‹ Cours d'études historiques [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 59 · PUNIQUE · texte numérisé non relu

PUNIQUE

Messieurs, ce qui caractérise une science, ce qui la distingue des notions vagues et vulgaires , c’est d’avoir une méthode exacte et un but raisonnable, c’est-à-dire d'employer les moyens les plus efficaces pour discerner la vérité de l'erreur, et d'appliquer les résultats de ces récherches aux besoins réels de l’homme et de la société. Les-études historiques n'ont de valeur qu’autant qu’elles remplissent ces deux conditions. Il faut, d’une part, remonter aux sourceside tous les souvenirs, reconnaître , par un examen sérieutides traditions, des Émonuments, des récits, les faits qui demeurent certains ou probables, en écarter l’alliage impur des illusions Het des mensonges ; de l’autre, observer avec une attention profonde l’enchaînement des causes et des ‘ef-

Mets, afin que tant d'expériences mémorables, et trop | 1

2 HISTOIRE ROMAINF,

souvent calamiteuses, contribuent, s'il se peut, aux progrès des connaissances morales et politiques. Vous voyez, Messieurs , que l’histoire, sous quelque aspect qu’on l’envisage, est une science expérimentale , et que par conséquent la philosophie qui la doit régir est celle qui fait consister dans l'observation des choses sensibles les premiers pas de l'intelligence humaine.

Ce sont les annales romaines qui nous ont fourni, durant les années précédentes, la matière d’une étude positive. Elles étaient dignes du plus méthodique examen, par l'éclat des événements qui les remplissent,

par l'importance des leçons qu’elles recèlent, par la con- | sistance qu’elles prennent, et la certitude qu’elles acquiè- | rent à mesure qu’elles s’avancent de l’époque de Pyrrhus |

à celle de Jules César. J’ai tâche de rassembler tous les

éléments de chaque récit, et de vous mettre en présence À

de tous les faits mémorables, autant que la distance qui

nous en sépare pouvait être comblée par lestémoignages, | les monuments et les vestiges qui nous en restent. J’ai | recherché tous les moyens de fixer les dates, de recon- | naître les lieux, de vérifier les circonstances, de remon- ! ter aux causes, d'observer les effets, d'apprécier les À

actions, de juger les personnages, et de rattacher enfin la science des temps passés à celle des mœurs humaines et sociales. Aux relations des historiens originaux ou les plus voisins de chaque événement , j'ai réuni les

mentions qu’en.ofit faites d'autres écrivains de l’anti- 8 quité, et, lorsqu'il y avait lieu, les indications fournies | par desänscriptions, par des médailles, par des débris | quelconques de ce vieux âge; fort souvent j'y ai joint ! les réflexions, les conjectures, les hypothèses des au- ! teurs modernes; en sorte qu’il n’est presque pas d’ar- l

ticle ui vêtu, à cessive.

les rap, fidèles.

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ticle un peu important de ces annales qui ne se soit revêtu, à nos yeux, des couleurs diverses qu'on lui a successivement imprimées. Il a fallu les considérer toutes les rapprocher, les confronter, pour discerner les plus fidèles. | La plupart des souvenirs qui se sont conservés au sein de la république romaine, et qu'elle nous a transmis, ont pour objet ou ses affaires intérieures et surtout les dissensions civiles qui l'ont agitée, ou les guerres sanglautes qu’elle ne cessait d'entreprendre ou de soutenir au dehors. Cependant, au milieu de cette longue succession de catastrophes politiques et militaires nos regards ont pu se porter quelquefois sur une branche moins amère et malheureusement moins féconde des annales de ce grand peuple, c’est-à-dire sur js progrès de son instruction, de son langage et de Fa littérature. Nous avons recueilli d'âge en âge tous hi monuments qui en subsistent, depuis les fragments ds cantiques saliens jusqu'à ceux des livres de Fabius Pictor et de Cincius, jusqu'aux poëmes de Livius de Nævius, d’'Ennius et de Plaute. Nous sommes ainsi parvenus à l’époque où les Romains commencent à profiter des leçons de la Grèce, à s'initier aux secrets des beaux-arts, et à sentir le prix de cette culture des talents, sans laquelle la véritable civilisation ne s’ébauche, ne se développe et ne sé“maintient nulle part, Le premier siècle littéraire de Rome n’estque le cinquième de la durée qu’elle s’attribue ; et il doit fous être permis d'ajouter qu'avant ce siècle elle n’a point histoire proprement dite; car, à peu d’exceptions près, les nations illettrées ne peuvent avoir que des traditions L'histoire n’est pas un simple registre d'actions ou

d'aventures personnelles, accomplies en des lieux et en des temps déterminés; elle doit peindre les états permanents ou insensiblement mobiles de la société, les mœurs , les habitudes, les usages, les institutions, les croyances qui ne changent ou ne s’altèrent que par degrés, sauf les cas pourtant de révolutions vastes et subites. Ces coutumes et ces opinions sont , à vrai dire, les articles les plus précieux de la science historique , ceux qui touchent de plus près à cette philosophie morale et sociale qui doit faire servir les expériences des siècles passés à l’instruction des générations futures. Voilà pourquoi nous avons spécialement étudié le système des institutions romaines, si toutefois ce nom de système convient à une suite d'établissements ébauchés, agrandis, altérés selon les besoins réels ou apparents de chaque époque. Il n’y a guère moins de vicissitudes dans les pratiques religieuses et politiques des Romains que dans leurs entreprises et leurs destinées. Partout leur histoire est pleine de révolutions et de mouvements, alors même qu'il s’agit des dieux et des sacerdoces ; des pouvoirs suprêmes exercés par des monarques, par des dictateurs ; des plus anciennes lois, soit royales, soit décemvirales de la division du territoire; de la distribution de la po= pulation en curies , en tribus, en centuriesides divers genres d’assemblées ou de comices tenus sous ces trois dénominations ; de l'exercice des droits de cité; des qualités de citoyens:ÿde plébéiens , de chevaliers, de patriciens, de sénateurs. Vous avez remarqué des variations fréquentes jusque dans les magistratures qui semblaient les plus régulières, telles que le consulat et, depuis 442, la censure. Ces deux dignités étaient qualifiées curules; titre quiappartenait aussi à la préture et à la grande

édilité.

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D édilité. Entre les magistrats inférieurs, nous avons distingué les édiles plébéiens, les questeurs, et surtout les tribuns du peuple institués dès 493. Le cours de nos études amènera des observations nouvelles sur quelques-unes de ces institutions, et sur plusieurs autres qui ne se sont pas encore présentées à nos regards sous un assez grand nombre d’aspects. C’est lorsqu'elles nous seront toutes connues, du moins autant qu’elles peuvent l'être, que nous aurons vécu au sein de l’ancienne Rome, et que nous en rapporterons des souvenirs précis et profitables.

Tels sont, Messieurs, les divers genres d'observations, de vérifications, de recherches, qu’une étude historique doit embrasser et coordonner. J'avoue ue des livres élémentaires d'histoire ne sauraient prendre cette étendue ; et il parait même qu’une instruction si exacte et si complète n’est pas celle qui conviendrait aujourd'hui à la plupart des lecteurs. Il ne faut, dit-on, que des résultats; mais des résultats dignes de quelque confiance ne s’ohtiennent que par les travaux dont je viens de vous retracer le plan; et ils ne constituent point une science, tant qu’on ne découvre pas, d’une part leurs origines, de l’autre les applications utiles dont ils sont susceptibles. Or j'ai pensé que, dans la chaire que j'ai l'honneur d'occuper, l’histoire devait être traitée comme une science, et par conséquént.soumise, autant que sa matière le permet, aux méthodes rigoureuses qui

“ont assuré les progrès de plusieurs autré$ branches des connaissances humaines. Les mathématiciens ,les physiciens, les naturalistes, n’ont éclairé la société-que

es CUTU- À lorsqu'ils ont renoncé à l’enseignement catéchétique,

a grande substitué aux décisions des preuves, aux croyances des

es quade patriariations

convictions, composé leurs leçons et leurs livres d’observalions, d'expériences, de calculs, d'analyses et d'applications pratiques. Les procédés qui en histoire correspondent à ceux-là sont l'examen des textes, l’interprétation des monuments, la confrontation des témoignages, le rapprochement des circonstances , les réflexions qui tendent à reconnaître l’enchaînement naturel des faits, à saisir les rapports qu’ils ont entre eux, à recueillir enfin l'instruction morale et politique dont ils contiennent les germes. De part et d’autre il s’agit également de rassembler tous les éléments de la science, et de les suivre, d’un œil attentif et pénétrant, dans toutes leurs combinaisons réelles. Un pur et simple tissu de récits, sans indication de leurs sources et sans aperçu de leurs conséquences , remplit la mémoire de notions vraies ou fausses, et ne jette dans les esprits aucune lumière. 1l habitue à croire au lieu de savoir; et il me semble qu’en tout ce qui n’est pas révélation divine, les croyances ne sont que des égarements ; que

celles qu’on appelle fortes, et qu’on recommande à ce |

ütre, seraient, en histoire profane, précisément les plus

L , 0 aveugles ; et qu’enfin, dans les études qui nous occupent, | les vérités ne deviennent reconnaissables qu'avec le |

secours d’un scepticisme exigeant, qui.écarte les illusions et les mensonges.

Je parle, Messieurs, d’un scepticisme qui n’a rien de @ commun avec le doute universel qu’on attribue à d’an- Ë cier: philosophes , et dans lequel il n’y a jamais eu peut- à être plus de bonne foi que de bon sens. Ce charlatanisme | ou ce délire, vulgairement nommé pyrrhonisme, est 1 né au sein de l’école éléatique, l’une de celles qui, dé- À daignant l'étude du monde visible, contemplaient im- À

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médiatement les essences, et » :ndaient ramener toutes les idées humaines à je w sais quel archétype, qu’elles appelaient l'infini, l'absolu ou l’unité. Le pyrrhonisme a commencé, bien avant Pyrrhou , par l’idéalisme, qui niait l'existence des corps, et se vantait de démontrer l'impossibilité du mouvement. C'était là, quoiqu’on en ait dit depuis peu, la doctrine de Zénon d'Élée : elle lui est expressément attribuée par Aristote, par Platon lui-même; et c’est bien en vain qu'on allègue, pour len disculper, quelques lignes inintelligibles de Proclus, qui lui est postérieur de neuf à dix siècles. Cet idéalisme, ce nihilisme de Zénon, et depuis de Pyrrhon, a été l’un des progrès, ou, si l’on veut, l’un des abus de la philosophie qu’on est convenu de nommer platonicienne, parce que Platon est l’écrivain qui, dans l’antiquité, l'a professée avec le plus d’éloquence et de succès. Le scepticisme au contraire tient à la philosophie aristotélicienne, à celle qui, cherchant dans les sensations et la réflexion les éléments de toutes nos idées, même des plus générales, n’aspire à s’éclairer que par l'observation, l'expérience, et la décomposition ou analyse. Il n’est plus question de révoquer en doute tous les faits sensibles et tous les souvenirs distincts , mais seulement de les vérifier avec une attention scrupuleuse, attendu que, parmi les opinions humaines les plus accréditées, il en est beaucoup de chimériques et beaucoup aussi d'incertaines. C’est ainsi, Messieurs, qu’en étudiant l’histoire.des premières années de la seconde guerre punique, et-en reconnaissant ia vérité, j'oserai même dire la certitude des grands résultats et de l’ensemble des récits, nous avons été forcés, par un examen sévère des détails, d’en re-

jeter plusieurs comme fabuleux ou comme suspects. La

crédulité dégrade l’histoire, le pyrrhonisme [a détruit;

il n’appartient qu’au scepticisme, c'est-à-dire au doute

méthodique, de lui donner le caractère d’une science.

Le mysticisme, qui, ainsi que le nihilisme, n’a jamais

été qu’un produit ou qu’un développement de la phi-

losophie platonicienne, s’est introduit aussi depuis quel-

ques années dans l’histoire , et ne l’a que trop dénaturée. Il y substitue aux observations les intuitions , aux recherches les divinations et les pressentiments, aux faits positifs les nécessités, aux détails réels des abstractions, des généralités métaphysiques ; en un mot, au cours mobile des récits vulgaires il substitue des tableaux transcendants, composés a priori, réduits à l’unité , et représentant l’histoire absolue, idéale ou rationnelle. Je vai rien à dire sur ce dernier terme ; car je dois avouer que je ne le comprends point lorsqu'on en fait de tels usages. Les mathématiciens qui l’ont employé les premiers lui donnent une signification précise ; ils appellent irrationnelle ou incommensurable une quantité qui ne peut s'exprimer par aucun nombre entier ou fractionnaire, par exemple la racine carrée de deux; et rationnelle ou commensurable, toute quantité qui peut recevoir une telle expression. En transportant ces termes dans le langage commun , ,on.ne leur a laissé aucun sens déterminé. Le-plus souvent , iërcommensura-

‘ble a été pris pour l'équivalent ou pour l’augmentatif |

d’immense,.quoiqu’il soit loin d’avoir cette valeur; et rationnel se jette aujourd’hui si aventureusement à tra-

vers-toutes les discussions philosophiques , littéraires, qu’il n’y a pas deux fois de suite le même sens. 11 a bien l'air d’un dérivé du mot raison, mais tantôt de

raison si thématiq sage de est sus tions ; et qui se m doctrines ne saurai l'histoire dernier m tout synoi Toutes Platon s’e ‘Élée, ou Irins , elle érature, « effet, que autre sur ertaines € es que lo iques. Ce léfinir, ette ville et dont la Alpes, est n ce nou

énominat ontienne es. On a uer ce ge la fallu i

Be littérat

cts. La raison signifiant rapport comme dans les traités de malétruit; Mthiématiques, tantôt de raison signifiant le meilleur a doute MRusage des facultés intellectuelles. Le plus souvent, il science. . Miin’est susceptible ni de l’une ni de l’autre de ces accepjamais tions ; et il devient ainsi une de ces expressions vagues la phi- qui se multiplient dans la langue à mesure que les is quel- doctrines fantastiques pénètrent dans les esprits. Je )p déna- ne saurais donc vous dire, Messieurs, ce que c’est que ons,aux l'histoire rationnelle : je vois bien seulement que ce nts, aux dernier mot, employé d’une telle manière, n’est pas du des abs- tout synonyme de raisonnable.

| mot, au Toutes les fois que la philosophie de Pytliagore et de tableaux Platon s’exalte jusqu’à l'idéalisme comme dans l'école unité , et ‘Élée, ou jusqu’au mysticisme comme chez les alexan-

nnelle. Je Mdrins, elle tend à communiquer son empreinte à la lit-

is avouer érature, et bientôt après à la société. Il faut bien, en t de tels Meffet, que la pensée influe sur l'expression, et l’une et é les pre- autre sur les mœurs. Voilà comment apparaissent, à ils appel- Mertaines époques, les théories ou les pratiques littérai-

es que l’on désigne aujourd’hui par le nom de romaniques. C’est encore un mot qu’il serait fort difficile de deux; et | léfinir. On voit bien qu’il a pour racine le nom de é quirpeut ette ville de Rome dont nous étudions les annales, ht ces ter- Mt dont la langue, transportée et déformée au delà des laissé au- lpes, est devenuela langue romane. Les ouvrages écrits mensura- Mn ce nouvel idiome ont été appelés romans; et cette gmentatif Méuomination est particulièrement restée à ceux qui valeur; et ontiennent des récits fabuleux d'aventures merveilleuentàtra- Mes. On a fait depuis l’adjectif romanesque pour indilittéraires, Muer ce genre spécial de composition ; et lorsque ensuite sens. lt a | a fallu imposer un nom à un système plus général L tantôt de | lc littérature, savoir à celui qui s'adapte au mysticisme,

antité qui ou frac-

10 HISTOIRE ROMAINF.

on a inventé le mot de romantique, préférable en effet 1 à tout autre par cela même qu'il ne signifie rien du à tout, Ce sera , si l’on veut, la littérature mélancolique du Nord, ou bien l'expression des fortes croyances du ‘ moyen âge, la représentation des mœurs chevaleresques, | la poésie des troubadours, le théâtre de Shakspeare ;}

vous en duits en out cet sentimer mais cor fécondité

en un mot, tout ce qui ne ressemblera point aux com- Ile dispa positions classiques. LÀ ntrepre:

On suppose ordinairement que ce nom de classique| ficulté; i ne remonte qu’à l’usage d'expliquer dans les classes ou}, Lorieus: écoles certains livres considérés comme des modèles.| bricieux «

Mais l’expression classicus scriptor, employée chez les anciens, ne tenait en aucune manière aux pratiques del l’enseignement : elle désigne, dans Aulu-Gelle, les meil. leurs écrivains, ceux qui forment une classe éminente SE besoin ceux qui ne restent pas confondus dans la foule des sienne auteurs vulgaires ou prolétaires : Classicus assiduusi® Je sorti que aliquis scriptor, non proletarius…. Classici… prici, si jen mæ tantum classis homines. Ce titre a distingué le énérales productions qui, placées au premier rang par leurs con} É j'exami temporains , l'ont conservé ou repris à chaque nouvelBersificatil âge de lumières. C’est l’étude de ces chefs-d’œuvre quil ervertit 1 a fait reconnaître les méthodes à suivre pour obteni ouragée

de pareils succès; et le système appelé:classique s’eussi bien ainsi composé d'un petit nombre de préceptes ou déSutrement conseils révélés par le-génie lui-même dans ses créiure, elle tions les plus:heureuses. Non, Messieurs, ces règléhonstruos ne sont pas des liens qui entravent les mouvements dans ses r4 la pensée, ni des barrières opposées à l'essor des tilbenser mé leats : loin de rétrécir la carrière, elles en font décou} l'elle, lors vrir l’immensité, en même temps qu’elles en signalet@u dans d les écueils. La littérature classique est sans borne De tou

‘ultes, en lui , exce sent de lo

ñ CENT CINQUIÈME LECON. 11 e en effet MS ous en pouvez juger par la variété infinie de ses proe rien du Muits en chaque âge et en chaque genre : elle embrasse ancolique Mout ce qu'il y a de vrai et de beau dans les idées et les yances du M cntiments de l'homme. Sans doute elle est un système, leresques, MSnais comme la nature en est un; et voilà pourquoi sa akspeare ; fécondité demeure inépuisable: ce n’est qu’au terme où aux com- Me]le disparaît que la stérilité recommence. Le romantisme

Mentreprend et n’achève pas ; il n'ose vaincre aucune difficulté; il abandonne toutes les tâches qui deviennent laborieuses, et se complait dans la multitude de ses capricieux essais ; il est fécond, ainsi que les champs in- -ultes, en ivraie et en ronces; tout pullule et croît chez lui , excepté les véritables productions, qui partout exisent de longs et opiniâtres efforts. La nature elle-même a besoin de temps et de soins pour accomplir et mürir es siennes.

Je sortirais, Messieurs , du sujet que je dois traiter issici… préc, si je m’arrêtais plus longtemps à des considérations te lshénérales sur la littérature romantique, et plus encore

r leurs con; j'examinais en détail à quel point elle dégrade la aque nouvéersification, dénature la poésie, égare la pensée, et -d'œuvre quervertit l’art d'écrire; si enfin j'exposais comment, dépour -obteniouragée par les chefs-d’œuvre et désespérant de faire lassique s’eBussi bien, elle:s’est figurée qu’il lui suffirait de faire ceptes ou dButrement , et qu'au-lieu d’initer attentivement la naans ses créa@ure, elle aurait moins de peine à la surpasser par des s, ces règlnonstruosités. Je ne dois envisager le romantisme que ouvements dSlans ses rapports avec l’histoire; et je pourrais me disessor des tibenser même de vous entretenir des usages qu'il fait n font décou@l'elle, lorsqu'il la transporte dans des pièces de théâtre ; en signalen@u dans des romans.

sans bornes

e classique} classes oui s modèles.} yée chez les!

ratiques del Ile, les meile éminente| la foule del 15 assiduusi

De tous temps les poëtes dramatiques ont puisé des

sujets dans les annales des peuples; mais y trouver MSromant: immédiatement tous les détails et le plan d’une tragédie, Met voici,

les plus habiles d’entre eux ne l'ont pas espéré : ils ont MSn'en flét

senti le besoin et largement usé du droit de retrancher, Met qu'il d'ajouter, de modifier et d’intervertir. Ils pensaient ap- Miles scien paremment qu'il ne saurait y avoir d'art sans conve- MS L’hist

nances , de poésie sans fiction , de spectacle dramatique une plac sans illusion. Mais presque partout aussi, au premier Mlittéraire

et au dernier âge des théâtres, on a cru qu’il suffisait Mcendre; | de traduire les récits en scène, et qu'il ne fallait pas Bgendes p d'autre fable que le rapprochement des faits qui pou- dans ce d

vaient le plus frapper les regards. Ce sont là des ques- tendu qu tions littéraires que je n’entreprends pas de discuter. quelque r 11 me paraît seulement qu’un tel système ne peut con- de Pline | tribuer aux progrès réels ni de l’art théâtral, ni de l’in-Mde/ectas,

struction historique. Œlarpe l'a Il y aurait plus de profit à tirer des romans histo- Sans doute quand il n

riques ou des histoires romanesques, qui se sont fort multipliées de nos jours, mais dont il existait depuis vingt-trois siècles un exemple classique dans la Cyro-À pédie de Xénophon. Là , on ne veut emprunter à l’his-i toire qu’un petit nombre de noms, d’époques, de faitsk mémorables, de résultats généraux : la fiction achève l'ouvrage; et l’on prétend qu’elle a plus de moyens de bien représenter les mœurs, par cela même qu’elle n'est point assujettie.à raconter exactement les actions} Ce qui est certain, c’est que les livres de ce genre se composent fort vite, et se lisent, une première fois très-avidement. L’instruction qu'on suppose qu’ils ré. pandent est-elle aussi réelle et aussi pure qu’elle est fa cile à donner el à recevoir? Je crois qu’il est permis d'en douter. Mais il s'agit d'examiner l'influence du

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CENT GINQUIÈME LEÇON. 13

romantisme sur les livres historiques proprement dits ; et voici, Messieurs, les raisons que j'ai de craindre qu'il n’en flétrisse les formes, qu’il n’en altère les éléments, et qu'il n’éteigne la lumière qu'ils doivent jeter sur es sciences morales et politiques.

L'histoire avait pris, chezles Grecset chez les Romains, ne place honorable parmi les grandes compositions littéraires : le romantisme du moyen âge l’en a fait descendre; il l’a transformée en chroniques arides, en légendes puériles ; et plus d’une fois, pour la maintenir dans ce déplorable état ou pour l’y ramener, on a prétendu qu’elle ne peut jamais manquer de plaire, de quelque manière qu’elle soit écrite. C’est une maxime e Pline le Jeune : Historia, quoquo modo scripta, electat. Quand elle serait de Cicéron, comme la Harpe l’a supposé, je ne la trouverais pas plus vraie. Sans doute il faut lire les chroniques les plus informes, quand il n'existe pas d'autres relations originales; elles

: peuvent bien être instructives et nécessaires; mais il

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influence du

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,° LA se qu'ils ré qu’elle est fai

est difficile de sentir ce qu’elles ont de délectable, et e ne vois qu’un grand dommage à décolorer ainsi le ableau des destinées humaines. Il n’est point d'intérêt ju’une diction barbare ounégligée n’affaiblisse ; et, pour peindre les révolutions des empires , les égarements et es malheurs des peuples, ce n’est pas trop de toutes

Mes richesses d’un style énergique, rapide, animé. Il est

rai seulement qu’en aspirant à ce but-on s'impose un ravail difficile , et que, si l’on peut s’en dispenser en le léclarant classique, on accumule à bien moins-.de frais es volumes. Qu’importent les incorrections, la monoonie, la sécheresse, l’insignifiance? L'histoire romanique est ainsi faite; et l’on assure qu’elle doit toujours

plaire, de quelque manière qu'elle s'y prenne pour #

être insipide.

Un second moyen de simplifier beaucoup la tâche À

est de renoncer à toute critique, de prendre les récits M tels qu’ils se rencontrent chez un chroniqueur, de les $ transcrire ou de les traduire dans leur naïveté primi- # tive. Vous direz que cette pratique si commode expose f

à reproduire des erreurs ou des mensonges : D'accord, ! vous répondra-t-on ; mais voilà toujours les faits comme À

on les a r'acontés; voilà les traditions, les croyances, l’es- 4 prit du vieux temps. J'ignore, Messieurs, si vous serez M pleinement satisfaits de cette réponse. Les annales de tous les siècles, et particulièrement celles du moyen! âge, se composent d'événements sur chacun desquels il! existe quelquefois des témoignages très-divers. Park exemple, lorsqu'il s’agit de la prise de Constantinople} par les croisés en 1204, si vous n’écoutez que Ville. hardouin, vous piaindrez peu le sort des Grecs, et vousk serez disposés à croire qu’ils ont mérité leurs malheurs :# lisez d’autres récits, et surtout ceux de Nicétas, vous! verrez cette catastrophe sous des aspects un peu diffé.i rents. Au milieu de ces relations plus ou moins discor:| dantes, si l’historien moderne ne vous en offre qu’une

seule, celle qu'il juge la plus romantique, s’il ne vous avertit même pas qu’il en existe d’autres, il ne traite

plus l’histoire comme une science, il s’épargne le soin d’en recueillir leséléments; et, quand il réussirait à vous}

plaire, ce dont je n’oserais trop répondre, il ne vous} instruirait pas.

Peut-être même aura-t-il pour dernière maxime quel l’histoire ne doit rien enseigner, et qu’il est de sa naturel de n’aboutir à aucun résultat. Quintilien dit, en effet!

qu'elle s’ bitur ad ertain q!

1 son tra:

philosoph Dpinions.

pnages, d onséquen système pi er ou fav es arrang pectus ne ais, de ci lcrminé, s iles à tou ion consis 1oyen âge, bosant des oigneuse l'ous les siè thé dans le ons; et au a peine de de devaien Dérimentés Je viens estravaux Dorautisme otre ère et t la littéra hroniques : douzième

É CENT CINQUIÈME LEÇON. 15 ne pour Mu'elle s'écrit pour raconter, non pour prouver : Scri-

Mbitur ad narrandum , non ad probandum ; et il est la tâche Mertain que l'historien remplirait fort mal ses devoirs, les récits Mi son travail tendait, comme celui d’unorateur ou d’un r, de les philosophe, à défendre une cause, à soutenir certaines é primi- Mbpinions. On attend de lui des dépositions, des témoile expose M nages, dont il n’a dû ni préparer ni même prévoir les J'accord, Mronséquences. S'il vous annonce, s'il établit d'avance le ts comme Système politique ou moral que ses récits devront amences, l’es- her ou favoriser, vous aurez droit de craindre qu'il ne yous serez BBes arrange tout exprès pour une telle fin; et ce prosinuales debectus ne sera propre qu'à vous les rendre suspects. du moyen Mais, de ce qu’il ne faut pas qu’ils aient un but prédédesquels ilerminé, s’ensuit-il qu'ils doivent rester étrangers, inuivers. Par Miles à toute étude philosophique, et que leur perfectantinopleBBion consiste à n'être d'aucun usage? Ce n’est qu’au que Ville-noyen âge, et à des époques très-récentes, qu’en comcs, et vous posant des livres d'histoire on a quelquefois évité si malheurs :# oigneusement qu’ils devinssent bons à quelque chose. étas, vous ous les siècles éclairés , anciens et modernes, ont cher- \ peu diffé-Whé dans les annales humaines des exemples et des lebins discor-tons; et au fond je ne sais pas pourquoi l’on prendrait ffre qu’une] a peine de les écrire, de les lire, de les étudier, si elles s’il ne vousllbe devaient janiais contribuer à nous rendre plus exil ne traiteMbérimentés et plus-sages.

gne le soin Je viens de vous exposer, Messieurs, quelle est, sur irait à vousliles travaux historiques, l’influence de lilluminisme et du jilne vousfomantisme. Elle a été fort sensible au second siècle de Dotre ère et durant les suivants, lorsque la philosophie maxime queliit la littérature des néo-platoniciens ont amené l’âgé des de sa naturehroniques, des ténèbres et de la servitude. Depuis it, en effet fe douzième siècle, et surtout depuis le milieu du quin-

2 RP SP ST PR rm 2 à

zième, des écoles expérimentales et classiques se sont M consula peu à peu relevées dans les diverses contrées de l’Eu- " chus, él rope : la société leur doit tous les progrès qu'elle a faits, 8 née par toutes les directions qui l’entrainent lentement, mais@# saient al constamment, au bon ordre et à la liberté, Parmi les Publius causes des pas rétrogrades qu’elle pourrait faire, je liaient à n'en connais pas de plus redoutables que le crédit qu'ob-Æautre pa tiendraient le mysticisme et le mauvais goût, car ils ne MS Masiniss portent dans leur sein que l'oppression et le désordre ME pes de S N'avons-nous pas vu, de nos jours même, à quels excès Syracuse épouvantables l’enthousiasme, l’exaltation des senti- Met y repr ments , l'empire des idées absolues, le discrédit de l'ex @traire, se périence, la décadence des études littéraires , et l’ignobleM@ les mouv barbarie du langage, peuvent conduire un peuple doux et Bornile et poli, déjà même assez cultivé pour aspirer à devenir prévenir | libre? et l’histoire de tous les âges antérieurs ne nouBsacre des apprend-elle pas qu’on renonce à toutes les garantie tion : le j sociales, à mesure qu’on dédaigne les méthodes exacteinandait e dans les sciences et dans les arts? N’en doutez pas, Mes c'est celui sieurs, une philosophie extatique et une littérature va @vint édile poreuse n’offrent de chances qu’à l'anarchie ou au pou-selon Pol voir absolu; et le plus grand service que nous puission@aussi com rendre aujourd’hui aux générations qui vont nous suc@à Fulvius céder, est de résister aux mouvements irréfléchis qu Ces de les engagent en des routes si fausses et si périlleusesle 15 ma Mais il ne m'appartiendrait pas d'entrer ici plus avan@l'ère vulg: dans ces considérations politiques ; il doit me suffire dfAnnibal, vous avoir.montré ce que deviendrait lhisioire, euveldeux légid loppée.de tant de nuages et de prestiges. ane: utlet Filvius pour me reufermer dans le genre d’études auquel cettcus prit, chaire est consacrée, je vais reprendre les annales rofvaient sé

“ “aines au point où nous les avons laissées. L'histoire di eur, Clau 3 ?

ks se sont ; consulat de Fabius Maximus et de Semprouius Gracs de l'Eu- ; chus, élus en l’année 213 avant notre ère, s'est termi- Île a faits, À Enée par le récit des mouvements militaires qui se pasent, mais! 14 saient alors en Espagne et en Sicile. Les deux Scipions Parmi les Publius et Cnéius, enrôlaient des Celtibériens , et s’al-

faire, je M liaient à Syphax, l’un des rois numides, Mais, dans une édit qu'ob- autre partie de la Numidie, régnait Gala, dont le fils, car ils ne Masinissa, s’armait pour Carthage et battait les troudésordre.MfE pes de Syphax. l'endunt que se continuait le blocus de quels excès ME Syracuse, le proconusul Marcellus parcourait la Sicile, des senti-M et y repreuait juelques places. D'autres cités, au condit de l’ex:!

et l'ignoblel euple doux r à devenir!

rs ne noui| s garanties| des exactesl ez pas, Mes!

térature va 2 où au pouus puissions nt nous suc réfléchis qu périlleuses.

ci plus avan

{les mouvements des généraux carthaginois Himilcon et Bomilcar. Le commandant romain Pinarius ne sut prévenir la défection de la ville d'Enna que par le massacre des habitants. À Rome, on tint des comices d’élection : le jeune Publius Scipion, fils de celui qui comimandait en Espagne, entra dans la carrière politique; c'est celui qui a été depuis surnommé l’Africain. Il devint édile en 212, et eut pour collègue son frère Lucius selon Polybe, Céthégus selon Tite-Live. J'ai exposé aussi comment les faisceaux consulaires furent décernés à Fulvius Flaccus et à Claudius Appius Pulcher.

Ces deux.nouveaux magistrats entrèrent en charge e 1h mars de l’an de Rome 542, 2 avril 212 avant l’ère vulgaire. Ils avaient à continuer la guerre contre me suffire dffAnnibal, dans le midi de l'Italie, chacun à la tête de stuire, euveldeux légions que leur remirent l’ex-consul Fabius fils Nantes utlet Fivius Centumalus. Le préteur Cnéius Fulvius Flacauquel cettécus prit, en Apulie, le commandement de celles qui s annales roflhvaient servi en Lucérie sous Æmilius. Un autre pré-

L'histoire dieur, Claudius Néron, occupa Suessula avec les troupes AIX, 2

Atraire, se détachaient du parti de Rome pour seconder.

Meet on nr mn à ms ref aes

que Térentius venait de commander dans le Picénum. | 0 les fer Ce Néron et Cnéius Flaccus eurent besoin de faire des M nés pe recrues pour mettre leurs divisions au complet. Juaius compl: Silanus, troisième préteur, eut le gouvernement mili- + :ccusè: taire de la Toscane. Cornélius restait seul à Rome pour À da exercer la préture urbaine et celle des étrangers. C'é- M haie. À

tait le sort qui avait ainsi distribué les départements de M si gran ces AE magistrats. On maintint comme généraux à peine P d’armées Sempronius Gracchusen Lucanie, Sempronius 47 positior Tuditanus dans la Gaule, Lentulus dans l’ancienne pro- | parent, vince romaine de la Sicile, Marcellus dans les Etats teux. M d'Hiéron , Otacilius à la tête de la flotte, Valérius enl l'accusé Grèce, Mucius Scævola en Sardaigne, les deux anciens ils s’effo Scipions en Espagne. Voyez, Messieurs, à combien} noncé. | d’expéditions la république savait à la fois pourvoir : Fulvius elle avait alors vingi-trois légions, y compris les deux «temps nouvelles que les consuls levaient. L’audace d’un Pos-$ « que la: thumius de Pyrgès troubla ces enrôlements : c'était «nue? » un publicain ou fermier, comme Pomponius de Véies. un rapp Les publicains, en se chargeant des transports militai-@ bler et res, avaient stipulé que le gouvernement supporteraillf ayant d les pertes occasionnées par les tempêtes ; et, profitant dé attentat cette clause, ils supposaient de faux naufrages, ou en} une acti provoquaient de réels. Ayant chargé sur des navire Jusqu’ald délabrés et hors de service une assez modique quan au viate tité de marchandises d’une mince valeur, ils coulaienl qu'il ne à fond ces bâtiments en haute mer, recueillaient le ter. Le matelots sur des esquifs préparés exprès, et produl point au saient des états d’effets précieux abîmés au sein dé buns; d flots. Dès l’année précédente, le préteur Atilius aval point ava découvert cette fraude, et l'avait dénoncée au sénat, qfcuses va s'était abstenu de toute rigueur, pour ne pas indisposi ses biens

CENT CINQUIÈME LEÇON. 19 Picénum. M ; faire des "M et. Juoius 4 ment mili- 4 Rome pour

igers. C'é- 4

les fermiers, dont les services continuaient d’être réclamés par les besoins publics. Le peuple se montra moins complaisant. Deux de ses tribuns, Spurius et Carvilius, | accusèrent Posthumius, et proposèrent de le condamner à une amende de deux cent mille pièces de monnaie. Au jour indiqué, les plébéiens s’assemblèrent en si grand nombre, que la place du Capitole suffisait à peine pour les contenir. Posthumius comptait sur l’opposition d’un troisième tribun, Servilius Casca, son parent, qui n'osa pourtant pas remplir un rôle si honteux. Mais les publicains, confrères ou complices de l’accusé, s’attroupent , et, par des rixes tumultueuses, ils s'efforcent d'empêcher que le jugement ne soit prononcé. Un combat allait s'engager, lorsque le consul Fulvius dit aux tribuns : « Ne voyez-vous pas qu’il est «temps de congédier l'assemblée, si vous ne voulez point «que la sédition éclate et que votre autorité soit mécon- «nue? » Les consuls convoquèrent le sénat, et lui firent un rapport sur les manœuvres employées pour troubler et dissoudre l'assemblée du peuple. Les sénateurs ayant déclaré qu’une violence si scandaleuse était un attentat contre la république, les Carvilius intentèrent une action capitale contre Posthumius, qu’ils n'avaient jusqu'alors menacé que d’une amende, et ordonnèrent au viateur ou huissier de le traîner en prison, à moins qu'il ne dounât des répondants obligés de le représenter. Le traitant fournit des cautions, et ne comparut point au jour indiqué. Nouveau réquisitoire des tribuns; décret portant que si Posthumius ne se présente pointavant les calendes de mai, ou n’allègue pas des ex-

tements de è & généraux À empr'ontus cienne pro- 4 is les États} Valérius enk eux anciensh à combienf s pourvoir à pris les deux ce d’un Pos-# nts : C'était ius de Véies Dorts militai-!

supporterail , profitant dé rages, Ou € r des navire odique quan , ils coulaieil cueillaient lei ès, et produi és au sein dé ir Atilius aval se au sénat, qi » pas indispos®

cuses valables, il sera tenu pour banni; qu’on vendra ses biens au profit de l'État; qu’on lui interdira le feu

nius |

et l’eau. On procède ensuite contre chacun de ses com- # curule

plices, auteurs du tumulte : ils sont accusés de crime ca- M pital; on veut qu’ils fournissent des cautions. Ceux qui "4 porta n’en peuvent donner sont mis aux fers; bientôt même SK Grass:

ceux qui en offrent sont arrêtés; et la plupart, pour à 0 Publi se dérober aux poursuites, se condamnent eux-mêmes | pontifi à l'exil. p gistrat

Les enrôlements restaient difficiles, parce que la | sur cr jeunesse était trop peu nombreuse pour compléter les MBBes plus anciennes légions et pour en former de nouvelles. Le Mimort, C sénat, sans dispenser les consuls de poursuivre les le 3 uus est

vées, nomma six inspecteurs, qu’il chargea de parcourir M#2/ex ra les bourgs, les villes, les marchés d'Italie : trois de MK sæffect. ipontifica

ces commissaires devaient accomplir cette mission dans un espace de cinquante milles autour de Rome; les trois M autres au delà. Il s’agissait de reconnaître ce que cha-h que canton offrait de jeunes gens de condition libre,f et d’enrôler tous ceux qui paraitraient assez robustes! pour porter les armes. On invitait les tribuns du peu-b

ius et C ife et po succédé « est imagi:

Ptait revé

ple à proposer une loi qui ferait compter les campa-MFain; qu ges du jour de l’enrôlement, sans attendre que l’enrôléfimple pc aussitôt

entrât dans sa dix-septième année. Par ces moyens, lesh levées s’opérèrent. Le chapitre où Tite-Live fait ce réfontificat cit en contient un autre qui n’est pas sans difficulté, eth | nous dont voici une traduction littérale : « Des comices se} membre « « tinrent pour l'élection du souverain pontife ; Marcusife souv

« Cornélius Céthégus, nouveau pontife, les présidaMprésiden « Trois candidats briguaient avec acharnement cettelue l'un | « dignité: le consul Quintus Fulvius Flaccus, qui avail Pxpliquer « été auparavant deux fois consul et une fois censeur/fomices 0 « Titus Manlius Torquatus, illustré aussi par deux conluelconq « sulats et par l'exercice de la censure; Publius Lici de Cicér

ne

CENT CINQUIÈME LEÇON. 21 e ses com- Me nius Crassus, qui devait demander de plus lédilité , crime ca- x curule. Ce troisième concurrent était jeune : il l’em- 2x porta sur les deux autres, vieux et honorés. Avant ce Crassus, personne, depuis cent vingt ans, excepté k Publius Cornélius Calussa, n’avait été créé grand pontife sans avoir rempli auparavant quelque magistrature curule. » La première observation à faire sur ce récit, c'est que Tite-Live nous a dit, trois pases plus haut, que, le grand pontife Lentulus étant nort, Céthégus lui fut donné pour successeur : (Horuus est) eo anno Lucius Cornelius Lentulus ponifex maximnus…. In Lentuli locum Marcus Cethegus suffectus est). Comment se fait-il que le souverain pontificat soit encore vacant? C’est, répondent Sigoius et Crévier, que Lentulus était à la fois grand ponife et pontife ordinaire, et que Céthégus ne lui avait succédé qu’en la seconde qualité. Mais ce double rôle est imaginaire : il n’y avait que huit pontifes, dont l’un tait revêtu du titre et de l'autorité de pontife souveain; quand il mourait, on commençait par élire un imple pontife, qui recomplétait le nombre de huit; et aussitôt après on choisissait entre ces huit le chef du bontificat. Tite-Live nous débite ici tout autre chose : | nous amène trois compétiteurs, dont aucun n’est membre du collége pontifical; et celui qu'il crée ponife souverain y vient porter ce nombre à neuf. La résidence des comices par Céthégus, qui ne serait plus ue l’un des pontifes ordinaires, n’est pas plus aisée à expliquer; car c’étaient les consuls qui tenaient les omices où le peuple procédait à l'élection d’un poutife uelconque. Nous en avons la preuve dans une lettre le Cicéron à Brutus , où il est dit que, les consuls Hir-

. Ceux qui 4 tot même # art, pour eux-mêmes

rce que la 4 mpléter les uvelles. Le ivre les le le parcouri +: trois d

uns du peu:

les campa-@ que l’enrôléf moyens ,. les!

ve fait ce ré difficulté, etlh :s comices St} itife ; Marcu} les présida

nement cette cus, qui aval fois censeur'# par deux co Publius Licr®

22 HISTOIRE ROMAINF.

tius et Pansa étant morts, il fallut attendre que les comices par centuries leur eussent donné des successeurs,

accom!

partire

pour avoir un président des comices par tribus qui de- 4 circons

vaient nommer aux places vacantes dans les colléges 1 répand: sacerdotaux. Répondre, comme on le fait, que ce ré- 4 préteur oime n'existait pas encore en 212, c’est une pure hy- nous l’a pothèse, à l'appui de laquelle on ne peut citer que le 0 cherche

récit même pour lequel on l'a inventée. J'aimerais de Marc mieux supposer avec Grævius qu’il faut lire ea comi- \ au préle téa € ethegus petiit, au lieu de hubuit : « Céthégus de} D remarq: «manda qu'on lint ces comices. » Cependant cette cor-BE déjà, s rection est encore très-hasardée. On serait d’ ailleurs | époque « comme l’observe Rollin, curieux d’ apprendre les rai-MS Tite-Liv sons de la préférence donnée au novice Licinius Cras À nam Roc sus sur les deux personnages consulaires désignés ici camnpo 1 comme ses compétiteurs. Enfin l’on est asser embarrassih tt mir, du Cornélius Calussa, cité par Tite-Live comme ayan\M que ml, été grand pontife avant d’avoir passé par aucune charge gum ex eurule. Ce nom de Calussa est inoui dans la famill que, qua Cornélia. Sigonius proposait d’y substituer Scapula chi ita surnom qu'en effet on voit appliqué ailleurs à und@« Troyen branche de cette famille. Mais le besoin de recourir #Ss’agit de tant de conjectures pour commenter ou rajuster un exSmurs de posé de sept ou huit lignes autoriserait. à soupçonne te forcd

qu'il a été ou fort altéré par les copistes, ou bien mall(on sup

conçu par l’auteur. En général, la seconde moitié dfà Diomè

vingt-quatrième livre de Tite-Live et le commencemen@ce que d

du vingt-cinquième prêtent beaucoup à la critique. Æ« qu'à cé

Cet historien raconte que les féries latines retinren@c jusqu’à

à Rome les consuls et les préteurs jusqu’au cinquième tile à 1

jour avant les calendes de mai (27 avril romain, 1 «riers n

mai julien en 212); que ce jour-là même, après avc sons, «

e les co- M accompli sur le mont Albain les sacrifices usités, ils

cesseurs, partirent pour leurs divers départements, et qu’en ces s qui de- Æ circonstances les prophéties d’ua devin appelé Marcius s collèges 4 répandaient de nouvelles alarmes superstitieuses. Le ue ce ré- ; # préteur urbain de l’année précédente avait été, comme

pure hy- #4 nous l'avons vu, chargé par un sénatus-consulte de reer que le MS chercher les livres de théologie hétérodoxe : les oracles J'aimerais 8 de Marcius étaient tombés eutre ses mains, il les remit ea comi- î au préteuc urbain de lan 212, Cornélius Sylla. On y thégus de- remarquait deux prédictions, dont l’une, accomplie cette cor-@#é déjà, semblait accréditer l’autre, qui concernait une d’ailleurs, W époque encore à veuir. La première est rapportée par Tite-Live en ces termes : 4mnem Trojugena Cannam Romane, fuge : ne te alienigenæ cogant in campo Diomedis conserere manus. Sed neque credes tu mihi, donec compleris sanguine campum ; multuque mmillia occisa tua deferat amnis in pontum magnum ex terra frugifera; piscibus atque avibus ferisque, quæ incoluntterras, iis fuat esca caro tua : nan mihi ita Jupiter fatus est. « Romain, descendant des « Troyens, fuis le fleuve de Cannes » ( on ne sait s’il s'agit de l’Ofanto, ou d’un ruisseau qui coulait sous les

dre les raiinius Crasdésignés icil embarrasse) omme ayant} cune charpgel ns la famille 1er Scapula# leurs à und le recourir à juster un exmurs de Cannes); « fuis, de peur que des étrangers ne à soupçonne@« te forcent à combattre dans le champ de Diomède » ou bien mi (on supposait que la plaine d’Arpien Apulie était échue de moitié dia Diomède dans le partage entre Daunus et lui; c’est mmencemen@ce que dit Festus). « Mais tu ne m'en croiras pas jus-

a critique. Mc qu'à ce que tu aies rempli de sang cette campagne, ines retinren@c jusqu’à ce que le fleuve ait porté, de cette terre ferau cinquièn « tile à limmense mer, plusieurs millions de tes gueril romain, 1Mc riers massacrés, et que ta chair soit la pâture des poise, après avoil «sons, des oiseaux , et des monstres terrestres; car voilà

« ce que Jupiter m’a révélé. » La seconde prophétie pa- M j'A poll rut plus obscure, dit Tite-Live, parce que l’avenir est tou- rétère jours plus incertain que le passé, et aussi parce que le Miprès qu langage en était plus énigmatique. Je doute pourtant, ain soi Messieurs, que vous la trouviez très-ambiguë. La voici : s es céré Hostem, Romani, si expellere vultis vomicamque, M ictime: quæ gentium venit longe, Apollini vovendos censeo Milkemvirs ludos, qui quotannis comiter Apollini fiant : quum ler à Ap populus dederit ex publico partem , privati uti confe- Mhèvres rant pro se suisque. lis ludis faciendis præerit prætor Minache to és qui jus populo plebeique dabit summum. Decemviri "ment de græco ritu hostiis sacra faciant. Hæc si recle faxitis, publia u: gaudebitis semper, fieique res vestra melior. Nam is faux frais divus exstinguet perduelles vestros , qui vestros cam- Live, l'o: pos pascunt placide.« Sivous voulez, Romains, expul- Mpour ob! « ser l’ennemi et le fléau qui vient des nations lointai- démie, « « nes, je suis d'avis que des jeux soient voués à A pollon ; Miple y assi « jeux qui, tous les ans, seront célébrés en son hon-des supp « neur, tant par un décret du peuple et aux frais du naisons, « trésor public, que par les contributions queles particu- ‘ Ces dé « liers offriront pour eux-mêmes et pour leurs familles uiena « A ces jeux présidera le préteur, celui qui rendra licemvirs « justice suprême au peuple et aux plébéiens. Que leshius Rufi « décemvirs les célèbrent par des sacrifices selon la ylla, dé « liturgie grecque. Si vous faites cela régulièrement} ranspo

« vous serez toujours en joie, et vos affaires devien-Mbréteur

« dront meilleures; car ce dieu exterminera vos eines] nomme

« mis, qui dévorent tranquillement vos campagnes. comme L'historien assure qu’il fallut toute une journée pour inMpar ce «

terpréter cet oracle. Le lendemain, un sénatus-consulteftre xvi

chargea les décemvirs d'interroger les livres sibyllin@rassemb sur les jeux et le culte divin à pratiquer en lhonneudprésent

hétie pa- j'Apollon. Le rapport entendu, les pères conscrits déiresttou- rétèrent que des jeux seraient voués à ce dieu; qu'’ace que le 4 Drès qu'ils auraient été célébrés, douze mille livres d’ai-

pourtant, Main seraient mises à la disposition du préteur, pour

La voici : : es cérémonies sacrées et l’immolation de deux grandes icamque, rictimes. Un tre sénatus-consulte ordonna aux déos censeo Mlcemvirs de se conformer à la liturgie grecque, d’immo- L: quum 4 ler à Apollon un bœuf aux cornes dorées , à Diane deux uti confe- chèvres blanches à cornes dorées aussi, à Latone une erit prætor E ache toujours aux cornes dorées. Le préteur, au mo- Decemviri ment de faire célébrer ces jeux dans le grand cirque, Le faxitis, î publia un édit qui enjoignait aux citoyens de contribuer or, Nam is ï aux frais de cette solennité. Telle est, poursuit Titeestros cam- Live, l’origine des jeux Apollinaires, voués et consacrés ains, expul- pour obtenir la victoire, et non la cessation d’une épions lointai- fdémie, quoique ce soit là l'opinion cominune. Le peus à Apollon: ple y assista, la couronne sur la tête; les dames firent des supplications publiques. On ouvrit les portes des inaisons, et l’on dressa dans les rues les tables des festins.

Ces détails, Messieurs, se retrouvent chez Macrobe, jui en ajoute quelques autres. Il dit que l’un des déemvirs ou quindécemvirs sibyllins s'appelait Cornéius Rufus , et reçut à cette occasion le surnom de Sibylla, dont on a fait par contraction Sylla. Macrobe ransporte peut-être à un quindécemvir les noms du préteur Publius Cornélius Rufinus, qu’on a pu surnommer alors Sibylla ou Sylla, et qui est considéré comme le chef de la branche des Cornélius distinguée par ce dernier surnom. Nous lisons de plus, au chapitre xvi1 du livre 1° des Saturnales, que, le peuple étant rassemblé au théâtre pour assister à la première re-

en son hon- L ux frais duf eles particu- ‘ eurs familles. h qui rendra la iens. Que les ces selon la

gulièrement;} aires devien-|

era vos eñne-} -ampagnes. À arnée pour ini atus-consultel ivres sibyllini en l'honneur présentation des jeux Apollinaires, tout à coup le bruit

se répandit que l'ennemi était aux portes de la ville, M

On abandonne le spectacle; on court aux armes, on 1 & nu vole à la défense des murs. Les Carthaginois sont re. 4 a . ; poussés. Mais à qui doit-on cette victoire? Au dieu 4 lat de Apollon , au dieu de la lumière et de la chaleur, qui, À ‘eillard du tropique du Cancer ( on entrait alors dans l’été ), lan- % en cait directement ses rayons propices sur le champ de A bite bataille. On avait vu une nuée de flèches qui frappait# out Le l'ennemi , le mettait en fuite, et ramenait les vainqueurs | SE sains et saufs à leurs divertissements religieux : £ogueh Bauel soin tempore, nubes sagiltarum in adversos visa ferri, et} Res hosiem fugavit, et victores romanos ad spectaculali” Dans | dei sospitalis redurit. Ou revint, en effet, reprendre les 4 ne jeux; et, par surcroit de bonheur, on y retrouva un} et en Esp

vieillard nommé Caius Pompouius, qui n'avait pasl quitté le théâtre ni discontinué d’y danser, empêchant par là que les cérémonies sacrées ne fussent interrompues, ce qui eût été une irrégularité funeste. « Tout val « bien, puisque le vieillard danse, » s’écria le peuple ro-l main : Salva res est, dum sultat senex; paroles qui restèrent proverbiales. Érasme les cite dans son savant recueil d’adages, mais en les modifiant un peu: Omnii secunda, saltat senex. Servius, dans son commentaire)

sur l'Énéide, énonce le même proverbe en ces termes:

Salva res, saltante sene. I] suppose d’ailleurs que le

vieillard a dansé tout seul au milieu de la célébration des jeux du cirque, et apaisé par ce moyen le courrouif de la mère des dieux. Verrius Flaccus donne au vieu danseur le nom de Caïus Pomponius, et dit que, pendant cette danse solitaire, on repoussait une irruption dei ennemis; mais il place l’anecdote sous le consulat dé Caius Fulvius et de Caius Sulpicius, qui n'ont jamaid

la ville. BR CENT CINQUIÈME LEÇON. 27 rmes, on 1 s sont re- 4 Au dieu eur; qui, 1 ’été ), lan-# champ de L hi frappait À rainqueurs | x: Eoque ;

a ferri, et spectaculu} prendre lesh etrouva un n'avait pas empêchant}

t interrom:}

e. « Tout vi!

e peuple roparoles quil

s son savanil peu : Omniull ommeñtaire

, ces termes:

Ileurs que le

a célébration le courroui!

nne au vieu que, pendan irruplion des

£té consuls ensemble; et, dans un autre endroit, où, d'après Sinnius Capito, il date plus exactement l'instiution des jeux Apollinaires, en la rapportant au consulat de Fulvius et d’Appius, il change le nom du ieillard, de Pomponius en Volamnius. Vous concevez assez, Messieurs, quels doutes ces variantes doivent nspirer, surtout lorsqu'il s'agit d’une tradition qui ient aux superstilions populaires ; et les derniers récits ue vous venez d'entendre vous ont assez montré avec quel soin les chefs de l’État entretenaient la crédulité grossière de la multitude.

Dans notre prochaine séance, j’exposerai les événements militaires qui se sont passés en Italie, en Sicile et en Espagne, durant l’année 212.

e consulat dé n'ont jaman

Le CALLLLLLALLLELSILLELULELEELALILELLLEARLLSLIIU LOILLOLOLLLALLLLSELLLLSS | ÿ

exacte, T re Léon quartier ivers au ’avons fa de l’Achr gnédesre plus. En c

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