‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 16 sur 55 · CR ^ •- G · texte numérisé non relu

CR ^ •- G

industrie [ industrie DES TRANSPORTS.

commerciale

OU

COMMERCE ( commerce de capitaux..

livrant les pro- 1

= § f duils en temps

et lieu utiles.

commerce de produits..

travail manuel

travail mixte

services personnels...

TRAVAIL intellectuel.

Ponction

naires.

Professions

libérales.

Travail intellectuel en relation directe avec laproduc- . lion.

Par ttier, par navigation intérieure,par terre, par chem.de fer, V postes, télégr.

Banque, change.

Courtier et commissio n n a ire, négociant en gros ou marchand en détail.

Domestique, homme de peine, soldat, etc.

(Employés : comjmerce, administ.

Fonctions civiles, Fonctions militaires.

Ministre des cultes, professeur, avocat, médecin, écrivain, etc.

services de CAPITAL

Ingénieur, homme d’affaires, etc.

Propriétaire foncier, capitaliste (faisant valoir des capitaux mobiliers).

Aucune classification ne saurait être absolument rigoureuse, parce qu’il y a des industries qui servent à plusieurs fins à la fois et parce qu’il est impossible de fixer dans des limites infranchissables les besoins de l’homme et les modes de l’activité humaine. Néanmoins, celle que nous donnons est utile pour aider l’esprit à se reconnaître dans l’immense champ de la production; elle est résumée dans le tableau précédent qui présente l’ensemble des modes de l’activité humaine appliquée à rendre des services, c’est-cà-dire à produire de l’utilité.

*»i. i.e groupeiiieiif des industries. — Toutes les branches de l’industrie humaine ne sont pas également développées dans tous les lieux et dans tous les lemps ; elles subissent i’inlliience des conditions sociales et des conditions nalu- 7' elles.

106 LA PRODUCTION V

1® Examinons d’abord les conditions sociales. Nous voyons, à la lumière de l’histoire et de la géographie, que l’industrie est rudimentaire et simple chez les sauvages, développée et très variée chez les peuples d’une civilisation avancée : c’est une application d’une loi que nous^avons constatée relativement à la division fdu travail. Nous voyons que les hommes cultivent d’abord les branches les plus nécessaires à l’entretien de la vie, c’est-à-dire commencent par se pro- '*

curer, grâce à la chasse, à la pêche, à une culture grossière, des aliments ; qu’en second lieu, ils songent à se bâtir des abris meilleurs ([ue les antres des rochers ou le feuillage des arbres, et construisent des huttes, puis des maisons ; que, selon les climats, ils s’inquiètent, tôt ou tard, de se vêtir, jetant, au début, sur leurs épaules, les dépouilles des bêtes dans le nord, s’ornant, sous le ciel des tropiques, de quel- (jues parures, et n’apprenant que dans un état plus civilisé ■ à confectionner des tissus et des habits. Cependant les trois

branches primordiales de l’alimentation, du vêtement et du •* logement existent actuellement, ainsi que celle du transport,

' même chez la plupart des peuples les plus arriérés du globe.

•" Le progrès de la richesse développe ces branches et les diver-

sifie presque à l’infini.

Quant aux industries des besoins intellectuels, on peut dire qu’elles sont le cachet des peuples civilisés : chez eux seuls on rencontre des papetiers, des imprimeurs, des graveurs, etc.

Le nombre des industriels et la diversité des industries y aucjmentent à mesure que la richesse et la civilisation

s' accroissent .

Entre les diverses industries, il y a une proportion natuturelle : si tout un peuple s’adonnait exclusivement au bâtiment ou au transport, ce peuple mourrait promptement de faim, àlais quelle est la proportion et qui se chargera de la fixer? Elle est essentiellement variable, puisque chaque pro-

I'L grès de la civilisation permet à une nouvelle industrie de se

’*■ produire ou à une industrie ancienne de s’accroître. La

hausse ou la baisse constante des salaires et des profils i ' dans une industrie est L indire le plus certain de l’insuff-

LES INDUSTRIES

sance ou de l'excès d'un genre jmrticulier de production: la liberté du travail permet aux individus de profi^r de ce indice et tend à maintenir l’équilibre entre les diflerentes

branches de l’industrie. , » i* lonc un

C’est souvent aux conditions sociales qu est du dans un navs civilisé le groupement d’un grand nombre d’industries Inv certains points. Quelle que soit la cause qui ait d abord

donné naissance à de grandes agglomérations d hommes leur présence devient une cause d' attraction induslriet e d'autant plus énei^gique que la masse des consommâtes est plus considérable: cette loi n’est d’ailleurs qu;un corollaire de la loi générale exprimée plus haut. C est ainsi que Paris est devenu la ville de France ou 1 industrie est le plus active, le plus variée, le plus divisée, et le marche où l’on se procure le plus aisément des ouvriers en tout neiire; que la fabrication des tissus de coton à Mulhouse et dans les environs a engendré la fabrication des produits chimiques et des machines.

Les conditions de la nature ont pour effet d amener une certaine division du travail selon les climats et selon les f/uaUtés propres à chaque portion du territoire.

Par exemple, la navigation maritime ayant nécessairement pour point de départ les parties de côtes qui présentent aux navires un accès facile et un abri sûr, l’industrie de la construction des navires, laquelle est une dépendance de 1 industrie du transport, se fixe d’ordinaire dans ces mêmes endroits et y est d’autant plus importante que la navigation est elle-

même plus active.

La riche agriculture de nos départements du nord produit une ^^rande quantité de betteraves : c’est dans le nord que s’établissent nos fabriques de sucre. La nature a place nos plus riches dépôts houillers dans le voisinage de Valenciennes et dans le département de la Loire : auprès du bassin de \alenciennes et du bassin de la Loire s’installent en grand nombre les industries qui consomment beaucoup de combustible, telles que verreries, hauts fourneaux, forges.

En règle générale, on [leut dire que les industries obéissent dans leur groupement aux attractions, naturelles ou

LA PHÛDUCTIOX

soL-iales, suivantes; elles s’établissent dans le volsinaae de la malierepremtere, afin (l'économiser sur les transports ainsi que ont les hauts fourneaux en se plaçant près des houil lores; * la force motrice, lorsq ue*celle.ei ne nemp se déplacer eomme font lee ntoulins à eau ; « pSlé il une main-d ceiwre abondante, de manière à avoir touiours en nombre suffisant des ouvriers exercés, comme font les aluies en Alsace; près de leur dcbouché, afin de voir mieux les besoins de leur clientèle, de s’en inspirer et de les salislaire promptement, comme font les industries de luxe à

.'•J. 1.CS divers modes de eiilHire. L’aorieullure m„-

nournt les hommes et fournit la pluiiart des matières utiles ■ industrie, mente, a cause de son importance, qu’on sache

sommairement comment elle procède. tu ou sache

L’homme ne crée pas les conditions naturelles du climat et certaines conditions du sol qui déterminent une urande diversité des productions agricoles ; l’effort de l’a-ricuTlêur doit consister à les étudier et à y conformer la rè|le de sel travaux. Mais, par son travail, . l’homme fait la terre . comme a dit un grand écrivain ; c’est-à-dire que, pà ,lês soins intelligents et à l’aide Je capitaux bien enmllyés i amélioré le sol cultivable. ^ ii

L’homme fait les conditions sociales qui permettent divers modes d exploitation du sol et qui sont en quelque sorte les périodes de la civilisation agricole :

•l« La période forestière correspond à l’état sauvage - le ^ol, sans aucune culture, se couvre de forêts de savanes , e marais, et 1 homme vit de chasse et de pêche' '

La période pastorale correspond à la' vie natriarcale des tribus a demi nomades; les troupeaux y consliiucnl la pimcipale nchesse. Ou subor.lonne donc, comme le font .lujourdhui les larlares ou les Arabes du sud de l’Algérie tou e 1 économie sociale à l’élevage des bestiaux ; on 11x0™; en es la ou la nature fait pousser l’herbe, et on les Iranspoi le ail eiirs, quand la saison a fait disparaître celte herhe

On ne cultive que quelques rares'cèréales pour les besoins

LES INDUSTRIES

de la tribu ; mais comme, durant cette période, la population est très clair-semée et que l’espace ne lui manque pas, on ne cultive pas deux ans de suite le même champ. C’est ce qu’on nomme la culture nomade.

3® La période agricole correspond cà la vie sédentaire des sociétés fixées sur le sol ; l’iiomme laboure la terre et la culture dominante est celle des céréales nécessaires pour nourrir une population plus dense. Durant cette période, les défrichements se multiplient, comme l’histoire nous le montre au moyen âge dans l’Europe centrale et orientale; les forêts et les pâturages reculent vers les montagnes ou vers le bord des cours d’eau. On pratique la jachère, c’est-â-dire que, tous les deux ou trois ans, on laisse se reposer la terre fatiguée f)ar la continuité de récoltes toujours semblables : c’est ce qu’on nomme la culture extensive. On a encore peu de science et peu de capital; mais on dépense du travail sur le sol et on consomme presque tous les produits sur place.

4° La période mdustrielle et commerciale correspond à la période du développement de l’industrie manufacturière. Les villes se peuplent, et les campagnes produisent, non seulement pour leur propre subsistance, mais pour la subsistance des populations urbainés. Le bétail est augmenté; les instruments le perfectionnent et la culture devient un art plus varié.

On pratique encore la culture extensive ; mais on tend de plus en plus à la culture intensive, c’est-à-dire à celle qui, apjiliquant beaucoup de capitaux sur une surface donnée du sol, tire de cette surface beaucoup de produits.

' Ce mode ne s’accommode plus des pâturages permanents et j des pâtis de la période précédente ; il faut un fourrage abonj dant pour nourrir un bétail nombreux, et l’on imagine de

.V créer des prairies artificielles en supprimant la jachère : de

)là, le nom de culture foun^agère. On cultive dans le même but des racines et des légumes. Dans son état le plus avancé, ce mode fournit non seulement de la viande et des céréales à l’alimentation humaine, mais des matières premières, betterave, colza, lin, pavot, tabac, etc., à la manufacture ; il est désigné alors sous le nom de culture industrielle.

Il y a une culture plus intensive encore : la culture ma-

rnkht're, (|iii a[)|)li(|ue à la l'ois beaucoup de capitaux et beaucoup de travail à une surface donnée, et en tire, à force de fumier, d’eau et de main-d’omvre, une continuité de riches récoltes en légumes et en fruits. Elle ne peut être pratiquée avec succès que dans le voisinage ou pour l’approvisionnement des grandes villes.

L abondance du capital est la principale source du progrès agricole. Le capital agricole se divise en deux es- c

pères :

l°Le capital /*owrm?’, c’est-à-dire, d’une part, le fonds luimême avec les améliorations, défrichement, drainage, etc., qui se sont incorporées dans le sol et qui en augmentent la fertilité et la valeur; d’autre part, les bâtiments;

12“ Le capital d' exploitation ou capital mobilier, consistant en instruments de culture, en bestiaux, en semences, en matières premières et approvisionnements divers de la ferme.

Certains agronomes subdivisent le capital d’exploitation luimême de la manière suivante : capital engagé, bétail, matériel, amendements, etc. ; capital de roulement, représentant les dépenses dont les rentrées ont lieu en général d’une récolte à l’autre, comme salaires, semences, etc. ; capital de réserve, qu’il est bon de ménager en cas d’accident imprévu ; capital de fabrication, servant à distinguer l’entreprise industrielle, s’il y en a une, comme huilerie, distillerie, etc., de l’entreprise purement agricole.

Il ne suffit pas de posséder un gros capital ; il faut savoir bien 1 employer, tout d’abord bien proportionner le capital d exploitation au capital foncier et les diverses subdivisions du capital d exploitation entre elles, de manière que toutes les branches de l’entreprise se secondent mutuellement sans jamais se nuire et que les capitaux successivement engagés se dégagent au fur et à mesure des besoins successifs. Un agriculteur qui dépenserait en défrichements presque tout son argent et qui n’aurait plus ensuite de quoi acheter des bestiaux, ou qui achèterait beaucoup de bestiaux sans songer qu'il produit une quantité de foin, de paille et de légumes tout à fait insuffisante pour les nourrir,

•‘I ressemblerait à un insensé qui, bâtissant une maison, l’orne-

LES INDUSTRIES IH

rait avant de l'avoir achevée, de peintures et de meubles somptueux, et qui n’aurait plus ensuite d’argent pour la couvrir d’une toiture. Des agronomes ont calculé qu’ù mesure que la culture devient plus intensive, le capital d'exploitation doit augmenter par rapport au capital foncier en raison progressive.

Il y a deux règles générales de l’exploitation agricole : la première, tirée de l’ordre physique, est de rendre à la terre au moins Véciuivalent de ce que les récoltes lui enlèvent, sans quoi le sol s’épuiserait promptement ; la seconde, tirée de l’ordre économique, est de faire produire à un fonds de terre la plus grande somme d'utilités que comportent 1a fortune du cultivateur et le milieu dans lequel il opère. C’est sur ces deux règles qu’est fondée la théorie des assolements, c’est-à-dire de la succession des cultures qu’il est le plus avantageux de faire produire à une même terre.

Un bon assolement conduit, quand le capital d’exploitation est suffisant, à la suppression de la jachère, ce qui est une application de la seconde règle; il conduit aussi à faire, en vertu de la première règle, alterner les plantes améliorantes, telles que le trèfle et la luzerne, et les plantes salissantes, telles que le blé, les plantes sarclées, telles que la betterave, à bien fumer et amender la terre, conformément à la maxime de Mathieu de Dombasle : « Un arpent de terre bien amendé en vaut deux, » à agencer la succession des cultures de manière à laisser le moins longtemps le sol inoccupé, c’est-à-dire le capital foncier improductif.

RÉSUMÉS

L’industrie humaine est l’activité humaine appliquée à produire des utilités. — Elle comprend : Vinduslrie agricole ou agriculture, avec la pêche et la chasse; l’industrie proprement dite, divisée en industries extractives, industries manufacturières qui se subdivisent en industries préparatoires, industries de consommation, et l’industrie commerciale ou commerce.

Le nombre des industriels et la diversité des industi les aupentent à mesure que la richesse et la civili-

La hausse ou la baisse constante des salaires et des pioflts dans une industrie est l’indice le plus certain

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