‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 64 sur 120 · MOYENS D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

MOYENS D'EXÉCUTION

•fît/.

f 043 — Pointes (ïaérage. — Si le courant était abandonné à lui-môme, il s'ouvrirait un lit, par la voie qui lui créerait le moins de résistance, depuis le point d'entrée jusqu'à Torifice de sortie. En dehors de ce parcours, toute la masse resterait à l'état stagnant. Il est donc nécessaire de s'occuper de diriger ce courant de proche en proche, en disposant, sur les points où plusieurs directions s'offrent à lui, des obstacles de nature à le forcer de prendre celle que l'on a en vue.

Les moyens que l'on peut employer à cet effet se rattachent à trois catégories : les portes, les cloisons ou barrages, les tuyaux ou canars.

Les portes d'aérage servent à interrompre le courant d'air, sur des points qu'il doit cependant rester possible de traverser, pour les hommes et les trains. Autrefois elles étaient établies avec beaucoup de négligence, et souvent composées d'une simple toile tendue sur un châssis joignant fort mal la paroi. Cet état de choses serait aujourd'hui une faute sans excuse. On doit, au contraire, s'attacher à soigner cette installation. Malgré ces précautions, ces organes n'en restent pas moins une cause de déperdition d'air par les joints latéraux, et par-dessous en raison de la hauteur des rails. On doit donc

■ «■ iV'J

restreindre au strict nécessaire le nombre de portes employées pour Taménagement de la \entilation.

Certaines d'entre elles sont munies de guichets, que le maître mineur ouvre plus ou moins pour brider l'air, c'est-à-dire pour en régler la répartition. Le porion ou les chefs de poste conservent la clef du guichet, afin d'empêcher que son ouverture ne vienne à être modifiée. On ne doit pas dissimuler Tinconvénient des anfractuosités inévitables, que laissent derrière elles les portes à guichets. 11 >^^

convient, pour ce motif, de les établir à l'entrée du quartier, dans l'air pur, et non à la sortie, dans l'air vicié. Sans cela, les remous qui tournoient sur place dans les angles, sans être entraînés par le courant, risqueraient de se charger progressivement de grisou et d'atteindre la proportion explosible.

En outre, avec cette seconde disposition, si un dégagement important venait à se produire, la difficulté qu'il éprouverait à passer par le guichet, pourrait le faire refluer en arrière jusqu'à l'accrochage, où il occasionnerait un désastre, si ce dernier était éclairé à feu nu. Ajoutons, dans le même ordre d'idées, que ces portes seront mieux placées dans la voie de roulage, qui est fréquentée et soumise à une surveillance plus sérieuse, que dans la voie de retour d'air, où il convient précisément de ne pas faire circuler inutilement des lampes. On doit enfin établir les guichets aussi haut que possible, afin de ne pas laisser de grisou en couronne.

Les portes les plus importantes sont gardées par des portiers. Cependant cet usage est inconnu en Angleterre. On emploie pour cet office soit des gamins, soit des ouvriers hors d'âge ; mais il convient de préférer ces derniers, qui présentent de plus grandes garanties d'attention et d'expérience. En l'absence d'une surveillance régulière, les enfants se rendent plus difficilement compte de l'importance de cette mission, en apparence si insignifiante, et des dangers que peut entraîner leur négligence.

Les portes sont, le plus souvent, manœuvrées par les hommes qui passent. Quelques-unes sont battantes, et même à doubles battants, quand la galerie est à double voie. Chacun des deux vantaux s'ouvre alors dans le sens de la circulation affectée à la voie correspondante. Dans certaines mines, on a disposé, sur les châssis,

413 AÉRACE.

des bandes àe caoulchouc.qui reçoivent la pression de la poric battante, et assurent une fermeture plus étanche.

Toute porte momentanément sans emploi doit âtre enlevée de ses gonds, afin de bien marquer cette circonstance. Sans cela, chacun aurait le devoir de la considt^rer comme ouverte par mégardc, et de la refermer avec soin.

On doit recommander l'emploi des portes doublée, qui laissent entre elles un espace égal au développement des plus longs trains. Ces derniers s'y engngcront comme dans un sas, de manii-re que la communication ne cesse jamais d'être interceptée. Les portes solidaires sont tellement disposées, que l'ouverture de chacune d'elles ferme nécessairement sa conjuguée. Les systèmes mécaniques proposés jusqu'ici, à cet égard, ont été jugés défectueux, mais il serait certainement intéressant d'en réaliser de meilleurs (')■

1044 — Crossing. — Dans les conditions ordinaires des méthodes françaises, on dispose, poui i aménagement des mines, de

Fig;. Ssg et 660. CrossinE de Uwynpii (coupes Tarllriles en lai% «l en

l'espace à trois dimensions, et l'on n'est pas embarrassé pour faire passer, à différents niveaux, des branches du courant qui se recoupent en projection horizontale, de manière à leur éviter toute rencontre. Mais, en Angleterre, la plupart des couches sont en plateures et de moyenne épaisseur, de telle sorte que tout le réseau des voies de communication y reste concentré, sans en sortir. Lois donc que la pi-ojection horizontale présente un croisement, il faut, en ce point, faire sortir l'une des deux galeries des épontes du gite

(') Nous parici-ons plus loin {n- HW) des portes Verpilleui, qui, destinées k fonctionner dons les coups de grisou, ne jouent aucun rôle pour l'iérage normal.

(fig. 659, 660), pour qu'elle puisse passer en col de cygne pardessus l'autre, et redescendre plus loin. dans la couche. Une telle disposition porte le nom de crossing. On choisit toujours, quand il faut ainsi courber Tune des voies, la moins importante des deux. Il est absolument essentiel de laisser alors à la voûte, ou à Testau de roche qui sépare les deux galeries superposées, une épaisseur plus que sufGsante pour ne pouvoir être crevée par un coup de feu. Cet accident, dont il y a de nombreux exemples, est dénature à entraîner des conséquences désastreuses. En effet, lorsque la communication est devenue libre, le courant prend, de lui-même, la voie la plus courte, en plongeant dans une stagnation complète toute la boucle que le crossing avait pour but de lui faire parcourir, avant de le ramener sur le même point.

f045 — Canars. — Lorsqu'il faut conduire l'air au fond d'une galerie en cul-de-sac, trop longue pour que l'on puisse compter uniquement sur la diffusion, on emploie de gros tuyaux en tôle ou en zinc (*), assemblés au moyen d'emboîtements, et lûtes avec du suif. Leur diamètre est en général de0",20 à 0",30. On les pose dans les angles dièdres delagalerie, à terre ou au plafond. Pour les sections muraillées, on a imaginé des tuyaux elliptiques, qui se logent convenablement dans le cintre de la voûte, où ils reposent sur des traverses encastrées dans la maçonnerie. Quand on a besoin d'une section plus importante, on a recours à des caisses de bois de O^jSS sur 0",60 dont les rallonges à emboîtement présentent environ 3 mètres de longueur. Ces divers organes, très répandus en Belgique, sont à peu près sans exemple en Angletern».

Deux moyens peuvent être mis en œuvre pour forcer l'air à circuler dans les canars. On peut d'abord se contenter de barrer la galerie d'arrivée à l'aide d'une porte, et d'encastrer dans son châssis le tuyau qui va déboucher au fond du cul-de-sac. Le mouvement y est déterminé par la dépression de l'aérage général. Si ce procédé est insuffisant, on emploie un ventilateur spécial à bras (n° 1071). L'introduction de ces portes est une cause d'infériorité pour le

(') On en a construit en carton bitumé.

système des canars, dont le régime intérieur se trouve trouble par leurs fréquentes ouvertures.

îi •'

11146 — Cloisons. — On préfère, autant que possible, les galandages^ c'est-à-dire des cloisons régnant sur toute la hauteur de la galerie, dont elles partagent la section en deux travées très inégales. La plus petite porte le nom de carnet^ ou goyoij d'aérage. Cette cloison peut également être horizontale. En surélevant la galerie, on y établit un plancher qui supporte la voie ferrée. Le retour d'air s'effectue par-dessous, et le mouvement est encore facilité par celui de Feau qui s'écoule dans ce caniveau. Ces gaiandages se font en planches, dont les joints sont recouverts d'un lut argileux. On les établit aussi en briques. Certaines galeries anglaises

ou allemandes sont cloisonnées par de simples toiles goudronnées (').

Les barrages offrent plus de résistance à un coup de feu. Les plus importants sont construits en maçonnerie épaisse, ou en argile pilonnée. Bien souvent, on se contente d'un massif de remblai , en ayant soin de le serrer autant que possible, sans quoi il donne lieu à une très grande déperdition d'air (*). Nous avons vu un exemple de ce dispositif, dans la constitution

Fig. 661. Courants d'air convergents (coupe horizontale).

(*) PA, A'ngleterre, 125; Allemagne, 158.

(') Des jaugeages effectués au puits de TAgrappe ont montré que la différence entre le volume qui pai*vient aui tailles et celui que l'on mesure au pied du puits, atteint (n* 1018) les 36 centièmes de ce dernier. En Angleterre, on observe des pertes encore plus considérables. Les énormes volumes que l'on cite souvent comme des modèles, ne constituent souvent^ en raison des conditions de la méthode, qu'une simple apparence recouvi*ant une réelle disette d'air dans beaucoup de chantiers. Le longwall y constitue, à cet égard, le type d'exploitation le plus satisfaisant, en forçant l'air de passer le plus près possible des fronts de taille*

de l'artère qui sert de base d'opération pour la méthode des grandes tailles (*).

Lorsque deux voies d'air viennent au-devant l'une de l'autre, pour réunir leurs contingents dans un branchement perpendiculaire (fig. 661), on court le risque de voir le plus faible des deux courants refoulé par le plus fort. On prévient cette difficulté, en établissant, dans Taxe du tronc commun, un barrage qui brise à la fois les deux vitesses, et les infléchit côte à côte.

rmiIVCIPBS OÉNEBAUX BE L'AHÉIIiA«EHBI«¥

1 047 — Circulation ascensionnelle, — La disposition générale du courant dans Tintérieur de la mine doit être l'objet d'une étude attentive. Le problème se complique au fur et à mesure que les travaux deviennent eux-mêmes plus complexes. On peut dire, d'une manière générale, que la solution est plus nette dans la période du traçage que pendant celle du dépilage. Il en résulte du reste un bien, car la première phase est souvent celle qui donne le plus de grisou et présente les plus mauvaises chances, pendant cette saignée du massif, pourvu que l'on s'attache à conduire ensuite le dépilage avec la prudence convenable.

Les principes généraux qui doivent présider au choix de la disposition d'ensemble sont extrêmement simples, et, en même temps, d'une importance fondamentale.

1 048 — Nous énoncerons, en première ligne, la règle de la circulation ascensionnelle. Elle consiste en ce que l'on doit faire arriver le courant d'air par le pied du puits le plus creux, et le développer, lînsuite de manière qu'il aille toujours en montant, en n'admettant, autant que possible, aucun parcours de haut en bas, ou à rabalvent (*). On en peut donner les motifs suivants.

(*) Tome I, p. 499.

[*) En Belgique, on distingue Vaérage descendant et Taérage à rabat-vent, La pre-

rt>.

iy

416 AËRA6E.

L'air tend, par son introduction dans la profondeur , à s'échauffer, cl , par suite, à se dilater. En outre, il se charge de vapeur d'eau et de grisou, double influence qui tend, comme la première, à diminuer sa densité. Le fluide aura donc une prédisposition naturelle à s'élever, lorsqu'il aura ressenti ces influences, et l'on doit chercher à se la donner pour auxiliaire, et non comme obstacle. Cette précaution prend surtout de l'importance le long des fronts de taille, où le grisou se dégage à l'état de pureté, avec une tendance marquée à monter qu'il convient de favoriser, pour éliminer le plus rapide- I • ment possible cet hôte dangereux.

Cependant cet énoncé doit être entendu avec mesure, et non ij-; comme un précepte absolu qu'il faille suivre aveuglément. Il peut,

par exemple, devenir utile de renvereer le courant établi, pour

combattre les feux en les attaquant successivement de tous les côtés,

^V et toujours avec l'air au dos; ou encore, pour dégeler, en hiver, le

puits d'extraction, lorsque les clichages et les guidonnages sont encombrés de glaçons.

Toutefois ce principe, trop méconnu en Angleterre, et, au contraire, devenu réglementaire en Belgique, doit être conservé comme une régie normale par l'exploitant, afin de se donner comme une ressource, surtout en cas d*arrét inattendu de la machine, la tendance ascendante spontanée qui contribuera à entretenir pendant quelque temps le mouvement (n"" 1103). Elle offre également l'avantage de placer les câbles d'extraction dans de meilleures conditions de conservation, par leur situation au milieu de l'air pur. Il en est de même pour l'hygiène des moulineurs aux recettes, et des routeurs dans la voie de fond. Les lampes, toujours agitées, de ces derniers, présenteront également moins de dangers 5 i qu'avec le retour d'air.

On doit, dans tous les cas, tenir absolument la main à ce que le courant n'ait plus jamais à redescendre, dès qu'il a passé sur un point grisouteux. Sans cela, en raison des défauts d'homogénéité

inièra de ces dénominations se rapporte à une Tentilation qui, d'abord ascendante le long du front de taille, se trouve ensuite obligée de redescendre, au lieu de s'échapper par un mtUlage supérieur. Dans le système à rabat-vent, le courant suit en descendant le front de taille.

AMÉNAGEMENT DU œURANT. 417

que peut présenter le mélange de l'air avec le gaz, celui-ci risquerait de rester en cloche, au point maximum du parcours.

Il va sans dire que, dans ces énoncés, on ne considère pas comme une descente la simple pente du roulage libre sûr rails.

Si des dérogations deviennent inévitables, elles seront surveillées de la manière la plus attentive. L'air doit alors monter par la taille, surtout quand elle est tracée en maintenages, et redescendre ensuite par une voie rectiligne, inclinée en pente douce de 10 degrés au maximum.

1 049 — Subdivision du courant. — Le principe de la subdivision du courant (*) est tout aussi essentiel que le précédent. On trouve théoriquement un énorme avantage à fractionner le courant en plusieurs bras, à partir du pied du puits d'entrée, ou, du moins, de l'extrémité du travers-bancs, au lieu de le conduire, le long d'un m unique, dans toutes les parties de la mine les unes après les autres.

Reprenons, en effet, la formule (6, p. 390) :

et imaginons que l'on divise le trajet total / en n segments égaux, dont chacun aura pour longueur f = — , et sera parcouru distinctement par le débit g' = -^. La dépression A', qui correspond à ce nouvel état de choses, aura de même pour valeur :

elle décroît donc en raison inverse du cube du nombre de dérivations. Elle sera 8, 27, 64,.... fois moindre, si l'on a fractionné la circulation en 2, 3, 4,.... courants partiels (*).

(<) Introduit en 1760 par Spedding.

[*) Dans la couche Hutton, à Eppleton, on a poussé la subdivisioD Jusqu'à neuf déri-

418 ÀÉRAGE.

L'avantage de réduire la force motrice dans une proportion aussi considérable n'est pas le seul, et Ton en peut citer d'autres plus essentiels encore. 11 est évidemment préférable, en effet, qu'une masse d'air, une fois contaminée, soit conduite au jour ou, tout au moins, au retour d'aïr collecteur général, par la voie la plus directe et sans parcourir d'autres chantiers, au lieu d'être promenée successivement dans tous les ateliei's, en passant sur toutes les lampes.

Un éboulement, qui arrêterait toute la ventilation, si elle était à courant unique, ne provoque, avec la subdivision, qu'une perturbation beaucoup plus circonscrite.

Ce principe permet encore, en apportant de légères variations dans la distribution respective du débit total entre les diverses sections, de venir en aide à l'assainissement de la région qui, pour un moment, inspire plus de préoccupations qu'à l'ordinaire, avant d'en venir à faire varier le total de l'aérage, ce qui serait la seule ressource avec un courant unique.

Les moyens matériels employés pour réaliser cette division établiront entre les quartiers une séparation qui, quoique bien précaire assurément, ne sera cependant pas tout à fait sans valeur contre des coups de feu d'importance modérée. Ceux-ci pourront donc être plus limités dans leurs ravages, et les opérations du sauvetage sur le théâtre de l'accident se trouveront, en outre, facilitées par la conservation des régions voisines et de leur personnel.

L'idéal de l'application du principe qui nous occupe, serait que chaque quartier eût sa circulation spéciale, avec une entrée et une sortie distincte au jour, de manière à présenter, pour ainsi dire, dans la mine, plusieurs mines distinctes. Mais ce desideratum ne pourra presque jamais être obtenu, si ce n'est lorsque la division du gite en couches distinctes apportera, sous ce rapport, des facilités spéciales. Lorsque, au contraire, comme c'est le cas le plus fréquent, tous les courants se réunissent finalement dans un même collecteur d'ensemble, il importe, du moins, de faire le possible pour éviter qu'aucun d'eux puisse être interverti par une explosion.

vations. En revanche, à Ryhope, on rencontre un courant d'air de 9 kilomètres de développement {PA, Angleterre, 230 et 232).

AMÉNAGEMENT DU œURANT. 419

Mais ceci même est difficile à réaliser avec certitude, et l'on ne peut guère indiquer que l'emploi des portes Verpilleux (n« 1196), pour donner, à cet égard, une demi-sécurité.

Il convient, en terminant, de faire observer, qu'à côté d'aussi nombreux avantages, la division du courant présente un inconvénient. II peut arriver, en effet, que des causes accidentelles arrêtent ou ralentissent une de ses branches, sans que l'on en soit averti dans tout l'ensemble des travaux, comme cela serait inévitable avec le courant unique ('). Mais le remède à ce défaut se trouvera facilement dans une surveillance attentive.

1 050 — Élargissement des retours d'air. — Théoriquement, la section offerte au courant devrait aller toujours eh croissant, afin de conserver la vitesse que l'on a jugée convenable (*).

Nous avons vu, en effet (n"" 1048), que toutes les influences qu'il subit tendent à le dilater. Il faut donc insister sur la nécessité des grands retours d'air.

Celte vérité est trop méconnue en général, pour des raisons d'économie de percement et d'entretien fort mal entendues, et qui peuvent devenir fatales. On va même quelquefois directement à contresens de cette règle, en établissant les maillages sur des sections rétrécies par rapport au calibre général des galeries de service. Il n'est pas sans exemple de trouver, en Angleterre, dans certains retours d'air, des vitesses de 3 à 4 mètres, parfois même de 5 à 6 mètres, ce qui constitue une ti'ès grave imprudence.

Il convient également de laisser toujours, dans ces galeries, une voie ferrée, pour y faciliter les réparations et les sauvetages. Les ingénieurs devront se faire une obligation personnelle de visiter périodiquement cette partie des travaux, pour s'assurer de son état, souvent trop négligé.

. iS

-ft?.

' -.vis

• ■- Il

1 05f — Suppression des anfractuosités. — Il est nécessaire d'apporter un soin particulier à éviter, autant que possible, toutes

(*) De Vaux, Annales des travaux publics de Belgique, XX, 153. (*) Si cette vitesse était appelée à varier, elle devrait plutôt tendi*e à diminuer progressivement, puisque la composition de l'air devient de plus en plus redoutable.

les anfractuosités, dans lesquelles des masses gazeuses se loge ' raient à Tétat stagnant, ou dans un état de gyration lente qui ne participe pas à la circulation générale». Le grisou pourrait, dans ces conditions^ s'y accumuler à loisir jusqu'à la proportion explosible.

On ne remédierait nullement à cet état de choses en forçant la ventilation. Le courant, ainsi stimulé, se bornerait à passer avec plus de vitesse devant la masse stagnante, qu'il attaquerait à peine. La configuration des travaux, en grand de même qu'en détail, permet seule d!atteindre le résultat.

Le mode employé pour le revêtement des galeries présente, sous ce rapport, Un grand intérêt. Les ibôisages, par l'importance de leur équarrissage, donnent lieu à des rentrants très marqués. En outre, les incessantes réparations dont ils sont l'objet, tendent à faire jouer le plafond et à le fendiller, en y créant des nids de grisou d'où il est impossible d'extraire le gaz.. Le soutènement en fer diminue beaucoup cet inconvénient. Lors même que l'on réduit remploi du métal aUx cadres mixtes, formés démontants en bois et de chapeaux en rails, on réalise ainsi un progrès notable, car c'est au faite que se trouve la région la plus critique. La maçonnerie lisse fournit, à cet égard, la meilleure solution.

flOSS — Aérage diagonal. — M. Murgue conseille de placer de préférence, lorsque rien ne s'y oppose, les puits d'entrée et de sortie aux deux points les plus éloignés du réseau de travaux, en vue d'en faire parcourir l'ensemble, au moyen d'un trajet moins complique que lorsqu'il faut ramener l'air presque au point de départ. De là une diminution des résistances et de la déperdition en route.

Cet avantage évident mérite d'être signalé en principe. Toutefois il y aura souvent à compter avec des convenances opposées. Il est clair, par exemple, qu'au début d'une exploitation, les deux puits ne sauraient être placés à la distance extrême qu'elle embrassera plus tard. En outre, les puits jumeaux présentent des avantages qui en ont beaucoup répandu l'emploi.

En Angleterre, il est de pratique à peu près constante de mettre les puits d'entrée et de sortie tellement près l'un de l'autre, que^

par rapport à rimmense étendue du champ d'exploitation, Teffet en peut être considéré comme Téquivalent d'un puits unique^ cloisonné en compartiments. Et cependant, les conditions, d'exploitation de la plupail de ces houillères sont de nature à porter au maximum les inconvénients de ce système de circulation, car on se trouve en présence des immenses vides du goaf (*), avec les ressources les plus imparfaites pour guider le courant, et le forcer de passer au front de taille (n" 1018). C'est ce qui explique l'énorme déchet qui s'opère en route, et l'écart qui existe (n® 1046, note 2) entre la quantité injectée dans le puits et le volume directement utile.

AMËNAGElHElliT DES TBAViLUX AIT POINT DE VUE

DE Ii*AËBAGB

1 053 — C'est à la clarté de ces principes généraux que l'on devra discuter, au point de vue de l'aérage, la méthode d'exploitation. Sans reprendre pour cela, pas à pas, la série des subdivisions qui ont rempli la quatrième partie de ce Cours, nous chercherons à esquisser les lignes principales d'un tel examen (*).

L'exploitation intensive qui, sur beaucoup de points, est de plus en plus à l'ordre du jour, en vue de faciliter la surveillance, de diminuer la durée des ouvrages et leurs dépenses d'entretien, d'éviter de laisser le charbon se fatiguer et s'échauffer, prêle le flanc à la critique quand il s'agit de gîtes grisouteux. Un avancement rapide tend alors à déverser des torrents de gaz dans la circulation (n*'M004, 1017).

Nous avons vu que l'on doit, au contraire, conseiller une marche ralentie et prudente, avec une suffisante dissémination des quartiers,

(*) Tome I, p. 430.

(*) A. Gurlt. Uber den Abbau Grubengas fuhrender Steinkohlenflolze (Gluckauf, Essen, 1880, !!• 45). -— A. -Gurlt. Die Verbulung von Ëxplosionen schlagender Welter in Steinkohlenbergwerken, Bt)nn. 1880.— Hasslacher. Die Steinkohlenbergwerke Preussens nach der verschiedenen Art ihrer Wetterfûhrung (Zeitschrifl BUS, XXX, 181). — Die Wetterfùhrung auf den Steinkohlenbergwerke (ZeiUchrift BHSyllW, 85, 136, 144).

Vi'l^. '■•

•I2S ÂÉRA6E.

de manière à pouvoir toujours reporter le personnel d'un point sur un autre» pour ne jamais travailler dans le grisou. Il faut abandonner le chantier dès l'apparition de ce gaz, et lutter contre celte invasion avec des flots d'air, pour assainir la région critique» et la ramener à un régime sûr, avant d'y rentrer.

En second lieu, une trop grande concentration des ouvriers aggrave les résultats de la catastrophe, si le chantier vient à sauter ; tandis qu'avec un éloignement suffisant des divers quartiers, on peut espérer qu'un certain nombre d'entre eux, au moins, échapperont aux eflets de coups de feu modérés.

tO&4 — Les tracés à gradins renversés, et particulièrement les maintenages, qui présentent des angles rentrants multiples, sont dangereux, en raison des nids de grisou formés dans ces angles, au fond desquels il est impossible de conduire le courant. Dans tous les cas, l'aérage doit être alors essenûellement ascensionnel, et serrer les fronts de taille, d'aussi près qu'il est possible, sans risquer d'exagérer la valeur de la vitesse.

Les méthodes de grandes tailles présentent, au point de vue de l'aérage des gîtes grisouteux, un certain avantage sur celles de massifs courts, qui tendent à écraser les piliers et à faciliter la sortie du gaz. Cependant cette propriété devient, en sens inverse, un avantage, si l'on juge à propos de préparer progressivement l'assainissement du massif, pour diminuer les torrents de giisou qui se produisent au moment de l'abatage.

Il sera préférable, dans ces méthodes, de disposer les fronts de taille en inclinaison, avec des avancements chassants, car ils seront ainsi plus vivement léchés par le courant, avec tendance spontanée du grisou à monter et à quitter son point d'émergence. Les méthodes montantes seront proscrites des gisements gazeux, car le grisou stationnerait alors aux fronts de taille, disposés en direction. Il y augmenterait les mauvaises chances par son séjour au milieu des lampes et des coups de mine.

Avec la méthode des chambres, on doit interdire absolument, dans les houillères grisouteuses, l'emploi des ouvrages en remonte comme base du système d'exploitation. Si, exceptionnellement, un

percement montant a été reconnu indispensable pour l'aménagement général de la mine, Texploitant s'y entourera d'un système de précautions tout spécial, en conduisant le courant exactement jusqu'à l'ayancement au moyen d'un gaiandage, surveillant strictement l'état de l'atmosphère sur ce point pour les lampes, et interdisant absolument l'emploi de la poudre.

1 055 — La production accidentelle des cloches doit être surveillée avec le plus grand soin, et ces cavités comblées sans retard.

Si un quartier, tracé d'après une méthode quelconque, admet un point maximum en cûl-de-sac, il convient de le dégager aussitôt que possible, par un chemin d'air partant de ce point et aboutissant à un étage supérieur, ou au jour. La section de ce maillage recevra une importance proportionnée à celle du district qu'il dessert. Parfois un coup de sonde de gros calibre peut suffire, comme pour un réavalement sous-stot. Il serait alors dangereux, en fonçant le puits de bas en haut à travers un massif grisouteux, de faire redescendre .le courant dans un compartiment spécial (*).

Les coups de sonde sont également employés dans le sens horizontal, pour les galeries percées dans des masses susceptibles de donner des dégagements instantanés, ou conduites à la rencontre de vieux travaux. On doit alors se faire précéder d'un sondage, constamment maintenu à une dislance sufQsante de l'avancement. Si l'on rencontre ainsi des amas de gaz, on ne les dissipera qu'avec les plus grandes précautions, et, autant que possible, en présence d'un ingénieur, après avoir acquis la certitude de ne pas créer par là un danger réel sur le parcours de cette évacuation.

On emploie encore les coups de sonde (n" 1004) pour saigner le charbon et en extraire progressivement le gaz, avant la tombée en masse au moment de l'abatage. Le havage contribue lui-même à cet effet, parfois même avec trop d'abondance, et l'on doit, en pareil cas, ne le pratiquer que successivement, aux divers points d'une même taille.

('] Pour un motif analogue, les planchers de séparation que Ton établit dans les puits pour les échelles (n**i256), seront à claires-voies, aûn qu'ils n'aient pas pour effet de maintenir dans la stagnation des masses d'air susceptibles de devenir explosives.

424 AÉRAfiE.

1 056 — L'un des points les plus importants consiste à éviter la déperdition du courant le long du parcours, tes galandages, les cloisons en remblai (n'^ 1.046) y sont souvent bien insuffisants. L'on devra alors, de préférence (*), comme nous l'avons vu dans les méthodes anglaises ('), conduire parallèlement deux galeries jumelles» séparées par un massif de houille d'une épaisseur suffisante pour la sécurité, sans toutefois y apporter une exagération qui se traduirait par une augmentation inutile de la longueurdes traverses d'aérage. La partie de l'avancement qui précède la dernière recoupe, restée seule ouverte pour le passage du courant, sera ordinairement ventilée par diffusion; mais, si le danger l'exige, on l'aère au moyen d'un galandage mobile, qui suit les progrès du percement, et que Ton démonte pour le reporter en avant, au moment où Ton vient de percer une nouvelle traverse et de fermer la précédente (')•

M. l'inspecteur général des Mines Tournaire a recommandé (*) la disposition suivante, en vue d'éviter les pertes en route dans les remblais, ou par les fuites des portes. Elle consiste à pratiquer, au sommet de l'étage exploité dans une couche inclinée, une galerie costresse destinée à jouer spécialement le rôle de retour d'air, et d'une manière distincte de la voie de service des remblais de cet étage. On peut la mettre en plein massif, ainsi que cette dernière, si la puissance le permet pour toutes les deux, ou sinon la placer dans une couche voisine, ou même au rocher. Ces deux ouvrages se prêteront un mutuel secours pour leur aérage, dans la période du percement. Plus tard, pendant le développement normal du dépilage, le courant, après avoir parcouru les chantiers de l'étage en question, reviendra par ce chemin d'air spécial, en laissant

(') Du Souich {Pièces annexées aux procès-yerbaux de la Commission du gi*isou, i" fascic, p. 89).

(*) Tome I, p. 389.

(^) Uu principe analogue a été suivi à Ronchamp, dans le fonçage de puits jumeaux séparés par un Qourt massif. On conduit alors les deux avancements du même train, et on les relie, à diverses hauteurs, pai* des traverses horizontales, pour que l'air puisse descendre par l'un des puits et remonter par l'autre. On obtient ainsi un aérage bien plus satisfaisant que dans les conditions ordinaires, où les suintements de l'humidité engoulTrcnt le long des pai*ois une gaine d'air extérieur, qui remonte en colonne centrale (nM123).

(*) Procès-verbaux des séances de la Commission du grisou, p. 84.

la voie de roulage dans ses relations ordinaires avec le déhouillement. Le retour d'air se trouvera dès lors en plein massif, sans parois de remblais ni portes mobiles. Il transmettra donc, de la part du ventilateur aspirant placé sur le puits de sortie, un appel plus puissant et plus direct sur les fronts de taille vers lesquels on dirige le courant par le pied de Tétage.

¥IEI}X TRA¥AI]X

1057 — Nous avons insisté déjà sur le danger que présentent les vieux travaux, comme réservoir de masses grisouteuses prêtes à envahir la mine, si une cause adventice vient les y appeler.

On doit s'attacher, autant que possible, à ce que les parties abandonnées se trouvent en amont-pendage des quartiers en activité, afin que le grisou ait moins de tendance à en sortir, pour pénétrer dans les chantiers habités. Il faut donc éviter d'avoir des étages trop élevés à prendre de bas en haut, de manière à accumuler au-dessous de soi les tranches déhouillées (*). Pour le môme motif, il est bon de ne pas mettre en train trop d'étages simultanément. Cependant le contraire peut se trouver indiqué, dans les cas où le traçage est de nature à assainir le massif avant la période de dépilage. Ce sera donc une appréciation à faire dans chaque cas.

1058 — Le danger des vieux travaux disparaîtrait s'ils ne présentaient aucun vide. Sous ce rapport, les méthodes de remblai présentent sur celles de foudroyage un avantage tellement marqué, que ces dernières ne devraient jamais être admises pour les gisements grisouteux. En effet, la tombée s'y fait au hasard, tandis qu'avec le remblayage, les matériaux sont disposés de main d'homme.

(') Le gi'and accident de Oaks Colliery, le plus meurtrier qui ait jamais dévasté une mine (n* 1187), a été attribué & une influence de ce genre.

de manière à diminuer les vides autant que possible. Aussi cette opération devra-t-elle être particulièrement surveillée.

En second lieu, le principe du foudroyage expose à laisser dans les éboulements une certaine quantité de charbon, qui les imprégnera encore de gaz, après que l'avancement se sera reporté plus loin.

Il est même arrivé, qu*en propageant la dislocation jusque dans des lits charbonneux inexploitables intercalés dans le toit, on faisait refluer dans les travaux les gaz dégagés par ces couches étrangères (*). On s'est trouvé alors conduit à saigner ces bancs grisouteux, par un réseau de traçage qui précédait, à une certaine distance, l'avancement, dans la couche du mur, de la méthode d'éboulement.

f 059 — On ne peut espérer,, dans la réalité, que diminuer, sans pouvoir jamais les supprimer complètement, les vides des vieux travaux; sauf les cas particuliers, où la charge du toit donne assez énergiquement pour serrer complètement des remblais argileux. 11 reste donc, à cet égard, à choisir entre deux tendances opposées qui ont chacune leurs partisans.

En général, on s'attache à isoler le plus possible les quartiers abandonnés. De cetle manière, on ne leur envoie aucune dérivation du courant d'air, et, en même temps, on se trouve défendu contre leurs émanations.

Certains praticiens ('), au contraire, ont affirmé l'utilité du drainage des vieux travaux. Dans le bassin de Mons, on a exécuté des purges systématiques en obligeant, par la fermeture des portes, la totalité de la ventilation à filtrer à travers les vieux travaux, pour en extraire des torrents de mauvais air (').

M. Soulary (*) a coordonné toute une méthode d'exploitation basée sur ce principe. Il ménage des conduits en pierres sèches au milieu

(«) PAy AnglcteiTC, 57.

(•-) Voisin {Annales, 7«, IV). — Coince. Mémoire sur sa mission en Angleterre, p. 25. — Dunn. Traité d'exploitation. — Zeitschrift BHS, XX, Nonne; XXIV, 73, Schondorf. P) PA, Belgique, 68. (*) Anmle*, 7-, XI, 241.

AMÉNAGEMENT DU œURÂNT. 427

du remblayage, au moment où Ton comble les anciennes voies de communication. Les massifs de remblai y déverseront librement leur gaz, dont l'auteur assure Tévacuation au dehors, au moyen de dispositifs, variables suivant les cas, et dont la description ne saurait trouver place ici. Mais on a élevé contre cette combinaison une objection d'une grande force. D'après la difficulté que l'on éprouve, dans les conditions ordinaires, à maintenir, au milieu des remblais, des galeries surveillées et entretenues, il y a lieu de penser que ces drains abandonnés s'oblitéreraient rapidement. Or il suffirait d'un seul point sur lequel la charge viendrait à donner, en écrasant le canal, pour condamner complètement le fonctionnement d'une artère, quelle qu'en fût la longueur. Le système perdrait alors son efficacité; on n'en serait pas même averti, et Ton se trouverait placé par là dans des conditions pires, sans doute, que le mode ordinaire.

Quand on croit utile de maintenir une diffusion modérée du courant à travers les quartiers abandonnés, en vue de les assainir dans une certaine mesure, il importe, au moins, de ne pas perdre de vue la distinction suivante. Si la charge doit comprimer les remblais dans un court délai, en n'y laissant que des vides très réduits, qui opposent de grandes résistances au mouvement des gaz, le mieux sera incontestablement de les isoler absolument à l'aide de barrages étanches. Si, au contraire, des vides importants doivent rester ouverts presque indéfiniment, comme dans certaines houillères de la Grande-Bretagne exploitées par foudroyage ou remblai partiel, c'est alors seulement que se peut discuter l'ulilité d'un aérage mitigé. On peut même ajouter que, la plupart du temps, il s'imposera, beaucoup plus comme une circonstance inévitable, que comme un résultat choisi par préférence.

Une seconde distinction essentielle concerne le degré de prédisposition des vieux travaux à l'incendie. Avec des charbons inflammables, un certain accès d'air sur les menus abandonnés dans ces quartiers, trop faible pour les rafraîchir et suffisant pour les oxyder, ne peut être qu'excessivement nuisible.

V w ~'ii:

1060 — Avant qu'un district arrive à être définitivement

428 AÉRÂGE.

classé dans la catégorie des vieux travaux, il arrive souvent que Ton se trouve forcé de l'évacuer momentanément, s'il devient dé»cidément dangereux par les émanations qui s'y produisent. Cet abandon ne doit pas être décidé à la légère, et peut-être vaut-il mieux lutter sur le lieu même du dégagement, si l'on est sufBsamment armé pour cela,. que de chercher à l'étouffer, en le cernant d'une manière qui, toujours imparfaite, le laissera déverser à loisir son gaz dans le reste de l'exploitation. Cependant il est évident que l'abandon complet, avec établissement de barrages étanches, reste, en pareil cas, la dernière ressource.

Page 1