LEÇON LXVIII. SAINT GÉLASE, ETC. AN
Rpme (487), et en écrivit aux évêques de Sicile*. — Saint Victor, évêque de Vite, fit l'histoire de la persécution des Vandales depuis leur entrée en Afrique jusqu'à la mort d'Hunnéric, et il la fit en témoin oculaire avec autant de piété que de véracité *.
4. En Orient, l'Église était toujours dans la même confusion. Le successeur d'Acace, Flavita, ayant reçu dans sa communion Pierre Mongus, se vit repoussé de celle du pape Félix. Euphémius, qui succéda à Flavita (490), rompit, il est vrai, avec Mongus, rétablit dans les diptyques le nom du pape Félix qu'Acace en avait 6té, et se déclara en tout pour le concile de Glialcédoine; mais, ayant manqirô de volonté ou de courage pour ôter des diptyques sacrés' les noms d'Acace et de Flavita, il ne rentra point lui-même dans la communion du pape. La mort de Zenon (491) ne changea rien à l'état des choses. Ariadne, sa veuve, lui donna pour successeur le silentiaire Anastase, qu'elle épousa, et que le patriarche Euphémius, qui le connaissait pour Euty* chien, ne voulut couronner qu'après en avoir reçu une profession de foi orthodoxe. Le pape saint Félix mourut luimême (492)^ et eut pour successeur saint Gélase, Africain d'origine. Le nouveau pape, marchant sur les traces de son prédécesseur, refusa constamment sa communion au patriarche de Constantinople. Euphémius s'obstina de son côté, et s'aigrit contre Gélase, jusqu'à ce que, sur une calomnie ou un prétexte, il fut envoyé en exil, où il mourut ^
i. Voy. Hanti, t. VU, col. 1056; — Labbe, t. IV.
S. On ignore l'époque de la mort de saint Victor de Vite, la meillenre édi* on de son histoire : d$ PersêevfHone ViofutoZt'ea, est celle de Rninart, reproduite par M. Migne, avec un grand nombre de pièces, t. LVm, Pair, laim*t col. iVi*
3. Voy. à cette ooeationy cor cet dipty<inet, Saccarelli, an 490, a. 4, t. X, p. 198.
4. Sur le pape saint Félii, Toir Labbe, t. IV, et Mansi, t. Tn ; — le t. LTIII, Paît, latin,, col. 893, éd. Migne; —Tinem., t. XTI, p. 436.
5. Sur le patriarche Euphémius, Toir Tillem., t, XYl, p. 631, qui se ftfompe
gravement dans ce qu'il dit, p. 661, sur la communion avec 'Rome. Nous le verrons plus loin*
RKGNE DE THÉODORIC. ' 5r>7
6. Cependant l'Italie subissait une nouvelle révolution. Théodoric, prince goth de la noble race des Amales, après avoir servi vaillamment Zenon, menacé et défendu plusieurs fois Constantinople, se décida enfin à la conquête de ritalie. Le roi des Goths (les Ostrogoths) battit les Hérules, assiégea dans Ravenne leur roi Odoacre>, qui se rendit (493) et qu'il tua de sa main à sa propre table. Cet acte de perfidie est demeuré dans la vie de Théodoric comme une trace sanglante et ineffaçable de ses premières habitudes barbares. Ce trait rappelle ce que Salvien dit que les Goths étaient perfides, gens perfida ^ et il fallait des siècles aux Barbares pour triompher eux-mêmes de leur nature indomptable. — Une fois paisible possesseur de sa conquête, le prince Amale se montra aussi bon administrateur qu'il avait été grand capitaine. Il adopta en partie les formes romaines, et, en laissant les hommes habiles à la tête des services publics, il sut tout à la fois associer à la puissante énergie des Barbares les lumières de la vieille civilisation, et se faire aimer des Romains comme de ses sujets naturels. Avec ce règne mémorable de Théodoric, on voit paraître le sage Cassiodore *, déjà élevé sous Odoacre^ et qui devint le grand ministre du grand roi. Dès qu'il se vit maître de l'Italie, le prince goth envoya une députation solennelle à l'empereur d'Orient pour lui en faire une sorte d'hommage, et lui demander les ornements du palais renvoyés par Odoacre. Du côté de l'ouest, il s'assura une alliance qui avait alors moins d'éclat, et pouvait avoir des avantages plus réels : nous parlons de Clovis, dont Théodoî*ic épousa la sœur '.