TOTAL
Le nombre de véhicules que doit posséder une exploitation dépend à la fois du tonnage et des distances à parcourir. Il est né-
cessaire de rétablir avec une grande largeur, pour tenir compte des réparations, ou des mauvaises répartitions, afin que les chantiers ne manquent jamais de chariots pour écouler leurs produits.
liOCOHOTIlES SOUTERRAINES
B%9 — La voie ferrée, qui a pris naissance dans les mines, a reçu au dehors une immense expansion. Au contraire, la locomotive, dont l'invention et les perfectionnements se sont effectués au jour, donne lieu à de très grandes difficultés, pour raccommoder au service de Tintérieur. Cette idée, si naturelle, s'est pourtant présentée de bonne heure (% et malgré de nombreui échecs, elle reparaît périodiquement. Elle semble entrée aujourd'hui dans une ère plus favorable.
Ce fonctionnement est installé, dans de très bonnes conditions, aux houillères de Cessons et Trebiau (fig. 232) (*). Il existe également une traction par locomotives à la mine de fer de Mazenay ('}. Dans les grandes exploitations de Laxcy (île de Man), on emploie aussi ce genre de moteurs (*), ainsi que dans les charbonnages de Doman (*) et de Sieczen (Banat) ('). On le rencontre, de même, aux mines de pyrite deJRio-Tinto, et dans les bassins anthraxifères de Pensylvanie.
(») Bull, min,, 2\ VII, 604; IX, 129; X, 397. — Ledoux, Annales, 7% V, 391, 437. m.—CHM, octobre 1879, 248; 1881, 118; 1882, Zb.—Bull, Soc. denc, 5% VI, 531- Joumal des Mines, 1878, 275. — G. Heinricli, Emploi des locomotives souterrainef [Zeitschrift fur Kârnthen, IX, 238).
(«) Bessard, Bull, min., 2% X, 397.
p) CRM, 1879, 248.
(*) La voie présente une largeur de 0'",46, avec des courbes de 3 mèli*eâ de raToit. Les roues ont 0",375 de diamèti-e, les cylindi'es O^jlO de diamètre et 0*,15 de course. Les locomotives travaillent à 10 kilogrammes, et traînent 12 à 13 tonnes, avecune vilesrf de 9 à 10 kilomètres.
(5) Chaque locomotive traîne 30 wagons, ou 22 tonnes, à raison de 7 kilomètres. Le poids de la machine chargée est de 4,5 tonnes, la surface de ciiaufle 8»*,5, la force totale 10 chevaux, la pression 10 kilogrammes. Les cylindres ont 0".15 de diamètre et 0'»,21 de course. Le maître-couple n'est que de l*"*,?»
(6) Holtzer, Bull, min., 2-, IX, 139.
MATÊRIKL ROULANT. 707
Les locomotives de mines sont souvent exposées à patiner, en raison de la grande légèreté qu*on s'attache à leur donner, pour qu'elles puissent circuler dans des galeries relativement étroites, et ne pas fatiguer d'aussi faibles voies. L'état des rails y contribue, de son côté, par la condensation de la vapeur, qui les graisse en y ûxant des matières fuligineuses. Les boites à sable, destinées à remédier à cet inconvénient, usent rapidement les bandages. Mais on a indiqué un moyen plus simple d'augmenter l'adhérence, en dirigeant sur le rail, au-devant de la roue, un jet de vapeur chaude (*).
630 — Le principal obstacle que rencontre l'emploi de ces moteurs est la production de fumée et d'oxyde de carbone, qui seront envoyés dans les travaux, si la ventilation entre par la galerie des locomotives, tandis que, si elle marche en sens inverse, elle amènera l'air grisouteux des tailles sur les foyers ambulants. On a essayé, à Hayange, de laver la fumée dans une bâche à eau, pour fixer les matières fuligineuses ; mais ce procédé reste impuissant vis-à-vis de l'oxyde de carbone.
11 semble que l'on puisse trouver des ressources, sous ce rapport, dans l'emploi des machines sans foyevy que l'on appelle également machines à eau chaude et machines à provision de vapeur (').
Mais une solution plus nette encore, pour les mines munies de compresseurs, consiste 'dans les locomotives à air comprimé. Le fluide que répand alors la machine le long des galeries, au lieu d'être délétère, n'y exerce qu'une action bienfaisante. De grandes locomotives de ce genre ont fonctionné pendant le percement du Saint-Gothard, dont la ventilation était difficile f). On en voit de plus
(<) Génie civil, Uh 516.
(*) Locomotive sans feu (Lavoiniie, Annale» des ponté et chaussées, 5», XVI, 261). — Locomotive sans feu (Stapfer, Bulletin de l'Association scientifique de France, n« 433, pages 308, 332). — Locomotive sans foyer (Francq, Compte rendu de l'Association française pour V avancement des sciences, 1878. — Collignon, Bull, Soc. rf««c., 3*, VI, 9. *— Génie civil, III, 148. — Locomotive à eau chaude (Francq, Les mondes, XLVIII, 448)* — Locomotive à vapeur emmagasinée [CRM, juillet 1876, 5). — Flourens, Étude sur la traction mécanique des tramways. Lille, 1876.
{^} Bull. Soc. d'enc, 3% llï, 23. — Revaux, Annales, 7% XV. 4:0.
petites aux mines de Graissessac, établies d'après le procédé Mékarski {fig. 425, 424), avec la bouillotte caractéristique de ce système ('). Il existe également des locomotives à air comprimé dans les houillères de Penslier (Durham) {*). Je citerai encore, dans cet ordre d'idées, les locomotives élec-
triques des mines royales de Zankcrode (Prusse), allégées de toute la pesanteur de l'eau et du combustible, présentant, d'après cela, un poids plus constant, et ne donnant ni fumée, ni vapeur, ni escarbilles (').
631 — H convient également de mentionner, à cette place, les locomotives routières (*), qui ont été utilisées, dans de rares
(') La ïoic a 0",60; la locflmolive ; 1-,10 de largeur, Burl",55de hauteur, le réservoir cube 1300 lili-es, et r«nfennc 56 kilogi-ammes d'air coroprîraû à 30 almaapbhrj- Ln bouillolle conlieiil 75 litres d'eau chaude. Le iliamélre des roups est de 0",^5, l'écarteincnl des essieux 0'',S0. Le poida total est, en cliarge : 2300 kilogramoKs (iïollier, Bull, mi»., S-, IX, 130. — Clianstelle, CRU, i8î8. 208. — Appareil! eipoté$ par la Sociélâ gÉnéi-ale des moteurs  air comprimé du système Sékarski. Pari^, cbet Éthiou-Pérou, p. 20J.
(') Elles posent 711 kilograiiimes, marclieul à la pression de M kilogranunes. atec des cylindres de 0°,10 de diauiètre el ((".ÏO de course. Elles traînent 2 à 3 tounn, à raison de 10 ù 13 kilomàtrcs à l'tieure [Glatgots Herald du 3 août 1818. — CRM. 1878, 208).
(') Tresco, Buil. Soc. iTene., 3*, X, 530. — Génie civil. III, 502. — Die eleklrtteki Eitenbaha lu Lichterfelde {Glaiers Anaalea far Geicerbe und Bauieettn. 1881. Band Vlir, lien 13).
(') Halon de la Goupillière, Rcvae da pregrè» ricentt de rexphilation dt* wàmt* tt de la coialruclioH dea machina à vapeur [Annalei. 7*, ÏVI, OG;.
occasions ('), non pas précisément dans les mines, où l'on n*a nulle raison de s'abstenir de poser des voies ferrées, mais à leurs abords, pour en écouler les produits sur des routes ordinaires. C'est, du reste, une assez fausse solution. Si le pays est peu accidenté, il se prêtera, sans doute, à l'établissement de chemins de fer, et s'il est montagneux, à l'emploi de plans inclinés, ou, dans des cas extrêmes, de plans aériens.
Disons enfin que des locomotives ordinaires ont été quelquefois utilisées 0, non plus pour la traction libre sur palier, mais pour élever les matières sur des rampes très redressées. Comme elles ne sauraient les gravir en raison de la simple adhérence, on les fait alors travailler de la même manière que les chevaux, dans des conditions analogues ; c'est-à-dire qu'elles circulent sur palier, en halant le train à l'aide d'un câble et d'une poulie de renvoi, établie au sommet du plan incliné.
Les considérations relatives à l'emploi des locomotives devaient naturellement trouver leur place dans ce chapitre, consacré au matériel roulant. Je ferai, en môme temps, observer, que nous y trouvons un premier exemple des tractions mécaniques, dont le fonctionnement, à l'aide de machines fixes, fera l'objet du chapitre XXIX.
(•) On les a employées aux mines de Sain-bel, sous la forme de tricycles, afin de moins fatiguer les ornières. Elles conduisaient des trains de 16 à 20 tonnes. Mais elles ont disparu lors de rétablissement d'un grand plan automoteur.
(*) Par exemple, aux mines de Saint-Pierre-d'Allevard.