I. De l'indépendance du caractère individuel
1« De Pénergie extérieure du caractère Ul\
So De la concentration du caractère * Ull
3» De rintcrél que produit la reprcsciUation de pareils caractères. /^85
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taîsie lui en vient , exprimer en vers quelque^uneâ des siluations de sa vie , comme chacun est en état d'écrire une lettre» Un pareil genre, aussi universellement répandu, sans cesse reproduit sous mille formes, quoiqu'avec des nuances différentes , devient bientôt fastidieux. Le vrai talent consiste ici à être doué du pouvoir dé se pénétrer par une sensibilité vive, un sens délicat et une imagination féconde, des diverses situations que Ton veut dépeindre , de s'identifier avec elles , de les animer , de tirer par-là d'une idée commune une œuvre originale , belle et digAe d'intérêt. Les Perses et les Arabes dans le luxe oriental de leurs images, dans l'ivresse à laquelle leur imagination toute contemplative s'abandonne en face du spectacle de la nature, fournissent un brillant modèle pour la poésie actuelle et le sentimentalisme subjectif qui règne aujourd'hui. Les Espagnols et les Italiens ont aussi d'excellentes productions en ce genre. Klopsioek , il est vrai , a dUt de Pétrarque :
ë Pétrarque a chanté Laure <kns des vers fort beaux pour ses admirateurs , mais non pour les amants. *
Cependant , les poésies d'amour de Klopstock sont elles-mtoes remplies de réflexions morales , de vagues aspirations^ d'élans, passionnés, de. soupirs vers le bonheur et l'immortalité, tandis que nous admirons dans Pétrarque la liberté du sentiment, qui s'anoblit par cela seul que tout en exprimant le désir de posséder sa bien-aimée le poète se satisfait en lui-même. En effet , le désir de la jouissance réelle , qu'il s'agisse
DE l'iNDÉPENBANCE PERSONNELLE. 531
de viBh oa d'amour , elc. , peut bien intervenir dans ces chants ; mais l'imagination en éloigne ici dans son propre intérêt Tobjet lui-même ; car c'est en elle, même qu'elle puise tout son intérêt , dans le plaisir de la création artistique qui lui suffit. Elle se déploie librement sous mille formes, se joue dans ses conceptions avec la tristesse comme avec la joie ; l'artiste répand ainsi les trésors de son génie. Parmi les poètes nouveaux qui ont montré cette liberté d'imagination jointe à une sensibilité profonde, Goethe et Ruekerl , occupent le premier rang. La manière de Goethe en particulier diffère beaucoup dans son Divan de celle qui domine dans ses poésies précédentes. Par exemple la pièce intitulée Willkommen und Abschied est remarquable par la beauté du style et la profondeur du sentiment ; mais la situation est tout-à-fait commune ; la fin est triviale , et l'imagination dans toute sa liberté n'a pu s'élever au-delà. Il en est tout autrement dans le chant du Westosdichen Divan^ intitulé Wiederfmdtn. Ici l'amour est placé tout entier dans la sphère de l'imagination, qui trouve dans son propre mouvement son bonheur et sa félicité. En général, nous ne voyons dans de semblables productions ni les soupirs d'un amant épris, ni même aucun désir. C'est simplement l'imagination qui se platt à contempler les objets, qui s'abandonne au torrent de ses impressions et, dans une libre insouciance, s'amuse à jouer avec la rime et la mesure savante des vers. Partout néanmoins respire une satisfaction intime , une séré-
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