LE SON EN LUI-MÊME
A l’état sensitif correspond le langage des sons ou des inflexions de la voix.
Le son en lui-même est la révélation de la vie sensitive au degré le plus infime.
Mais il est susceptible de modifications qui le rendent très expressif, et c’est là ce qui fait la base et le charme de la musique.
L’oreille est le plus délicat de tous nos organes. L’œil est bien plus tolérant.
Celui-ci se résignera à voir un mauvais
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geste ; maïs l'oreille ne pardonne pas un son criard, une inflexion fausse. C’est par la voix que l’orateur plaît à l’auditeur.
Aussi peut-on dire que lorsqu’on a l’oreille de quelqu’un, on a facilement son esprit et son cœur. « La voix, disait Delsarte, est une main mystérieuse qui touche, enveloppe et caresse le cœur. »
L'homme a recu de Dieu le privilège de révéler les affections les plus intimes de son être sensible par les mille inflexions de sa voix. C’est ce qui fait que l’homme chante constamment sa parole articulée.
Pour rendre ce fait sensible, on n’a qu’à reproduire lesinflexions d’une phrase quelconque qui vient d’être dite, sans répéter les paroles; et l’on constatera de suite l'air sur lequel cette phrase était dite. Sans ce chant, la parole, non seulement perdrait de son charme, mais quelquefois ne serait pas comprise dans le sens où elle est dite ; car une même phrase peut avoir plusieurs significations, qui ne sont déterminées que par la différence des inflexions qui l’accompagnent.
Nous allons étudier d’abord le son en lui-même. | Le son résulte de l’action simultanée de trois agents : |
un agent provocateur, 1 ; un agent vibratil, 2 ; un agent répercutif, 3.
Dans un violon, ces agents sont : l’archet, 1 ; la corde, 2 ; la caisse résonnante, 3.
Dans un tuyau d’orgue, on a : la soufflerie, 1; l’anche, 2; le tuyau, 3. =
Dans la voix humaine : les poumons, 1 :
les cordes vocales, 2 ; l’arrière-bouche, 3.
On peut facilement multiplier les exemples.
Il y a, dans le son, trois qualités :
l’acuité, 1; le coloris, 2; le timbre, 5.
- L’acuité ou la hauteur du son dépend du nombre plus ou moins grand de vibrations successives par seconde. Plus ce nombre est grand plus le son est aigu.
Le coloris dépend d’harmoniques spé-
ciales du son principal qui se font entendre en même temps. C’est le coloris qui spécialise les voyelles.
Le timbre dépend des harmoniques et des vibrations de toutes natures qui accompagnent le son principal du corps sonore.
C’est le timbre qui permet de distinguer les voix, et de reconnaître les différents instruments.
ARTICLE PREMIER