L'HYGIÈNE EN ALGÉRIE
Les indigènes ont le monopole de la production et de Production, l'élevage du cheval, et loin de chercher à le leur enlever et à leur faire concurrence, il faut le leur conserver; car l'expérience a démontré qu'ils élèvent mieux et à meilleur marché que les Européens. Leur système, à quelques nuances près, est le même sur tous les points des trois provinces. Nous allons en donner une description générale, en prenant pour type ce qui se passe dans le Tell !.
Les Arabes attachent une grande importance au choix choix de»
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des reproducteurs. Ils connaissent parfaitement 1 influence teur». du père, qu'ils choisissent toujours de grande taille. Ils savent qu'il joue le principal rôle pour l'amélioration de l'espèce chevaline, et rien ne leur coûte pour avoir de bons étalons. Ils tiennent beaucoup aussi au choix de la jument, parce qu'ils n'ignorent pas qu'elle transmet à ses produits ses qualités et ses défauts, et ils sont loin de la considérer comme un sac duquel on retire de l'or, si on y met de l'or, et du cuivre, si on y dépose du cuivre.
! Le Tell est la partie cultivée et possédée régulièrement. U s'étend de la Méditerranée jusqu'aux plateaux qui précèdent le Sahara.
Monte. Les Arabes font saillir leurs juments du mois de février au mois de juin. Us montent celles qui sont pleines jusqu'au neuvième mois de la gestation. Passé cette époque, les riches cessent de s'en servir, au moins pour des courses longues et rapides; tandis que les pauvres en usent jusqu'au dixième mois et souvent même jusqu'au jour de la mise-bas. Miw-ba». Après la naissance, la mère et le produit restent quelques jours auprès du douair, mais, aussitôt que le poulain est assez fort pour suivre sa mère dans les pâturages, on l'y envoie avec les autres animaux delà tribu. Si, après le part, le Bédouin a besoin de sa jument, il la monte pour faire une course qui souvent commence avant le lever du soleil et finit après son coucher, pour recommencer le lendemain et les jours suivants. Le poulain accompagne sa mère, et quand il est trop fatigué, l'Arabe le met en travers sur le devant de sa selle, et, d'heure en heure, il s'arrête, le pose à terre pendant quelques instants pour lui permettre de téter, puis, il reprend sa marche.
Allaitement. L'allaitement dure cinq ou six mois dans le Tell, trois ou quatre dans le Sahara.
Les Arabes du Tell conservent leurs poulains après l'allaitement; ceux du Sahara les vendent aux habitants du Tell et ne gardent que les pouliches; voilà pourquoi les tribus sahariennes n'ont presque que des juments. Cette pratique a sa source dans la pauvreté du Sahara et dans la sobriété plus grande des juments.
Après le sevrage, le jeune sujet continue à suivre les animaux de la tribu dans les pâturages, où il trouve une nourriture abondante au printemps, par trop parcimonieuse en été et en automne, et presque nulle en hiver. S'il est la propriété d'un riche, le poulain reçoit, dans la mauvaise saison, une ration d'orge et de paille, en rapport plutôt avec la fortune de son maître, qu'avec sa taille et son âge.
nouage. A dix-huit mois ou à deux ans, le dressage du poulain commence. On cesse de le laisser libre dans les pâturages;
on l'entrave; on l'habitue à supporter la piqûre des insectes, à être docile et doux, à rester immobile quand il n'est plus monté ; on le corrige, quand il cherche à ruer ou à mordre. Les enfants le montent dans les prairies pour le conduire à l'abreuvoir, font avec lui des temps de galop, des charges qui leur apprennent a devenir cavaliers et donnent au poulain de la force et de la vigueur. Depuis que la pénurie des chevaux est grande, les poulains de deux ans sont souvent mis en service ; ils sont montés par des cavaliers pour faire de longues courses , labourent et servent de bêtes de somme. Les pouliches sont quelquefois livrées à la reproduction à deux ans et presque toujours à trois ans.
C'est aussi à cette époque de la vie que les Arabes mettent le feu aux poulains, quand ils présentent certaines défectuosités.
Dans le courant de la troisième année, on apprend au cheval à supporter la selle et la bride, et on le monte. Quelques chefs arabes ont l'habitude de soumettre alors leurs chevaux à des exercices très-pénibles, pour juger de leur valeur: ils les montent pour la chasse au sanglier, à la gazelle, à l'autruche, etc. Les poulains qui, dans ces rudes épreuves, font preuve de fond, de vitesse, de sobriété, sont considérés comme très-bons et conservés, tandis que les autres sont vendus.
Parvenu à sa quatrième année , le poulain est soumis aux mêmes épreuves que l'année précédente, et la plupart des cavaliers n'ont pour lui aucun ménagement. Le cheval de quatre ans est loin d'être complètement fait; néanmoins, on exige de lui les travaux les plus rudes, et on lui impose souvent des privations très-grandes.
L'orge et la paille sont les seuls aliments secs que les Nourriture. Arabes donnent aux chevaux. Quant à la quotité de la ration, elle est réglée non d'après l'âge, la taille de l'animal ou le service qu'il fait, mais d'après la fortune du maître. Le cheval du riche reçoit, par jour, 8 kilog. d'orge et de la
paille à discrétion; celui du pauvre n'en reçoit que pendant quelques mois de l'année, et toujours en petite quantité. Dans la mauvaise saison, celui-ci n'a pour toute nourriture que du dys , de l'alfa , etc. Les Arabes du désert donnent quelquefois à leurs juments du lait de chamelle et des dattes.
L'orge est donnée en un seul repas, le soir, après le coucher du soleil.
Une habitude qui n'offre pas d'exception chez les Arabes, c'est de mettre les chevaux au vert chaque année; ils le donnent en liberté dans les pâturages, ou à la corde. Les chevaux des pauvres sont envoyés dans les prairies dès que l'herbe commence à pousser, et y restent jusqu'au moment où toute végétation disparaît, dévorée par les rayons du soleil. Les propriétaires riches, pouvant nourrir plus longtemps les chevaux avec de la paille et de l'orge, attendent que les plantes aient pris plus de force.