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ABATAGE A LA MALN, A L'EAU, AU FEU

i50 — Action dynamique, — L'action dynamique, ou Tutilisation de la force vive préalablement accumulée dans un jet d'eau, a figuré en Angleterre pour enfoncer des pieux de fonte creuse, en entraînant le sable au-dessous de l'axe du pieu, par un vif courant qui sort sous pression de son intérieur.

M. Bergeron a proposé également (*) de s'en servir pour attaquer les bancs de sable qui tendent à encombrer les ports, en entraînant, au moyen de l'eau lancée, les matières désagrégées.

L'extracteur Bazin exerce un appel sur les matières meubles, èables et vases, du fond des rivières ou des ports, à travers un (ube, dans lequel on détermine un courant très énergique au moyen d'une pompe à force centrifuge. On recueille même parfois à l'orifice du tube des galets de la grosseur du poing, qui attestent la puissance de cette succion (*). Les bateaux extracteurs du port de Saint-Nazaire f) opéraient d'une manière analogue, mais en rejetant les matières au-dessus de la ligne de flottaison, au lieu de les faire déboucher à fond de cale en profitant de la charge d'eau au-dessus de ce point. On trouverait également une action analogue dans la pompe à sable, dont on s'est servi en Amérique pour les fouilles du pont Saint-Louis sur le Mississipi {*). Mais je n'insisterai pas davantage, afin d'en arriver aux applications de l'action dynamique de l'eau pour le dépècement des gîtes minéraux.

L'abalage par l'eau figure dans les exploitations malaises des alluvions stannifères de Malacca('). L'ouvrier creuse, au sein du gisement, des fossés dans lesquels on fait circuler l'eau. Ce courant tend à ronger les berges, qu'on y abat progressivement, de manière à déterminer un lavage grossier propre à enrichir le minerai, en raison de la très grande densité de l'étain oxydé.

L'emploi de la force vive de l'eau a pris en Californie un développement extraordinaire (•), au moyen des appareils qu'on y appelle

(■) Buileiin de tAêêociaiion française pour U progfèt des êcienceê^ 1878, 197. (<) G/nie civil, II, 420; — CoUignon, Buileiin de la Société philomathique, 1873, 107. (*) Leferme, Annalet des Ponté et chaueséea, 1869, mémoire n* 227. (*) Travaux publics des États-Unis en 1870, rapport de mission de M. Malézieux, 87. (>) Rapport inédit de J. Errington de la Croix suf les mines d'étain de Perak (Pénin-' sale malaise).

(•) SauTa(;e. Annale», 7% IX. 1.

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géants. J'aurai occasion de décrire avec détails, dans la quatrième partie de ce cours, ce mode d'exploitation (').

151 — Action physique. — L'action physique fait intervenir l'influence de la congélation, qui dilate le volume de l'eau avec une puissance irrésistible (*). Ce procédé, naturellement limité aux climats rigoureux, se rencontre en Russie pour l'exploitation de marbres statuaires, et au Massachusetts pour celle du granité. Il permet de détacher des blocs importants sans risquer de les fendre. •

A cet effet, on conmience par limiter leur contour au moyen d'une série de trous de fleuret, identiques à ceux qui servent pour le tirage à la poudre. Le soir venu, on les remplit d'eau, en les obturant avec des tampons de bois enfoncés à force. Le froid de la nuit détermine l'expansion de la glace et l'éclatement de la roche.

±31t — Action organique. — L'action organique mise en jeu pour l'abatage est celle qu'exerce l'humidité sur le bois pour en dilater les fibres. Les Égyptiens la faisaient intervenir pour détacher les blocs destinés à former leurs immenses obélisques. On l'a employée à La Ferté-sous-Jouarre pour l'exploitation des meulières, et à Diano Marina (Ligurie) pour celle des calcaires lithogi*aphiques. Le but que Ton poursuit par là est le même que dans le cas précédent, c'est-à-dire d'éviter l'action brutale de la poudi^e, sur des substances qui perdraient leur valeur par les moindres fendillements.

Après avoir foré des lignes de trous, on y force des tampons de chêne sec que l'on noie ensuite d'eau. L'augmentation de volume que prend le bois détermine le détachement du bloc.

(•) On trouverait jusqu'à un certain point un effet analojrue à Taction dynamique de l'eau, dans l'attaque des corps durs réalisée au moyeu de jeta de sable quartzeux sous l'influence d'une soufflerie. Des corps raous, tels que la limaille de plomb, arriTenl alors à entaifler des substances dui'es comme l'acier. Une étude théorique de ce curieux phénomène a été publiée par M. Osborne Reynolds (P/itVotopAica/ Magazine, XVfl, 4* série, traduit par Pérai'd. — Rev. univ. d. m. el «., 2«, VIH, 516).

f>) 11. Uagenbach a fait, sur la congélation de l'eau en espace clos, des expériences

intéressantes (Archivée deê tciences physiques et nalurellee de Genève, 15 juin 1880;

Bulletin de t Astociation scientifique de France, 4 juillet 1880, 220).

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158 — Action chimique. — L\iclion chimique de Teau sur les roches peut être variée de bien des manières.

Signalons d'abord Thydratation de la chaux vive, proposée pour la première fois par George EUiott et pratiquée récemment par MM. Smith et Moore('). On arrive, comme dans le cas précédent, à déterminer une dilatation irrésistible. Elle est, en volume, à peu près du simple au quadruple.

La chaux, réduite en poudre fine, est moulée sous une forte pression en cylindres de 0"',063 de diamètre, sur la paroi desquels sc^ trouve ménagée une rainure longitudinale. Après avoir renfermé cette cartouche derrière un bourrage énergique, que Ton force dans la partie antérieure du coup de mine, on injecte avec une pompe foulante un volume d'eau à peu près égal à celui de la chaux ; puis on fermeté tube à l'aide d'un robinet, pour empêcher l'échappement de la vapeur due à l'échaufTement considérable que produit la réaction chimique de l'eau sur la chaux. L'éclatement a lieu sans explosion ni projection, sans danger d'inflammation du grisou, et en produisant une forte proportion de gros, en raison de ce genre d'action plutôt progressif qu'instantané.

1&4 — Indiquons en second lieu la désagrégation par l'eau, des matières faiblement cimentées. On sait.

à cet égard, combien le creusement du canal de Suez a été accéléré, dès que l'on a pu draguer sous Teau les formations que l'on avait dû d'abord attaquer a ftcc.

Cest encore en raison de ce genre iKaction que l'on retire à l'aide d'une drague (fig. 133) la tourbe délayée, du fond des parties submergées que l'on ne peut atteindre qu'en bateau. fi^. i3$. Drague du tourbier.

(*) Ona new melhod of mining coal by Paget Mo»ley (Journal oflhe iron and êteel imiiiuie, n« 1 for 1882. — Annaleê, 8% I, 594. -^ CM, 1883, 80. ^ Revue icmtifi^u^ de Bncce/Zet, 1883, 681.

1S5 — Vient enfin la diagoluHon proptemeni di(p. On s'en sprl notamment avec le chlorure de sodium, soit pour l'exécution du réseau de travaux souterrains qui constituent l'aménagement d'une mine de sel, snit pour l'enlèvement en masse du ^île lui-mâme (').

Pour les travaux de traçage, on emploie l'eau snus une faible pression : deux atmosphères environ; cor il ne s'agit plus alors de créer, comme dans la méthode de Californie, une force vive des- Iructive, mais simplement de faire lérher les surfaces solubles par une faible lame d'eau qui len use, en s'emparant du sel qui les constitue. Une Forage pir I MO tuyaulerle qui amène le liquide jusqu'aux avanpuiu moniini. cemenls, et des tubes flexibles, sont destinés à la fournir aux pommes d'arrosoir, rondes ou plates suivant le but à atteindre.

La même etm peut servir plus d'une fois. Elle est définitivement recueillie avec soin dans des gouttières et rejelt'T au dehors, à l'aide de canive-aux et des moyens ordinaires d'épuisement. Ce dernier point est d'une importance capitale, car c'est aux infiltrations qui ont insidieusement délayé te mur du gîte de VarangéviUe, que l'on doit attribuer l'accident qui a amené l'abandon de l'ancienne mine et de cette méthode hydraulique d'exploitation.

La figure 134 montre comme exemple le percement d'un puits en montant, et la figure 155 la même opération exécutée en descendant. On a dû, dans ce dernier cas, commencer par forer un trou de sonde suivant l'axe du puits projeté, pour efTec- Fiii iK- '""' l'évacuation des eaux dans l'étage inférieur.

FonpEç par r<-au p^j^ ,„| avancement de galerie, on procédera à piiiii iiixcendant. l'aide d'un havage et de rouillures pratiqués avec des tuyères plates.

Cl Kctlcr. Méthsde Mir les m^llrorlos dVtpInilalinn du Saltkammpi'giil. Annaln. &•,

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