NOMBRE
GOMBUSTim.K
CORSOIUIÊ
Chevaux
DE XACH15BS
Toancs
Pas-de-Calais
Loire
Nord ....
Saône-et-Loii'e
Gard
AUier
Boucbes-du-Rhôiic
Haute-Saône
Total pour la Frakcb. . .
Cuivre 2^,816
Fonte 3^,484
Fei- 3^,906
(IJaton de la Goupiliiôre, Revue de* queetione êcientifiquee, U, 1028.) (') Slatiêtique minérale pour 1880, p. 71.
TRANSniSSIONS
7IMI — Barres de renvoi. — Les moyens employés dans les mines, pour transmettre, à distance, le travail mécanique d'un moteur jusqu'à un opérateur, se rapportent aux cinq catégories suivantes : 1* les barres de renvoi ; 2" les câbles ; 5® Tair comprimé ; 4* Teau sous pression ; 5* Télectricité.
Les barres de renvoi sont, pour les grandes longueurs, Téquivalerit de la bielle d'une machine ordinaire. Il y a lieu, en ce qui concerne leur emploi, de distinguer le sens horizontal et le sens vertical.
La première de ces deux applications a, aujourd'hui, à peu près disparu. On formait ces renvois de longuerines de bois, assemblées bout à bout. Elles étaient supportées sur des pièces oscillantes, et, par suite, animées d'un mouvement alternatif de translation circulaire (*). Avec une telle disproportion entre la longueur et l'équarrissage, il devient impossible d'agir en refoulant. Pour ce motif, le système était double, et deux semblables longuerines se trouvaient réunies Tune à l'autre par des liens, articulés, en leurs milieux, sur les pièces oscillantes. On exerçait alternativement des tractions sur chacune de ces barres, pour éviter d'avoir à fouler avec l'autre.
Dans le sens vertical, ces organes prennent le nom de maîtresselige. On en fait un grand usage, et nous les décrirons en détail dans la théorie des pompes de mines (chap. XXXVIII). La connexion des barres horizontales avec cette maîtrcsse-tîge s'effectuait au bord du puits, au moyen d'un énorme varlet, ou levier coudé, analogue aux renvois de sonnette.
705 — Câbles. — Le câble se substitue très avantageusement aux pièces rigides, en raison de sa souplesse. Il est l'organe essentiel de l'extraction verticale, des tractions mécaniques, et des plans automoteurs. Son étude formera l'objet du chapitre XXXI.
[') Haton de la Goupilliëre, Traité de» mécaniême^, 1S4.
lU ROULAGE.
Des câbles de renvoi proprement dits ont été parfois installés, entre un moteur placé au jour et le fonctionnement d*un service souterrain. On peut citer, comme exemples, le système corde-queue d'Aniche, de 550 mètres de développement horizontal, relié par un câble, sur une hauteur verticale de 500 mètres, à la machine à vapeur qui avait été installée à la surface (') ; ainsi que la chaîne sans fin suspendue dans le puits de Gannow Colliery (Burnley, Lancashire)(*).
Les câbles télodynamiquesy dus à M. A. Hirn, remplaceraient les barres de renvoi, pour les transmissions de force d'une intensité modérée, que l'on pourrait avoir à installer sur le carreau d'une mine, mais ils ne seraient pas pratiques dans l'intérieur.
Ces câbles métalliques sont l'équivalent des courroies sans fin usitées dans les machines. Seulement, la distance devient relativement énorme, ce qui rend nécessaire d'alléger le câble, en lui donnant un faible diamètre : 15 à 20 millimètres en général ('). On ne peut, dans ces conditions, lui demander qu'une tension limitée, et, par conséquent, ce n'est qu'au prix d'une très grande vitesse : 20 mètres par seconde, par exemple, que l'on pourra transmettre une force en chevaux d'une certaine importance. Les points d'appui devant, pour éviter le glissement, être animés d'une vitesse égale, ne pourront être que des poulies d'un très grand diamètre. On les établit sur des piliers élevés, afin qu'en faisant chainette entre ces supports, écartés ordinairement de 100 à 125 mètres, le câble n'arrive pas à traîner à terre. On a pu s'étendre ainsi jusqu'à 2 kilomètres de distance. On a obtenu, à Schaffouse, la transmission, à 600 mètres, d'une puissance de 750 chevaux. Le rendement est très favorable : on ne perd que 2 7o ^ 300 mètres, et moins de 10 7o ^ ^ kilomètres.
706 — Eau sous pression. — L'emploi de l'eau comme agent de transmission est fondé sur son incompressibilité presque abso-
(*] Georges VuiUemin [BM, min.^ 2*, IV, 429). Une communication analogue a été établie au Martinet près Charleroi (Supplément du Traité de Ponêon, U, 53). (*) Transport mécanique de la houilie, traduction de Briart et Weiler, p. 90. P) Tresca {Bull. Soc. d'eue. 3% X, 514).
lue. Tandis qu'un câble constitue, au point de vue abstrait, une ligne de longueur invariable, et de forme indéterminée, incapable de pousser, mais apte à tirer; une conduite cylindrique pleine d*eau fournit, de même, une ligne de longueur invariable et susceptible de se plier aux formes les plus compliquées ; seulement elle est, à l'inverse du cas précédent, incapable de tirer, et apte seulement à pousser. Cette combinaison fournit un merveilleux engin, capable de transmettre, à plusieurs kilomètres, des efforts de plusieurs milliers de tonnes, au moyen de pressions qui sont, la plupart du temps, d'une vingtaine d'atmosphères. On réalise, dans de telles conditions, pour des opérations multiples et compliquées, un rendement 4e 20 pour 100 environ. La simple manœuvre d'un robinet suffit pour produire la mise en train, aussi bien que l'arrêt de l'appareil (*).
M. Ângély emploie, dans les conditions suivantes, l'eau comprimée, pour transmettre au fond le travail développé à la surface (*). Il disjwse, au jour, la première partie d'un accumulateur, c'est-à-dire un moteur à vapeur et une batterie de presses hydrauliques, permettant d'injecter de l'eau dans une capacité qui se trouve soumise à une pression très élevée. Cette capacité n'est autre qu'une conduite, présentant la longueur nécessaire pour aboutir, dans l'intérieur de la mine, au point voulu, sur lequel on dispose la seconde moitié de l'accumulateur, à savoir un cylindre vertical, dans lequel peut se mouvoir un piston chargé de poids.
En injectant une quantité d'eau égale au volume de ce cylindre, on remonte le poids jusqu'à son sommet. 11 a fallu, pour cela, dépenser (sauf l'influence des résistances passives), un travail marqué par le produit de ce poids et de la hauteur du cylindre. A ce moment, on interrompt la communication entre le moteur extérieur et le cylindre, et l'on met ce dernier en rapport avec une petite machine rotative, ou à colonne d'eau, en y dépensant l'eau renfermée dans l'accumulateur. Le poids redescend alors, en fournis-
(*) Tresca {Bull, Soc. d*enc. 3% X, 317).
(*) Uii*sch, Rapports du jury de V Exposition de 1878. Groupe VI, classe 54, page 376.
sant un travail égal à celai que le moteur avait dû dépenser pour son ascension.
707 — L'incompressibilité de l'eau permet encore de transmettre très simplement le mouvement alternatif d'un piston (*).
Concevons, à cet effet, deux cylindres égaux A et B (fig. 455) dont les extrémités opposées sont mises en relation par les tuyaux T et T'. Le premier de ces cylindres est installé dans le voisinage du moteur» qui en actionne directement le piston a. Le second se trouve près du mécanisme qu'il s'agit de commander, par l'intermédiaire du piston 6. Tout le système est plein d'eau.
Fig. 4S3.
Si l'on suppose que a se déplace, vers la droite, d'une certaine quantité, il refoule, dans le tuyau T, une quantité d'eau égale au volume engendré par son mouvement dans le corps de pompe A. Le tube T dégorgera donc un volume égal dans le cylindre B, et, pour cela, le piston b devra s'y mouvoir de la même quantité que a, et dans le même sens. En raison de ce déplacement, 6 refoule, sur sa face opposée, un égal volume d'eau dans la conduite T'. Celle-ci restituera, par conséquent, la même quantité de liquide au cylindre A, laquelle viendra occuper, en arriére de a, le volume engendré par lui. On voit ainsi que les mouvements de
(*) Oa trouve, dans l'intérieur des mines, de semblables installations k Verras >rdèche), à la mine Phœnix (Corawall), à Ikouno (Japon), à Kladno (Hev. u. d. m. et u.. 1868), à Sulzbach-Altenbach [CRM, décembre 1876, 1. — ZeiUchrifl BHS, XXII, 179; XXIII, 60). On peut encore rapporter à ce même ordre d'idées la pompe- sans-4imite Pnidhomme, qui présente une application très ingénieuse d'un système analogue, et dont il sera question dans le chapitre XL [CRM, janvier 1877, 29).
ces deux organes seront nécessairement synchrones, et formeront l'exacte reproduction l'un de l'autre. L'opérateur se trouve, en conséquence, influencé par fr, à l'autre extrémité de la traasvûssion, comme il le serait par a, au contact même du moteur.
A cet ensemble on devra joindre, d'une part, des soupapes de sûreté, pour le cas où une perturbation quelconque, tendant à refouler plus d'eau que les capacités n'en peuvent contenir, ferait monter démesurément la pression. Il faut, en outre, à un point de vue inverse, un appareil foulant, permettant d'injecter, dans l'intérieur, des quantités d'eau suffisantes pour réparer les fuites.
708 — Si, maintenant, nous rapprochons les uns des autres les trois modes d'emploi de l'eau qui viennent d'être indiqués successivement, nous trouvons, dans celui du n®689, l'injection, à l'intérieur de la mine, d'une quantité d'eau absolument déterminée, car elle est le quotient du travail à produire par la hauteur de chute. Elle peut, par conséquent, devenir considérable, en augmentant, de la manière la plus fâcheuse, en l'absence de galerie d'écoulement, le volume des pompes d'épuisement, indépendamment des résistances passives mises en jeu par cette action motrice à deux degi^.
Dans le système de l'accumulateur (n^* 706), nous rencontrons encore une injection d'eau, mais qui peut être limitée à volonté, si l'on a soin d'augmenter la surcharge du piston ; car le travail de chaque cylindrée i^ste proportionnel à ce poids.
Enfin, dans le système des cylindres conjugués, la quantité d'eau reste fixe. Elle agit, ainsi que nous l'avons dit, à la manière d'une courroie, et l'on n'eflectuc plus aucune introduction de liquide à l'intérieur des travaux.
T09 — Air comprimé. — L'air étant un fluide aussi répandu que l'eau, en même temps que doué de propriétés très différentes, il était naturel que l'on cherchât à l'utiliser également, comme agent de transmission. Cet emploi peut se concevoir d'après le double mode qui vient d'être indiqué pour celui de l'eau (n*** 706, 707).
Imaginons, en premier lieu, que Ton ait confiné une colonne d'air
dans une conduite, fermée par deux pistons à ses extrémités. Si l'on agit sur l'un d*eux, Tair interposé se comprimera, et le second piston ne pourra se retrouver en équilibre avec la pression atmosphérique, à laquelle il est soumis sur sa face libre, qu*en se déplaçant d'une quantité égale, pour que le gaz reprenne son ancien volume. De là un moyen très simple de transmettre le mouvement. J'ajouterai que ce procédé est de la plus grande délicatesse, et qu'il a fourni à M. Marey des résultats remarquables, dans ses appareils de précision, destinés à transmettre à un indicateur graphique, des mouvements à peine sensibles, tels que celui du pouls.
Ce principe n'est pas non plus absolument étranger à la pratique des mines, car on a employé ce moyen de communication, pour la transmission des signaux de la recette inférieure, au mécanicien chargé delà conduite de la machine d'extraction. Mais, en même temps, il est bien clair que ce procédé reste limité à des forces à peine perceptibles, et ne saurait jouer aucun rôle efficace, dans la question qui nous occupe en ce moment.
ItO — C'est donc le second moyen que nous devrons mettre en œuvre, à savoir l'injection dans la mine, d'un certain volume d'air, renfermant en puissance la quantité d énergie, qui lui aura été communiquée par un moteur extérieur, et dont il devient le véhicule.
L'appareil dont on se sert pour cela, porte le nom de compit»seur (% Il se compose d'un moteur, d'une pompe de compression et d'un réservoir.
Le moteur sera ordinairement une machine à vapeur. Cependant, on a également utilisé la force hydraulique, qui est souvent surabondante dans les pays de montagne où s'exécute le percement des grands tunnels, et où se rencontrent, fréquemment aussi, les mines métalliques. Parfois même, on a employé directement la puissance
(^) Ce n'est pas ici le lieu de présenter la théorie détaillée des compi^esseurs. Elle sera exposée dans le Traité de machines qui succédera à ce Traité d'exploitation des mines, pour la publication complète du Cours d'Exploitation et Machines de TÉcole supèricui»e des Mines. Je me borne, en ce moment, à ce qui concerne les indications générales d'installation, comme je viens de le faire pour les moteurs hydrauliques ou à Yapeur.
de l'eau à la compression de l*air, au moyen de cloches ou de colonnes oscillantes, en évitant à la fois le moteur et la pompe proprement dite.
Le compresseur proprement dit (*) était mené autrefois très lentement, afin d'éviter réchauffement de l'air, inséparable d'une compression trop active. On tend aujourd'hui à augmenter la rapidité de l'allure, en vue de diminuer le volume de l'appareil, en donnant plus de coups de piston par minute. On prévient alors l'élévation de la température par des injections d'eau pulvérisée.
L'air comprimé se trouve par là chargé d'humidité. Pour ce motif, on lui laisse le temps de s'égoutter dans des réservoirs, qui sont quelquefois simplement d'anciennes chaudières hors de service. Il est toujours facile, d'ailleurs, de chasser cette eau au dehors, on ouvrant, de temps en temps, un robinet purgeur.
711 — Il est d'autant plus nécessaire de dessécher l'air, autan| que possible, que l'un des écucils les plus directs de son emploi, avec les machines à tiroir, consiste dans le refroidissement intense qui est occasionné par la détente {*). Cet abaissement de température a pour résultat de congeler la vapeur d'eau, et d'empâter, dans la glace, les organes de distribution, on paralysant leur mouvement. On est obligé de les enfermer dans une enceinte, traversée par un courant d'eau chaude. Si l'on trouve quoique difficulté à se la procurer au fond de la mine, on lui substitue l'extinction de la chaux.
(*) VemoWei, L'air comprimé et tes applications, Paris, 1876. — Mallard, Étude théorique sur la machine à air comprimé [Bull, min,, l"', XU, 615). — Hasslacher [Annales 6% XVH, 527). — Rev. univ. d. m. et m., 1", XXXI, 455, Chansselle; XXXIH, 415, Trasenster ; 2«, HI, 668, Mativa. — Colladon [Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXXXII, 572). — ^ihourl [Mémoires de la Société des Ingénieurs civils, 18 juin 1875). — Pochet, Nouvelle Mécanique industrielle, 230. — A. Evrard, Traité d'exploitation, I, 122. — De\i]lez, Percement du tunnel sous les Alpes. — The theory of closed air ongines by Slaby [Proceedings of the Institution of civil Engineers, LVI). — Verhandlungendes Vereines zur Deforderunjç des Gewerbfleisser, 1877, 376. — Uaton de la Goupillière {Annales, 7- XVI, 195, 190).
(•) On sait que ce phénomène est employé dans les appareils frigorifiques pour déterminer mécaniquement l'abaissement de la température, et qu'il a également formé la base des procédés à l'aide desquels MM. Cailletet et Pictct ont réussi à liquéfier les gaz jusqu'alors incoercibles.
Le système Mekarski écarte d'ailleurs cette difficulté, par l'emploi de sa bouillotte caractéristique.
En dehors de cet inconvénient, le rafraîchissement dû à la détente de l'air comprimé, exerce une salutaire influence sur l'atmosphère des mines. De plus, l'oxygène ainsi répandu dans les travaux, vient en aide, dans une certaine mesure, à la ventilation. Ajoutons encore que l'on emploie quelquefois la pression de l'air, dans les percements de galerie à l'aide de la perforation mécanique, pour donner une chasse près du front de taille, afin d'en écarter les émanations grisouteuses, au moment de faire sauter les coups de mine (*).
Cette circonstance crée à l'air comprimé une très grande supériorité sur l'injection d'eau motrice, dont il est nécessaire de se débarrasser après qu'elle a rempli son office, et qui est gênante et salissante, tandis que l'air disparait de lui-même, en n'exerçant que des influences bienfaisantes. Ajoutons qu'à égalité de transmission d'énergie, la déperdition due au frottement de l'air dans les conduites, est beaucoup moindre que pour l'eau comprimée. A une distance de 6 kilomètres, la perte est souvent inférieure à iO pour 100.
712 — Indépendamment de la perte sur le parcours, il faut, toutefois, tenir compte de celle qui est due au fonctionnement de la machine à tiroir, actionnée par l'air comprimé. Ces deux déficits viennent s'ajouter à celui qui se produit dans la machine motrice, employée à mettre l'air en tension.
Souvent, au lieu de réduire, comme nous l'avons fait ici, le rôle de l'air comprimé à celui d'un simple agent de transmission, on l'inscrit au rang des moteurs. Quand on se place à ce point de vue, il ne faut pas oublier que ce n'est, dans tous les cas, qu^un moteur de seconde main. L'air atmosphérique ne recèle en lui-même aucune source d'énergie actuellement disponible, puisqu'on ne peut le mettre en présence d'une enceinte tenue à une moindre pression. On ne peut donc l'assimiler à l'eau, qui est capable de développer de la puissance en descendant à un niveau inférieur, tout comme
(*) Nous vcrronB cependant plus tard (chap. XLV, g 4), qu'il y a de grandes réserves à apporter, en ce qui concerne l'efOcacité de ce procédé.
LA FORCE motrice; DANS LES MLNES. 787
le charbon, en s*unissant avec l'oxygène. L'air est seulement apte à devenir un réservoir très commode, pour l'énergie développée par un moteur distinct. Il en reste le dépositaire souple et bienfaisant au point de vue de l'exploitation souteiraine, mais infidèle, puisqu'à la perte déjà consommée dans le moteur proprement dit, . il en superposera nécessairement une seconde, pour le déploiement de la puissance dont il est le véhicule, et une troisième pour pour son propre transport.
En résumé, ce n'est pas, logiquement, au point de vue économique que se recommande l'emploi de l'air comprimé; mais il rachète ce défaut par des avantages si importants en ce qui concerne l'intérieur des mines, que son application n'a cessé de s'y développer d'une manière constante. On l'y a employé pour la perforation mécanique (n* 207), le fonçage des puits par le procédé Triger (n° 334), les locomotives souterraines (n° 630), les tractions mécaniques (*), l'extraction (') et l'épuisement (').
En général, on ne dépasse pas des pressions de 3 atmosphères, ou tout au plus 4 ou 5. Cependant on a fonctionné à 8 ou 9, pour les grands percements, mais en prenant des précautions attentives pour prévenir la formation de la glace. Presque toujours, on marche en pleine pression, en renonçant, en vue de la simplicité, à l'économie que procurerait l'emploi de la détente. Du moins, on la restreint dans d'étroites limites. Le prix de revient varie beaucoup, suivant la valeur de la pression, ainsi que la nature du moteur et du mode de fonctionnement. M. Pernolet donne comme une movenne la formule suivante (*). Pour transmettre à 1 kilomètre une force effective de i cheval, il faut dépenser par heure 0 fr. 25 à 0 fr. 30, dont 0 fr. 05 à 0 fr. 10 pour l'intérêt et l'amortissement des frais de premier établissement, et, d'autre part, 0 fr. 15 à 0 fr. 20 pour les salaires, l'entretien, les fournitures et les consommations courantes.
(*) Ryliope, Powels' Duffryn, Kladno.
P) Brunay, Bully-Grenay, Ghalounes, Ronchamp, Saars-Longchamps, Govan, Scol-lane, Bridge-pite.
(') Au Non Iccau, dans le pays de Galles, le bassin de Sarrebrtick. (*) L'air comprimé, p. 575.
713 — L'extraction atmosphérique, qui procède au moycii dû vide, et à laquelle nous consacrerons le chapitre XXXV, peut être rapprochée de cette dernière application, comme fournissant un procédé tout à fait analogue, pour l'utilisation de la puissance développée à la surface par un moteur à vapeur.
714 — Électricité — L'emploi de l'électricité comme agent de transmission, encore à son début ('), est appelé à prendre, dans les mines, un grand développement. On ne saurait, en effet, imaginer un intermédiaire plus simple qu'un cable électrique, à travers des voies étroites, sinueuses, compliquées de déviations à angle droit, dans le plan horizontal ou en passant de la verticale à l'horizontale.
Il faut toutefois faire une réserve, en ce qui concerne les mines grisouteuscs, dans lesquelles on, peut redouter l'inflammation du gaz par une étincelle. L'humidité est également nuisible. On ne devra pas hésiter à préférer, sans exagération, bien entendu, un trajet plus long, mais sec, à une traversée particulièrement humide. La pluie permanente qui tombe dans certains puits, peut arriver à imbiber les conducteurs. Cependant, en les laissant pendre librement suivant la verticale, on les y a maintenus dans un état d'isolement sufBsant. Il est bon, pour faciliter les réparations, d'enrouler, en certains points du circuit, des provisions de câble, afin de les avoir immédiatement sous la main pour remédier aux avaries.
715 — Déjà trois installations électriques souterraines ont
(*) C'est le 3 juin 1873 que M. Fontaine a fait la première expérience de ce grcnre à TExpositlon de Vienne. Le 2G mai 1876, MM. Félix et Clirétien exécutèrent le labourage électrique de Sermaize. En 1881, M. M. Deprcz transmettait, de Miesbach à Municii. une force d'un demi-cheval, à 57 kilomètres de distance. En février 1883, il a repris ces expériences, aux ateliers du chemin de fer du Nord, devant une commission de l'Académie des sciences, en transmettant une puissance de quatre chevaux et demi enTiron, à une distance de 8500 mètres (Tresca, Conférence sur la transmission du travail mécanique par les courants électriques, Bull. Soc. eTenc, 3', X, 519. — Un grand nombre d'auti*es travaux importants, relatifs au problème de la transmission de l'énergie par la voie de l'électricité, en visaj^é d'une manii^ic générale, ont été publiés par MM. J. Bertrand, Cornu, du Moncel, M. Lévy, H. Deprez, A. Achard, Baure, Boulanger, Évi*ard, Lacoine, Vanderpol, etc. Mais je me bornerai à mentionner ci-dessous ceux qui traitent la question, spécialement au point de vue de l'exploitation soulen*aiac) .
fixé rattention des ingénieurs ('). Au puits Thibaud, de la Compagnie des houillères de Saint-Étienne (*), un lambeau de la septième couche, compris entre un rejet et la limite de concession, ne pré-' sentait pas une importance suffisante pour mériter le réavalement du puits, et le percement d'un travers-bancs. On dut préférer, à ce moyen normal, l'organisation d'une extraction intérieure dans un faux puits.
La Compagnie de Blanzy a établi dans la mine de Saint-Chamond (') une traction mécanique, exigeant la transmission de 4 chevaux de force à 634 mètres.
La Compagnie des mines de la Péronnîère (Rive-de-Gier) a, de même, installé à la fosse Saint-Antoine (^) une traction en remonte, pour éviter un réavalement de 70 mètres et un travers-bancs de 400 mètres, à ouvrir dans des roches très dures. Le plan incliné présente HO mètres de longueur, avec une pente de 0,40. La distance de transmission est de 120(J mètres, dont 400 verticaux au puits du Chône. Dans la môme mine, une autre génératrice-Gramme actionne une seconde réceptrice, à 1500 mètres de distance, pour effectuer une extraction verticale, à l'aide d'un bure de 26 mètres de hauteur.
716 — J'esquisserai ici, comme exemple, l'installation du puits Thibaud.
A l'extérieur, se trouve une machine à vapeur, dont le piston a 0'",I8 de diamètre et 0",52 de course. Une courroie commande,' avec un rapport de vitesse égal à 20,5, la génératrice, qui fait
(*) D'autres projets sont étudiés à I^ Ghapelle-Sous-Dun, au Montcel-Sorbiers, etc.
(^) Rossig^neux, Transport de force par l'électricité, installation du puits Thibaud {Bull, mhi., 2*, X. 882). — Rossigneux, Installation d'une transmission électrique au puits Thibaud {CRM. 1882. 3).
[') Graillot, Transport de force par l'électricité, expériences faites aux mines de Blanxy {Bull, min.f 2*, XI, 89). — Graillot, Résumé des expériences faites sui* un treuil mû par l'élecU-icité {CBM, 1882, 34).
(*) Charousset et Bague, Application de l'électricité comme transmission de force aux mines de la Péronnière {Bull, min.^ 2*, XI, 5). — Charousset, Rendement des machines électriques installées aux mines de la Péronnière {Bull, min., 2% XII, 10}.— Charousset, Installation aux mines de la Péronnière d une transmission électrique pour une exploitation en descente {CRM, 1881, 230).^ Charousset, Transmission électrique des mines de la Péronnière {CRM, 1885, 5).
79e ROULAGE.
1800 tours. Deux câbles transmettent le courant à 250 mètres. Us sont formés de 16 fils de cuivre rouge, de 0"*,0011 de diamètre, recouverts de coton et de toile imbibée de caoutchouc. Ces conducteurs pendent librement dans le puits Thibaud, qui a 130 mètres de profondeur. La réceptrice-Gramme fait 1500 tours. Elle actionne un treuil de O'^ySO de diamètre, qui tourne 250 fois moins vite. Un embrayage spécial permet d'effectuer Tarrét et le change* ment de marche.
On monte* à chaque voyage, en 3 minutes, 500 kilogrammes de charbon à 24?, 50 de hauteur, ce qui correspond à une force de 0,9 cheval. Le rendement brut, c'est-à-dire le rapport du travail d'élévation de poids, à celui qui est développé sur le piston, a été trouvé égal à 0,25. 11 se décompose ainsi : 0,85 pour le rendement de la machine à vapeur ; 0,65 pour celui du treuil ; 0,45 pour celui de l'appareil électrique (*). Le produit de ces trois nombres donne en effet 0,2486.
Le prix de revient de cette installation s'est établi de la manière suivante (*) :
(') Ce rendement de 0,45 pour la transmission électrique propi*ement dite, est conforme à celui de l'expérience la plus favorable de M. M. Deprex (Expérience VUI. Tresca, Buil, Soc. d'eue, 3% X, 324), qui a donné le chiffre 0,456, lequel se l'éduit d'ailleurs à 0,362, si Ton tient compte des résistances passives développées entre le dynamomètreenregislreur et la génératrice-Gramme. M. Tresca décompose ce dernier coeflicient de la manière suivante, en indiquant, pour chaque partie, la manière dont elle a été déterminée, par mesure immédiate ou par déduction indirecte :
Pour 100.
Perte par la ti*ansmîssion entre le dynamomètre et la générati'ice. 20,70
Travail perdu à la génératrice 10,70
Chaleur perdue à la génératrice 3,90
Perte par les conducteurs 9,50
Travail perdu à la réceptrice . 13,00
Chaleur perdue à la réceptrice 6,00
Perte totale 65,80
Travail disponible à la sortie de la réceptrice . . . . 56,20
Travail fourni sua le dtkamomètre 100,00
(*) À la Péronnière, l'installation a coûté 25 325 francs, non compris les conducteurs, qui sont revenus, par mèli'c courant, à l',25 dans les parties sèches, et S'.OO dans les traversées humides.
Machine à vapeur 1100 francs
Bâti, montage, abri 700 —
Tuyaux, courroies, transmissions. . 400 —
2 machines Gramme à 1500 francs . 5000 —
Fil, 500 mètres à 1 fr. 25 525 —
Treuil intérieur 1600 —
Bâti du treuil, pose 253 —
Total 7575 francs
8936. — Imp. A. Lahurc, 9, rue de Fleurus, à Paris
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