coms d'histoire
de Ristigouche ; elle renfermait un bon nombre d'Acadiens et quelques français réfugiés ; et elle fut complètement détruite par la flotte du capitaine Eyron, qui laissa ces pauvres gens entièrement exposés aux mauvais temps de l'automne et de l'hiver.
Un autre vaisseau de guerre français, V Aigle, de cinquante canons, fut, dans l'automne, perdu sur un rocher au détroit de Belle-Isle, entre Terreneuve et le Labrador. L'équipage réussit cependant à s'échapper.
La Grande-Bretagne avait atteint le but qu'elle se proposait dans la guerre contre la France ; le Canada avait été pris ; les possessions anglaises n'avaient plus rien à craindre de leurs voisins. Aux conférences de la paix qui furent entamées peu après que Georges III fut monté sur le trône, on s'occupa de régler le sort du Canada. Lors de la capitulation de Montréal, le général Amherst avait exigé que le marquis de Vaudreuil lui cédât toutes les cartes qui se rapportaient à la colonie ou à ses dé[)endances ; aussi, dans les conférences tenues à Londres, les Anglais exigèrent de M Bussy, ministre français, qu'on laissât les bornes du Canada aussi étendues qu'on les avait trouvées sur les cartes données par le marquis. C'était un point important dont on s'occupa beaucoup ; Yaudreuil écrivit au duc de Choiseul, qu'à un officier anglais qui se présenta à lui avec une carte, il avait déclaré que les limites qu'elle assignait n'étaient pas exactes ; que la Louisiane ne formait pas partie du Canada, et d'un autre côté s'étendait au portage des Miamis, et de l'autre aux sources de la rivière des Illinois. Les Anglais firent peu de cas de cette déclaration, car ils s'occupaient beaucoup plus de la question de savoir s'il leur était plus avantageux de garder les îles françaises du golfe du Mexique. Ce|)endant, le gouvernement et une grande majorité du peuple étaient d'opinion qu'il valait mieux rendre à la France les îles que le Canada.
Par le treizième article du traité de paix, signé à Paris le dix février mil sept cent soixante-trois, le roi de France renonça à toutes ses prétentions sur la Nouvelle-Ecosse ou Acadie, et la céda avec toutes ses dépendances au roi de la Grande- Bretagne ; il céda et garantit au même le Canada, avec toutes ses dépendances, aussi bien que l'île du Cap-Breton et toutes les îles et côtes du golfe et de la rivière Saint-Laurent, et remit le tout au roi de la Grande-Bretagne, de la manière la plus ample et sans restriction. De son côté, sa majesté britannique accorda aux habitants du Canada la liberté de pratiquer
la religion catholique suivant les rites de l'église romaine, « autant que les lois de la Grande-Bretagne peuvent le permettre. » En même temps, le roi de la Grande-Bretagne, s'obligeait à permettre aux habitants français ou autres, qui avaient été sujets du roi très-chrétien au Canada, de se retirer librement et sûrement, quand ils le jugeraient à propos, et vendre leurs terres et maisons, pourvu que ce fût à des sujets de sa majesté britannique. Le terme de leur émigration fut limité à dix-huit mois, du jour de l'échange des ratifications de la paix
Un certain nombre des provinciaux, habitants de Québec et de Montréal profilèrent de ces clauses, et laissèrent le pays pour retourner en France dans les années 1763 et 1764.