamais aboutir ni à la liberté absolue des échanges internationaux ni à leur interdiction complète, elle s'est, suivant les époques et les circonstances, orientée plus ou moins vers l'une ou vers-