‹ Cours d'éloquence parlée d'après Delsarte [microforme]Chapitre 47 sur 73 · normalement ouvertes · texte numérisé non relu

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Le sourcil est le thermomètre de l’esprit.

Il y a d’autres mouvements subordonnés des sourcils, très caractéristiques aussi.

Sans entrer dans un détail qui nous entrainerait trop loin, nous nous bornerons à considérer les deux principaux.

à c) Mouvements spéciaux des sourcils.

Jusqu'ici nous n’avons étudié que les mouvements normaux, ou, si l’on veut, horizontaux des sourcils. Or ceux-ci peuvent se mouvoir d’une manière inclinée soit vers le dedans soit vers le dehors.

Dans la grande douleur, mais résignée, tout est naturellement concentrique dans la figure, l’œil comme le reste ; cependant la résignation n’existe que parce qu’il y a espérance, et par conséquent aspiration vers un soulagement. Le sourcil représente admirablement ce double sentiment :

il est concentrique dans l’ensemble, mais avec un soulèvement de la pointe interne,

ce qui donne à la douleur son expression la plus touchante,

Au contraire, dans la rage du désespoir, le désir de la vengeance se peint par le caractère excentrique de l’œil, mais l’impuissance se trahit par l’abaissement forcé interne du sourcil ; et c'est ce qui donne à la rage désespérée sa physionomie la plus hideuse.

Tous les mouvements que nous venons d'étudier sont supposés des mouvements fugitifs et par conséquent des gestes indiquant une situation transitoire de l’âme.

Mais, comme il a déjà été remarqué pour d’autres organes, chacune de ces formes de l'œil peut devenir habituelle par la fréquence des actes sous l’empire d’un sentiment quasi permanent. Alors elles de-

viennent autant de types constitutionnels.

Ainsi ceux qui ont les sourcils habituelment élevés montrent plus de bonhomie que de vie intellectuelle : ce sont des por-

tes ouvertes, De même, les caractères éner-

giques portent plus habituellement les sourcils concentriques.

Physiologiquement parlant, un œil petit est un signe de vigueur, et un œil grand est un signe de langueur, qui n’exclut pas la beauté.

Il y à parallélisme entre le sourcil et la voix, c’est-à-dire que les inflexions de la voix sont d'accord avec les sourcils : Quand la voix s'élève, les sourcils en font autant. S'il y a contradiction entre la voix et les sourcils, c’est qu’il y a quelque chose de sous-entendu. Ainsi quelqu'un qui manifeste de l’étonnement et qui le fait en baissant la voix et élevant les sourcils montre qu’il veut faire l’étonné, tandis qu’il ne l’est pas : « Pas possible ! »

Trois manières de prononcer raiment ! :

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