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DÉTAIL DES ORGANES

915 — Bâches. — Les bâches consistent en des cuves de tôle, supportées par des voûtes, ou par d'énormes sommiers que l'on arc-boute à l'aide de jambes de force (*).

En vue des cas où une répétition fonctionnerait avec plus d'activité que celle qui lui fait suite immédiatement, et tendrait, dès lors, à lui amener plus d'eau que cette seconde pompe ne peut en épuiser, on a soin, pour empêcher cet excédent de déborder dans le puits, d'inséreî au-dessous du bord de la bâche un tuyau de trop-plein, qui redescend jusqu'à celle de la pompe inférieure* De cette manière, cette eau monte et descend alternativement, d'une

. (0 ZeUscht'ifl BHS, IX, 185; XII, 26; XXIV, 155.

maniùre inutile, il est vrai; mais on évite, du moins, les clTets filcheux de son déversement.

On trouve une utile simplification dans un dispositif qui consisle à supprimer les bâches, en se conlentanl de les remplacer par un prolongement des colonnes ascensionnelles, au-dessus du pied de la répélilion suivante. Ces tuyaux sont ouverts à la partie supérieure, et l'aspirant de la pompe suivante s'y trouve directement plongé.

91© — Aspirant. — On appelle aspirant, ou reniflard, l'extrémilé inférieure, qui admet l'eau dans la pompe (fig. 588). Cet organe est percé de trous, ou narines. Quand Iss eaui sont basses dans la bâche, on a soiti de boucher, avec des chevilles de bois, celles des narines qui émergent au-dessus du niveau, afin de ne pas laisser pénétrer l'air dans la pompe. Il y tiendrait en effet la place de l'eau, e constituerait dis espaces nuisibles, dans lesquels il se comprimerait et se détendrait alternai ivement, au détriment dq rendement gi-ymclrique (n° 929).

Fi^. bSS. Aspirant.

917 — Chapelles. — On désigne sous ce nom les chambres qui renferment les sièges des clapets (fig. 589). Les portes qui les ferment présentent une assez grande épaisseur, car leur forme plane est peu favorable à la résistance. Elles sont boulonnées sur place, et on les déboulonne quand il y a lieu d'effectuer l'ouverture des chapelles, afin d'opérer la visite des clapets.

Pour faciliter la manœuvre de ces lourdes portes, on a soin de disposer des moufles, à l'aide desquelles les pompiers peuvent multiplier, dans un certain rapport, leur force musculaire.

262 ÉPUISEME.NT.

918 — Clapets. — On tend à donner aux clapets de faibles levées et, en revanche, des dimensions de plus en plus considérables par rapport à celles du piston, afin de diminuer la vitesse du passage de l'eau dans ces orifices, et de permettre de mener la pompe plus rapidement.

Mais, en même temps, on trouve avantage à fractionner cette section totale en un certain nombrç n de soupapes, au lieu de n'en avoir qu'une seule. L'orifice est en effet proportionnel au carré du diamètre d, et le poids à peu près en raison de son cube. On a donc, pour la section totale O offerte au passage de l'eau, et pour le poids P de l'ensemble, en désignant par A, B, C, des coefficients constants dépendant des formes adoptées :

a = nkcPy P = nB^P,

d'où Ton déduit :

On voit par là que, à égalité d ouverture O, le poids total du système mobile tend à diminuer, lorsque l'on augmente le nombre n de soupapes.

Les clapets appartiennent du reste, pour leur construction, à des types assez variés.

919 — Le clapet ordinaire (fig. 590) comprend d'abord un disque de cuir, de caoutchouc ou de gutta-percha, destiné à se modeler exactement sur son siège. On lui communique de la rigidité, en l'insérant entre deux disques métalliques. La rondelle inférieure présente un diamètre un peu moindre que celui de l'orifice. Elle y pénètre donc, en laissant le cuir reposer sur ses bords.

Fig. 590. Clapet do cuir. . , , , i

Un arrêt fixe empêche le clapet de se soulever au delà d'une certaine inclinaison, afin de prévenir son renvercfcmcnl en arrière.

POMPES DE HINES. SGJ

9SO — Le clapet conique est entièrement métallique (lïg. 580). Une anse permet de l'enlever de son siège. Un guide inférieur très allongé lui permet d'y retomber avec précision. Ces organes se font en bronze, ou, mieux encore, en acier fondu. On arrive ainsi à ii\s alléger, tout en leur donnant plus de résistance. Cette précaution est importante, car on emploie, pour les grandes venure dVaii. de très fortes pompes et d'énormes soupapes, qui s'usent beaucoup par leurs chutes répétées.

GiraM avait imaginé, à cet égard, de maintenir le clapet par un faible ressort: La levée s'effectue alors en proportion de la vitesse du piston. Lorsque celle-ci commence à s'amortir. In soupape se rapproche progressivement de son siège par la réaction du ressort, et finit par s'y poser sans choc, au moment où le piston arrive au point mort.

9«1 — Le clapet sphérique ou postillon (fig. 501) consiste en une simple sphère métallique, qui peut prendra des o>-ciilatif)Tts complètement libres, et limitées seulement . par des brides, pour l'empêcher d'être emportée trop loin. Cette surface étant identique à elle-même dans toutes ses parties, reste capable, de quelque manière qu'elle retombe, d'obturer exactement l'orifice, dont les bords sont évidés eux-mêmes, en forme de zone sphérique.

On emploie aussi des postillons formés d'une demi-sphère. L'hémisphère supérieur est remplacé par une anse, pour permettre, au besoin, de l'enlever avec un crochet. Au pôle de l'hémisphère inférieur, se Irouviî adaptée une queue avec contrepoids, en vue d'assurer la vcrliralilij du système.

9SS — Piston. — Le diamètre des corps de ponipo \arie depuis O^iSO jusqu'à i mètre. II se tient, en général, auxeii\iiii[is de Û'',55. La course du piston s'étend de 1",.'>0 à 5 ou 4 mèlrts. Ces (limi'iisions ont, dans certains cas, atteint des valeurs déitiu

264 ËPUGSEHENT.

ainsi qu'au puils Henri, de Neu-Essen (Westphalie), on a construit un cylindre de pompe de S^jSS de diamètre et ^"AO de course. 11 ne marche qu'un seul jour par semaine, en laissant les eaux s'accumuler pendant le reste du temps.

Les anciens pistons de pompe (fig. 592) étaient à garnitures de cuir, ou d'ùtoupes suifées, que remplacent avec avantage des garnitures métnlliquos très soignées.

anipc. Fift' S3S. Pistoa-soupipc Lnleilu.

Si le piston est creux, il porte au moins deux clapets hémicirculaires , et souvent un plus grand nombre, répartis par zones concentriques étagées, qui se découvienl successivement à partir du haut {').

Le piston soupape Lctestu (fig. 593), présente un corps méta! = lique percé de trous. Ces derniers sont obturés par un godet de cuir ou de gutta, attaché autour de la tige. Pendant la descente, l'eau et les troubles passent librement, d'un mouvement relatif, en soulevant le cuir, qu'une cuvette métallique empêche de trop s'éloigner à l'intérieur. Dans la course inverse, la pression applique le godet souple contre le corps du piston, qui se trouve ainsi li'ans formé en une poche imperméable.

(') nicdlcr. Rer. miii: d. m. ri u., S*, XV, 111. — Zeiltchrifl deultcher lagen..

POMPES D£ »L\ES. Sli5

9S3 — Le piston plongeur {lig, 594) consiste en un cylindre

mélalltquc, creux pour plus de légèreté, qui présente un dînmètro

peu dilTérent de celui lu corps de pompe dans lequelil est itppûlâ

à jouer. Quand la sorlie des eaux se trouve à la partie inférieure

de cette capQ[:ité, il est important que In difîé-

rence de diami-tre suit réduilc autant que possible, afin de chasser l'air qui (end à se loger

au-dessus de l'eau. Si, au contraire, rorifice dé-

vacuation est en haut, ce qui est préférable au

point de vue de rc.\pulsion de l'air, il convient

inversement de laisHiir entre le piston et le cy

lindre un jeu d'une certaine importance alin que

le mouvement de Icaii soit moins gôné, poui so

rendre de la partie inférieure au point de soitie

11 existe d'ailleurs une tendance à augmentci

encore cette différiMict! de volume, en eftilant la

lûte du plongeur, comme on le fait pour la proue

d'un navire, afin qu'il pénètre dans ia masse

liquide avec moins de résistance, et que Ion

puisse accélérer d'autant l'allure (').

Le fonctionnement du plongeur est, comme on

le voit, très différent de celui du piston ordinaii c

Ce dernier engetiilre géométriquement le volume

du cylindre, en balayant toute l'eau qu'il con

tient, à la condition que celui-ci soit exactement

alésé, pour qu'il puisse y avoir contact entre eux

d'un bout à l'autre de la course. Le plongeur, au

contraire, vient simplement cneomfcrer cette ca- pini^^pwgoiir.

pacité, en expulsant l'eau qu'elle renferme, par

suite de son incompressibilité. Mais cet effet ne dépend que du

volume du piston, et reste indépendant de la forme du récipient.

C'est assez dire que sott alésage devient absolument inutile, co qui

est une simplilicalion d'une réelle importance.

(') Hirscb, UapporU du jury iitternatianal tur l'ExpotUion 4e 1878, groupe TI, cluse M, p. 328. — lUvue intlutlritlU, 10 mars 1884, p. 114.

On accepte, à la vérité, avec ce dispositif, l'inconvénient d'un stuffing-box d'un très grand diamètre, à la vérité toujours visible et accessible, à l'inverse de ce qui a Heu pour les garnitures des pistons ordinaires. En outre, cet organe a moins de tendance à se laisser attaquer par les troubles. Pour cette raison, le plongeur admet des pressions plus élevées et des répétitions moins fractionnées.

Il convient directement aux pompes foulantes. On a également trouvé le moyen de l'employer avec les pompes élévatoires, en lui communiquant un mouvement remontant, à travers le fond inférieur des corps de pompe.

»*4 — Tiges de piiton. — Les liges de piston se font en fer, et sont fixées en porte-à-faux, k l'aide de potences (fig. 595), h la maitresse-tige qui règne dans toute la hauteur du puits.

On évite cet inconvénient, particulièrement pour les plongeurs des jeux foulants, en bifurquant la maîtresse-tige en forme de cadre, qui embrasse à son intérieur le corps de pompe. Cette condition détermine la largeur dans œuvre de ce cadre. Quant à sa hauteur, elle est égale à celle du cylindre augmentée de la course de la maltresse-Uge. Cette bifurcation s'établit en juxtaposant, l'une contre l'autre, des épaisseurs successives, en quantité suftisante pour rejeter la dernière à lu distance voulue de l'axe de sjTnélric.

Une antre solution consiste à transformer, sur une longueur égale à la course, la maitresse tige en un fer rond, de solidité équivalente à celle de la section normale. 11 traverse de part en part les deux fonds du cylindre, et porte le piston, dans l'intérieur de ce corps de pompe. L'inconvénient de bifurquer la mai tresse-tige est alors remplacé par celui de doubler le nombre des stufGng-box.

925 — Maîlregse lige. — La tige maifresse règne sur loiite la hauteur du puits. Le plus souvent, elle est en bois de chêne ou de sapin du Nord. En vue de l'alléger, on lui donne un équarrissago dÉcroissanl du liaut en bas par mises prismatiques successives, de manière à rapprocher sa forme générale de celle du solide d'égale résistance (n' 721).

iel que les assemblages soient attentivement serrés. Le moindre jeu donnerait lieu h des chocs désastreux, en raison de l'importance des masses en mouvement. Ces joints se font souvoni en trait de Jupiter. Il est plus simple de réunir les pièces bout à bout à i'aidc de clames boulonnées dans le corps des tiges (fig. 59S

et 597), et sur deux files, afin de recouper moins fréquemment les mêmes fibres. On pcutmâme éviter corn plèfemcnt cet inconvénient, en employant des éclisses de bois (fig. 598), d'un équairissage égal h celui de la tige. Elles sont fortement serrées contre cette der? niùre, à l'aide d'étriers, et l'on s'oppose encore au glissement en inttïrcalant, à mi-bois, des chevilles d'une section suftisante, qu'il . faudrait cisailler pour arracher le joint.

9S6 — On tend à substituer au bois le fer, et surtout l'acier, en vue d'obtenir plus de h'gèreté, à égalité do résistance. Cependant l'élasticité et la souplesse du bois méritent la préférence, pour les puits profonds cl les allures relativement rapides. Il faut, I lll I en outre, l'cmarqucr que l'avantage de l'allégement est, dans le cas actuel, moins intéressant qu'en toute autre circonstance. Nous verrons, en effet (n" 959), que le moteurd'cpuisemcnt, à l'inverse de toutes les autres machines, que l'on cherche à dégager le plus possible de poids

Fi(c.B99.

Vallrciie lig« Ualli mêlai Jique

Mallrciso tige mélalliquc

inutiles, a besoin, pour son bon fonctionnement, de renfermer des masses tellement considéiables, que l'on est quelquefois même conduit à en ajouter d'étrangères, qui ne jouent qu'un rôle de présence, et non de transmission ou de résistance.

Pour donner à ces pièces la plus grande solidité, on les construit en treillis (fig. û99). On augmente également le moment d'inertie

POUPES UE MIM^S. 2m

(le lu section en l'évidant dans le centre (fig. 600), ou en lui donnant une forme t^ruciale (fig. 601). On réalise ee dernier type en asser:!blant quatre fers de cornière, avec des disques interposés, qui sont traversés a! lernati veinent par des rivets, ou par des vis à téie eoniiiue, munies de boulons. Les tronçons sont eux-mêmes reliûs tes uns aux autres à l'aide d'éclisses, assemblées d'une manière identique aux coraières-

927 — Les maltresses liges sont guidées par des moises, avec un l'aible jeu. l'our éviter l'usure de pièces aussi importantes, il est bon de doubler les parties exposées au frottement, avec de minces planchettes que l'on renouvelle de temps en temps.

De distance en distance, on installe, sous le nom de parachutes, de forts sommiers, capables d'arrêter les corbeaux fixés i) la lige, en cas de rupture de cette dernière. Pour amortir un clioc aiissi intense, on a soin de disposer, sur ces sommiers, des doubles de vieux câbles plats en textiles.

©as — Tuyaux. — Les colonnes de pompe se font toujours ' en fonte. Il est arrivé que certaines fontes, de nature poreuse, laissaient filtrer le liquide, quand elles se trouvaient soumises aux énormes pressions dont nous avons donné quelques exemples. On est parvenu à prévenir ces suintements, en injectant dans le métal, à l'aide de la presse hydraulique, des huiles siccatives 11tliai'girées, qui ont pour effet de boucher tous les pores d'après un mode analogue à l'embouage des digues perméables.

Quand les eaux sont acides, la fonto se corrode rapidement. Aussi se voil-onforeé, dans certaines mines de pyrite, d'employer le brorze pour les organes lu mécanisme. Quant aux tuyaux, on les préserve à î'aide d'une épuisée couche de peinture-, et celle-ci se trouve ellemûme défendue contre l'usure duc au mouvement du liquide, nii moyen d'un doublage en planchettes de bois. On maintient en pkce ces espèces de douves, à l'aide d'un serrage, que l'on détermine en subdivisant l'une des planchettes rectangulaires en deux trapèïes altcrncs-in ternes, comprimés en deux sens opposés, à la manière d'uu coin et de son confrc-coin.

Les joints sont de la plus haute importance, pour éviter les pertes d'eau ou les rentrées d'air. Ils sont à brides, avec des portées dressées de la manière la plus attentive. Un grain d'orge circulaire permet, pour assurer Tétanchéité, d'écraser du plomb ou de mater du cuivre ou du laiton. On emploie aussi la gutta-percha, la glu marine, ou des mastics composés. Les substances compressibles méritent la préférence sur les assemblages rigoureusement rigides, en vue des mouvements ultérieurs du terrain.

Comme pour les maîtresses tiges, il est bon théoriquement de faire varier l'épaisseur des tuyaux, en le réduisant un certain nombre de fois, de la base au sommet, à l'inverse de ce qui a lieu pour la maîtresse tige. Celle-ci, en effet, travaille par suspension, en se portant elle-même ; tandis que la colonne tend à se comprimer sur sa base. On soulage d'ailleurs ce poids, en le faisant porter sur les moises.

9S0 — Cloches d'air. — Il importe de prévenir rinfinence destructive des coups de bélier^ c'est-à-dire de l'ébranlement général qui accompagne la fermeture brusque des orifices. Cette influence est facile à comprendre. En effet, la force vive des masses en mouvement ne peut disparaître que par le développement d'un travail égal au double de sa valeur. Or tout débouché se trouve géométriquement intercepté. Il faut donc que ce soient les parois ellesmêmes qui cèdent, sous un effort qui sera nécessairement énorme, puisque ces déplacements élastiques ne peuvent offrir qu'une étendue inappréciable.

: On y remédie par l'emploi de cloches d'air y qui renferment une sorte de matelas gazeux, capable, à l'inverse des parois métalliques, de se comprimer dans une mesure importante. Cet air restitue ensuite, par son élasticité, le travail qu'il a momentanément emmagasiné. Cette quantité d'énergie se retrouve donc fidèlement, au lieu de disparaître en s'employant à produire des effets destructeurs. Il y a cependant, à ce moyen de préservation, cet inconvénient, que le piston à vapeur a le temps d'acquérir de la vitesse avant que l'eau s'ébranle, pendant que l'air se comprime. Lorsque celui-ci est mis en équilibre de tension, le liquide se trouve obligé d'épouser

subitement l'allure du piston, au lieu de s'ébranler progressivement avec lui à partir du point mort.

Les cloches sont distribuées sur la conduite de refoulement, et principalement au point de départ, pour régulariser la vitesse d'ascension.

Si l'air, ainsi confiné, vient à s'épuiser par entraînement ou dissolution dans l'eau, sous ces pressions élevées, on le renouvelle, en mettant la cloche à sec à l'aide d'un jeu de robinets. Lorsque cependant la pression est trop considérable, et, par suite, le changement de volume trop accusé, on a la ressource d'employer pour cette compression un petit cheval auxiliaire. On a soin de placer ces cloches aux divers points maximum des circuits offerts à Teau, afin de les faire profiter des quantités d'air, nuisibles en toute autre circonstance, qui s'introduisent dans l'appareil. Il peut même arriver qu'il en survienne ainsi des quantités surabondantes, que l'on se voit alors oblige d'évacuer périodiquement à l'aide d'un robinet de sortie.

POIHPES RITTIN«ER

030 — A la suite du type fondamental des pompes de mines dont nous venons de nous occuper, je citerai quelques dispositifs spéciaux, et d'abord la pompe Rittinger, dont le principe a été formulé originairement par Colson (*).

Tout l'ensemble est disposé en ligne droite du haut jusqu'en bas (fig. 602, 603). Les corps de pompe sont mobiles, et suspendus à une maltresse tige formée de deux fers ronds. Us se foulent dans leur mouvement contre des soupapes. A la base, se trouve une cavité fixe A. L'eau de la bâche peut s'y introduire par un clapet a qui s'ouvre de bas en haut. Une colonne mobile B y pénètre par la partie supérieure, à travers un stuffing-box. Elle-même embrasse,

(<) Bull, min., 2*, VIH, 813, Buisson. — CRM, 1879, i74; 1884, 68. — Ponson, Supplément, H, 598. — Burat, Exposition de 1878. — Zeitschrift BHS, XIX, 60 ; XXV, 232.

au moyen d'une autre garniture, un tube fixe C, qui fait partie do la conduite supérieure.

J'appellerai h la course verticale, n et m les sections de B et C. Lorsque le lubo H s'abaisse de cette quantité h, il vient occuper, dans la rapacité A. un volume fih. Il faut donc qu'une quantité égale d'eau abandonne ce récipient A, en passant dans le tube B a travei's le clapet b. Une partie, à la vérité, trouve à se loger dans le vide b)h laissé libre par la sortie relative de ta partie fixe C, pendant la descente absolue de B. Mais l'excédent (n — w)/i doit, en raison de l'inconipressiLililé de l'eau, faire refluer un égal volume, par le canal C, dans la bâche supérieure.

Au moment où le tube B remonte, la soupape b se ferme, et il n'existe plus aucune roinmunication avec la capacité A, qui emploie ce temps à remplir d'eau, à l'aide du clapet a, le volume (Ut que B y laisse libre par sa sortie. En même temps, le tuyau C rentrant, par un mouvement relatif, à l'intérieur de B, il devient pour cela nécessaire qu'un volume d'eau wA quitte cette capacité mobile, en rciluanl à travers C jusqu'à la bûche supérieure.

En résumé donc, ou a élevé, pendant la course descendante, un volume (n — tù)li, et, pendant l'ascension : dA, Le total Oh reproduit bien la quantité qui, comme nous venons de le dire, afflue, pendant cette dernière phase, de la bâche inférieure à Tinlérieur de A.

931 — Il serait facile de s'arranger de manière que les deux courses élevassent la niilme quantité de liquide en posant :

Il suffirait donc de faire la section du tube B double de celle de C, ce qui établirait entre leurs diamètres le rapport v''ï-

Mais on peut, plus utilement, se proposer de faire en sorte que l'élévation d'eau {n — oi)/i, pendant la course descendante, £a?sc

tf..f ;

équilibre, dans le moteur, au poids P du système mobile, il suffira pour cela de poser l'équation :

ÏÏ'-'

en représentant par F l'ensemble des résistances passives à la descente.

Comme cette relation renferme deux arbitraires O et w, il reste encore loisible de leur imposer une nouvelle condition : par exemple celle de rendre minimum le travail du moteur, dans le mouvement ascendant. Ce travail comprend d'abord PA, pour remonter le système; en second lieu F'A, pour vaincre les frottements F' de la course ascendante; et enfin 1000 wA.H, pour élever, en dernière analyse, un cylindre liquide lah à la hauteur H. Il suffit donc, en supprimant dans cette somme le facteur commun A, d'envisager l'expression :

P + lOOOwH 4- F.

Après avoir exprimé les résistances passives du mouvement du liquide en fonction des diamètres , on égalera à zéro la dérivée de l'expression ainsi obtenue, ce qui fournira la seconde relation cherchée. Cette possibilité d'obtenir l'équilibre sans contrepoids accessoires, ou, du moins, avec des contrepoids beaucoup plus restreints que dans le système ordinaire, constitue un réel avantage pour la pompe Rittinger. Elle se recommande également par sa symétrie, qui, en simplifiant les parcours du liquide, permet une allure un peu plus rapide; par l'économie d'emplacement dans le puits; et parla suppression des chapelles. Malheureusement, elle exige un prix de revient relativement élevé.

POIHPES D*A¥ALERESSE

6ttS -* Lorsque Ton est aux prises avec les difficultés du fon-

POMPES DE HDJES. STfi

cage d'une avaleresse à travers les morts-terrains aquifères, il est indispensable d'avoir recours aux moyens d'épuisement les plus puissants qu'il soit possible de faïi'e intervenir. En mânie lemps, les circonstances de celte installation sont provisoires, précaires et gênantes.

Ces diverses circonstances impriment aux pompes d'avaleresse un caractère particulier, qui les sépare, jusqu'à un certain poini, des pompes de mine proprement dites. Les conditions que l'on doit, k cet égard, avoir présentes à i'esprit, sont les suivantes.

Il faut d'abord rechercher la légèreté. En eiTet, Je fond étant perpétuet lemenl à l'état d'avancement, ne saurait en aucune façon servir de base à l'appareil. On est donc obligé de suspendre ce dernier par la partie supérieure, ce qui constitue le;ew volûnt:, par opposition au jeu posé.

Les montages et démontages doivent élre faciles, car ils seront fréquents, pour suivre l'approfondissement et réparer toutes les avaries.

La pompe doit pouvoir marcher noyée, avec des venues d'eau aussi irrégulières. La moindie réparation laisserii, en outre, mouler le niveau dans le puits.

Les eaux à épuîsor Bont très impures et très chargéesi car les parois sont à l'état de dislocation, et il est impossible de songer à aucune clarification.

Fig. «11. Purope d'it

Les coups de mine peuvent atteindre des organes aussi rapprochés du point d'avancement.

On doit enfin s'attacher à ménager l'emplacement , et à réaliser la plus grande puissance avec le minimum d'encombrement.

933 — Examinons successivement les conséquences de ces principes. On emploie (fig. 604) un jeu formé de tirants susceptibles de s'allonger comme des tiges de sonde , ou des chaînes passées sur des molettes, et amarrées à des treuils sur lesquels elles se trouvent enroulées en provision, pour permettre de descendre la pompe au fur et à mesure de l'approfondissement. Après avoir parcouru de cette manière 30 ou 40 mètres, si l'on rencontre des parois solides, on pose une bâche, et l'on transforme cette première travée en un jeu fixe, relié d'une manière définitive à de forfs cadres placés à l'orifice du puits. On continue ensuite, avec un nouveau jeu volant, à suivre la progression du travail.

Il résulte de ce mode d'installation que l'on doil employer exclusivement la pompe élévatoire, en excluant la pompe foulante. Dans

la première, en effet, l'action motrice exercée sur les eaux se fait sentir de bas en haut, et tendra par conséquent à soulager les tirants, tandis que le mode foulant comprime l'eau de haut en bas pour déterminer son ascension dans la colonne, ce qui fatiguerait d'autant la suspension.

On supprime la chapelle qui, pour le moindre dérangement, se trouverait noyée, avant que l'on eût pu la démonter. Le piston et le clapet dormant sont retirés par le haut, comme nous l'avons vu pour la pompe de fond, dans les appareils définitifs (n*9H). Les clapets atteignent parfois des dimensions considérables, en raison de la puissance de ces appareils. Le piston Lelestu (n** 922) s'adapte convenablement au pompage des eaux impures.

Le corps de pompe, ou la travaillante ^ est très épais et enveloppé de vieux câbles, pour se trouver en état de résister aux projectiles des coups de mine. Cette surépaisseur permet également de l'aléser plusieurs fois, quand sa surface a été altérée par les graviers entraînés dans l'intérieur. Le diamètre est parfois considérable, attsndu qu'un gros corps de pompe produit moins d'encombrement

POMPES DE MIKES. 377

(liins le puits, que plusieurs cylindres formant un (otal égal de volume utile. En même temps, on réduit par là le nombre des organes et les chances de Ji^rangement. Cependant on trouve à cette unification l'inconvénient de s'exposer à des chutes d'eau écrasantes, si la pompe vient à crever. Il convient donc de garder une juste mesure, el de partager l'épuisement au moins entre deux pompes, ce qui facilite en outre les réparations, dans les moments où l'on peut arriver, avec un seul de ces appareils, en l'activant autant que possible, à surmonter les venues d'eau.

L'aspirant, qui se lr(>uYC absolument au contact des coups de mine, doit être établi dans des conditions de grande solidité. On emploie aussi, dans les pompes d'avaleresse, Vépée à fourreau, c'est-à-dire un ensemble de deux tuyaux emboîtés l'un dans l'autre. Le lubc mobile peut f>trc tiré successivement au dehors, sur une longueur variable, de manière à baigner toujours dans le puisard, jusqu'à ce que l'on proL«de à un abaissement général de tout le jeu volant, en faisant aloi-s rentrer le tube dans son fourreau. Il est bon également que l'aspirant soit réuni à la travaillante par uo joint souple, afin que l'on puisse le diriger h volonté vers les diverses anfractuositcs, que les circonstances du tirage peuvent déterminer dans le fond.

La colonne de tuyaux est allongée par la partie supérieure, au fur et à mesure de la descente de la pompe. On les fait en tùle, el non jilus en fonte, pour obtenir plus de légèreté. Les joints sont encore à brides. On les réalise en assemblant, à l'extrémité de chaque virole, un fer de cornière roulé à chaud en forme de cercle.

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