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TRAVAIL AU FEU

157 — Pour les roches les plus récalcitrantes les mineurs ont, de toute antiquité, eu recours à l'emploi du feu (*). On retrouve partout les traces de ce mode d'exploitation (*), et Diodore de Sicile le décrivait déjà en ces termes : « Quand la terre qui contient l'or se trouve trop dure, on l'amollit d'abord avec le feu, après quoi on la rompt à grands coups de pic ou d'instruments de fer » (*). Ce pro-

(>) Bulletin de VABêoeiation scientifique de France, n' 525, 120.

(*] Gobet, Ancien* minéralogiete* du royaume de France, 1, 5. — Héron de Villefosse, Atla* de la richeeêe minérale. H, 30. — Delius, Imtruclion sur l'art des minei^ traduit par Schreiber, qui appelle cette opération le torréfage, l, 245 à 250.

O Elle s'observent parfois sur une écbellc gigantesque. On a, par exemple, pratiqué à Taide du feu, dans lamine de plomb de Sala (Suéde), une excavation de 30 m. de large sur 50 m. de long et 50 m. de hauteur.

(^) Les anciens pai*aissent d'ailleurs avoir été très experts dans l'art d'appliquer la chaleur aux roches, comme le témoigne la pratique si cmûeuse des forts vitrifiés, dont on retrouve encore de nombreux vestiges dans les contrées les plus diverses. Il est probable qu'ils se servaient dans ce cas spécial de fondants tels que le sel marin ou autres, en les variant suivant la nature des roches, et qu'ils agissaient à la fois par l'extérieur et l'intérieur des massifs de la construction, car les traces de l'action calorifique sont parfois encore plus sensibles à l'intérieur. Cette action a même atteint le point de fusion complète de la masse, qui se trouve par là soudée au sol avec lequel elle est unifiée. On a, en cela, dépassé de beaucoup le but, tout difTérent, que se proposaient de Icnir côté les mineurs dans leui*s chantiers souterrains (voir la communication de M. Dau-

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(;édê a aujourd'hui perdu sa raison d'éirc par l*inventîon de la poudre, et des nouveaux explosifs, plus énergiques encore. On ne le rencontre plus que d'une manière absolument exceptionnelle, dans certains quartiers de quelques mines telles que le Rammelsberg (Hartz), Geyer et Altenberg (Saxe), Felsobanya (Hongrie), Kongsberg (Norvège) et quelques exploitations de Suède.

On sait que la chaleur ^/onwe les roches. Le mécanismede cette action très puissante est facile à comprendre. Celles-ci sont souvent formées par l'agglomération de minéraux dont les coefficients de dilatation peuvent être différents les uns des autres, ce qui les oblige à des disjonctions mutuelles. La difTérence est faible, sans doute, mais la sphère d'action des forces moléculaires l'est davantage encoixs et, celle-ci une fois dépassée, la ténacité est rompue sans relour.

En second lieu, le défaut de conductibilité, au moment de réchauffement ou loi's du refroidissement, que l'on peut rendre très brusque par des aspersions d'eau, provoque des retraits inégaux et des fendillements dans la masse.

Enfin il peut arriver que la matière perde, sous l'influence d'une haute température, certains principes, tels que l'eau d'hydratation, un excès de soufre dans les pyrites, etc.; d'où un changement moléculaire qui peut être accompagné d'une transformation de la ténacité, de telle sorte que la roche, d'abord inattaquable, devienne i^lativement friable et se laisse démolir au pic.

158 — L'intensité de ces effets a été mise en évidence par une expérience de M. Daubrée (*), exécutée avec le dard du chalumeau dans des quartzites. Sous l'influence de cette flamme, il se détachait de la roche des paillettes de quelques millimètres, projetées à plusieurs décimètres de distance. En cinq minutes, un trou rond de quelques millimètres de diamètre se trouva foré sur six centimètres de profondeur.

brée à TAcadémie des sciences, Comptée rendue, XCU, 260, et la notice insérée par lui dans la Revue archéologique, février 1881. M. Daubrée cite encore les sources suivantes: Général Prévost, Mémoire sur iee fort* vitrifiée, Saumur, 1863. — Général Pi^évost, IHMaer" talion sur le* forte vitrifiée, Anjj^ers, 1807. —Comte de Cessac, Leê forte vitrifiée datte la Creuee, Caen, 1868. — Thuot, Forts vitrifiés, Revue des toctétét savantee, 2*, VIII, 160). (M Annaleê, 5% XIX, 23.

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