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DIVISION EN ÉTAGES

BHZ — Détermination des étages. — On a soin d'établir dans le puits un certain nombre d'accrochages intermédiaires, indépendamment de l'envoyage du fond. Chacun d'eux est relié au gîte par un travers-bancs y qui constitue l'artère de son activité. Si l'on conduit par la pensée des plans horizontaux (*) à partir de chacune de

(*) Dans des cas très rares^ les pions qui limitent les étages sont nornioux â lastra-> tilicjition, comme à Cransac (couche de la bifurcation); ou verticaux, comme à Beaubruii (puitij Montmartre)*

ces recettes, on divise le gîte en autant d'étages. Chacun d'eux est caractérisé par sa voie de fondy qui le dessert suivant son horizontale inférieure, pour aboutir au travers-bancs et de là au puits. On désigne habituellement les étages, soit par des noms propres, soit par un numéro d'ordre, ou encore par le chiffre de la profondeur, plus rarement par la cote d'altitude au-dessus du niveau de la mer.

Ces divisions forment l'élément le plus essentiel de l'aménagement. On les définit, soit par leur hauteur verticale, soit par la relevée, estimée suivant l'inclinaison. Il est très essentiel, dans la description d'une mine, d'éviter toute ambiguïté à cet égard.

Les hauteurs d'étages sont extrêmement variables. Elles s'abaissent à 10 ou 15 mètres, de même qu'elles s'élèvent à 50, et presque à 100 mètres, dans les bassins occidentaux de l'Allemagne.

IL ne faut cependant pas d'excès à cet égard. Une fois que l'on a coupé une masse au pied, il est important de l'enlever aussi rapidement que possible, avant que l'incendie s'y développe, quand le combustible y est prédisposé. Dans tous les cas, le charbon se fendille par une trop longue durée du déhouillement, et n'offre plus assez de solidité pour l'emploi des méthodes dans lesquelles il est appelé à se tenir en couronne. Dans certains modes d'exploitation, le charbon, descend dans des cheminées. Il se détériorerait alors complètement, si elles avaient une trop grande hauteur. En outre, comme, pour un pendage donné, une plus grande hauteur correspond à un plus grand développement en inclinaison , les plans inclinés prendraient un développement excessif, et leur service présenterait beaucoup de complication.

II ne faut pas non plus d'excès contraire, et d'étages trop bas. On y trouverait d'abord un surcroit de dépense, pour l'installation d'un aussi grand nombre de recettes et de voies de fond. En outre, on arriverait plus souvent à prendre une dernière tranche sous les travaux de l'étage supérieur, ce qui est de nature à présenter certaines difficultés.

363 — On arrive à concilier ces exigences opposées, 6n adoptant deuxde^és successifs de division pour le gite. D'abord, de grands

étages» caractérisés, comme nous l'avons dit» par une recette, un traverstbancs, une voie de fond. Sur cette dernière, descendent des plans inclinés^ qui servent d*artères aux divers quartiers ou districts^ dans lesquels on décompose, suivant la direction, le champ d'exploitation. A partir de chaque plan incliné, se développent des costresseSf qui divisent ce quartier, suivant l'inclinaison, en sousétages d'une hauteur beaucoup moindre.

Ces galeries, parcourues par des rouleurs, ou herscheurs, sont moins importantes, moins coûteuses, moins durables, que les voies de fond destinées aux chevaux. Leur desserte au moyen de plans inclinés occasionne de son côté des frais et des complications moindres que ne le ferait un nombre égal de recettes supplémentaires, établies dans le puits pour chacune de ces costresses, si l'on transformait par là en étages les sous-étages précédents. A quoi nous devons ajouter que, par une telle multiplication, le service du puits deviendrait impraticable.

864 — On profite utilement, dans certains cas, pour activer la préparation d'un étage et le percement de sa voie de fond, de Teiistence de celle de l'étage supérieur. On fait alors partir de celleci, dans la couche, des descenderies jusqu'au pied du nouvel étage, où l'on installe deux chantiers chassants, dont les équipes avancent en se tournant réciproquement le dos. On reconnaît là un artifice identique à celui qui permet d'attaquer, en plusieurs points à la fois, le percement d'un tunnel à l'aide de puits (n"" 298), ou un foncement sous stot au moyen de galeries (n*" 326, 4""), afin de réaliser une plus grande rapidité. Ces descenderies elles-mêmes pourront être immédiatement utilisées pour l'aménagement de l'étage, et sa répartition en quartiers distincts.

865 — Lorsque la formation comprend, non plus une seule couche, comme nous le supposions implicitement dans les explicstions précédentes, mais un certain nombre de veines parallèles, comme dans le bassin de Wcstphalie (fjg. 265, 266), on les i^coupo, à partir de chaque accrochage, par un double travers-bancs, qui s'éloigne du puits dans deux sens opposés , suivant la perpendi-

AMËNAGËMKNT GË.N£HAL. S85

cuJaire à la direction de la stratification , et aborde les couches successives, les unes par le toit, les autres par le tnur. Dans chacune d'elles on installe une galerie de dii-ection, qui forme la base d'exploitation de l'étage pour cette couche, et à l'aide de laquelle on opère comme ci-dessus.

Dans le bassin de la Sarre, on n'ouvre pas, à partir du traversbancs, de mère-galerie en direction dans toutes les veines indistinctement,-comme pour le cas précédent, mais seulementdans celles qui sont privilégiées sous le rapport du charbon et des terrains en-

caissants, etdontonpeutaltendre, pour ces ouvrages, les meilleures conditions de durée. Chacune de ces galeries forme alors la base d'exploitation de l'étage pour le faisceau des couches adjacentes, en même temps que pour celle dans laquelle elle est pratiquée. On y rattache, à cet effet, ces diverses veines, au moyen de travers-banca «econdairea, branchés tous les 200 ou 300 mètres sur cette galeriemaitresse. Ces travers-bancs dcierminent, par leur rencontre avec les couches en question, des quartiers correspondants dans chacune d'elles. Ces districts sontd'ailleurs desservis, comme à l'ordinaire, à

386 MÉTHODES D'E)iPLOlTiLTlON.

l'aide de plans inclinés et de costresses» qui les subdivisent en sous-étages.

Ces divers principes, en diminuant le nombre des voies de fond, qui sont très coûteuses» pour les remplacer par un plus grand développement de voies moins durables et moins onéreuses, réalise une certaine économie.

366 — En Angleterre, la faible inclinaison des couches conduit à un système d'aménagement tout différent. Après avoir recoupé la veine par le puits, on n'en sort plus, et l'on y développe entièrement le réseau de travaux, sans presque jamais s'étendre dans le rocher. Quand une mine de la Grande-Bretagne présente plusieurs étages, ils correspondent, à peu près constamment, à des superpositions de couchas parallèles, chacune d'elles formant en quelque sorte une mine à part. Il va sans dire, cependant, que l'on ne se refuse pas absolument de chercher dans cette coordination quelques secours au point de vue de l'aérage.

367 — Ordre d'exploitation des étages, — Lorsque le nombre des étages a été fixé dans chaque cas, il y a lieu de régler l'ordre suivant lequel ils seront exploités successivement. On peut employer pour cela le mode ascendant ou le mode descendant,

Divçrs motifs peuvent porter à prendre les étages de bas en haut. La surface du sol est moins disloquée par l'exploitation des grandes profondeurs, que par celle des parlies plus rapprochées. On retardera donc par là les paiements d'indemnités aux propriétaires de la superficie, ainsi que l'introduction des eaux de surface dans la mine, par les fissures du terrain.

Les étages du fond, une fois terminés, pourront être noyés, el disparaîtront de l'exploitation, tandis que les vieux travaux, quand on les a au-dessus de soi, occasionnent des inconvénients sérieux.

Mais des raisons opposées font, en général, prévaloir l'ordre descendant.

Il est, en effet, plus difficile de connaître le fond que la partie supérieure, et de s*y développer de suite en connaissance de cause.

En outre, cette expression, du fond^ n'a souvent qu'une valeur re-

AMÉNAGEMEiVr GÉNÉRAL. 387

lalive. Le développementprogressifderartdes mines permet aujourd'hui d^atlaquer économiquement des profondeurs qui étaient inabordables pour les anciens, et nous devons prévoir pour nos successeurs une semblable progression.

L'exploitation profonde étant naturellement plus onéreuse que celle des zones plus rapprochées de la surface, le mode ascendant aurait pour effet de grever immédiatement la production, d'une surcharge qu'il est possible d'éviter.

II faut enfin remarquer, qu'en enlevant la base avant les parties supérieures, on tend à fatiguer ces dernières, et à les retrouver plus tard compromises* ou plus difficiles à prendre ; tandis que le dépècement des horizons supérieurs n'affecte nullement la partie subordonnée.

3S8 — Il importe, du reste, de bien remarquer que cette expression, d'ordre ascendant ou descendant, ne signifie nullement que Ton doive attendre, pour attaquer un étage, que le précédent soit entièrement terminé, ce qui serait ordinairement impraticable. On ne désigne par là que la succession de l'exploitation des divers étages le long d'une même verticale. Nous avons eu soin de dire (n° 356) que les travaux préparatoires doivent marcher de pair, dans une juste mesure, avec ceux d'exploitation. Il n'y a pas lieu, à cet égard, de poser des règles absolues. Tout dépendra des circonstances. On peut cependant très convenablement se représenter, pour fixer les idées, un groupe de trois étages, dont l'un se trouve en pleine exploitation, pendant que le précédent est en voie de terminaison, et le suivant dans la période de préparation.

DIWISION EIV TRANCHES ET EM LOPINM

3B9 — Les grandesdivisions qui viennent d'être esquissées, son encore trop étendues pour fournir une base, qui soit en rapport suf- Usamment direct avec l'installation des chantiers. Il est clair, d'ail-

leurs, que l*oa ne saurait parvenir à celle réduclion en diniiuuaiil homothétiquement leur imporlance, car ces fractions du gite sont caractérisées par des organes de forme déterminée, et dont nous avons discuté le nombre. Un nouveau mode de subdivision, superposé auprécédent, s'impose, d'après cela, comme une dernière nécessité. Il devient, à cet égard, nécessaire de distinguer, dans le chantier, ce qui concerne le sens vertical ou le sens horizontal.

L'épaisseur verticale que Ton peut prendre d'un seul coup, audessus d'une étendue liorizontale quelconque, ne saurait franchir certaines limites. On l'a poussée, dans des cas assez fréquents, jusqu'à 5 mètres, et, très exceptionnellement, à 10, 12 et même 15 mètres (n"" 429), mais dans des conditions absolument spéciales, et au prix de dangers qui doivent aujourd'hui faire répudier de pareils errements. En thèse générale, il faut se restreindre à une hauteur de chantier mieux en rapport avec la taille de l'homme, et les dimensions ordinaires des bois de soutènement. On peut admettre, pour fixer les idées, un type de deux mètres, l'abaisser un peu quand il le faudra, et, assez souvent, le porter jusqu'au double. On y parvient en divisant la masse en tranches superposées, au moyen de plans horizontaux, ou parallèles à la stratification.

370 — Quant à l'étendue en projection horizontale du champ d'exploitation ou du district, on l'embrasse parfois d'un seul coup par les méthodes dites de grandes tailles^ quand le gisement présente une homogénéité et une régularité suffisantes. Mais, dans les autres cas, on y établit un traçage à mailles plus ou moins serrées, au moyen d'un réseau formé de galeries menées en direction, et de montages conduits suivant l'inclinaison (') . On partage ainsi la tranche en rectangles, qui prennent le nom de lopins j piliers ou massifs. Chacun d'eux constitue l'unité définitive, limitée d'une manière rationnelle dans toutes ses dimensions, et sur laquelle on pratiquera ensuite l'opération du dépilage^ en la prenant pour théâtre des opérations d'un chantier.

(*) Nous faisons eu ce momeut, pour simpliQei*, abstracUon des U'agages en demipeute {n« 421).

AMÉNACtEMENT GËNÉAAL. 5g9

871 — Ces traçages fondamentaux, destinés à embrasser dans toutes ses parties un champ d'exploitation, s'exécutent la plupart du temps en France, à l'aide de galeries simples^ en raison de leurs dimensions plus réduites. En Angleterre, où l'on s'étend à de grandes distances, on est dans l'habitude constante et très judicieuse, de les conduire par voies jumelles^ doubles, et parfois triples, situées à une distance de 20 ou 30 mètres l'une de l'autre (•).

Ces deux galeries, ainsi menées parallèlement et de conserve, s'aèrent mutuellement pendant le percement, au moyen de recoupes successives, conduites de l'une à l'autre tous les 30 à 50 mètres. Lorsqu'on ouvre une nouvelle recoupe, on a soin de boucher la précédente par un barrage. Elles sont donc, à chaque instant, toutes fermées, à l'exception de la dernière. Le courant d'air qui arrive par l'une des voies, passe par cette traverse et revient par la galerie conjuguée. Quant aux tronçons d'avancement situés au delà de cette recoupe, ou aux galeries simples du premier mode, on les aère par des moyens spéciaux dont il sera question en temps et lieu.

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