‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 80 sur 120 · ATTEINTS · texte numérisé non relu

ATTEINTS

'v*VA:

6il

Au premier rang d importance se place l'éboulement ("), qui représente 42 7o des cas mortels. En second lieu, on trouve le danger des puits qui , en groupant ensemble les chiffres concernant la chute directe des hommes et les ruptures de câbles, forme 21 7o> c'est-à-dire la moitié du chiffre relatif à Féboulement. L'influence des gaz, si Ton réunit, avec l'asphyxie, les explosions de grisou, donne encore une proportion presque égale : 18 7o- Le surplus, en quantité encore à peu près équivalente : 19 7o> est représenté par les coups de mine, l'inondation et les causes non spécifiées.

Ces divers genres d'accidents ne présentent pas tous, du reste, le même degré de gravité. Les éboulements donnent lieu à beaucoup de blessures, car la proportion des morts : 42, est inférieure à celle : 49, des hommes atteints. Pour d'autres, au contraire, le nombre des décès l'emporte ; comme pour la chute dans les puits : 1 7 au lieu de 7 ; les coups de grisou : 8 au lieu de 3. Pour d'autres enfin, Taccident est nettement mortel, comme pour l'asphyxie et l'inondation (ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que cette fatalité soit nécessairement inhérente à ce genre d'accidents, mais simplement, qu'en 1880, les choses se sont passées ainsi ; ou plutôt encore, que l'on n'aura pas mis au rang des blessés les hommes qui ont pu, dans ces conditions, être rappelés à la vie).

On remarquera que l'influence du grisou représente, dans ce total, 8,5 7o des morts et 3,3 7o des hommes atteints. Ce chiffre est, en un sens, de nature à rectifier les idées, parfois exagérées, que l'on se fait sur la prépondérance de ce genre de dangers. Nous venons de voir que l'éboulement, dont le public se préoccupe infiniment moins, est bien plus meurtrier, quoiqu'il exerce ses ravages d'une manière beaucoup moins retentissante. II est cependant nécessaire de faire remarquer que ces chiffres ne donnent, au fond, qu'une appréciation assez vague de ce genre de danger, ils se rapportent, en effet, à la totalité des charbonnages, dont les uns sont absolument indemnes, sous ce rapport, tandis que d'autres concentrent,

(') n coiiTieDt de faire observer que Tannée 1880 a été marquée par un accident exceptionnel, l'effondrement des carrières de Ports (Indre-et-Loire), qui a occasionné 25 morts et 8 blessures. Mais cette catastrophe n'est pas comprise dans le chiffre rebtif aux charbonnages.

au contraire, presque fout le péril. Dans un massif nettement grisouteux, que Ton isolerait pour en établir les moyennes, il est évident qu'elles ressortiraient d'une manière toute différente. Mais, à cet égard, on se trouverait, pour établir de telles appréciations, en face d'une grande variabilité.

On peut encore rapporter la mortalité duc aux accidents, non plus au nombre des ouvriers, mais au chiffre de l'extraction. Le nombre de milliers de tonnes qui correspond à un décès a varié, en France, de la manière suivante, dans une période de dix ans :

Page 1