‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 329 sur 329 · U8 TABLE CHRONOLOGIQUE ET ANALYTIQUE DES MATIERE · texte numérisé non relu

U8 TABLE CHRONOLOGIQUE ET ANALYTIQUE DES MATIERE

LefOBs.

Dates «t papes.

S. J«»nl".- 527-529.

S. Félix IY.~ 529*532.

Boniface II.

f.TXlII.

Jean 11.^535.

S*Agapet.-535-538.

Saint Sylvère.

5 3 8-5 50. -Vigile.

LXXIT.

Vigile. — 555.

Pelage 1".

Pag État de l'Ocddent. — • Boecei. — Mort de saint Fnlgcuce.-^Saint Benoît et sa règle. — Denis le Petit 5

Justinien. — Bélisaire. — L'Afrique délivrée. -- Vigile. — Éludes littéraires et philosophiques. — Travaux de Cassiodore. bl

Sectes eutyebieimes. —Église nestorienne.— • Orlgénistes condamnés. — Les Trois Chapitres. — Concile de Goostantinople cin-

quième CBCuménique.

riK fiC LA TABLE DU PREMIER TOMME

Snpplément aa Coars d'Histoire ecclésiastique

DE

Pendant ces dix-huit ans, que d'événements imprévus se sont accomplis, que d'espérances ont été déçues, que de fléaux se sont abattus sur rËglise,sur la France et sur tous les pays catholiques I Après des guerres épouvantables et des révolutions sans fin, on a vu tomber les trônes et disparaître les dynasties ; après de grandes victoires ou de honteuses défaites, sont venus les démembrements, les agrandissements ou les annexions. Mais, au milieu de toutes ces ruines, de toutes ces violences et de tous ces abaissements, on voit néanmoins encore le pape Pie IX, toujours debout, achevant la SO"" année de son âge et la 26» de son pontificat; toutefois, il est complètement dépouillé de son domaine temporel. Rome, en effet, devenue capitale de ce qu'on nomme le royaume d'Italie, possède dans ses murs, à côté du Souverain Pontife et du Sacré Collège, le parlement, les ministères et le trône de Victor-Emmanuel.

Ne nous demandons pas si cet état de choses peut ou doit durer longtemps : ce n'est point du ressort exclusif de l'histoire. Contentons-nous d'esquisser rapidement la série desiaits qui ont abouti à ce résultat; n'oublions pas d'indiquer en même temps les actes qui feront de Pie IX 4'un

BLAKC. 111,

des plus grands papes depuis saint Pierre, et de son long pontificat la page la plus instructive des annales de rËglise catholique.

1854-^8. — Le 8 décembre 185i, Pie IX définissait solennellement le dogme de Tlmmaculée Conception. L'année suivante, le pontife tressaillait de joie en sanctionnant le concordat autrichien, si favorable à l'Église. Des améliorations apportées au concordat sicilien, le concordat signé avec le roi de Wurtemberg et les préliminaires du concordat haïtien, posés par le président Geffrard, marquaient heureusement les années 1857 et 1858. Pendant cet intervalle, la mort de Temperear Nicolas de Russie et la prise de Sébastopol, mettant fin à la guerre de Crimée, procuraient rafiFi*anchissement des chrétiens d'Orient par la publication du Hàit^Humayoum, du sultan Abdul-Medjid. Le baptême du prince impérial amenait en France un légat a laUre que nos évéques, réunis à Paris, chargeaient de solliciter l'extension à tout Funiv^ps de la fête du Sacré-Cœur de Jésos. En Espagne, un ministère plus catholique prenait la direction dos affaires; les flottes espagnole et française s'emparaient de Tourane et forçaient le roi de Cochmcbine à cesser de persécuta les missionnairefr. Le pape visitait en personne les jurovinGes centrales de l'Italie, et recevait partout sur son passage un accueil triomphal.

MaigiA k sérénité de ce» cinq années, il y avmt cependant quelques nuages à l'horizon. Eut Kém<mtt le ministre Siccardi se montrait le digne successeur de Gioberti» et préparait les vwes à l'audacieux Cavour, qui an congrès de- Paris, dans une séance significative, ne craignit pas dedévoiler ses convoitises ambitieuses sur certaines provinces italiennes, et notamment sur les Légations. Le goovwBe-

TABLEAU ttiaTORliQ.X,TS« 1854-1858. B

ment impérial de France ne nrafnqaa point cette occa'sien d'afficher ses sympathies pour la politique sarde. La presse française bâillonnée, et docile pour tout ce qui conceraaii l'empereur de loin ou de près, se donnait impunément toute licence \is*à-yis du pape et de la religion. Oa le vit trop clairement dans le scandale pharisaïque causé par l'affaire Mortara; mais il n'y eut presque plus de frein quand eurent éclaté les bombes Orsini (4858%

iA59^4i. — Toutefok les m ans qui s^écoulent, depuis le ^^ janvier 4859 jusqu'au 34 décembre 4864^ peuvent s'appeler la période des grandes amertumeS'.

Un mot adressé par Napoléon III à l'ambassadeur d'Autriche fait pressentir une guerre en Italie. Aussitôt Garibaldi se met à la disposition de Victor-Emmanuel: Gehii-ci, dans son discours d'ouverture, déclare qu'il mardcÊ&cz résolument en avant, fort des sympathies qu'il inspire ; sur ces entrefaites, il marie sa fille au prince Napoléon. L'emperenr des Français, de son côté, avoue ofiieiellement son atliance avec la Sardaigne. En vain, dans le parlement anglais, un éminent homme d'État signale-t-il les dangers où se lance lltalie; en vain la Russie propose-t<-elle un congrès pour traficher les questions à l'amiable ; en vain le pape essaye-t-il de conjurer par des prières la guerre, la révolution et les fléaux immiaeiitsrralliancsefiranco^sarâe est conclue. A/ea^tte^a est,

La guerre de la Sardaigne et de la France- contre l'Antriehe est à peine engagée, que des insurrections éclatent sur divers points de la Péninsule, principalement dans les Légalioas : deux cousins de l'empereur les fomentent; des agents piémontais> dirigent tout à Parme, àModène, en Toscane, dans la Romagne et dans les Marches; Ces contrées deviendront bientôt, grâce au suffrage des alfidés, les annexions convoitées du royaume

sarde, auquel les victoires des Français assureront la Lombardie.Dès le début de la guerre, l'opinion catholique avait manifesté ses appréhensions; le gouvernement français s'était efforcé de prémunir l'opinion contre une crainte mal fondée; le ministre des cultes, dans une lettre officielle aux évéques, donnait des garanties. Mais quand on vit les annexions acceptées par Victor-Emmanuel, quand on entendit les plaintes du pape et les réclamations du cardinal Antonelli, beaucoup d'évéques français et étrangers firent des mandements où, tout en flétrissant la politique sarde, ils ne craignirent pas de signaler la connivence de la politique napoléonienne. La presse catholique publia les mandements, ajouta des critiques sévères, et traîna au grand jour toutes les fourberies cachées jusquelà dans l'ombre.

L'œuvre d'iniquité poursuivit néanmoins sa route tortueuse. 11 fut publié à Paris (déc. 4859) une brochure intitulée le Pape et le Congrès^ où l'on avouait la nécessité pour le Souverain Pontife d'un territoire indépendant; mais ce territoire, y disait-on, pouvait se borner au palais du Vatican et à la possession d'un jardin. Cette brochure, inspirée, sinon dictée, par un très-haut personnage, contenait le programme de tout ce qui s'est réalisé plus tard et que nous avons aujourd'hui sous les yeux.

Eu effet, les annexions se continuèrent l'année suivante, Garibaldi s'étant jeté bravement sur la Sicile etsurNaples,. aidé à Tintérieur par des défections éhontées, et protégé à l'extérieur par les flottes de l'Angleterre et de la France que n'arrêtait point le fameux principe de non'-intervenfion. Gomme ce qui restait de territoire pontifical se trouvait exposé aux incursions hostiles du nord et du midi, des volontaires vinrent s'offrir pour défendre ce sol sacré v le général de Lamoricière se mit à là tête de cette petitearmée. Le Piémont ne put contenir plus longtemps son

dépit: avec le consentement de Terapereur des Français, les troupes piémontaises s'avancèrent en masse contre rhéroïque armée pontificale qui fut écrasée à Gastelfidardo (18 sept. 1860). Par suite de cette victoire, les Marches pontificales, le royaume de Naples et de Sicile furent annexés aux États de Victor-Emmanuel, qui prit bientôt le litre de roi d'Italie (fév. 1861). Il ne restait plus de fait que la ville de Rome et les trois petites provinces de la campagne romaine "qui appartinssent.au pape : un corps de troupes françaises gardait la ville ; une petite armée de volontaires gardait la campagne. La France n'avait pas encore reconnu officiellement le royaume d'Italie.

Le comte de Cavour, l'habile instigateur des annexions, mourait fort misérablement le 6 juin 1861 : ce fut le prétexte que saisit l'empereur des Français pour reconnaître lui-même Victor-Emmanuel comme roi d'Italie, et pour le faire reconnaître par la Prusse et par la Russie. Pendant ce temps, le ministre Thouvenel conseillait au pape de tenir compte des faits accomplis^ et de se réconcilier avec rilalie. Toutefois, le gouvernement français, pour ménager sans doute les susceptibilités du gouvernement pontifical, ou pour faire marcher les choses plus promptement, crut devoir lui seul traiter la question avec le cabinet de Turin : après avoir échangé plusieurs notes diplomatiques trèsconfidentielles, les deux gouvernements aboutirent à la convention du 15 septembre 1864. En vertu de cette convention, Victor-Emmanuel allait fixer sa résidence de Turin à Florence; au bout de deux ans devait cesser l'occupation de Rome par les Français, et la garde du territoire pontifical était confiée à la loyauté du gouvernement italien.

Le pape, dont les réclamations n'étaient point écoutées répondit par deux actes solennels. Il invita d'abord tous les évêques, qui n'en seraient pas empêchés à venir à

6 6UPPI/EMENT.

Rome le jour de la Pentecôte (8 juin 4862), pour assister à la canonisation des martyrs Japonais : c'était l'essai d'une convocation ultérienre plus importante. Puis, le 8 décembre i864, au moment où commençait à s'exécuter la convention de septembre, il publia une Encydique et un Syllabus, dans lesquels, tout en octroyant laidement un nouveau jubilé universel, il condamnait impitoyablement les principales erreurs des temps modernes, entre autresles prétendus principes de non-intetveniion, l'autorilé des faits aceomplts, la liberté absolue destuHes,del9i presse, des associations clandestines, etc.

De leur côté, les catholiques vraiment dignes de ce nom ne restaient pas tranquilles spectateurs de la lutte. On entendit souvent les éloquentes réclamations de FépiscopaL Les associations catholiques d'Allemagne, les deux célèbres congrès de Matines en Belgique (1863 et 1^64), envoyèrent à Pie IX des adresses pleines de foi, de respect et de filial encouragomeat. Par l'œuvre du denier de Saint-Pierre, les iidèles de tout Tunivers subvenaient aux besoins de leur commun Père. Le oœur du pontife, si profondément attristé par la politique prépondérante, trouvait quelques compensations dans l'attitude encore ferme du gouvernement espagnol, dans le mouvement de conversion qui venait de se déclarer parmi les Bulgares, dans les concordats qui rétablissaient de bons rapports entre l'Église et les républiques d'Haïti, de l'Equateur, de Nicaragua, de San-Salvador.

Mais ce coup d'œil jeté sur les divers pays du monde causait plus de tristesse que de joie. En Angleterre, le ministère Palmerston-Ruesell-Gladstone, favorable aux catholiques pour rintérieur des possessions britanniques, était un ferment de révolution pour le continent européen et pour le reste du monde. En Belgique, le ministère soidisant libéral saisissait toutes les occasions pour molester

la religion : l'un des premiers, il avait reconnu le royaume <l'Italie. La Russie était en défiance à cause du réveil, hélas t prématuré de la pauvre Pologne. L'archevêque de Varsovie, Mgr Felinski, conduit dans une forteresse lointaine, tous les membres du haut et du bas clergé -espionnés ou plutôt gardés à vue, l'archevêque des Bulgares, Mgr Sokolski, arraché mystérieusement à ses ouailles : telle était la réponse du tzar moscovite aux exhortations que Pie IX lui avait adressées en faveur de ses sujets catholiques. Guillaume I^% monté sur le trône de Prusse (2janv. 1861), nourrissait des idées ambitieuses qui, grâce à la politique de son ministre, Bismarck, et à l'habile organisation de ses armées, devaient être si funestes au Danemark, à TAutriche, à la France, si favorables au nouveau royaume d'Italie. Le Portugal, livré à la franc-maçonnerie, ne pouvait pas même souffrir les sœurs de Saint-Vincent de Paul : son jeune roi épousait une fille de Victor-Emmanuel. Au Liban et à Damas, des musulmans fanatiques massacraient les chrétiens sous les yeux des autorités turques; une expédition française, envoyée en Syrie pour donner satisfaction à l'opinion publique, ne visait pas à un autre résultat. Dans l'extrême Orient, des troupes françaises et anglaises s'emparaient <le Pékin, imposaient à la Chine l'obligation de respecter les missionnaires aussi bien que les commerçants européens. Mais la conduite des vainqueurs était peu capable d'édifier les Chinois. Dans l'extrême Occident, une guerre atroce désolait les États-Unis (1861-65). Quoique la religion catholique ne fût pas en cause, elle ne pouvait néanmoins se désintéresser entièrement dans cette grande •question d'humanité. Hais, au Mexique, c'était le catholicisme lui-même qui était directement attaqué par le président Benito Juarez. Une expédition en ce pays, combinée entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, pour des

motifs pea avouables, resta exclusivement à la charge de la France. Parvenu, non sans peine, au terme de ses désirs, l'empereur Napoléon s'avisa d^importer au Mexique un monarque venu d'Europe. L'archiduc Maximilien d'Autriche, choisi pour ce rôle, compromit dès les premiers jours son pouvoir éphémère en réglant sa conduite plutôt d'après l'idée napoléonienne que d'après le conseil tout chrétien que lui avait donné Pie IX. Il ne tarda pas à s'en repentir. Sur un autre point du monde, l'Église et la France éprouvaient une déception analogue; le souverain de Madagascar, Radama II, qui offrait de si belles espérances, fut inhumainement étranglé.

La plus grande partie de ces malheurs avaient leur source en Europe, dans les idées qui osaient se produire au grand jour par le moyen des journaux, des brochures, des congrès, et qui ne craignaient pas de s'intituler le droit public des nations modernes. Pie IX se demanda si les nations, au moins les catholiques, étaient encore guérissables ? Oui, se' répondit-il, h la condition que je les avertisse, que je blâme leurs erreurs et que je leur dise la vérité. C'est dans cette vue que, le 8 décembre 1864, comme pour célébrer le dixième anniversaire de l'Immaculée Conception, il avait publié YEncycliquCy fulminé le Syllabus et formé in petto le dessein de frapper dans un avenir prochain un coup plus rude à l'erreur, en faisant briller aux yeux de tous les chrétiens le pur éclat des enseignements catholiques.

1865-69. — Cette période se trouve être en quelque sorte une transition entre les afflictions précédentes et la crise terrible qui est survenue depuis : il y a balance, alternative, succession de bien et de mal, de victoires et de défaites, de désespoir et d'espérance, durant ces cinq années.

Pendant qu'on voit les évêques français engager une lutte glorieuse en faveur de VEncyclique et que Ton apprend la fin de la guerre américaine, on est profondé- Oient attristé à la nouvelle que TAutriche et l'Espagne ont reconnu le royaume d'Italie (1865). La reine d'Espagne ne tardera pas à se repentir de sa politique toute moitidaine. Mais l'empereur d'Autriche reçut, dès l'année suivante, sa récompense et sa rude leçon. Il s'était laissé entraîner par la Prusse à la guerre contre le Danemark sous prétexte de servir la patrie allemande ; et il ne servait en réalité que les ambitions de la Prusse, son alliée d*un jour et son ennemie mortelle. Il venait de sanctionner, en le recoc* naissant officiellement, TËtat révolutionnaire de Victor- Emmanuel. Au printemps de 1866, la Prusse se ligue avec l'Italie contre l'Autriche; celle-ci ne gagne des batailles sur les Italiens que pour être battue plus complètement chez elle par les Prussiens. Victor-Emmanuel^ vaincu, gagne aussitôt la Vénélie qu'il reçoit par Tintermédiaire du gouvernement français; il règne donc désormais, grâce à ses défaites, sur toute la Péninsule, et il se promet plus que jamais la ville de Rome, dont la convention de septembre va lui confier bientôt la garde. La victoire des Prussiens à Sadowa a mis l'Autriche aux abois, en révélant sa faiblesse intérieure, les incertitudes de sa politique et le peu d'énergie de son souverain. Le déchaînement des passions antichrétiennes en Autriche y compromet Texistence non-seulement du concordat, mais de la religion catholique elle-même.

Le tzar Alexandre de Russie lance un ukase annulant toutes les conventions que lui ou ses prédécesseurs avaient conclues jusqu'à ce jour avec Rome : il se vengeait ainsi du pape qui, outragé grossièrement dans son propre palais par M. de Meyendorff, chargé d'affaires de Russie, avait prié ce personnage de se retirer. Au Mexique, rem7

10 STJWL^MlfiNT.

pereur Mautniiien, ayant sacrifié ses engagenents et ses seatiments catholiqpies aux conseils de l'empereiir Napoléon, se vit abandonné par celui-ci : vaincu bîentdt et saisi par ses enneants, il Ait impitoyablement fusillé (W juin 1867). Sa femme, Ohartotte de Belgique, était frapi ée d'aliénalion mentale; et' le Mexique devenait pour longtemps ia proie des révolutions sanglantes les plus pré* jodiciables à ia religion.

Sur ces entrefaites, une splendide Exposition tittirait^u Champ de Mars, à Parts, ht plupart des souverains étrangers: les empereurs de Russie et d'Autriche, les rois de Prusse, de Suède, de Hollande, de Belgique, d'Espagne, tfitalie, et mêmelesuUan des Turcs. €es princes ii'avaientlls ni mémoire du passé, ni pressentiment de l'avenir; xm ne venaîent-ils pas, quelques-uns du monts, pour sonder les plaies faites à h. France par son luxe, s& frivolité, sa légèreté? Moît "'un an plus lard, la reine d'Espagne, Isabelle, et son époux, don François d'Assise, étaient Chassés du Irdne (28 sept. 1B68); deux ans nprès, c'était le tour de l'empereur Napoléon. Mais n'anticipons pas, et revenons à Rome.

Durant les fêles de l'Exposition parisienne, Ke IX bénissait à Rome un grand nombre (févêqnes et de fidèles, venus de tous les pays du monde pour célébrer le 18» anniversaire séculaire du glorieux martyre des Apôtres saint Pierre et saint Paul (29 juin 1867). L'intention du pape n- était pas de rivaliseravec les souverains de rEurope, d'opposer fête à fête, Rome îi Paris, la religion révélfe à la vanité mondaine : ses vues se portaient ^lus haut et plus loin, comme il le montra Tannée suivante. Ces réunions d'évêques préparaient la convocation du condle oecuménique. Les ennemis de la papauté en prenaient ombrage, les eatb(£que8 en concevaient de hautes espé* rances. Depuis le mois de décembre précédent, les troupes

TABLEAU HISTORIQUE. 1865-1869. Il

françaises avaient quitté Rome, conformément aux articles de la convention de septembre 1864. La Ville éternelle et les quatre provinces n'étaient plus gardées que par les gendarmes pontificaux, par les zouaves de Charette et les volontaires français qu'avait enrôlés à Antibes le brave colonel d'Argy . L'occasion sembla bonne à Garibaldi : dans le mois d'octobre 4867, il se précipite avec ses bandes sur les prormces pontificales, bien certain d'être appuyé tôt ou tard par les troupes de Victor-Emmanuel. Maïs la bravoure de la petite armée du pape lui opposa une résistance imprévue qui donna aux troupes françaises le temps de" revenir; les victoires de Monte-Rotondo et de Mentana fhrent la revanche de Castelfidardo. Le retour des troupes françaises, stipulé dans la convention de septembre, eut pour cause moins la bonne volonté du gouvernement impérial que l'opinion très-prononcée de la France catholique. C'est ce qui fut démontré au Cfr§s législatif qunnd une interpellation força M. Rouher à déclarer, malgré lui; que l'Italie ne s'emparerait jamais de Rome; après quoi, la majorité de la Chambre lui fit répéter : c Non, non^ jamais t » pour le couvrir aussitôt de ses applaudissements. Profitant du calme qui suit et .précède l'orage, consolé par le retour du cardinal d'Andréa, qui était mort réconcilié, Pie iX promulgua dans les' formes, le ^ juin 1868, jour de la ffete de saint Pierre, la bulle j^emi Patrie^ qui convoquait tous les évêques du monde au concHe œcuménique du Vatican, pour le 8 décembre 4869. Quelques se* maines plus tard, le pape invitait les évêques scfaismatiques de rOrient à se réunir au giron de la sainte Église caUio* liqtte et à tenir au concile. Le fi avril de l'année saivante, dimanche du Bon Pasteur, Rome ^ te monde chrétien télébraieat le cinquantième anniversahre de la promotion de Pie IX au sacerdoce ; le pape choisissait ce même jour pour octroyer un jubilé universel à l'occasion

du &itur concile. Mais, à mesure que la grande époque approchait et que la joie des véritables croyants augijaentait, Tborizon paraissait se rembrunir. A Paris, durant tout l'hiver, une jeunesse inconsidérée avait tenu des réuuious bruyantes. Au mois de mai, les élections législatives avaient propagé le mouvement dans toute la France. Au mois de septembre, un crime horrible, commis à Pantin, dans la banlieue de Paris, avait frappé de stupeur les honnêtes gens : la scandaleuse défection d'un prédicateur célèbre et des révélations compromettantes pour certains membres du clergé attristaient les âmes chrétiennes* De $on côté, le gouvernement impérial semblait frappé de vertige. En Italie, une loi, astreignant même les ecclésias* tiques au service militaire, excitaitles justes réclamations de Pie IX, qu'affligeaient déjà profondément la révolution 4'Espagne, la persécution ouverte en Russie, les sourdes oppositions en Allemagne et en Autriche. A la veille du concile, le démon paraissait déchaîné contre l'Église, • contre le pape et contre les pays catholiques,

1870-72. — Le saint concile du Vatican s'ouvrit néanmoins avec solennité, le jour fixé par la bulle jStemi Palris^ le 8 décembre 1869, fête de l'Immaculée Conception. Il s'ouvrit malgré les clameurs d'une presse impie, et au milieu des appréhensions de quelques catholiques, qui craignaient que la majorité des évêques ne tint pas ^sez compte des idées et des circonstances présentes : la plupart des chrétiens, au contraire, et même les hérétiques, ^ tenaient dans une attente respectueuse. A sa deuxième session (6 janvier 1870), le concile se montra dan& tout son éclat : après la solennelle profession de foi du pape et des évêques, chacun des Pères vint prêter serment dç fidélité au vicaire de J.-G. La troisième session se tint le dimanche de Quasimodo,2A avril 1870; dans celte session,

tous les Pères, à runanimité, approuvèrent la constitution de Ftde, où sont exposées, combattues et condamnées les erreurs principales que le rationalisme moderne a enfantées pour les opposer à la foi. La constitution, sanctionnée aussitôt par le pape, eut dès lors force de loi divine et catholique.

C'est surtout entre la troisième et la quatrième session que les oppositions passionnées, les intrigues les plus diverses et jusqu'auxintimidationsde la politique terrestre, furent mises en jeu pour entraver l'œuvre du Saint-Esprit. Mais tous ces obstacles n'empêchèrent pas la quatrième session qui se tint le i 8 juillet 1870. En ce jour mémorable, sur 589 Pères présents à Rome, 533 dirent Placet; 2 Non placet; 54 s'abstinrent de. paraître à la session pour n'avoir pas à se prononcer : il s'agissait de la plus belle prérogative accordée par Notre-Seigneur aux successeurs de saint Pierre, de Y infaillibilité doctrinale, quand ils parlent ex cathedra. Le décret exprimant cette doctrine, approuvé par la grande majorité des Pères et sanctionné par le Souverain Pontife, devint un dogme obligatoire pour l'universalité des chrétiens.

Selon toute vraisemblance, cette décision allait soulever des orages, des réclamations, des blasphèmes et peutêtre des vengeances, surtout en Autriche et en France, où les hommes politiques ne cachaient guère leur dépit. Dans ces pays, on voyait rentrer la plupart des 54 évoques qui, ne voulant pas appuyer la constitution par leur suffrage, s'étaient abstenus de paraître à la quatrième session. Si ces prélats avaient horreur du scandale, quelques-uns de leurs compatriotes au contraire le cherchaient et pensaient en avoir trouvé l'occasion. Mais la divine Providence ne permit pas que ces scandales arrivassent : de graves événements portèrent ailleurs, en ce moment-là même, toute Tattention du public.

14 SUPPLélfSNT.

L'empereur Napoléon UI, modifiant ses procédés politiques, sans modifier ses idées favorites, se trouvait laneé sur la pente des concessions libérales. Tenu en suspicion par les uns à cause de son passé on de son entourage révolutionnaire, en butte aux récriminations des autres à cause de ses actes d'autorité ou des marques de respect qu'il donnait à la religion, il changeait souvent ses ministres, cédait tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, louvoyait, tâtonnait, s'efforçant néanmoins de se maintenir en équilibre. L'enterrement tumultueux d'un homme que venait de tuer un cousin de l'empereur accrut les embarras du pouvoir, que ne raffermit guère la condamnation du député parisien, fauteur principal desagitations séditieuses. Pendant ce temps-là un ministre, quoique bon catholique, jetait très-ii^ustement le discrédit sur les monnaies poirtificales : ce qui causait des scandales affreux. Un autre ministre, d'ailleurs honorable, s'immisçait dans les affaires du concile par l'envoi d'un Mémorandum peu filial; et l'ambassadeur de France à Gonstantipople laissait sciem* ment s'allumer l'incendie d'une révolte schismatique parmi les Arméniens. Mais le ministre prépondérant ne visait à rien autre chose, de concert avec l'empereur, qu'à refondre dans un nouveau moule tout l'attirail politique du second empire. La nouvelle constitution impériale, car c'en était une, fut adoptée par les sénateurs à l'unanimité ; au Corps législatif, ce fut pour les députés de ia gauche une occasion favorable de battre en brèche tout l'édifice de l'empire. On eut ensuite la singulière idée de faire approuver ces changements par tous les Français dont la plus grande partie n'y comprenait rien, sinon que l'empereur avait besoin d^un nouvel appui. Les campagnes se prêtèrent généralement à cette fantaisie; les villes se montrèrent plus revéches. Ce que les campagnes voulaient, en votant le plébiscite (8 mai), c'était le maintien

de la paix et de l'empereur : or, au bout de deux mois, on n'avait plus la paix, mais la guerre; et au l)out de quatre mois, on n'avait plus l'empereur, mais la République.

Quel fut le prétexte ou la cause occasionnelle de la guerre, personne ne l'ignore ; mais les causes réelles ne sont pas encore assez connues. Ce que l'on sait trop bien, c'est que l'armée française n'était pas prête; c'est que l'empereur n'avait pas un allié, pas même le roi d'Italie ; <f est que la France presque tout entière a pris parti pour son gouvernement qui déclarait la guerre à la légère ; <5'est que nos armées à peine rendues à la frontière, et malgré des prodiges de valeur, ont été battues, poursuivies, enveloppées ; c'est que nos places fortes ont été investies, bombardées, réduites à capituler; c'est que l'empereur lui-même a été fait prisonnier avec une armée -considérable. Quelques jours auparavant le gouvernement impérial avait rappelé de Rome les troupes qui défendaient le pape, et un ministre de Napoléon érigeait à Paris la statue de Voltaire.

Le trône du second empire, étayé sur des plébiscites, à la suite d'un coup d'État, s'effondrait sous le coup d'une émeute, à la suite des défaites qu'il venait d'essuyer. Les -députés de Paris, sans aucun mandat, se mirent eux-mêmes ^ la tête de la France, sous le nom de gouvernement de la Défense nationale (4 septembre). Si la nation pouvait encore être défendue, elle ne devait pas l'être efficacement par des hommes qui, ne consultant pas le pays, ne songeaient qu'à faire prévaloir leurs idées républicaines, qu'à placer leurs amis, qu'à pousser la guerre à outrance sans prendre les moyens vrais pour arriver à cette fin. Aussi vit-on les revers se succéder les uns aux autres presque «ans interruption : c'est à peine si, de temps en temps, l'œil peut se reposer sur un spectacle moins affligeant que les

autres. A la fin de septembre, Paris est complètement investi; Lyon, Marseille, Toulouse et plusieurs autres villes sont en proie aux passions révolutionoaires, par la faute ou avec la connivence des autorités républicaines; Strasbourg capitule. Pendant ce temps-là, les Italiens s emparaient de Rome par la force des armes, et le représentant du nouveau gouvernement français, au lieu de blâmer, osait bien féliciter Victor-Emmanuel. £n octobre, les zouaves pontificaux, expulsés de Rome, se mettent généreusement au service de la France; mais le gouvernement, qui les accepte, fait un accueil plus empressé au trop fameux Garibaldi. Dans Paris et dans quelques villes de province, les municipalités s'attaquent aux congrégations enseignantes; Témeute est sur le point de triompher à Paris; Metz, et toute l'armée qui Tentoure, capitulent* En novembre, l'ennemi plus nombreux envahit le centre et l'ouest de la France, h peine arrêté dans sa marche par un général habile qu'un ministre omnipotent renvoie bientôt; une sortie courageuse des Parisiens assiégés n'obtient aucun résultat. Le pape, désormais réduit k la possession d'un palais et d'un jardin, a suspendu le concile, sans suspendre le jubilé; il proteste énergiquement contre les spoliations, prie pour l'Église catholique et surtout pour la pauvre France. En décembre, les Prussiens, forcés de reculer momentanément, reprennent leurs avantages sur les armées de la Loire qu'ils poussent devant eux de ville en ville. En janvier 1871, le roi de Prusse, résidant à Versailles, s'y fait saluer empereur d* Allemagne; peu de jours après, son artillerie bombarde Paris, tandis que ses troupes de campagne ou battent complètement l'armée française de l'ouest près du Mans, ou engagent des luttes meurtrières contre l'armée du nord à Bapaume et à Saint-Quentin, ou tiennent en échec l'armée de l'est en Bourgogne et en Franche-Comté.

L'heure de la suprême humiliation sonna enfin : Paris, bloqué depuis 132 jours, n'ayant plus qu'un pain détestable et ne gardant aucun espoir, fut forcé de capituler. L'armistice irfétendit partout, excepté dans Test où une dernière déroute nous fut infligée. C'est alors que se firent les élections pour une Assemblée nationale dont le premier acte, après la création d'un pouvoir exécutif provisoire,fut d'accepter les conditions humiliantes, dures, ruineuses que nous imposait un vainqueur inexorable. L'empire, fondé par nos plébiscites, avait fait l'unité italienne, laissé faire l'unité allemande, favorisé l'abaissement de l'Autriche, fomenté le désordre en Espagne, guerroyé contre la Russie pour plaire à l'Angleterre : tous ces pays ou nous écrasaient par ingratitude ou nous laissaient écraser par égoïsme, par ressentiment, par indifférence.

Le pape, délaissé par là France et confiné dans le Vatican par les Italiens, ne pouvait visiter les Romains que désolait une horrible inondation du Tibre. Victor- Emmanuel se chargea de cet office; il vint à Rome quelques heures et s'en retourna aussitôt. Mais, à la fin du mois de janvier, son fils Humbert vint s'installer au Quirinal ; son autre fils Amédée était allé, vers la fin de décembre, s'asseoir sur le trône d'Espagne. Si Pie IX était privé de sa souveraineté temporelle et gêné dans sa liberté, il gardait au moins la franchise de la parole, et il en usait à propos pour réclamer, pour avertir, pour prier, pour menacer, pour consoler. Après tout ce qu'il avait institué ou réglé en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, de Marie Immaculée, des saints apôtres Pierre et Paul, il lui sembla opportun de déclarer saint Joseph patron de rÉglise universelle, et d'élever la fête de ce puissant protecteur auplus haut degré de solennité. Cette fête fut célébrée pour la première fois dans ces conditions, le 19 mars 1871, quatrième dimanche de carême. Le grand pape a dévoré

18 SUPPLilCENT.

bien des chagrins ; mais il n'a pas perdu la confiance, et il en inspire à tous ceux qui rapprochent.

Une nouvelle épreuve, plus huKuilianle et plus triste que la guerre étrangère, était réservée à la pi^veeFraace. Les Prussiens victorieux avaient tenu à honneur d'entrer au moins quelques heures dans l'enceinte de Paris. Ce fut le prétexte que saisirent les gardes nationaux mécontentset certains meneurs» amis du désordre, pour s'emparer des canons» des munitions de guerre et des hauteurs fortifiées. L'orage gronda quelque» jours ; mais enfin il éclata le 18 mars: le gouvernement constitué abandonna la ville, et la Commune de Paris se proclama indépendante et souveraine. On vit bientôt de quel esprit étaient animés les chefs de la Commune: le pillage, l'emprisonnement, Foppression de toute liberté religieuse furent à l'ordre du jour. Cette tyrannie dura deux mois et demi. Il fallut faire en règle le siège de la grande capitale, avec âe& soldais qui revenaient des prisons allemandes : on dut se battre Français contre Français, sous le& yeux des Prussiens,^ encore cantonnés dans les environs de Paris. Les misérables séditieux avaient entassé dans les prisons, avec l'archevêque de Paris, beaucoup de préIres, de relig^x^ de magistrats, de gendarmes, qu'ils noaunaieni leurs otages. L'Assemblée nationale et le» membres du gouven^soeat^ sans se laisser abattre, étaient néanmoins profondéinent attristés. C'est alors que, sur la proposition d^un député plein de foi,. l'Assemblée décréta des prières public|ues dans toute la France; le pouvoir exécutif prottulgw ce décret. Le jour même de la prcAnulgation, dimanehe 21 mai, les vraies troupes françaises entraient dans Pane. Mais„ pendant sept jours consécutifs^ elles durent affronter les plus grands périls et engager d'horribles ecHiibaia dans les rues, dans les maisons, auxbarrieades.. ûès le troisième jour, les révoltés mirent k feu à un grsmd

TABLBAU HISTORIQUE. 1870*1872. 19

nombre d'édifices publics ou privés; ensuite ils se mirent à fusiller les otages : c'est à la lueur des incendies et à travers des flots de sang que nos braves soldats finirent par occuper Paris (27 mai).

Le lendemaiq, fête de la Pentecôte, le chef du pouvoir exécutif, les ministre^ et les députés, se conformant au décret de l'Assemblée, assistaient au saint sacrifice de la messe et aux prières publiques dans la cathédrale de Versailles. Tous sans doute remerciaient Dieu du succès de nos armes sur la hideuse Commune ; mais ils ne pou» valent s'empêcher de gémir sur les désastres qu'elle avait causés, sur les crimes qu'elle avait commis. Ce jour-là, en effet, on connut avec certitude quel sort avait été fait aux plus illustres otages : ils étaient tués ! Si le sang de victimes pures était nécessaire pour la paix de l'Église et le salut de la France, ce sang avait coulé. Dieu seul peut dire si cette sanglante immolation suffit à notre rachat.

Mous avons lieu d'en douter, quand nous jetons un coup d'oeil attentif sur la France, sur les prindpaux États de l'Europe et sur les autres parties du monde. En France, à côté de quelques hommes qui savent réfléchir et comprendre, nous voyons les masses se roidir, s'irriter, s'éloigner davantage; les préjugés, les mensonges, les fausses idées, l'emportent; leshommes les plus audacieux s'agitent ou espèrent; nos gouvernants hésitent, balancent ou craignent. La nouvelle Allemagne n'a que des fiertés visà-vis de la France vaincue et de l'Église désarmée; hérétique-née, elle soutient les nouveaux hérétiques,, réfractaires au concile du Vatican. La vieille Autriche paraît découragée. En Angleterre, auprès du courant qui ramène à Rome, l'immense majorité demeure indifférente. La Russie garde le silence. L'Espagne essaye de donner quelques signes de vie dans un corps très-malade. Le Portugal semble mort. En balie, la révolution anUchré-

tienne, jusque-là dirigée par un gouvernement révolutionnaire, menace, comme l'inondation du Tibre ou l'éruption du Vésuve, la prospérité apparente de la famille scandaleusement couronnée. Dans le reste du monde, on croit entendre, ainsi que TÂpôlre, les cris, \^ gémissements, les tortures de cet enfantement pontée, qui doit aboutir à la délivrance et à Taffranchissement des âmes rachetées.

Quant au pape, aujourd'hui même ]1 termine la 26^ année de son laborieux pontificat et commence sa 2V : il a dépassé de cinq mois le Pontificat de saint Pierre h Rome; il est octogénaire depuis trente-cinq jours. Ëgalera-t-il les autres années de Pierre qui fut pape à Jérusalem et à Antioche, comme à Rome ? Sera*t-il martyrisé ainsi que le premier vicaire de J.-C, ou bien, après le long martyre qu'il subit depuis vingt-cinq ans, verra-t-il au moins l'aurore de jours plus sereins ? C'est le secret de Dieu, seul immortel, seul grand, seul bon. Quiconque se confie en lui est assuré de n'être pas confondu pour toujours.

Bloifl, t G Juin 1872.

Paris, — Imprimerie ViévîUe et Capiomont, 6, nie des Poitevin*.

' M'V't T^^-^PB^W^P^^FW^W

Page 1