Cours d'histoire du Canada
11 y a deux ans à peine, une grande douleur s'emparait de notre ville, et se répandait bientôt dans tout le pays. Le temps n'a pas encore emporté dans sa course les regrets que la mort de M. Ferland faisait naître, et les amis des lettres et de l'histoire de notre pays déplorent la perte d'un de nos plus brillants et solides écrivains canadiens.
Pourquoi rappellerions-nous ici les titres de M. Ferland à l'affection de ses amis ? ils sont connus de tous. Nous l'avons vu travailler à la gloire de sa patrie, pour donner aux étrangers une haute idée de la nation canadienne. Une partie de sa vie s'est usée dans ce rude labeur, et, quand la mort est venue l'arrêter au milieu de sa carrière, il mettait le couronnement à l'œuvre si bien commencée.
M. Ferland a élevé un monument à notre gloire : n'est-il pas juste que ses amis le paient de retour, et rappellent à la postérité les mérites de ce citoyen distingué, et le fassent vivre aussi longtemps que la nation dont il a écrit l'histoire ? C'est pour accomplir ce noble dessein, que les admirateurs de M. Ferland livrent à l'impression la seconde partie de son meilleur ouvrage, de celui sur, lequel sa réputation se fonde ; c'est le plus beau et le plus durable monument perennius œre qu'il fût permis d'élever à sa mémoire.
Ce second volume du Cours d'histoire du Canada embrasse la domination française, et forme un tout complet. M. Ferland a surveillé lui-môme l'impression des quatre-vingts premières pages ; le reste du volume était à l'état de manuscrit, et l'édi-
ii AVIS DE l'éditeur.
teur a pu, après bien des retards, trouver un savant désintéressé et laborieux qui a bien voulu se charger de la correction des épreuves.
L'éditeur doit ici remercier M. Laverdière qui s'est imposé cette tâche rude et ingrate. Le manuscrit de M. Ferland était rédigé, il est vrai ; mais, la mort n'ayant pas laissé à l'auteur le loisir de mettre la dernière main à son œuvre, on conçoit qu'il devait rester bien des détails, qui devenaient, pour tout autre que lui, bien difficiles à régler. Ici, c'était une répétition, ou une rédaction faite en double ; là une de ces expressions échappées dans un premier jet, et qui n'auraient pu soutenir une révision soignée. L'auteur avait mis des sommaires en tête des premiers chapitres ; ne fallait-il pas continuer ? Depuis le commencement de son ouvrage, il avait tenu à mettre en tête des pages la date des événements : était-il convenable de ne pas suivre la marche qu'il avait tracée ? M. Laverdière a suivi partout le texte de M. Ferland avec une scrupuleuse exactitude, et, grâce à ses soins, le lecteur pourra admirer à loisir le second volume du Cours d'histoire du Canada, qui, comme son aîné, méritera à son auteur les éloges des Canadiens et de tous les amis de l'histoire