‹ Cours d'hippiatriqueChapitre 61 sur 105 · DES JARRETS · texte numérisé non relu

DES JARRETS

Ils ont pour base les os du tarse.

Les jarrets doivent être secs et bien é vidés, larges, vus de profil, et plats, vus par derrière. Leur largeur, qui est si importante , provient de la longueur du calcanéum et de sou écartement du tibia 5 la corde f/n jar;-et, vulgairement appelée nerj", vient s’attacher à la pointe du premier de ces os. Le calcanéum et le tibia doivent former ensemble un angle de 45 degrés; quand il en a moins, le jarret est droit : des réactions dures , une prompte ruine et des mouvemens raccourcis sont les consé<{uences de cette conformation. Lorsqu’au contraire l’angle a plus de 45 degrés, il en résulte deux manières de se placer : dans la première, le jarret est près de terre et l’extrémité sous le centre de gravité , ce qui produit un tiraillement continuel dans les muscles , et des atteintes et ncrferrures fort fréquentes, le jeudes exlré-

EXTERIEUR

miles posicrieiires étant trop élenJn ; cette confonnalion constitue le jarret coudé. Dans la seconde manière de se placer, le jarret est de niveau, ou en arrière d’une ligne abaissée delà pointe des fesses à terre; alors le tibia est trop oblique, tandis que le boulet ne l’est ])as assez. Celte disposition, en rendant l’arrière-main trop haut, écrase l’aA'ant-main , et les chevaux ainsi conformés sont difliciles à rassembler : ils sautent facilement, et ne peuvent descendre avec rapidité : ou exprime ce défaut (beaucoup plus grave que le manque d’ouverture des jarrets) en disant que l’animal est jarrelé.

Quelquefois les jarrets sont vacillans dans la marche; ce qui annonce la faiblesse cl met les articulations hors de leur aplomb; on dit, dans ce cas, que le cheval Jiageole.

Il arrive souvent que les jarrets sont trop ou pas assez écartés l’un de l’autre ; dans le premier cas, le cheval a de la solidité aux allures lentes, mais il est lourtl et gêné au galop; dans le second,

DU CHEVAL

l'animal est cvocliu ou clos de derrièiece défaut, ordinairement racheté par de la sécheresse et de la largeur dans 1 articulation, est assez le propre des animaux coureurs.

Les jarrets sont exposés a plusieurs accident , qui s’annoncent par l’augmetitation des parties aflectées^ ils se divisent en tumeurs molles et tumeurs dures.

Des TUMEuns molles. Elles sont au nombre de cinq, le capelet ou passe cainpane ou campagne, ]e vessigon , la vai ice, les solandres et Vhydropisic du jai ret.

Les capelets sonl un simple engorgement de la peau à la ])oin te du jai ret.

Les vessigons sont des tumeuis synoviales qui viennent entre le tibia et le calcanéum; ils sont divisés, comme les molettes, en simples , chevillés essouffles.

La varice est une dilatation de la saphène à la face antérieure et interne du pli du jarret; elle fait facilement boiter l’animal.

Les solandres sont des crevasses de

la nature des malandres du genou ; e es

1^4 EXTÉRIEUR

prennent de m(;ine le nom de râpes, lorsqu’elles sont transversales.

Li'Itj Jrojjîsie ilu jarret consiste danss la réunion de toutes les tumeurs molless qui viennent d’étre signalées; l’articu-lalion alors est tout-à-fait ruinée.

Des tumeurs dures. Elles sont aui nombre de quatre, les épari'ins, la courbe,, la jarde ou jardon et Vankylose dut jarret.

On distingue trois sortes d’éparvins,, qui n’ont aucun rapport entre eux :

Véparuin sec , Vépari/in de bœuf et l’e'-paruin calleux.

ISéparvin sec consiste en un mouvement convulsif de l’extrémité, lorsqu’elle quitte le sol; quand ce défaut est poussé: à l’excès , on dit que le cheval harpe.

IS'éparuin. de bœuf occupe toute lai face interne du jarret; dans le prin-cipe il a peu de dureté, mais il finit! bientôt par s’ossifier, et nuit aux mouvemens de l’articulation.

Ij'éparutn calleux est une exostose qui vient à la face interne et inférieure’ du jarret ; elle soude la première rangée !

DU CHEVAL

des os aplatis, et si elle ne déletmine pas toujours la claudication, du moins cause-t-elle une grande roideur.

La courbe est une tumeur dure qui vient sur une éminence osseuse et naturelle, située à la partie inférieure et interne du tibia, au-dessus et un peu eu avant du jarret : dans son état sain, l’éminence est un peu pointue 5 mais quand la courbe y vient, elle s’arrondit irrégulièrement : alors les tendons sont ofiensés, ce qui, presque toujours, fait boiter le cheval.

La jarde vientà la face externe postérieure et inférieure du jarret, à la jonction du péroné au canon ; quand elle est peu volumineuse et qu’elle n’apparaît que sur le coté, on la nomme jardon j mai.s quand elle gagne la face postérieure et se joint au péroné interne, elle prend le nom àe jarde, et cause ordinairement des claudications.

Quand plusieurs tumeurs osseuses ont soudéles os du jarret, on ledit ankj loséj alors le cheval est lout-à-fail estropié.

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DE LA CHATAIGNE.

On nomme ainsi une excroissancff lîe corne qui vient à la face inleruc ell moyenne îles jarrets et des avant-bras, on la tient au niveau des parties enviKronnanles en la coupant, autrement ellJt s’alon^e en forme d''erf:ot et tombe paii écailles. Certains chevaux n’ont poinil de châtaignes; et ceux qui ont de 11race, les ont généralement pins petite.: que les animaux communs.

DU CANON, DU BOULET, Ctc.

Ces parties doivent être comme celle, de l’avant-main , excepté que les tendomi fléclûsseurs du pied sont toujours auss.< distans du canon h leur partie supc.

rieure qu’à leur partie inférieure ; le suros et les molettes ont la même imi portance aux extrémités postérieuref qu’aux antérieures; les eaux aux jambe y naissent fréquemment; la forme d'.

l.a corne diffère, et si l’excès de petitess' de l’ongle est plus rare aux pieds d*' derrière, la désorganisation de la sol

DU CHEVAL

y est en revanche beaucoup plus commune.

Lorsque la paroi devient verticale, ce qui n’arrive presque jamais à l’avantmain, le cheval est pinçard ou rampin, ce qui est un très-grand défaut.

Quand les extrémités postérieures atteignent, dans leurs mouvemens, le fer des pieds antérieurs , on dit que le cheval forge j dans ce cas l’animal est très-sujet à se déferrer.

En terminant l’énuméralion de tant de maux, on voit qu’il est presque impossible d’avoir des chevaux sains et nets j il faut donc chercher à établir une compensation entre le bien et le mal, et examiner les chevaux relativement au service auquel ils sont destinés.

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