‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 111 sur 139 · CHAPITRE VI DU MULET · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI DU MULET

Produit de la jument et de l'Âne, le mulet ressemble à son ongtoe. père par le caractère et la conformation extérieure, et à sa mère par la taille et le développement des formes.

Oaauté*. Cet animal est éminemment précieux sous bien des rapports. 11 est sobre, supporte la faim et la soif pendant longtemps et se contente d'une nourriture de médiocre qualité. Il résiste bien aux fatigues et auv intempéries, surtout dans les pays chauds. Doué d'une force musculaire très-grande, il porte et traîne de lourds fardeaux. Ses allures sont peu rapides, mais il a le pied très-sûr, surtout dans les contrées montagneuses. Il est d'un caractère têtu, mais intelligent. Le mâle est plus grand, plus étoffé, plus fort que la femelle ; cependant on préfère celle-ci et on la paie plus cher, parce qu'elle est plus douce, plus docile et moins souvent malade.

Production. On se livre beaucoup, en France, à la production et à l'élevage du mulet ; mais les contrées qui cultivent le plus ce genre d'industrie sont le Poitou et le Midi.

doVoUou ^e ^°*tou est *e principal centre de production du mulet !, non-seulement de la France, mais du monde entier, celui qui possède les plus beaux. On se sert, dans ce pays, pour la fabrication du mulet, de juments lourdes, massives, lymphatiques, très-communes, anx membres chargés de crins, aux sabots larges et plats ; et de baudets d'une espèce particulière et à nulle autre pareille.

£ic»age. Le Poitou produit chaque année 12,000 mulets en moyenne. Un tiers de ces animaux reste dans le pays jusqu'à 4 ou 5 ans, époque à laquelle ils sont vendus à la Remonte ou au commerce. Les deux autres tiers sont vendus après le sevrage à des marchands du Dauphiné, du Vivarais, du Midi. Les Espagnols tirent du Poitou sept à huit cents mules légères de selle ou de voiture. Ces émigrations sont favorables au mulet. Elles mettent

1 Dans le Poitou, la production du mulet a une langue particulière. L'industrie mulassiére porte le nom de mutasse; l'Ane étalon s'appelle baudet; la jument employée à cette industrie prend le nom de mulassière; le jeune mulet se nomme multton; rétablissement où l'on se livre a l'accouplement du baudet et de la jument mulassière s'appelle atelier.

les jeunes animaux dans des conditions de milieu, de nourriture, etc., qui favorisent leur développement, leur donnent un bon tempérament et leur font perdre la prédisposition à la fluxion périodique. Aussi les mulets qui restent dans le Poitou ne valent pas ceux qui ont subi un déplacement.

La production, ainsi que l'élevage du mulet, est trèslucrative. La vente des jeunes mulets est certaine et le prix en est considérable. L'élevage est peu onéreux et le jeune animal ne tarde pas à gagner sa nourriture, etc. Ce qui fait que, non-seulement dans le Poitou, mais encore dans la plupart des départements, les éleveurs abandonnent la production chevaline pour se livrer à celle du mulet.

Arrivé à l'âge adulte, le mulet du Poitou a 1B,52 en cautère., moyenne, avec un développement de formes proportionnel; la tête forte ; les oreilles longues; la ligne du dos très-belle ; la poitrine ample; les membres solides. Il est très-fort, sobre, rustique, et résiste bien aux fatigues, aux privations et aux intempéries. Ces qualités précieuses et cette conformation le rendent très-propre au trait et surtout au bat ; aussi, sous ce double rapport, aucun animal ne peut lui être comparé.

Les dépôts de remonte qui fournissent à l'armée les mulets dont elle a besoin en temps ordinaire, sont ceux de Saint-Jean-d'Angély, de Fontenay, de Saint-Maixent. Exceptionnellement, on en achète aussi dan? le Dauphiné.

Le mulet du Poitou, quand il a été bien choisi et placé dans des conditions favorables à son arrivée dans les corps, s'y acclimate facilement. Notre hygiène régimentaire lui convient. Sous son influence, il s'améliore, y rend de bons services et y tombe rarement malade. Mais il demande à être traité avec douceur et ménagements. Si on le brusque, son caractère têtu s'exaspère ; il devient alors difficile à conduire.

Le mulet est moins souvent malade que le cheval. Les affections auxquelles il est le plus sujet sont les maladies

Racfl de UGMcogue.

aiguës des organes digestifs et respiratoires, la morve et le farcin. Ces maladies prennent généralement un type aigu et marchent plus promptement vers une terminaison funeste que chez le cheval.

Le mulet est éminemment précieux pour l'armée, principalement pour le train des équipages, le génie, l'artillerie. En campagne surtout, il rend d'immenses services.

Le mulet du Midi de la France, élevé principalement dans les Pyrénées et en Gascogne, est moins grand, moins étoffé, moins fort, mais plus élégant, plus gracieux et plus rapide dans ses allures et d'un caractère moins têtu. C'est une bonne bête de somme et de trait, que l'on peut même monter et atteler au trot, mais qui ne vaut pas le mulet du Poitou pour les services militaires. Néanmoins les dépôts d'Auch et de Tarbes en achètent tous les ans un certain nombre pour le train, algérien ^ algérien est plus petit que celui de la Gascogne ; sa taille moyenne est de iœ40. Il est plein d'élégance, de gentillesse et de distinction. Il a la tête petite et très-expressive, les oreilles courtes, le corps irréprochable et les membres ne laissent rien à désirer. Il est aussi plus doux et plus docile que nos mulets français, et a des allures plus rapides. Ce petit animal est très- fort et a le pied d'une très-grande sûreté. On s'en sert pour le bât et la selle. Il convient surtout pour le service particulier des Officiers. On trouve cependant ça et là quelques sujets qui, par leur taille et leur développement, s'éloignent du type précédent et sont assez grands et assez forts pour servir dans le train et le génie et y faire un bon service. Le mulet arabe convient [surtout pour le transport des malades. Quelques chefs arabes ont des mules de grande taille, qui vont l'amble rompu et le pas relevé, et qui font à cette allure quatre lieues à l'heure.

Population chevaline de la France par départements.

Recensement de 1850.

Ain

nie

Allier «»••••■••••■•■*•••'

Alpes (Basse»-)

Alpes (Hautes-)

Ardèche

Ardennes

Ariège

Aube

Aude . .

Aveyron

Bouchea-do- Rhône

Calvados

Canlal ...

Charente

Charente-Inférieure

Cher

Corrèxe

Côte-dOr

Côtes-du-Nord

Creuse

Dordogne

Douhs

Drôme

Eure

Eure-et-Loir

Finistèi e . .

Gard

Garonne (Haute-)

Gers

Gironde

Hérault

Ille-et-Vilaine

Indre

lndre-el-Loire. .

Isère

Jura

Lande?

Loir-et-Cher . . .

Loire

Loire (Haute-) . .

Loire-Inférieure.

Loiret

Population

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