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CHAPITRE XLVII

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131 !S — Les explosions de grisou dont les mines de houille sont le théâtre, ont toujours eu le douloureux privilège de frapper l'attention publique. 11 est facile de comprendre que, d'après l'énorme progression qu'a subie l'extraction depuis un demi-siècle, le nombre absolu des victimes ait dû nécessairement augmenter. Mais, en raison des perfectionnements apportés dans l'exploitation, en ce qui concerne la sécurité, le rapport de ce chiflTre à celui de rextraction a incontestablement diminué.

Il convient d'ajouter qu'en raison de la tendance, tous les jours plus accusée, à la concentration des ouvriers dans des travaux moins vastes que par le passé, pour un chiffre égal du personnel, Tiraportance que prennent les catastrophes exceptionnelles devient de plus en plus propre à fixer l'attention générale, par l'étendue des désastres qui viennent frapper à la fois toute une population.

Je citerai ici, à cet égard, quelques chiffres tristement élo-

quenls, en ce qui concerne le nombre des victimes tombées mortellement sur le champ de bataille souterrain :

101 à Penicraig (Cardiff), le 10 décembre 1880.

102 à Walsend (Newcaslle), le 18 juin 1855. 104 à MonkfiekU le 7 novembre 1883.

108 à Karwin (Silésie autrichienne), le 6 mars 1885. 112 à Frtiineries (Couchant de Mons), le 16 décembre 1875. 112 à Park slip CoUiery (South Wales), le 26 août 1892. 115 à la mine des 2i actions (Couchant de Mons), le 4 mars 188". 115 au puits Pélissier (Saint-Étienne), le 29 juillet 1890.

120 à Risca (South Wales), le 15 juillet 1880.

121 à Frameries (Couchant de Mons), le 17 avril 1879. 157 à Talk of the hill (Staffordshire), en 1866.

142 à Blackwein (South Wales), le l»-^ décembre 1860.

145 à Swaithe Main (Barnsley, Yorkshire), le 6 décembre 1875.

145 à Riscii (South Wales), le f*^' décembre 1860.

160 à Anderlues (Helgique), le 11 mars 1892.

164 à Seaham (Sunderland), le 8 septembre 1880.

176 à Llanerch Colliery (South Wales) le 6 février 1890.

178 à Ferndale (Khoudda, South Wales), le 8 novembre I8fi7.

178 à Cliflon Uall (Lancashire), le 18 juin 1887.

181 au puits Camphausen (Sarrebrûck), le 18 mars 1885.

186 au puits Jabin (Saint-Élienne), le 4 février 1876.

189 à Lundhill (Barnsley), le 17 février 1857.

189 à Wood (Saint Helen's, Laacashire], le 7 juin 1878.

195 à Haydock, le 7 juin 1878.

207 à Blantyre (Lanarck, Ecosse), le 22 octobre 1877.

207 au puits Verpillcux (Saint-Étienne), le 8 juillet 1889.

209 à Hartley, le 20 janvier 1862.

255 à Woodnt, en juin 1878.

256 à Karwin (Silésie autrichienne), le 18 juin 1894. 268 à Abercane (Monmouthshire), le 11 septembre 1878. 276 à Burgk (Saxe), le 2 août 1869.

290 à Albion Colliery (South Wales), le 25 juin 1894. 561 à Oaks Colliery (Yorkshire), le 12 décembre 1866 (').

La sympathie publique s'associe d'une onanîère irrésistible à ces

(*) Dans CCS désastres, les chevaux partagent naturellement le sort des hommes A Kellon, le 20 décembre 1860, un coup de feu a tué 65 chevaux, en même temps q"'' 2S hommes.

grands deuils. Mais la plus stricle justice exige que Ton signale en m^me temps la sollicitude incessante de FAdministration française, s'exerçant, tant par Tinitialive individuelle de ses ingénieurs dans leurs services respectifs, que par d'importantes instructions minislérielles publiées à diverses époques (*). De grands éloges sont dus d'ailleurs à nos Compagnies houillères, pour les efforts intelligents, persévérants et désintéressés, qu'elles ne cessent d'opposer à ce fléau dévastateur.

1313 — Causes des coups dé feu. — Les causes déterminantes de l'inflammation peuvent être le tirage d'un coup de mine, l'emploi des lampes à feu nu dans des travaux ordinairement exempts de grisou, le dévissage par imprudence d'une lampe de sûreté, la sortie de la flamme produite par un courant d'air, la déchirure d'un tamis ou d'un chapeau de lampe, une allumette enflammée au mépris du règlement, une irrégularité dans le fonctionnement du foyer d'aérage, l'explosion d'une chaudière intérieure (*), la présence d'un feu extérieur embrasant le gaz dont la déflagration redescend ensuite dans le puits.

La statistique des accidents de grisou survenus en France pendant une période de 68 ans, de 1817 à 1884, a fourni le tableau

['; I.a loi du â6 mars 1877 a institué une Commission d'étude des moyens propres à prévenir les explosions de jnisou» sous la présidence de M. Daubréc. I^ rapport général de celte Commission a été aloi*s présenté par l'auteur de ce Cours [Annaîet des mines, 1' série, t. XVUI, page 103 à 415). Des Commissions semblables ont été créées par les gouvernements d'Angleterre (président: M. Warinpton Smith; rapporteur : M. Arthur Williams); de Belgique (président : M. d'Andrimont; rapporteur : M. Arnoult) ; de I»russe (président : M. Serlo; rapporteur : M. Hasslacher) ; de Saxe (président : H. Braunsdorf).

Déjà^ trente ans aupai*a van t, l'opinion publique s'était émue en Angleterre : une enquête parlementaire eut lieu. Le rapport fut présenté, en 1843, à la Chambre des Communes. Un rapport analogue fut fait, en 1840, à la Chambixï des IiOi*ds. On peut consulter, à la même époque, le rapport du Comité des South-Shields, sur la cause des accidents dans les raines de bouille (1843), le rapport de MM. de la Bêche, Lyon, Playfair et Warington Smith, sur les gaz et les explosions dans les mines de houille (1847), le rapport de MM. Tranenheere et Warington Smith, sur l'explosion de Darley, près Bamsley (1849), les publications de MM. Phillips, BlackwcU.

Aujourd'hui la Commission française du grisou se trouve reconstituée, et forme Tune des Commissions]permanentes du Ministère des Travaux pubhcs.

(«) Accident de Hetton, le 20 décembre 1800.

AÉRâGE.

suivant ('), en ce qui concerne Timportance relative des diver^s causes d'inflammation. Les résultats concernant notre pays y sont rapprochés de ceux qui sont relatifs à la Belgique (période 1821-1879), à la Prusse (période 1861-1881) et à la Saxe (période 185M880)(*).

CArSES D'IMFUMMATION

0 { Lampes è feu nu, allumettes, etc.

a < Foyere d'aérag^e

^ { Incendies

3 / ouvertes

<s 1 détériorées

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